Guillaume Faye

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Guillaume Faye (né le 7 novembre 1949 à Angoulême, mort le 6 mars 2019 à Paris), est un journaliste, essayiste et écrivain français de la Nouvelle droite.

Entre 1971 et 1987, il est l'une des figures les plus actives du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne. Après une période où il s'est éloigné de la politique, il revient sur le devant de la scène en 1998 et devient l'un des auteurs de référence de la mouvance identitaire européenne.

À partir de 2007, certaines déclarations et prises de positions maladroites, concernant principalement le sionisme et l'islam, lui aliènent une grande partie de ses soutiens.

Il est l'inventeur des concepts de soft-idéologie, d'ethnomasochisme et d'archéofuturisme.

Le système à tuer les peuples, l'ouvrage qui fait connaître Guillaume Faye en 1981

Le théoricien de la Nouvelle droite

Guillaume Faye à la fin des années 1970

Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, et licencié d’histoire et de géographie, Guillaume Faye a également fait des études de lettres classiques et de philosophie.

Guillaume Faye affirme avoir été d'abord situationniste, avant de rencontrer les premiers cercles de la Nouvelle droite. Il entre au GRECE en 1970, à l'invitation de Dominique Venner.

Il anime ensuite le Cercle Vilfredo Pareto (antenne du GRECE à l’IEP de Paris de 1971 à 1973). Il est un temps directeur des programmes dans une entreprise de formation professionnelle, avant de devenir secrétaire permanent du « Secrétariat Etudes & Recherches » du GRECE. Il devient aussi l'un des conférenciers-vedettes du GRECE.

Dans les colonnes de Nouvelle école, Eléments, Orientations et Etudes et recherches, ainsi que dans les nombreux livres qu’il publie alors, dont Le Système à tuer les peuples (1981) et Nouveau discours à la nation européenne (1985), il pourfend la société occidentale établie, la notion d'Occident et les idéologies occidentales. Il se montre comme un chaud partisan d’une alliance entre l’Europe et le Tiers-monde[1].

En 1982-1983, il est chargé de cours de sociologie de la sexualité à la faculté de médecine de Besançon. A la même période il est secrétaire-général de l’Association de défense des travailleurs immigrés arabes en Europe et co-directeur du Collectif de recherche sur le monde contemporain. Il travaille aussi, au cours de cette période, comme journaliste au Figaro-Magazine, à Paris-Match, à VSD à Magazine-hebdo, à Valeurs actuelles et à la radio « libre » La Voix du Lézard.

En 1985, il élabore le Petit lexique du partisan européen, en collaboration avec Robert Steuckers et Pierre Fresson, structuré autour de mots-clés et de concepts, qui fait passer les thèses du GRECE dans les mains des jeunes et très jeunes militants des mouvements activistes.

Avant-guerre, un collectif artistique

Guillaume Faye crée un collectif Avant-guerre, destiné à développer des projets artistiques. En 1984, en compagnie de sa sœur et du peintre Olivier Carré, il enregistre une cassette, « Scène de chasse en ciel d'Europe ». Le scénario, inspiré de l'incident du Vol Korean Air Lines 007 en 1983, narre le prélude de l'affrontement entre l'« Occident décadent et cosmopolite » et la Fédération, « notre immense patrie aux cent-treize provinces ». Le texte est écrit dans un style guerrier, nietzschéen et « postmoderne », qui annonce déjà son futur concept d'archéofuturisme. La cassette sera diffusée dans un premier temps sur plusieurs radios libres. Elle donne lieu, en 1985, à une bande dessinée, Avant-guerre, dont le scénario est écrit par Guillaume Faye et les planches réalisées par Eric et Jean-Marc Simon. Quelques années plus tard, le Docteur Merlin s'inspirera de la même cassette pour composer sa chanson Le gros éléphant (cassette Le Vent mauvais)[2].

La bande dessinée Avant-guerre (1985)

Départ du GRECE

Début 1987, il tente d'effectuer un rapprochement entre le GRECE et le mouvement nationaliste révolutionnaire Troisième voie qui n’aboutit pas. En avril-mai 1987, il quitte le GRECE. Selon Robert Steuckers, son départ serait dû à la façon dont il était traité par Alain de Benoist[3].

Faye justifie lui-même ainsi son départ : « La Nouvelle droite, comme le GRECE, ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes et ont abandonné le combat identitaire. Ils ont abandonné toute idée de défense de l'identité européenne et, en faux rebelles, avides de se faire (évidemment en vain) reconnaître par le système, ils s'alignent totalement sur les positions de l'extrême gauche et du Monde diplomatique, par exemple : islamophilie, tiers-mondolâtrie, silence radio sur l'immigration (stratégie d'« évitement » : surtout ne pas parler de ce qui choque), anticapitalisme sommaire, anti-américanisme rabâcheur et inefficace, antisionisme affligeant, tapageur et haineux ». Plus tard, il publie, dans son ouvrage L'Archéofuturisme (1998), un mémorandum, dans lequel il souligne les responsabilités d'Alain de Benoist dans ce qu'il considère comme l'échec de la « nouvelle droite ». Il estime qu'elle s'est enlisée dans des « impasses », telles un paganisme folklorique, un « gauchisme révisé », ou un « fétichisme pour des mots creux ». Il estime que le concept de nouvelle droite a fait faillite car « désormais grevé de trop d’ambiguïtés »[4].

Après avoir quitté le GRECE, Faye participe aux activités de Ker Vreizh, la maison bretonne du quartier Montparnasse à Paris, animée par Yann-Ber Tillenon et Goulven Pennaod. Ce groupe breton édite alors la revue Diaspad, au sein d’un « Cercle Maksen Wledig », nom celtique de l’Empereur romain Maxence. La même année, Faye publie, avec l’aide de deux de ses amis, Bertrand Burgalat et Falavigna, un journal, J’ai tout compris, qui ne paraîtra que quatre fois. Mais il va désormais s'éloigner du combat politique pour une longue période.

Éloignement de la politique : radio et canulars (1987-1998)

En 1988 Guillaume Faye en Skyman

Guillaume Faye reste à l'écart de la politique de 1987 à 1998. Il devient animateur sur Skyrock, où il est Skyman, spécialiste des canulars radiophoniques et collabore à L'Écho des savanes. Il prétend, dans L'Archéofuturisme, avoir été alors acteur occasionnel dans des films pornographiques[5], même si cela est assez peu probable.

De 1991 à 1993, il participe à l’émission Télématin sur France 2.

Ses canulars ne se limitent pas à la radio. Ainsi, il va organiser une mise en scène destinée à tourner en dérision l'art contemporain. Faye se présente à une galerie d'art sous l'identité d'un artiste-peintre lituanien imaginaire, ami personnel du nouveau président de la Lituanie dé-soviétisée. En vingt-quatre heures, Faye et deux de ses amis, tous trois fortement alcoolisés, peignent une vingtaine de toiles, représentant des phallus en érection. Le lendemain, ils exposent les toiles dans la galerie. Un public nombreux, composé de critiques d'art et d'amateurs, afflue à l'exposition, et la plupart des toiles sont vendues au prix fort. Le jour suivant, Faye et ses amis remboursent les acheteurs en expliquant qu'il s'agissait bien d'une farce[6].

Le théoricien de référence de la mouvance identitaire

Guillaume Faye à Moscou en 2007

Réintégré au GRECE en 1997, où il rejoint le courant animé par Pierre Vial, il tient un discours nettement plus virulent sur la question raciale et hostile à l'islam. Il va devenir l'un des principaux inspirateurs de la mouvance identitaire. Ses nouvelles positions sont très éloignées de la ligne tiers-mondiste et anti-occidentale qu'il défendait, quand il prônait la création d'un axe Europe-tiers-monde pour lutter contre l'hégémonie américaine. Il se distancie ensuite de l'anti-américanisme de la Nouvelle Droite, qu'il avait lui-même largement contribué à théoriser. Pour lui, désormais, l’Amérique n'est que l'adversaire principal et non plus l'ennemi principal, qui, lui, « est composé des masses allogènes qui colonisent l'Europe, de tous ses collaborateurs (États étrangers ou cinquième colonne) et de l'islam ». Il faut donc, selon lui se différencier des États-Unis et « pratiquer l'euro-centrisme » pour fonder une Europe forte et unie afin de traiter avec eux en égal et non en vassal.

L'Archéofuturisme (1998)

Dans L'Archéofuturisme, paru en 1998, il appelle à penser ensemble, pour les sociétés du futur, les avancées de la techno-science et le retour aux solutions traditionnelles de la nuit des temps et fait l’éloge de la mentalité faustienne européenne, que l'on peut admirer dans les réalisations que sont la cathédrale Notre-Dame de Reims, l’escalier à triple révolution du château de Chambord, les dessins de Léonard de Vinci, les bandes dessinées de Tanino Liberatore et de l’école bruxelloise, ou du design des Ferrari ou les réacteurs germano-franco-suédois d’Ariane 5.

D’après Faye, le monde se dirige vers une « convergence des catastrophes », qui mettra un terme à la modernité et à son soubassement idéologique, l'égalitarisme. Faye propose comme solution de réconcilier la techno-science et les valeurs archaïques. Il appelle à « penser ensemble, pour les sociétés du futur, les avancées de la techno-science et le retour aux solutions traditionnelles de la nuit des temps. Tel est peut-être le vrai nom de la post-modernité, aussi éloignée du passéisme que du culte idiot de l'« actuel ».

Pour Faye, le traditionalisme intelligent est le plus puissant des futurismes et inversement. Il s'agit de rejeter le concept de « modernité », né de l'idéologie des Lumières, et de ne pas « associer les Anciens aux Modernes, mais les Anciens aux Futuristes ». Le modernisme est déjà un passéisme: le futur doit être « archaïque », c'est à dire ni moderne ni passéiste.

Pour Faye, l'archéofuturisme, ou « constructivisme vitaliste », est un dépassement du concept de « modernité », né de l'idéologie des Lumières. Mais il rejette toute forme de passéisme. Il rattache le terme « archaïque » à son sens originel, positif et non péjoratif : le substantif grec « archè », qui signifie à la fois « fondement » et « commencement », autrement dit « impulsion fondatrice ».
Guillaume Faye en 1998

Réception

L'Archéofuturisme sera accueilli favorablement par la plus grande partie de la mouvance, à l'exception d'Alain de Benoist.

Son impact déborde rapidement l'espace francophone. Le livre est traduit en anglais, en russe et en italien. Quelques années plus tard, les jeunes militants italiens de Casapound en feront l'un de leurs ouvrages de référence.

La Colonisation de l'Europe (2000)

En 2000, il publie La Colonisation de l'Europe. Il y décrit une Europe en voie de colonisation par les populations afro-maghrébines. Les « tournantes » qui font la une de l’actualité seraient des opérations d’« épuration ethnique ». Faye appelle pour la première fois à une Reconquista, puis à l'organisation d'une alliance du monde blanc. L'ouvrage lance le thème du refus de l'islam au sein de la mouvance identitaire.

Avec ce livre, Guillaume Faye et son éditeur sont condamnés chacun à 50 000 francs d’amende par la XVIIe chambre correctionnelle de Paris pour incitation à la haine raciale.

Pourquoi nous combattons. Manifeste de la Résistance européenne (2001)

Pourquoi nous combattons. Manifeste de la Résistance européenne (2001)
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En 2001, il publie Pourquoi nous combattons. Manifeste de la Résistance européenne. L'essentiel du livre est composé d’un dictionnaire fondamental de 177 mots-clés, qui est une mise à jour, approfondie et augmentée du Petit lexique du partisan européen, que Faye avait rédigé en 1985 en collaboration avec Pierre Freson et Robert Steuckers. Il établit un diagnostic complet de la situation et propose un programme de résistance, de reconquête et de régénération des valeurs. Il projette une alternative radicale et révolutionnaire à une civilisation dégénérée. L’objectif de ce manifeste est d’unir par une doctrine commune de combat toutes les volontés désireuses de constituer un Réseau européen de rébellion, oubliant les querelles intestines et les divergences superficielles. Le Bloc identitaire adoptera le sanglier comme logo en référence à la couverture de l'ouvrage.

Selon Pierre Vial: « il manquait au courant identitaire une véritable doctrine de synthèse idéologique et politique qui, au-delà de tous les partis, tendances, chapelles et sensibilités, rassemble enfin autour d’idées et d’objectifs clairs l’ensemble des forces qui s’opposent au dramatique déclin des Européens. Nos peuples affrontent en effet les plus graves périls de toute leur histoire : effondrement démographique, submersion par la colonisation allogène et par l’islam, abâtardissement de la construction européenne, soumission à l’hégémonie américaine, oubli des racines culturelles, etc. [...] Comme le fut pour la gauche du XIXe siècle le Manifeste du Parti communiste de Karl Marx, Pourquoi nous combattons est destiné à devenir le manuel de base des forces identitaires européennes du xxie siècle. Sa possession et sa lecture attentive sont absolument indispensables. »

C'est aussi dans cet ouvrage que Faye développe le concept d'Eurosibérie, qu'il définit comme l’« espace destinal des peuples européens enfin regroupés de l’Atlantique au Pacifique, scellant l’alliance historique de l’Europe péninsulaire, de l’Europe centrale et de la Russie ».

Presse périodique

En 2000, il relance J'ai tout compris ! sous la forme d'une lettre confidentielle mensuelle où il développe ses thèses : Faye prévoit un écroulement des sociétés européennes sous l'effet de l'immigration massive et une guerre totale entre Occident et Islam. Il stigmatise également l'écroulement des valeurs occidentales sous l'effet de ce qu'il appelle l'« ethnomasochisme ». Après une interruption de près d'un an, ce mensuel deviendra Signal d'alarme en juin 2006, avant de péricliter et de disparaître.

Guillaume Faye collabore alors étroitement avec le groupe Terre et peuple de Pierre Vial et c'est en compagnie de celui-ci qu'il participe les 8 et 9 juin 2006, à Moscou, à la Conférence internationale sur « l'avenir du monde blanc » qui a donné naissance au Conseil des peuples d’origine européenne[7].

Alliance pour les libertés

En octobre 2009, Guillaume Faye entre au bureau politique, mais sans attribution, de l'Alliance pour les libertés. Il devient responsable de la publication de son bimensuel Libres.

La vie de l'organisation est toutefois de courte durée : le 7 juin 2010, elle annonce sa propre mise en sommeil.

Controverses

Rejet de Guillaume Faye par le GRECE

Après son retour sur la scène politique et intellectuelle, Guillaume Faye sera vivement critiqué par Alain de Benoist qui dénoncera l'« extrémisme » de ses prises de position actuelles [8]. Après la parution de La Colonisation de l’Europe, Alain de Benoist l'exclut du GRECE lors d'une assemblée fédérale des cadres convoquée en mai 2000.

De manière générale, Alain de Benoist s'est montré hostile aux nouvelles thèses de Faye développées depuis L'Archéofuturisme, dans lequel il voit une conception apocalyptique de la politique, une surenchère dans la volonté de domination, une apologie du déchaînement technicien et une fuite en avant[9].

L'affaire de l'« interview-piège »

En 2004, Le Journal de la France courtoise de Serge de Beketch publia le script d'une discussion enregistrée à l'insu de Guillaume Faye et laissant à penser qu'il ne croyait nullement à ce qu'il écrivait et qu'il était en contact avec le Nouvel Observateur et le journaliste d'origine juive Serge Moati[10]. Serge de Beketch accusa alors publiquement Guillaume Faye d'être un agent provocateur et un imposteur.

Les accusations de « national-sionisme »

Guillaume Faye et David Duke en 2007
Guillaume Faye en meeting
Plus que par les anciens de la Nouvelle droite, Guillaume Faye se trouvera, au fil du temps, en butte aux attaques de certains milieux catholiques traditionalistes, des nationalistes révolutionnaires et des révisionnistes. Ces attaques concerneront ses liens - supposés ou réels - avec la communauté juive et le sionisme.

Cette polémique fut notamment relayée par des personnalités et sites liés au courant nationaliste révolutionnaire. Ceux-ci considèrent Guillaume Faye comme le théoricien de l'extrême-droite nationale-sioniste et le qualifient régulièrement, dans leurs publications, d'agent d'influence sioniste. Ils insistent sur le fait qu'il a participé, le 3 mars 2006 aux États-Unis, à la conférence bisannuelle du groupe American renaissance qui rassemblait « des juifs d’extrême droite » et « des racistes blancs […] unis par une croyance commune en l’infériorité intellectuelle des noirs et en l’impérieuse nécessité de s’opposer à l’immigration pour que les États-Unis restent à majorité blanche[11]. »

La nouvelle question juive

Guillaume Faye riposte en dénonçant dans son livre La Nouvelle question juive (Le Lore, 2007) Alain de Benoist, Christian Bouchet et Alain Soral comme "ayant ataviquement l'esprit femelle du collabo" vis-à-vis de l'islam et des immigrés.

La parution de ce livre relança la polémique. Guillaume Faye y avouant avoir eu des contacts avec des organisations sionistes[12] et usant de termes durs vis-à-vis des révisionnistes fut dénoncé tout d'abord par Robert Faurisson puis par Jürgen Graf qui écrivit : "Personne n’avait demandé à G. Faye d’écrire un livre sur la question juive. Il avait le droit de se taire. Mais au lieu de se taire, il a écrit un livre abominable. Sans la moindre nécessité, (...) il prend parti pour les tyrans et contre leurs victimes. Avec des arguments pitoyables, il essaie de prouver que l’influence juive est en plein déclin, alors que les faits prouvent exactement le contraire. Il nie l’évidence en absolvant les organisations juives de toute responsabilité majeure dans l’invasion allogène de l’Europe et de l’Amérique du Nord et il fait prendre à ses lecteurs des vessies pour des lanternes en prônant une alliance entre les nationalistes et les juifs contre l’immigration islamique, une alliance dont il sait pertinemment qu’elle est totalement impossible. (...) Avant la publication de La Nouvelle Question Juive il n’était certes pas facile d’admirer G. Faye en tant que personne, mais on pouvait l’admirer comme écrivain politique. Après la publication de ce livre, ce n’est plus possible. G. Faye doit savoir qu’il s’est mis lui-même dans une situation insoluble dont il lui sera bien difficile de sortir. (...) Et dans les milieux identitaires et nationalistes dignes de ce nom, sa crédibilité est ruinée. Pour toujours."[13]

Dans le n°33 de Terre et peuple (équinoxe d'automne 2007) Pierre Vial rendit publique sa rupture avec Guillaume Faye. En analysant longuement La Nouvelle question juive, il conclut ainsi son article : "En refermant le livre, on ne peut qu'en tirer une conclusion qui ne nous fait pas plaisir mais qui s'impose : la voie qu'il (G. Faye) préconise n'est pas la nôtre."

Le 2 décembre 2007, David Duke publia sur son site un article dans lequel il condamnait les positions de Faye.

Quant à l'équipe du trimestriel Réfléchir et agir, elle publia dans son n° 28 (janvier 2008) un communiqué dans lequel elle précisa : "Guillaume Faye a pour nous franchi une ligne idéologique majeure. Pour nous les choses sont désormais claires : il ne fait plus partie de notre mouvance. De fait, au même titre qu'un Attali ou un Finkielkraut qui auraient pu signer cet ouvrage, il fait partie de ces personnages à qui il faut couper les micros et casser l'encrier."

Guillaume Faye en 2005

Comprendre l'islam

En 2015, Faye publie un essai Comprendre l'islam. Philippe Baillet, dans le gros volume L'Autre Tiers-mondisme, critique sévèrement le livre, lui reprochant son « racialisme des simples » et son islamophobie basique, mais aussi ses inexactitudes et son manque de rigueur intellectuelle, qui lui fait notamment tenter de reprendre maladroitement à son compte la rhétorique et la vision de l’histoire de la gauche[14].

Tentatives de récupération post mortem

Après sa mort, Guillaume Faye, qui s'était pourtant fait nombre d'ennemis, se voit soudain l'objet de plusieurs tentatives de récupération. L'une des plus surprenantes a pour origine un article de Patrice Sage, « La mort chrétienne de Guillaume Faye », publié dans la revue catholique traditionaliste Le Sel de la terre. L'auteur de l'article, lui-même ancien membre du GRECE passé au catholicisme, prétend que Faye, gravement malade, aurait demandé à rencontrer un prêtre à la fin de l’année 2018, puis à recevoir le sacrement de pénitence en janvier 2019, et à recevoir l’extrême onction huit jours avant sa mort[15]. Cette fois, Philippe Baillet prendra la défense de la mémoire de Guillaume Faye, en publiant en 2020 Pour l'honneur d'un camarade - Guillaume Faye (1949-2019), par-delà censure et récupération[16].

Influence hors de l'espace francophone

Aire germanophone

En 1985, Le petit lexique du partisan européen fait l'objet d'une traduction (Warum wir kämpfen) presque immédiate.

En 1991, le Nouveau discours à la nation européenne est traduit (Rede an die europäische Nation. Ein Appell gegen die Bevormundung Europas, rééd. 2000).

En 2006, le Thule Seminar publie Wofür wir kämpfen, une édition en allemand de Pourquoi nous combattons, traduite et préfacée par Pierre Krebs.

Italie

Des textes et des articles de Guillaume Faye ont été traduits en italien dès 1982, notamment dans la revue L'Uomo libero.

L'Archéofuturisme sera traduit en italien en 2000 (Archeofuturismo) et sera beaucoup lu par la jeunesse militante, donnant lieu à plusieurs rééditions.

D'autres textes de Guillaume Faye seront ont traduits: comme Le système à tuer les peuples (Il sistema per uccidere i popoli, 1997, rééd. 2017), ou Per farla finita con il nichilismo (2007).

Monde anglo-saxon

La grande avancée de Faye au cours de la deuxième décennie du 21ème siècle se produit dans les pays anglo-saxons. Grâce aux éditions Arktos, patronnées par Daniel Fridberg, Suédois, et par John Morgan, Américain, Faye connaîtra des tirages bien plus importants qu’en France et une diffusion mondiale grâce à d’excellentes traductions dûment annotées. Arktos publie succèsivemnt Archeofuturism (2010), Why we fight (2011), Convergence of catastrophes (2012), Sex and deviance (2014), The colonisation of Europe (2016), Archeofuturism 2.0 (2016), Understanding Islam (2016) et A Global Coup (2017).

Dans la vaste mouvance américaine, ses livres sont particulièrement bien accueillis. Les sites de Greg Johnson et de Jared Taylor, suivi par beaucoup d’autres, en font une publicité ininterrompue. Le spécialiste de la « nouvelle droite » française aux Etats-Unis, Michael O’Meara, lui consacre un petit livre, Guillaume Faye and the Battle of Europe (Arktos, 2013), doté d’un appareil de notes conséquent. Dans la préface qu'il écrit pour Why we fight, O’Meara décrit Faye comme le prophète du « Quatrième Age ».

Délit d'opinion

Guillaume Faye a été condamné pénalement sur le contenu de son ouvrage La colonisation de l'Europe.

Ouvrages

De 1981 à 1987

  • Le Système à tuer les peuples, 1981.
  • Sexe et idéologie, Le Labyrinthe, 1983.
  • La NSC: Nouvelle société de consommation, Editions du Labyrinthe, 1984.
  • Nouveau discours à la nation européenne, Albatros, 1985 (rééd. L’Æncre, 1999).
  • Les Nouveaux enjeux idéologiques, Editions du Labyrinthe, 1985.
  • Petit lexique du partisan européen, avec Robert Steuckers et Pierre Fresson, Eurograf, Esneux-lez-Liège, 1985 (rééd. Ars 1989), 107 p. http://vouloir.hautetfort.com/archive/2010/12/24/lexique.html
  • L’Economie n’est pas le destin/Mythe et communauté, Résistance et intervention, 1991. Ecrit avec Giorgio Locchi avant 1987 mais publié après.
  • [sous le pseudonyme de ] Pierre Barbès et François-Bernard Huyghe, La Soft-idéologie, Paris, Robert Laffont, coll. « Essais », 1987, 214 p. (ISBN 2-221-05537-3)

Période 1988-1997

  • Avec Jean-Philippe Serrano, Le Guide de l'engueulade, Paris, Presses de la Cité, coll. « Hors collection », 1992, 191 p. (ISBN 2-258-03501-5)
  • « Professeur Skyman » et Jean-Christophe Florentin, Viol, pillage, esclavagisme, Christophe Colomb, cet incompris : essai historico-hystérique, Paris, Grancher, 1992, 246 p.
  • « Skyman » et Jean-Philippe Serrano, Le Manuel du séducteur pressé, Paris, Presses de la Cité, coll. « Hors collection », 1993, 180 p.

De 1998 à 2019

  • L’Archéofuturisme, l’Æncre, 1998.
  • Les Extraterrestres de A à Z ..., Dualpha, 2000.
  • La Colonisation de l’Europe, Discours vrai sur l’immigration et l’Islam, L’Æncre, 2000.
  • Pourquoi nous combattons. Manifeste de la résistance européenne, L’Æncre, 2001. (ISBN 2-911202-38-4, — version refondue du Petit lexique du partisan européen — traduit en allemand (Wofür wir Kämpfen, Ahnenrad der Moderne, 2006) — traduit en anglais (Why we fight, Arktos, 2011).
  • Chirac contre les fachos (bande dessinée avec dessins de Chard), GFA, 2002.
  • Avant-guerre : chronique d'un cataclysme annoncé, L’Æncre, 2003.
  • La Convergence des catastrophes (sous le pseudonyme Guillaume Corvus), DIE, en 2004.
  • Le Coup d'état mondial, essai sur le nouvel impérialisme américain, l'Æncre, 2004.
  • La Nouvelle Question juive, Les éditions du Lore, 2007.
  • Sexe et Dévoiement, La Fosse, Le Lore, 2011.
  • L'Archéofuturisme V2.0 : nouvelles cataclysmiques, La Fosse, Le Lore, 2012.
  • Mon programme : un programme révolutionnaire ne vise pas à changer les règles du jeu mais à changer de jeu, La Fosse, Le Lore, 2012.
  • Comprendre l'islam, Paris, Tatamis, 2015.
  • Guerre civile raciale (préf. Jared Taylor), Éditions Conversano, 2019.

Sonorama

Bande dessinée

  • Avant-guerre (ill. Éric et Jean-Marc Simon), Paris, Carrère, 1985, 48 p.

Notes

  1. « Rompant résolument avec l’«occidentalisme » des droites, Faye amorce, dans Eléments n° 32, une critique de la civilisation occidentale, nouant ou renouant avec l’anti-occidentalisme des Allemands nationalistes ou conservateurs de l’époque de Weimar (…) et avec les thèses en ethnologie qui stigmatisaient les « ethnocides » en marge de la civilisation techno-messianique de l’Occident ». Robert Steuckers, L’Apport de Guillaume Faye à la Nouvelle droite, Clepsydre, 1996. Voir aussi son article « Pour en finir avec la civilisation occidentale »,Éléments n°34, avril 1980.
  2. Philippe Baillet, Pour l'honneur d'un camarade : Guillaume Faye (1949-2019), par-delà censure et récupération, Budapest, Le Tocsin blanc, 2020, 72 p., p. 31-32
  3. Robert Steuckers, « Le blog de Robert Steuckers: Au revoir Guillaume Faye, après 44 ans de combat commun ! », http://robertsteuckers.blogspot.com/2019/03/au-revoir-guillaume-faye-apres-44-ans.html?m=1
  4. Robert Steuckers, « Les pistes manquées de la «nouvelle droite». Pour une critique constructive », Synergies européennes,‎ février 1998:http://robertsteuckers.blogspot.com/2011/11/pistes-manquees-de-la-nouvelle-droite.html
  5. Guillaume Faye relate cette expérience dans L'Archéofuturisme, Æncre, Paris, 1998, p. 103, mais ne cite aucun titre de film
  6. Pierre Krebs, Robert Steuckers, Pierre-Émile Blairon, Guillaume Faye, cet esprit-fusée, Diffusion du Lore, 2019, 160 p., p. 70-71
  7. Voir L'avenir du monde blanc signé par Guillaume Faye
  8. « Dans un entretien paru en mars 2000 dans la revue italienne Area, proche de l’Allianza nazionale, Alain de Benoist évoque les « positions fortement racistes » de Faye, notamment sur la question de l’Islam. », in Jean-Yves Camus, « La Nouvelle droite : bilan provisoire d’une école de pensée », La Pensée, mars 2005.
  9. « Je lis, rapidement, L'Archéofuturisme, de Guillaume Faye. Comme dans tous les livres qui, depuis au moins un siècle, relèvent de la rhétorique de l'urgence, le style est haletant et l'avenir exclusivement conçu sous forme d'apocalypse (la “conjonction des catastrophes”). Ce qui frappe, c'est la façon dont l'auteur ne trouve rien à opposer à l'époque actuelle qui n'en soit pas la surenchère, qui n'en représente pas l'intensification : contre l'univers de la maîtrise et de l'aliénation de soi, toujours plus de volonté de domination ; contre la démonie technicienne, encore plus de déchaînement technicien ; contre le primat de l'efficience et le matérialisme pratique, les idées réduites à leur seule valeur instrumentale ; contre la montée de l'intolérance, le recours à l'exclusion généralisée ; contre le mouvement pour le mouvement, la fuite en avant. Rien d'“archaïque” ni de “futuriste” ici, ni même de postmoderne, seulement l'exponentielle de la modernité et tous les ingrédients de l'autodestruction. Pour finir, Faye dépeint un univers de fiction où je n'aimerais pas vivre. Prométhée contre Zeus : en termes jüngeriens, un tel livre se situe du côté des Titans », cf. Dernière année, notes pour conclure le siècle, éd. L'Âge d'Homme, 2001, p. 183
  10. Voir le Texte de l'interview, et le Droit de réponse publié dans le numéro suivant du Libre journal
  11. Voir Où va Guillaume Faye ? Un sioniste yankee défend le polémiste français
  12. Entre autre page 281 où il publie le texte d'une conférence qu'il tint en janvier 2004 devant des membres de l'Association France-Israël et du Jewish American Congress.
  13. La fin de Guillaume Faye ?
  14. Philippe Baillet, L'Autre Tiers-mondisme : des origines à l’islamisme radical - Fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre « défense de la race » et « solidarité anti-impérialiste », Akribeia, Saint-Genis-Laval, 2016, 475 p., p. 353-371
  15. Patrice Sage, « La mort chrétienne de Guillaume Faye », Le Sel de la terre, 110, automne 2019, p. 120-125
  16. Philippe Baillet, Pour l'honneur d'un camarade - Guillaume Faye (1949-2019), par-delà censure et récupération, Le Tocsin blanc, Budapest, 2020, 72 p.


Bibliographie

  • Robert Steuckers, L’Apport de Guillaume Faye à la Nouvelle droite, Clepsydre, 1996.
  • Tahir de La Nive (préf. Claudio Mutti, postface Tiberio Graziani et Christian Bouchet), Les Croisés de l'oncle Sam : une réponse européenne à Guillaume Faye et aux islamophobes, Lucan-Étampes, Maynooth-Avatar, coll. « Polémiques », 2008, 218 p. (ISBN 0-9544652-0-2) [Tahir de la Nive est un pseudonyme employé par Jean-Louis Duvigneau, militant nationaliste-révolutionnaire français converti à l'islam]
  • Michael O'Meara, Guillaume Faye and the Battle of Europe, Londres, Arktos, 2013, 132 p. (ISBN 1907166882)
  • Pierre Krebs, Robert Steuckers et Pierre-Émile Blairon, Guillaume Faye, cet esprit-fusée : hommages et vérités, Diffusion du Lore, 2019, 160 p. (ISBN 978-2-35352-541-6).
  • Philippe Baillet, Pour l'honneur d'un camarade : Guillaume Faye (1949-2019), par-delà censure et récupération, Le Tocsin blanc, Budapest, 2020, 72 p.

Autres sources


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