Tiers-mondisme

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Doctrine présente à droite comme à gauche, qui prétend que le tiers-monde serait « exploité » et qu'il convient de l'aider inlassablement par des transferts financiers (prêts, dons, dettes annulées) ou technologiques et l'accueil de ses migrants.

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Tiers monde et tiers-mondisme

Le tiers-mondisme est un serpent qui se mord la queue : en prétendant aider les pays pauvres, il les dessert et les déresponsabilise. Il leur impose un modèle économique occidental unique, destructeur des économies locales. On prend le tiers monde en pitié, selon un caritarisme culpabilisé.

L'attitude à prôner est une relative indifférence envers le tiers monde, tout à l'inverse du « droit d'ingérence » actuel. L'Europe n'a aucune solidarité à manifester envers des peuples qui sont responsables de leur destin. La pauvreté endémique, les guerres, les épidémies qui ravagent certaines parties d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine ne nous concernent pas. Ces populations sont les seules coupables de leur incapacité à se gouverner. Nous n'avons aucune « responsabilité » envers elles. Responsabiliser le tiers monde, c'est refuser de l'assister. D'ailleurs, la notion même de tiers monde, créée dans les années soixante par Alfred Sauvy pour désigner les pays qui n'appartenaient ni à la sphère occidentale, ni au système soviétique, mais regroupaient approximativement les ancienne colonies européennes, perd de sa pertinence. Quoi de commun entre le Mali, l'Argentine et la Corée du Sud ? La notion de tiers monde, bien que floue, conserve tout de même une réalité que l'on pourrait regrouper sous le vocable de « pays pauvres ». Mais pourquoi « pauvres »?

Le parasitisme du tiers monde

Les tiers-mondistes expliquent que ce sont les pays du Nord qui exploitent le tiers monde, alors que c'est rigoureusement l'inverse. Il faut retourner les charges de la preuve et opérer un travail de déculpabilisation des Européens.

Ce parasitisme du tiers monde prend les formes suivantes :

1) Coût financier direct. Coût des prêts à perte, des exportations financées par le contribuable européen, des annulations de dettes, etc.

2) Coût en aides techniques et en coopération, en transferts de technologies. Malgré ces aides massives, aucun pays d'Afrique ou du monde arabo-musulman n'a pu véritablement atteindre un équilibre économique minimum.

3) Coût en exploitation des matières premières du tiers monde. On nous ressasse depuis soixante ans que nous exploitons les pays du Sud. Or, leurs ressources pétro-minières ou agricoles ne seraient d'aucune utilité à l'Europe, si cette dernière se pensait géopolitiquement comme « espace euro-sibérien ». D'autre part, il faut savoir, par exemple, qu'aucun pays musulman exportateur de pétrole ou de gaz ne serait capable, par lui-même, d'utiliser ces réserves. Elles ont été découvertes et sont exploitées par des compagnies étrangères, qui versent aux États possesseurs du sol une énorme rente. Une Eurosibérie n'aurait aucun besoin des ressources du tiers monde.

4) Et le pire, comme le plus lourd : le déversement en Europe de populations surnuméraires du Sud, synonyme à terme de submersion démographique et de boulet économique.

Culpabilisation et repentance

Un certain nombre de légendes doivent aussi être combattues, notamment celle-ci : que le colonialisme européen, parce qu'il aurait pris la forme d'une exploitation et d'un esclavage, serait un péché dont nous devrions nous repentir. Cette thèse culpabilisatrice est notamment soutenue par les autorités algériennes. Le colonialisme européen fut, au contraire, nuisible à l'Europe mais très bénéfique pour les États du tiers monde, dont il a développé la démographie. Ce fut un boomerang contre l'Europe, une immense erreur historique. Le colonialisme européen fut le point de départ de la colonisation en retour de l'Europe par les populations du Sud.

D'autre part, force est de reconnaître que, du temps de la présence coloniale européenne, les populations du tiers monde, notamment au Maghreb, au Moyen-Orient et en Afrique, vivaient dans des conditions de liberté, de paix, d'ordre public et de prospérité bien supérieures à ce que l' « indépendance » leur a amené. Ce que reconnaissent aujourd'hui tous les Africains et les Maghrébins de bonne foi nés avant l'indépendance.

Une doctrine constitutive de l'idéologie dominante

Le tiers-mondisme est une doctrine pseudo-philanthropique qui culpabilise et paralyse les Européens, tout comme l'antiracisme. Malheureusement, cette doctrine d'origine trotskiste a été relayée par des théoriciens de droite en mal de reconnaissance par le système, qui, par casuistique, ont essayé de démontrer qu'une solidarité culturelle et géopolitique unissait le tiers monde — et notamment les pays arabo-musulmans — à l'Europe. Islamophilie et tiers-mondisme font donc bon ménage, chez des publicistes qui ne connaissent sérieusement ni l'islam ni les réalités socio-économiques du tiers monde, mais qui veulent absolument passer pour bien pensants et qui ne se sont jamais remis d'une fascination inavouée pour le marxisme. C'est la thèse exactement inverse qu'il convient de défendre : le tiers monde, loin d'en être l'allié, est la pire menace que l'Europe doit affronter.

Le tiers-mondisme, aujourd'hui doctrine constitutive de l'idéologie dominante, part du principe que ce sont les pays industrialisés qui ont pillé le tiers monde (schéma léniniste, trotskiste et maoïste), alors que c'est ce dernier qui vit aux dépens des pays européens, en les exploitant financièrement et en les colonisant.

Le tiers-mondisme à droite : L'« autre tiers-mondisme »

Le « tiers-mondisme de droite » a fait l'objet d'un travail de recherche en profondeur, réalisé par Philippe Baillet, qui a donné lieu à un gros ouvrage publié en 2016, L'Autre Tiers-mondisme : des origines à l’islamisme radical - Fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre « défense de la race » et « solidarité anti-impérialiste ».

Des origines lointaines

La Ligue de Fiume

Dans l'opinion courante, le tiers-mondisme est automatiquement associé à la gauche politique. Pourtant, il existe d'autres variantes d'une solidarité avec les peuples et les nations du tiers-monde, souvent dans des secteurs apparentés à la Droite radicale. Les origines de ce « tiers-mondisme de droite » sont même antérieures à la conférence de Bandung, et remontent, en Italie, à la Ligue des nations opprimées, dite Ligue de Fiume, fondée par le poète Gabriele D'Annunzio, après l'occupation de cette ville par ses troupes d'« arditi » en 1919. En effet, la Ligue de Fiume se voulait l'avant-garde d'une « croisade de tous les hommes pauvres et libres contre les nations usurpatrices et accumulatrices de toutes les richesses ».

L'« aile gauche » de la NSDAP

En Allemagne, on assiste au même moment à l'émergence d'une tendance similaire, considérant l'Allemagne comme une nation opprimée, destinée à s'allier aux autres peuples opprimés par un ennemi commun. Cette idée s'est particulièrement affirmée au sein de l'aile gauche de la NSDAP, celle des frères Gregor et Otto Strasser. En 1925, les deux frères demandent à la direction de leur parti de s'orienter ouvertement vers une politique extérieure « anti-impérialiste ». Ils réclament l'adhésion de la NSDAP à la Ligue des nations opprimées.

À l'intérieur de la NSDAP, la ligne tiers-mondiste sera prônée encore longtemps par des représentants de cette « aile gauche » qui, contrairement aux frères Strasser ou à Walter Stennes, ne seront pas exclus du parti, mais continueront à y exercer des fonctions importantes. Un des exemples les plus connus est celui de Johann von Leers, dont l'antisémitisme obsessionnel l'amène à un intérêt soutenu pour le monde arabe et pour l'Islam. Pendant la deuxième guerre mondiale, certains ont interprété les relations entre les autorités de Reich et Mohammed Amin al-Husseini, Grand Mufti de Jérusalem, ou le soutien du Reich à la cause indienne, comme l'accomplissement de cette solidarité « anti-impérialiste ».

Les Nationalrevolutionäre de la Konservative Revolution

Un appel « Für die unterdrückten Völker ! » dans Arminius

Certains membres du courant national-révolutionnaire de la Révolution conservatrice allemande vont aussi chercher à unir leur combat avec celui de peuples extra-européens. Un des exemples les plus patents est celui de Friedrich Hielscher, une des figures de proue de ce courant. En 1927, dans la revue Arminius, il publie un appel « Pour les peuples opprimés », dans lequel il attire l'attention sur les peuples d'Asie et du monde arabe, en mettant en évidence une dimension internationale et anti-impérialiste qu'il estime propre à nourrir également les aspirations des nationalistes allemands. Les peuples asiatiques sont, selon lui, héritiers de grandes cultures, et, contrairement à la civilisation occidentale dominée par le culte de l’argent et de la rationalité, ils sont des « hommes de foi » au service de « forces immuables », ce qui doit en faire des alliés naturels des Allemands.

En 1930, Hielscher fonde le mensuel Das Reich, qui paraîtra jusqu'en janvier 1933. Dans cette nouvelle revue, il reprend les thèses anti-impérialistes qu'il avait déjà développées dans Arminius. Il y crée une rubrique « Vormarsch der Völker », où il invite à confronter leurs opinions des nationaux-révolutionnaires allemands et des représentants de mouvements de libération anti-impérialistes d'Asie.

De la Guerre froide au monde multipolaire

Dans le contexte de la Guerre froide et d'une Europe divisée, suite aux décisions de la conférence de Yalta, des personnalités et des mouvements affirment la nécessité pour les Européens de s'affranchir des deux superpuissances, du « condominium américano-soviétique », et de trouver une « troisième voie », qui tournerait le dos à la fois au Bloc soviétique et à l'OTAN. Dans cette optique, ils se tournent vers le développement d'alliances avec certaines forces du monde non occidental dans le cadre d'une lutte commune des mouvements de libération nationale contre l'« impérialisme ».

Maurice Bardèche

L'une des premières figures intellectuelles de cet « autre tiers-mondisme », dans l'espace francophone, est Maurice Bardèche. Se réclamant d'emblée de l'« aile gauche » du fascisme, il va surtout se faire remarquer par ses positions favorables aux mouvements et aux gouvernements révolutionnaires du monde arabe. Dans ses écrits, il exalte le nationalisme arabe, notamment le Baas et même le FLN algérien. Dans Qu'est-ce que le fascisme? (publié en 1961), qui synthétise sa pensée politique, il se livre à un véritable panégyrique du président baasiste égyptien Gamal Abdel Nasser, affirmant découvrir chez lui une authentique « mystique fasciste », fusionnant nationalisme et islam. On doit ici remarquer que Bardèche semble oublier ou méconnaître certains faits, tels le rôle des chrétiens arabes dans le mouvement panarabiste, comme celui du Syrien Michel Aflak (1910-1989) ou du Libanais Antoun Saadé (1904-1949). De même, ses éloges d'un Nasser, vu comme l'incarnation d'une « virilité spirituelle islamique », sont peu compatible avec la réalité de la politique du Raïs, qui, à la même époque, réprime durement les organisations islamiques radicales comme celle des Frères musulmans.

Les nationaux-révolutionnaires

On peut distinguer ici deux tendances principales qui vont se développer au cours de la seconde moitié du XXème siècle et au début du XXIème. La première est celle qui a été incarnée, pour la première fois depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, par le mouvement Jeune Europe de Jean Thiriart (1962-1969). Ce mouvement, sans éprouver le moindre intérêt pour des cultures non-européennes, s'est efforcé de trouver des alliés tactiques dans une lutte commune contre un ennemi personnifié par l'« impérialisme américain » ou « américano-sioniste ». On peut noter que le premier européen à mourir dans un affrontement avec l'armée israélienne était un membre de Jeune Europe, Roger Coudroy, qui s'était enrôlé dans la résistance palestinienne.

Ce tiers-mondisme de type machiavélien a eu une postérité dans de nombreux mouvements nationaux-révolutionnaires en Europe (Terza Posizione, Nouvelle Résistance, Bastion Social , Casapound italienne , Mouvement Nation belge, NPD allemand, etc) qui se traduit par un soutien quasiment inconditionnel, dans ces mouvements, à la cause palestinienne et aux partis Baas de Syrie et d'Irak.

Les « mystiques »

Une autre tendance s'est développée dans des milieux intellectuels et des cercles mystiques. En recherche de spiritualité, face à un Occident considéré comme « décadent », des intellectuels de la droite radicale, souvent inspiré de René Guénon, ont pensé trouver dans l'islam un modèle applicable à l'Europe. Un des précurseurs de ce « philo-islamisme de droite » est le militant national-révolutionnaire italien, converti à l'islam, Claudio Mutti, soutien inébranlable de la république islamique d'Iran. Selon lui, le christianisme aurait perdu son caractère ésotérique et ne pourrait donc plus conférer une véritable initiation à « l'homme de la Tradition », qui devrait donc se tourner vers l'islam.

Europe, Tiers-monde : même combat

Dans les années 1980, le GRECE (Nouvelle Droite) opère un tournant anti-occidental et effectue d'une certaine manière une synthèse entre le tiers-mondisme tactique, hérité de Jeune Europe, et le tiers-mondisme spiritualiste inspiré de Guénon. La parution du livre d'Alain de Benoist, en 1986, Europe, Tiers-monde: même combat donne corps à cette synthèse.

Depuis l'an 2000

En France, depuis les années 2000, on trouve une nouvelle évolution de ce tiers-mondisme dans la mouvance de l'association Égalité et réconciliation d'Alain Soral, qui mêle soutien aux luttes de peuples du Tiers-monde et aux États considérés comme « dissidents » (Corée du Nord, Venezuela, Iran), antisionisme, conspirationnisme et « philo-islamisme ». L'association prône un « Front de la Foi », qui réunirait Catholiques français et immigrés musulmans sur une base anti-laïque et anti-occidentale.

Bibliographie

  • Philippe Baillet, L'Autre Tiers-mondisme : des origines à l’islamisme radical - Fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre « défense de la race » et « solidarité anti-impérialiste », Akribeia, Saint-Genis-Laval, 2016, 475 p.

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