Gregor Strasser

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Gregor Strasser, né à Geisenfeld (Royaume de Bavière) le 31 mai 1892 et mort à Berlin le 30 juin 1934, est un militant politique allemand.

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Il est, avec son frère Otto Strasser, l'une des figures de proue de l'aile « gauche » de la NSDAP.

Biographie

Officier de l'armée du Reich

Gregor Strasser naît en 1892. Il est le fils d'un juriste bavarois, Peter Strasser (1855–1928). Il a quatre frères et sœurs, dont Otto Strasser (1897–1974).

Après son baccalauréat, il effectue un apprentissage de droguiste. En 1914 il commence des études de pharmacie à l'université de Munich,qu'il interrompt pour s'engager comme volontaire quand éclate la Première guerre mondiale. Il combat sur le front de l'ouest dans le premier régiment d'artillerie à pied de l'armée bavaroise. En 1918, il est élevé au grade de premier-lieutenant. Il est décoré de l'Ordre du mérite militaire et obtient deux fois la Croix de fer. Il quitte l'armée à la fin de la guerre.

Débuts dans le mouvement national

À son retour à la vie civile, Gregor Strasser reprend ses études de pharmacie à l'université d'Erlangen.

En mai 1918, il s'engage, avec son frère Otto, dans le corps-franc von Epp, qui participe à l'écrasement de la République des Conseils de Bavière. La même année il obtient son diplôme de pharmacie avec mention. Il reprend une droguerie à Landshut. Il épouse Else Vollmuth (1893–1982), la fille d'un fabricant de produits en bois. En décembre 1920, le couple a deux enfants, les jumeaux Günter et Helmut. Les deux fils seront plus tard engagés volontaires dans la Wehrmacht et tomberont sur le Front de l'est (respectivement en juillet 1941 et en mai 1942).

En 1919, Gregor Strasser participe à la fondation d'une Association nationale des soldats allemands (Nationalverbandes deutscher Soldaten). Cette association donne naissance à un corps-franc, le Bataillon d'assaut de Basse-Bavière, que commande Gregor. Parmi les 2000 hommes du bataillon se trouve Heinrich Himmler. À la mi-mars 1920, le corps-franc de Strasser participe au putsch de Kapp. À la même période, son frère Otto commande une « centurie rouge ».

La NSDAP

En automne 1922, Gregor Strasser adhère à la NSDAP, après avoir assisté à une réunion organisée par Adolf Hitler. Il devient le responsable des SA pour le district de Landshut. Suite à son adhésion, la plus grande partie des membres de son association s'engagent aussi dans le Parti.

Au cours de la période d'interdiction de la NSDAP, Gregor Strasser continue à militer, mais sous le nom du Parti national-socialiste de la liberté (Nationalsozialistische Freiheitspartei; NSFP). Il est élu au Reichstag.

À la refondation de la NSDAP en février 1925, il hésite d'abord à s'y réengager, car il n'en apprécie pas le Führerprinzip en vigueur. Mais Adolf Hitler lui garantit qu'il pourra gérer les structures de l'organisation du nord de l'Allemagne comme il l'entend,lui-même se concentrant alors sur le travail dans le sud du pays.

Strasser se met alors à structurer les Gau du nord et de l'ouest de l'Allemagne : Rheinland-Nord, Rheinland-Süd, Hessen-Nassau, Lüneburg-Stade, Schleswig-Holstein, Groß-Hamburg, Groß-Berlin et Poméranie.

Un chef de l'« aile gauche »

Gregor Strasser n'est pas seulement un organisateur des structures du Parti, il est surtout l'une des grandes figures de l' « aile gauche », implantée essentiellement dans les grandes villes industrielles du nord de l'Allemagne. Cette aile du Parti, qui n'est au début qu'une tendance informe, se manifeste de plus en plus ouvertement par des revendications de type socialistes souvent radicales (nationalisations, conseillisme, politique étrangère favorable à la Russie soviétique).

En septembre 1925, Gregor Strasser prend la tête d'une Arbeitsgemeinschaft qui réunit tous les Gauleiter du nord-ouest du pays. La ligne qu'il défend est caractérisée notamment par la volonté de nationaliser l'industrie et les banques, l'organisation de grèves en commun avec certains partis de gauche, le désir de nouer des alliances stratégiques avec les communistes et une sympathie avouée pour l'Union soviétique. De plus, il tente d'imposer à la NSDAP l'adoption d'une politique extérieure « anti-impérialiste ». En octobre 1925, il demande à la direction du Parti d'adhérer à la Ligue des nations opprimées, qui comprend, outre des pays colonisés comme l'Egypte et l'Inde, ainsi que la Russie soviétique.

Si Gregor est l'organisateur, son frère Otto, devient l'idéologue de l'« aile gauche ». La même année, les Strasser font la connaissance de Josef Goebbels, alors responsable pour la Rhénanie. Celui-ci se laisse, pour une courte période, entraîner par la tendance de gauche.

Le Parteitag de Bamberg

C'est au congrès national du Parti (Parteitag) tenu à Bamberg le 14 février 1926 que l'on voit les deux tendances principales s'opposer : l' « aile gauche », implantée en majorité au nord et à Berlin, personnifiée par les frères Strasser et Josef Goebbels, et l' « aile droite », très majoritaire au sud, représentée par Adolf Hitler. Le mot d'ordre de l' « aile gauche » est explicite : « Socialisme national plutôt que national-socialisme !»

Adolf Hitler, plus politique qu'idéologue, sait qu'il ne peut pas se permettre une scission du Parti. L'objectif est l'unité pour arriver au pouvoir, et pour cela il s'efforce depuis plusieurs années de faire cohabiter les différentes tendances au sein de la NSDAP. À Bamberg, il se lance dans un discours de plus de deux heures pour convaincre l'ensemble des militants de la nécessité de s'unir. Si l'objectif est la victoire, affirme-t-il, il est indispensable de se tenir à une certaine modération : refus de toute alliance avec la Russie soviétique, recherche d'alliance avec la Grande Bretagne et l'Italie, respect de la propriété privée tant qu'elle a été gagnée honnêtement.

L'effet du discours est immédiat. Hitler est plébiscité par l'écrasante majorité des militants. Goebbels et une grande partie de l'« aile gauche » se rallient à lui.

Après Bamberg

Malgré cette défaite, les frères Strasser ne s'avouent pas vaincus. Avec leurs partisans, dont les plus connus sont Herbert Blank, Richard Schapke et Eugen Mossakowky, ils continuent à faire paraître leur bulletin, les Nationalsozialistische Briefe, et fondent leur propre maison d'édition, Kampfverlag. Tout en insistant sur la nécessité d'une ligne authentiquement socialiste et d'une politique prosoviétique, ils publient des pages et des pages de critiques acerbes contre Hitler, raillant même ses conceptions artistiques et racialistes. Hitler, soucieux avant tout de préserver l'unité du Parti, invite Otto Strasser à débattre avec lui. Mais cette tentative de réconciliation échoue. Pour calmer le jeu, Hitler nomme Gregor responsable de la propagande à l'échelle nationale en septembre 1926.

En 1932, Gregor Strasser est nommé secrétaire général interne du Parti. Son influence sur la SA est énorme. A partir de l'été 1932, des disques avec ses discours sont diffués lors des événements organisés par le Parti. Le siège du Parti (la Gauhaus) de Dresde, inauguré le 3 septembre 1932, est baptisé « Gregor-Straßer-Heim ». Les éditions du Parti publient sa biographie, qui est une lecture recommandée dans toutes les sections.

Le programme d'aide d'urgence national-socialiste

Le 10 mai 1932, c'est lui qui présente au Reichstag un « programme d'aide d'urgence économique national-socialiste ». Proclamant comme priorité absolue les conditions de vie des ouvriers et des paysans allemands, il y réclame notamment la protection de l'économie allemande contre les importations et la concurrence internationale. Il s'insurge contre l'« économie de libre marché mondiale » et contre l'« économie mondiale marxiste ».

Le point le plus important du programme concerne le financement des mesures de création d'emplois (Arbeitsbeschaffungsmaßnahme, ABM). Le programme d'urgence propose que 30 % des coûts soient assurés par les caisses d'allocation chômage et que 5 % soient financés par une augmentation des cotisation à l'assurance chômage. 20 % devraient être versés par les bénéficiaires des mesures, c'est-à-dire les propriétaires d'immeubles. 15 % devraient provenir de recettes fiscales supplémentaires, suivant le principe de Strasser « le travail crée du travail ». Les 30% restant devraient être pris en charge par des emprunts de l'Etat.

Démission

Quand Adolf Hitler refuse le poste de vice-chancelier, Gregor Strasser commence à opter pour une stratégie personnelle, soutenue toutefois par un certain nombre de cadres du Parti, avec l'objectif de participer à un gouvernement de coalition. Dans le but de diviser et d'affaiblir la NSDAP, Kurt von Schleicher prend contact avec Gregor Strasser le 4 décembre 1932. Strasser rencontre aussi secrètement Hindenburg.

Deux jours plus tard, Hitler convoque Strasser pour obtenir des explications quant à ses manœuvres personnelles. Strasser démissionne alors de toutes ses fonctions dans la Parti. Hitler publie un communiqué qui déclare que Strasser a dû prendre trois semaines de congé pour raisons de santé.

Gregor Strasser retourne d'abord à la vie de simple citoyen. Il échoue toutefois à trouver une pharmacie à reprendre ou à trouver un autre emploi qui lui convienne.

Après l'arrivée au pouvoir de Hitler, Gregor demande en vain à être reçu par lui pour obtenir un poste. En été 1933, il obtient, grâce à l'entremise de Hitler, un poste à la direction de la Schering-Vahlbaum-Konzern, un groupe industriel. Le poste lui est octroyé sous la condition qu'il s'abstienne de toute activité politique.

Le 1er février 1934, il est décoré de la médaille d'honneur d'or du Parti. Il est nommé, avec l'autorisation de Hitler, au poste de « Premier président de l'association des spécialistes en pharmacie du Reich ». Sa fonction lui octroie un revenu confortable, qui lui permet d'entretenir sa mère et ses beaux-parents.

Exécution

Gregor Strasser est exécuté le 30 juin 1934 à Berlin, pendant la « Nuit des Longs Couteaux »[1].

Après sa mort, sa veuve Else reçoit de Himmler une rente mensuelle de 500 DMarks.

Publications

  • Das Hitler-Büchlein. Ein Abriß vom Leben und Wirken des Führers der nationalsozialistischen Freiheitsbewegung Adolf Hitler, Berlin 1928
  • Freiheit und Brot, Berlin 1928
  • Hammer und Schwert, Berlin 1928
  • 58 Jahre Young-Plan! Eine quellenmäßige Betrachtung über Inhalt, Wesen und Folgen des Young-Planes, 1929
  • Reden im Reichstag Oktober 1930 nach dem amtlichen Stenogramm, Berlin 1930, (avec Gottfried Feder)
  • Kampf um die Freiheit. Reichstagsrede vom 17. Oktober 1930, München 1931
  • Der letzte Abwehrkampf des Systems. 3 aktuelle Aufsätze, München 1931
  • Arbeit und Brot! Reichstagsrede am 10. Mai 1932, München 1932
  • Die Staatsidee des Nationalsozialismus, München 1932
  • Das wirtschaftliche Aufbauprogramm der NSDAP, Berlin 1932
  • Kampf um Deutschland. Reden und Aufsätze eines Nationalsozialisten, München 1932

Sources

Cité dans

  • Brigitte Hamann, La Vienne d'Hitler. Les années d'apprentissage d'un dictateur, préface de Jean Sévillia, Coll. Histoire et document, Éditions des Syrtes, 2014, 512 p.

Notes et références

  1. Le terme de « Nuit des longs couteaux » n'a pas cours dans l'historiographie allemande, qui emploie le nom de Röhmputsch.