Heinrich Himmler

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Heinrich Himmler
Dignitaire national-socialiste, proche d'Hitler, Heinrich Himmler (1900-1945) dirige les SS qu'il transforme en troupes d'élite ainsi que la Gestapo, avant de devenir en 1943 ministre de l'intérieur du Reich.


Biographie politique


Débuts en politique

Heinrich Himmler adhère provisoirement au Parti national-socialiste des travailleurs allemands en 1923. Il participe au putsch de Munich aux côtés d'Ernst Röhm mais est relâché par la justice bavaroise en raison de son rôle secondaire. Au début de l'année 1924, il devient propagandiste (Parteiredner) actif et efficace au sein du NSFB (Nationalsozialistische Freiheitsbewegung) de Erich Ludendorff. Dans le monde agricole bavarois, son diplôme d'ingénieur agronome et sa compétence inspirent respect et confiance. En février 1925, Himmler rejoint la SA. Sa lente ascension au sein de la hiérarchie du NSDAP recréé depuis peu est en marche : suite au succès qu'il a rencontré avec Ludendorff, il est dans un premier temps nommé propagandiste (Reichsredner), puis chef de la propagande, Gauleiter suppléant de Basse-Bavière (1925), puis de Haute-Bavière (aux côtés de Gregor Strasser) et enfin Gauleiter du district de Haute-Bavière (1926).

Himmler véritable fondateur de la SS

Le 6 janvier 1929, suite à la démission de Heiden de la tête de la SS (Schutzstaffeln, littéralement « escouades de protection » ; elle compte alors 280 membres) créée en 1925 pour servir de garde rapprochée à Adolf Hitler, ce dernier promeut Himmler Reichsführer-SS (équivalent de maréchal). Dès son entrée en fonctions, il met en application son idée maîtresse : créer une élite au sein du parti, puis au sein de l'Allemagne tout entière. Il prend pour modèle les jésuites et leur rôle au sein de l'Église catholique, ce qui lui vaudra ce commentaire de Hitler : « C'est avec Himmler que la SS est devenue cette troupe sans pareille, fidèle jusqu'à la mort. Je vois en Himmler notre Ignace de Loyola ». De fait, le Reischsführer transforme profondément la SS si bien qu'en 1932 elle peut afficher 52.000 membres, et un an plus tard, lors de l'accession de Hitler au pouvoir, elle en compte 209.000. C'est à la fois beaucoup pour une milice privée et peu au regard de la Sturmabteilung, la SA (Sturmabteilung, « Section d'assaut »), créée en 1920 et dirigée par Ernst Röhm, qui en aligne plus du double (400.000 en 1930). C'est d'ailleurs pour se démarquer de ceux-ci que les SS, qui jusqu'ici portaient le même uniforme brun que les SA, excepté une cravate et une casquette noires avec une tête de mort, adoptent à l'automne 1932 pour les officiers le costume noir dessiné par Hugo Boss (1885-1948), marquant ainsi leur différence avec leurs rivaux.

La fin de la tutelle de la SA pour les SS

Aussi, quand Himmler prend en avril 1934 la tête de la Gestapo (Geheime Staatspolizei, police politique créée un an plus tôt par Hermann Göring, premier ministre de Prusse), celle-ci à ses ordres joue un rôle de premier plan dans l'élimination d'Ernst Röhm et des chefs de la SA accusés de complot, durant la Nuit des Longs Couteaux, en juin suivant. En effet Röhm voulait faire de ses troupes, comptant nombre de soudards et de militaires en rupture de ban avec le régime, une armée privée et refusait de les mettre au service de la direction politique du NSDAP. Dans l'esprit de Röhm, les SA doivent même supplanter l'armée traditionnelle pour devenir la « nouvelle armée du peuple ». Avec plus de trois millions de « Chemises brunes » début 1934 (grâce à l'intégration des Casques d’acier), totalement dévouée à son chef, la SA exige des réformes sociales et économiques, effrayant les milieux d'affaires et les partis conservateurs traditionnels en raison de leurs vagues de violence échappant à tout contrôle ; sa volonté de prendre le contrôle de l'armée suscite l'opposition des dirigeants militaires dont Hitler a un pressant besoin.

Un État dans l'État

Les SA désormais réduits à un rôle subalterne, le rôle moteur dans l'État nazi est dévolu aux SS. Pour consolider le pouvoir de son organisation, Himmler compte depuis août 1931 sur un spécialiste de l'information et de la répression : Reinhard Heydrich, un ancien officier de la marine. Il lui a confié la tâche de bâtir un service de renseignement interne à la SS, le Sicherheitsdienst ou SD. Sous ses ordres, ce service devient l'instrument le plus efficace de tout le régime nazi, infiltrant, informant et désinformant. Avec son puissant réseau d'agents, le SD étend ses tentacules à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Allemagne et apporte un appui logistique capital à la SS.

Le 22 septembre 1939, Himmler crée pour Heydrich le Reichssicherheitshauptamt (Office central de la sûreté nationale, RSHA) qui permet ainsi le regroupement sous une seule autorité du SD et de la SIPO (police de sécurité), divisée en deux sections, la Gestapo et la Kriminalpolizei, pour neutraliser les ennemis du Reich. La Gestapo devient le 4e département (Amt IV) du RSHA. Le RSHA permet à Heydrich de concentrer entre ses mains la police, la surveillance idéologique et le renseignement militaire.

Organisation de la SS

À la veille de la guerre, la SS ne comptait que 28.000 hommes et l'organisation prit son visage définitif avec 3 branches distinctes.

  • Premièrement, le service de renseignement du parti (SD) qui absorba en février 1944, les services de renseignement de l'armée (Abwehr).
  • Deuxièmement, les polices, groupant les polices régulières et la police secrète d'État : la Gestapo. Dépendent de la RSHA, dans le sens « répressif », mais un peu en marge de la SS proprement dite, les Einsatzgruppen (« groupes d'intervention ») chargés de sécuriser les territoires occupés et, à partir d'août 1941, de missions exterminatrices à l'Est (au moins un million de morts).
  • Troisièmement, la Waffen SS dont le nom n'apparaît qu'en 1940. À cette date, la Waffen SS ne comportait que 4 régiments (Verfügungstruppe ou troupes à disposition) : les régiment Leibstandarte Adolf Hitler, Deutschland, Germania et Der Führer. En mai 1940, les effectifs totaux de la Waffen SS s'élèvent à 125.000 hommes. L'accroissement des effectifs est très lent (jusqu'en 1942) car Hitler ne voulait pas d'un corps portant ombrage à la Wehrmacht. Lors de la campagne de France les 4 régiments participèrent avec succès aux combats.

Reste le cas particulier des unités SS à tête de mort (SS-Totenkopf Sturmbanne), dirigées par Theodor Eicke, et chargées de la surveillance des camps de concentration mis en place en 1933, camps de travail dévolus principalement aux opposants politiques jusqu'en 1939, organisés en système concentrationnaire en raison de la tournure du conflit dès septembre 1941. [1].

Il faut aussi mentionner l'activité d'organismes plus ou moins secrets : la direction générale pour la Race et le Peuplement, la direction générale chargée des Allemands résidant à l'étranger, le commissariat du Reich pour la consolidation de la race allemande, le mouvement « Fontaine de vie » (Lebensborn), centre de « recherches sociales », sans oublier le mystérieux Institut pour l'héritage des ancêtres (Ahnenerbe).

La constitution du Schwarze Korps (le Corps noir)

À la puissance policière, politique, idéologique et économique, il ne manque à Himmler que la puissance militaire rêvée par Röhm pour la SA. Hitler accède à ce désir. Malgré la réticence des généraux de la Wehrmacht, il autorise au début de la guerre la transformation des SS Verfügungstruppen en une Waffen-SS (SS armée), une troupe d'élite dont il limite par diplomatie les effectifs (entre 5% et 10% de ceux de l'armée régulière).

Après les revers de l'armée allemande et de la perte de la VIème armée à Stalingrad,la Waffen SS subit une profonde mutation. Hitler, n'ayant plus confiance dans la Wehrmacht, autorise Himmler à accroître les effectifs. La Waffen SS passe alors à 300.000 hommes fin 1943 pour atteindre 600.000 hommes en 1944. La proportion d'étrangers devint considérable et dépassa la moitié des effectifs. La Waffen SS devint indiscutablement une force militaire multinationale. On y trouvait des Wallons (division Wallonie), des Français (division Charlemagne), des Suédois (division Viking), des Danois, Norvégiens et Hollandais (Division Nordland), des Baltes (divisions Latvia, Lettland, Estland), des Ukrainiens (division Galizien), des Suisses, des Grecs, des Caucasiens et même des... Indiens (Légion Freies Indien).

Julius Evola considère cet élargissement de la SS comme une réorientation profonde de sa vocation  : « Dans un discours prononcé à Poznan le 4 octobre 1943, Himmler parla carrément des SS comme de l'Ordre armé qui, à l'avenir, après l'élimination de l'Union Soviétique, aurait dû monter la garde de l'Europe sur l'Oural contre les "hordes asiates". L'important, c'est que dans cette situation un certain changement de perspective eut lieu. On cessa d'identifier "l'aryanité" à la "germanité". On voulait combattre non pour un national-socialisme expansionniste reposant sur un racisme unilatéral, non pour le pangermanisme, mais pour une idée supérieure, pour l'Europe et pour un "Ordre Nouveau" européen. Cette orientation gagna du terrain dans la SS et s'exprima dans la déclaration de Charlottenburg publiée par le Bureau Central des SS vers la fin de la guerre ; ce texte était une réponse à la déclaration de San Francisco faite par les Alliés sur les objectifs de la guerre, "croisade de la démocratie". Dans cette déclaration de Charlottenburg, il était question de la conception de l'homme et de la vie propre au Troisième Reich et, surtout, du concept d'Ordre Nouveau, lequel n'aurait pas dû être hégémonique, mais fédéraliste et organique » [2].

À la fin de la guerre, la Waffen SS compte 900.000 hommes, répartis en 38 divisions. Elle concentre un quart des divisions blindées et un tiers des divisions mécanisées de l'ensemble de l'armée allemande. Si l'on veut dresser un bilan de la Waffen SS en tant que formation combattante, force est de constater que ces hommes se battent avec un courage fanatique au prix de lourdes pertes (celles-ci se montaient parfois à 50 ou 60% des effectifs et la durée de vie moyenne d'un officier sur le front de l'Est ne dépassait guère 15 jours). L'action de la Waffen SS retarda indiscutablement la fin de la guerre. En 1953, le chancelier Adenauer déclara publiquement que les Waffen SS n'avaient été que des soldats comme les autres [3]. Il s'appuyait sur le fait que les hommes de la Waffen SS n'avaient pas eu de réels contacts avec les autres branches de l'organisation (Gestapo ou SD). Les anciens Waffen SS finirent par obtenir les mêmes pensions que les hommes de la Wehrmacht et, dès 1956, ils furent acceptés dans la Bundeswehr avec leur ancien grade.

La chute de Himmler

Après l'attentat manqué contre Hitler, le 20 juillet 1944, Himmler devient chef d'état-major des armées de l'Intérieur en remplacement du comte Claus von Stauffenberg impliqué directement. Dans les derniers mois du régime, alors que s'effondrent toutes les structures du Reich hitlérien, seule demeure la SS, qui a pratiquement absorbé l'essentiel de l'État nazi. La SS, fidèle à sa vocation, protège jusqu'au bout un Reich condamné comme elle.

Hitler, ayant appris le 19 avril 1945 par la radio de Stockholm les propositions de capitulation faites par Himmler au comte Bernadotte (de la Croix Rouge Internationale), le révoque aussitôt de ses fonctions et désigne l'amiral Karl Dönitz à la tête de l'État à sa mort (qui aura lieu le 30 avril). Evola juge ainsi ce dernier geste d'Himmler : « Il faut rappeler, d'autre part, qu'on doit à Himmler une tentative de sauvetage in extremis (considérée par Hitler comme une trahison). Par l'intermédiaire du comte Bernadotte, Himmler transmit aux Alliés occidentaux une proposition de paix séparée, et ce afin de continuer la guerre uniquement contre l'Union Soviétique et le communisme. On sait que cette proposition - qui, si elle avait été acceptée, aurait peut-être pu assurer à l'Europe un autre destin, évitant ainsi la "guerre froide" qui allait suivre et le passage au communisme de l'Europe située au-delà du "rideau de fer" - fut nettement repoussée au nom d'un aveugle radicalisme idéologique, tout comme avait été repoussée, pour la même raison, l'offre de paix faite par Hitler à l'Angleterre en des termes raisonnables, lors d'un fameux discours de 1940, donc à un moment où les Allemands étaient les vainqueurs » (ibid.).

Himmler gagne le Schleswig où il sera arrêté par les Anglais. Mis à l'écart dans une cellule de la prison de Lünebourg [4], il est décédé le 23 avril 1945, vraisemblablement "suicidé" par les services secrets britanniques [5].

Jugements

« Il avait des mains petites, bien formées, délicates et soigneusement manucurées, bien que ce soit interdit chez les SS. Il était aussi à ma grande surprise extrêmement affable. Il donnait des preuves d’un sens de l’humour, tendant vers le macabre. Assurément, il n’y avait rien de diabolique dans son apparence. Je n’observais pas non plus dans son regard les signes de cette dureté glaciale dont j’avais tant entendu parler. Himmler semblait être une personnalité très vivace, incliné à la sentimentalité en ce qui concernait ses relations avec le Führer et avec une grande capacité à l’enthousiasme. »

Comte Folke Bernadotte de Visborg

« Cet homme était l’esprit démoniaque de Hitler. Froid, calculateur et ambitieux, il était incontestablement la personnalité du Troisième Reich la plus résolue et la plus dépourvue de scrupules. »

Général Friedrich Hossbach, aide-de-camp d’Adolf Hitler d’août 1934 à janvier 1938, in Zwischen Wehrmacht und Hitler, 1949.

« Himmler semblait être un homme venant d’une autre planète. »

Général Heinz Guderian, chef de l’état-major de l’armée de terre allemande et architecte de la tactique de la Blitzkrieg.

« Je n’ai jamais réussi à regarder Heinrich Himmler droit dans les yeux. Ceux-ci étaient toujours dissimulés par le battement de ses paupières derrière son pince-nez. Maintenant, cependant, je peux les voir grâce aux photographies et je pense que je peux détecter une chose dans son regard : de la méchanceté. »

Alfred Rosenberg, ministre du Reich et principal idéologue du NSDAP.




Notes



  1. Cf. Hitler et les Juifs par F. Delpla
  2. « Notes sur le IIIe Reich », in Le fascisme vu de droite, Pardès.
  3. Pour une approche historique plus récente de cette question, on pourra consulter cet extrait de Jean-Luc Leleu.
  4. Archives INA
  5. Cf. l'article Les Britanniques ont liquidé Himmler pour le réduire au silence, cet entretien avec Joseph Bellinger et cette étude d'archive militaire par F. Delpla.



Bibliographie