Archéofuturisme

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L'Archéofuturisme est une attitude d'esprit qui présuppose que le futur va de nouveau faire appel à des valeurs ancestrales et que les notions de modernisme et de traditionalisme doivent être dialectiquement dépassées.

Edition anglaise de L'Archéofuturisme de Guillaume Faye, publiée par les éditions Arktos

Le concept est énoncé et développé dans l'ouvrage du même nom publié en 1998 par Guillaume Faye.

Définition

L'archéofuturisme s'oppose à la fois à la modernité et au conservatisme, en les renvoyant dos à dos, estimant que la modernité est passéiste, puisqu'elle a échoué dans ses idéaux et ses grands projets. La technoscience, par exemple, est incompatible avec les valeurs humanistes et égalitaires de la modernité. Le XXIème siècle verra ressurgir les enjeux que l'idéologie bourgeoise et occidentale cosmopolite avait cru enterrer : luttes des identités, des religions et des traditions ; conflits géopolitiques; question ethnique posée à l'échelle planétaire; luttes pour les ressources rares[1].

Technoscience et valeurs archaïques

Le concept d’« archéofuturisme » est exposé dans le livre du même nom publié en 1998 par Guillaume Faye. Selon Faye, le monde se dirige vers une convergence des catastrophes, et celle-ci mettra un terme à la modernité et à son soubassement idéologique, l'égalitarisme.

Faye propose comme solution de réconcilier la technoscience et les valeurs archaïques. Il appelle à « penser ensemble, pour les sociétés du futur, les avancées de la techno-science et le retour aux solutions traditionnelles de la nuit des temps. Tel est peut-être le vrai nom de la post-modernité, aussi éloignée du passéisme que du culte idiot de l'« actuel ». Il fait l’éloge de la « mentalité européenne » faustienne, qui se manifeste aussi bien dans la cathédrale de Reims, l’escalier à triple révolution du château de Chambord, les dessins de Vinci, les BD de Liberatore et de l’école bruxelloise, que du design des Ferrari ou les réacteurs germano-franco-suédois d’Ariane 5.

Pour Faye, l'archéofuturisme, qu'il nomme aussi constructivisme vitaliste, est un dépassement du concept de modernité, né de l'idéologie des Lumières. Mais il rejette toute forme de passéisme. Le traditionalisme intelligent est le plus puissant des futurismes et inversement. Il s'agit de rejeter le concept de « modernité », né de l'idéologie des Lumières, et de ne pas « associer les Anciens aux Modernes, mais les Anciens aux Futuristes ». Le modernisme est déjà un passéisme: le futur doit être « archaïque », c'est à dire ni moderne ni passéiste. Pour Faye, il faut redonner au mot « archaïque » son vrai sens, positif et non péjoratif: selon la signification du substantif grec archè qui signifie à la fois « fondement » et « commencement », autrement dit « impulsion fondatrice ». Cette notion de l'« archaïque » avait déjà été employée dans le même sens par Jean Cau, lui aussi cadre du GRECE dans les années 1970.

Trois thèses fondamentales

L’archéofuturisme se base sur trois thèses principales, qui rejettent à la fois les positions technophobiques (récurrentes chez les traditionalistes classiques et les conservateurs) et les positions technophiles acritiques (technicisme et transhumanisme).

Première thèse

La civilisation contemporaine, fille de la modernité et de l’égalitarisme, termine son cycle historique. Ainsi, « la vieille croyance dans le miracle de l’égalitarisme et de la philosophie du progrès, qui affirmait qu’il était toujours possible d’obtenir plus, est morte. Cette idéologie angélique a créé un monde qui devient moins viable chaque jour. »

Seconde thèse

Les idéologies contemporaines qui émergent comme un fait symptomatique du retour des structures psycho-bio-sociales à un état très moderne sont caractérisées par le rejet de l’individualisme et de l’égalitarisme, ce dernier comme expression maximale du nihilisme culturel. Pour affronter le futur, il faut reproduire une mentalité archaïque, c’est-à-dire, prémoderne, non égalitaire et non humaniste, qui restaurera les valeurs ancestrales d’ordre des sociétés. Maintenant, les découvertes en technoscience, particulièrement dans le domaine de la biologie et de l’informatique, ne peuvent être administrée à travers les valeurs humaniste et les mentalités modernes.

Aujourd’hui les événements géopolitiques et sociaux sont dominés par des problèmes religieux, ethniques, alimentaires et épidémiologiques. Ils forcent la rupture avec les dogmes modernes, égalitaires, humanistes et individualistes, inadaptés pour penser au futur.

Troisième thèse

L’avènement d’un nouveau type de scénario dans un cadre qui est totalement différent du monde égalitaire régnant et actif, dans la mesure où il est clair que « nous devons nous projeter et imaginer le monde post-chaos, le monde après la catastrophe, un monde archéofuturiste, avec des critères radicalement différent de ceux utiliser dans la modernité égalitaire.»

Archéofuturisme et transhumanisme

L’archéofuturisme ne doit pas être confondu avec le transhumanisme contemporain. Il ne doit pas non plus être considéré comme une branche conservatrice du transhumanisme ou un transhumanisme conservateur.

Visages de l’archéofuturisme

Dans la dernière partie de son livre “l’Archéofuturisme”, Guillaume Faye décrit la société archéofuturiste telle qu’elle pourrait être, en se basant sur des informations scientifiques ne relevant pas de l’imagination littéraire mais sur des innovations qui ont fait l’objet de brevets déposés à la fin du XXe siècle.

Après la « Grande Catastrophe » qui a vu sombrer dans le chaos l’ancien système politico-économique du fait de la convergence de désastres de toutes natures, ont subsisté des bulles de survie, sortes de baronnies qui se sont ensuite rapprochées les unes des autres. La nouvelle structure regroupait dans une Communauté des Etats Européens, les anciennes régions de l’Europe Occidentale dotées d’une très large autonomie. Mais de graves problèmes internationaux resurgirent avec de nouvelles menaces. La Russie et ses pays satellites proposèrent alors à la Communauté des Etats européens de fusionner pour assurer l’unité et la défense des « peuples apparentés »: la Fédération Eurosibérienne était née.

La Fédération comporte 125 états autonomes comme les Etats autonomes de Bretagne ou d’Ile de France, la République Romaine et le Royaume d’Albanie, etc. qui s’entendent sur les « questions principales »: quel est l’ennemi commun ? Quel est l’ami commun ? Ils sont représentés face au Gouvernorat impérial installé à Bruxelles, par le Directorat central de la Fédération.

Les litiges internes entre les États de la Fédération sont résolus par un Conseiller plénipotentiaire auprès du Tribunal-Inter-États de Saint Petersbourg et son Prévôt auquel il doit rendre compte, et qui dépend aussi du Gouvernorat impérial de Bruxelles où sont ses bureaux.

Dans la Fédération, on tente de concilier deux principes: l’autorité absolue et la rapidité de décision de l’autorité politique centrale, le Gouvernorat élu par le Sénat Impérial; et une grande liberté d’organisation laissée aux Régions-Etats.

Chacune des Régions-Etats autonomes est libre dans les domaines où elle n’est pas soumise aux compétences du Gouvernorat Impérial, d’organiser ses institutions comme elle l’entend. Elle doit simplement, par les moyens qu’elle désire, désigner un nombre de députés fixé en proportion de sa population au Sénat Fédéral d’Empire.

L’ idéologie officielle de la Fédération est le « constructivisme vitaliste ».

La nouvelle économie techno-scientifique n’est plus, comme autrefois au XXe siècle, destinée à toutes les zones de la Terre ni à tous les humains. Seulement 10 % de l’ humanité en bénéficient, en général regroupés dans les villes, beaucoup moins étendues et peuplées qu’autrefois. Dans la fédération, 20% de la population vit dans une économie industrielle techno-scientifique; ce qui a permis de repeupler les zones rurales désertées et résolu les problèmes de pollution et de gaspillage énergétique.

L’innovation scientifique est très dynamique bien qu’elle ne repose plus sur un énorme marché mondial et ne concerne donc qu’une minorité de la population, les autres étant revenus à une économie rurale, artisanale et pastorale de type médiéval. L’explication de ce dynamisme est simple: le volume global de l’investissement et des budgets publics et privés n’ont plus à se préoccuper des besoins de toutes natures de 80% de la population vivant dans des communautés néo-traditionnelles, selon un système socio-économique archaïque, qui se débrouillent seules et librement pour leur production et leurs échanges, et pour nombre desquelles le solstice d’été est un moment fort

La Fédération Eurosibérienne pratique le libre-échange intérieur, mais ses frontières extérieures sont protégées par des barrières douanières très élevées. Les flux financiers et spéculatifs internationaux n’existent plus.

Dans l’élite, 18% des naissances sont assurées par l’ingénierie génétique: gestations en incubateurs, sans grossesse pour les femmes, avec « amélioration programmée du génome ». Mais cette technique est rigoureusement prohibée dans les communautés néo-traditionnelles et, ailleurs, soumise à l’approbation du Comité Eugénique Impérial. Les enfants issus de cette procréation artificielle sont souvent consacrés « pupilles d’Empire » et placés dans des centres d’éducation qui les transforment en cadres ultra-performants. Seuls les dirigeants et les cadres de la Fédération ont accès au réseau d’informations, l’ EKIS « Euro Kontinent Information Service ». Le système des médias, ouvert à tous, en cours au XXe siècle, a entièrement disparu car, pense-t-on, il aboutissait paradoxalement à la désinformation, à la désagrégation de l’esprit public et créait des paniques.

Les véhicules électriques sont généralisés, les automobiles interdites aux particuliers avec retour aux tractions hippomobiles, prohibition des véhicules à moteur dans les communautés rurales néo-traditionnelles, abandon des autoroutes sur le tracé desquelles ont été construites des lignes de chemin de fer classiques rapides pour le transport des camions et des containers (« ferroutage »), limitation progressive des transports aériens au profit des planétrains, introduction de dirigeables-cargos pour le fret et les transports civils, restauration du réseau des canaux, utilisation mixte des énergies nucléaires et éoliennes pour les transporteurs maritimes, etc.

Bibliographie

  • Guillaume Faye, L'Archéofuturisme - Techno-science et retour aux valeurs ancestrales, Paris, L’Æncre, 1998, (rééd. 2011), 260 p.

Articles connexes

Références

  1. Guillaume Faye, Pourquoi nous combattons : Manifeste de la Résistance européenne, Paris, L'AEncre, 2002, 292 p., p. 142-143.