Traditionalisme catholique
Le terme de Traditionalisme catholique désigne un courant catholique qui s'oppose au « modernisme », c'est-à-dire à l'influence du libéralisme, du socialisme et des autres courants de gauche dans l'Eglise.
Ce courant rejette concrètement les décisions prises par le Concile Vatican II (tenu entre 1962 et 1965), qu'il considère comme « hérétiques » car inspirés par des idées condamnées précédemment par d'autres Conciles de l'Eglise, notamment par le Concile Vatican I (1869-1870). Il est actuellement organisé autour de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, qui forme ses prêtres selon les principes antérieurs au Concile Vatican II. Il existe également d'autres structures, comme les communautés du courant sédévacantiste.
Sommaire
L'Eglise catholique dans le monde moderne
L'Eglise catholique a historiquement été la principale force luttant contre les forces révolutionnaires et modernistes qui ravageaient l'Europe.
Un changement d'attitude dramatique est intervenu à la suite du Concile Vatican II (1962-1965), lorsque de pans entiers de la hiérarchie de l'Eglise ont révisé ses doctrines à l'aulne des idées révolutionnaires, avec l'intention de moderniser la foi pour l'aider à garder toute sa pertinence dans le monde moderne. Avant le Concile, le traditionalisme[1] était la norme fondamentale au sein de l'Eglise et , de 1910 à 1967, tout prêtre catholique était tenu de prononcer le « serment antimoderniste ». Mais le Concile a trahi une obsession, interne à l'Eglise, de se « mettre à la page », ou plutôt à la traîne de la vers l'hégémonie de la gauche culturelle, alors que la majorité de ses ouailles attendaient certainement d'elle une autre attitude face aux bouleversements sociaux et moraux. Julius Evola résumait cette contradiction en 1969 :
« C’est précisément parce que le saeculum, le monde, s’est plongé avec frénésie et aveuglement dans l’immanence, c’est justement pour cela que l’Eglise aurait dû défendre, d’une manière intransigeante et décidée, le « surnaturel », tout ce qui a un caractère transcendant et sacré, en partant des valeurs de la contemplation et de la haute ascèse. Au lieu de cela, l’obsession de « se mettre au goût du jour » a poussé les plus hautes autorités de l’Eglise dans la direction contraire : s’adapter, se faire accepter et faire oublier tout ce qui pourrait « heurter » l’homme contemporain.»[2]
Après le Concile, les défenseurs du traditionalisme catholique se sont fait connaitre principalement pour leur défense de la messe traditionnelle en latin, leur soutien aux Etats catholiques et leur opposition aux tendances syncrétistes et œcuméniques. Le traditionalisme catholique défend l'enseignement selon lequel l'Eglise a été instituée par le Christ lui-même et qu'il n'y a « point de salut hors de cet Eglise »[3].
Le courant est actuellement représenté essentiellement par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X.
Statistiques
En 2025, environ 0,3 % des prêtres catholiques dans le monde célèbrent selon le rite traditionnel. La proportion renvoie à 750 prêtres affiliés à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et 595 prêtres rattachés aux communautés dites ex-Ecclesia Dei[4], soit 1300 prêtres. La totalité des prêtres catholiques dans le monde, tous rites confondus, est de 406'996 individus.
On estime le nombre de pratiquants réguliers à 850'000 fidèles dans le monde, sur un total de 380'000'000 de catholiques se déclarant pratiquant.
Bibliographie
- Paul Airiau, « Les catholiques traditionnalistes », in : Anne-Laure Zwilling, Joëlle Allouche-Benayoun, Rita Hermon-Belot, Lionel Obadia (dir.), Les minorités religieuses en France. Panorama de la diversité contemporaine, Paris, Bayard, 2019, 1309 p., p. 233-265.
- Victor Aubert (dir.), Livre blanc de la tradition - Comprendre le traditionalisme au sein de l’Eglise catholique en 2025, Academia Christiana (éd.), 2025, 74.
Documents vidéos
- « Traditionalisme 2025 : le vrai bilan — chiffres, cartes, enjeux », émission d'Academia Christiana : [1]
Articles connexes
Notes et références
- ↑ Le traditionalisme catholique ne doit pas être confondu avec le courant philosophique du traditionalisme, appelé aussi « école traditionnelle », représenté notamment par René Guénon et Julius Evola.
- ↑ Julius Evola, « Les théologiens de la mort de Dieu », in : Il Conciliatore (15 juin 1969)
- ↑ Daniel Friberg, Le retour de la vraie Droite - Un manuel pour la véritable opposition, Arktos, 2017, 120 p., p. 105.
- ↑ Soit : Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP) : fondé en 1990 au Gabon, établi à Gricigliano (Italie) en 1991, avec un charisme liturgique et missionnaire. Fraternité Saint-Vincent-Ferrier : communauté d’inspiration dominicaine fondée avant 1988 à Chéméré-le-Roi (France), tournée vers l’étude et la prédication. Chanoines de la Mère de Dieu : installés à Lagrasse (France) en 2004, chantant l’office en latin selon la tradition canoniale. Institut Saint-Philippe Néri : société de prêtres fondée à Berlin en 2003 dans l’esprit de l’Oratoire, utilisant les livres liturgiques de 1962.