Edmund Burke

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Edmund Burke (1729-1797) est un homme politique et un philosophe irlandais. Contre-révolutionnaire de la première heure, il est considéré comme le père du conservatisme moderne.

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« Edmund Burke n'est pas seulement , selon la chronologie, le père du conservatisme anglo-américain, il est surtout celui qui, d'emblée, lui a donné ses couleurs immédiatement reconnaissables : les couleurs de la chair et du sang, les couleurs de l'héritage, les couleurs de la vie, un ton absolument inimitable, ce côté enraciné et incarné, associé à la distinction et à une vaste culture, que l'on retrouve chez son lointain successeur Russell Kirk (1918-1994), qui faisait expressément de Burke sa référence centrale, mais aussi chez l'Américain Samuel T. Francis (1947-2005) et chez l'Anglais Roger Scruton.[1] »

Il a été le premier à dénoncer l'imposture des « droits de l'homme ».

Biographie

Burke naît le 12 janvier 1729 à Dublin. Tandis que sa mère, Mary Nagle (1702 – 1770), issue d'une famille déclassée du Comté de Cork, est catholique, son père, Richard Burke, juriste, est anglican6. Toute sa vie, Edmund restera attaché à cette dernière religion, à l'inverse de sa sœur Juliana qui deviendra catholique. Ses ennemis n'hésiteront pourtant pas à le mettre plus tard en cause pour ses sympathies catholiques, l'accusant ainsi d'avoir mené ses études au collège jésuite de Saint Omer, près de Calais, à une époque où être catholique interdisait de travailler dans la fonction publique.

Ses premières classes eurent lieu dans une école quaker de Ballitore, à une soixantaine de kilomètres de Dublin ; toute sa vie, il tiendra une correspondance avec ses anciens camarades de classes dont la fille du propriétaire de l'école. En 1744, Edmund devient élève du Trinity College de Dublin, un établissement alors protestant, d'où il crée en 1747 un club d'étudiants, the Edmund Burke's club, qui donnera par la suite naissance à la College Historical Society, toujours existante et généralement considérée comme la plus ancienne association d'étudiants au monde. Elle conserve aujourd'hui encore dans ses archives les débats tenus dans le cadre de ce club.

Burke obtient sa licence en 1748, puis son père l'envoie étudier le droit à Londres en 1750. Il entre alors au Middle Temple comme avocat, mais le quitte peu après pour un voyage à travers l'Europe.

En 1756, Edmund Burke fait paraître son premier ouvrage : le Coup d'œil sur les maux qu'a produits la civilisation se veut une réponse parodique aux Lettres sur l'étude de l'histoire du vicomte Henri Saint Jean de Bolingbroke, parues deux ans plus tôt. Burke montre que les mêmes arguments de Bolingbroke contre la religion peuvent aussi bien s'appliquer à n'importe laquelle des institutions humaines.

Tous les critiques ne s'accordent pas sur la lecture parodique de ce premier essai, bien que ce soit l'interprétation qu'en donnera plus tard Burke dans la préface de la seconde édition. Mgr Richard Hurd notait déjà que la parodie du style de Bolingbroke était si réussie que l'ironie de Burke en devenait difficile à discerner. Certains universitaires, dont Murray Rothbard, ont ainsi cru pouvoir considérer le Coup d'œil comme une approche philosophique de l'anarchisme, reniée plus tard par Burke pour des raisons uniquement politiques.

La publication de la Recherche philosophique de nos idées du Sublime et du Beau en 1757 assure à Burke une certaine notoriété. L'ouvrage est lu à travers toute l'Europe et attire même les attentions de Diderot et de Kant, qui, dans sa Critique de la faculté de juger (Remarque générale après le paragraphe XXIX), parle avec éloge des analyses psychologiques de Burke tout en leur opposant sa propre recherche transcendantale. Il s'agit du seul ouvrage de philosophie théorique de Burke.

En février 1757, Robert Dodsley signe avec Burke un contrat pour l'écriture d'une Histoire de l'Angleterre depuis Jules César jusqu'au règne de la Reine Anne. L'ouvrage n'est cependant pas mené à son terme (Burke s'arrête à l'an 1216), et ne sera donc publié qu'après sa mort avec d'autres écrits posthumes en 1812 dans An Essay Towards an Abridgement of the English History. Selon l'historien George Malcolm Young, il s'agit en grande partie d'une traduction d'ouvrages français.

Dès 1758, Burke initie aussi la publication d'une revue annuelle, The Annual Register, dont l'objet est d'analyser les événements politiques survenus durant l'année dans le monde. Il en reste le rédacteur en chef jusque 1789.

Le 12 mars 1757, Edmund Burke épouse Jane Mary Nugent (1734–1812). Ils ont deux enfants, Christopher, mort jeune, et Richard, né le 9 février 1758, et hébergent à partir de 1763 un cousin devenu orphelin, Edmund Nagle.

En 1758, il se tourne vers la politique et devient un des principaux représentants des Whigs. Il crée en 1758 avec Robert Dodsley l' Annual Register, recueil périodique d'articles sur l'actualité internationale ; à Londres, il se lie avec de nombreux intellectuels et artistes de premier plan, entre autres Samuel Johnson, David Garrick, Oliver Goldsmith et Joshua Reynolds, membres comme lui du Literary Club. Au début des années 1760, il accompagne en Irlande Lord Halifax, nommé vice-roi.

En 1765, il devient le secrétaire particulier et l'ami du marquis de Rockingham, premier lord de la Trésorerie. La même année, Burke est élu à la Chambre des communes — représentant un bourg relevant du système de trafic d'élections des « bourgs pourris », Wendover — et se range dans l'opposition, malgré ses liens personnels avec le ministre Rockingham. Il prend une part active au débat sur la limitation constitutionnelle du pouvoir exécutif royal, et se fait l'avocat du rôle des partis, en particulier de celui d'une opposition « institutionnalisée » capable d'empêcher les abus de pouvoir dont pourraient se rendre coupables le souverain ou la majorité parlementaire.

Il est initié franc-maçon dans la loge Jérusalem 44 en 1769. La même année, en réponse à George Grenville, il publie un pamphlet intitulé L'état actuel de la nation. La même année, il acquiert le domaine de Gregories, près de Beaconsfield. Cette propriété de six cents acres (240 hectares), qu'il a achetée à crédit, pèse lourdement sur ses finances pendant les décennies suivantes ; quoiqu'elle ait contenu une importante collection d'œuvres d'art, incluant des tableaux du Titien. Ses discours et ses essais lui assurent une réputation déjà importante, ce qui explique sans doute qu'on lui ait parfois attribué les Lettres de Junius.

En 1770, dans ses Considérations sur la cause des mécontentements actuels, il exprime son soutien aux revendications des colonies américaines. Il défend également les catholiques irlandais face aux persécutions dont ils sont victimes et dénonce les abus et la corruption de la Compagnie des Indes orientales.

En 1774, élu député de Bristol, il défend dans la déclaration qu'il adresse à ses électeurs les principes de la démocratie représentative contre l'idée selon laquelle les élus n'interviendraient en fait que rarement en faveur des intérêts de leur circonscription. Dans les années qui suivent, il se distingue notamment par sa défense de la liberté du commerce avec l'Irlande et l'émancipation des catholiques, ce qui le rend assez impopulaire. En 1780, il perd son siège. Il siège ensuite pour la circonscription de Malton, dont son protecteur Rockingham pouvait disposer à son gré.

En 1782, il est appelé comme membre du conseil privé, mais n'y reste que quelques mois. En 1786, il dénonce les abus de pouvoir du gouverneur des Indes orientales, Warren Hastings.

Il se retire ensuite de l'activité politique proprement dite. En 1792, il héberge Augustin Barruel lors de son exil londonien, et, bien que franc-maçon, le félicite pour son Mémoire pour servir à l'histoire du jacobinisme.

Le premier théoricien contre-révolutionnaire

Un wigh minoritaire

Edmund Burke est généralement admis comme étant le premier théoricien du conservatisme moderne. Il appartenait bien au parti whig, rassemblant les libéraux anglais. Mais ses Reflections on the Revolution in France de 1790 le placent incontestablement placé en minorité au sein de son parti : son cas n’est donc nullement représentatif du libéralisme britannique. L’antagonisme entre Whigs et Tories est complexe et ne saurait être entièrement ramené à l’opposition de progressistes et de conservateurs. Nombre de Whigs se sont originellement opposé aux Tories, au XVIIe siècle, parce qu’ils considéraient que ces derniers, alors partisans du roi Jacques II Stuart, importaient en Angleterre un absolutisme monarchique et un catholicisme tous deux caractéristiques de la France et contraires à la tradition britannique issue de la Magna Carta (1215) : les novateurs délétères étaient à leurs yeux les Tories. Burke se considère à cet égard comme un « old Whig » bien distinct des progressistes que sont peu à peu devenu ses confrères. Toute son habileté dialectique consiste à présenter la Glorious Revolution de 1688 comme un évènement de restauration des « droits historiques » des Anglais, aux antipodes d’une Révolution française qui efface ceux des Français, faisant de leur patrie une « carte blanche ». Philosophiquement, la pensée de Burke s’oppose point par point à l’individualisme méthodologique et juridique qui est au cœur du libéralisme, y compris en réalité chez les théoriciens de la révolution anglaise de 1688, à commencer par John Locke. L’interprétation conservatrice que fait Burke de l’évènement est tactique; elle est facilitée, il est vrai, par le fait qu’au Royaume-Uni les Lumières, en particulier écossaises, font une plus grande place à l’empirisme et aux usages – dans la filiation du Common Law. Ces réalités ne sont pas transposables hors du contexte anglais – tout l’effort de Burke, penseur du particularisme historique, est de l’affirmer. Du reste, en dépit de ses efforts pour « traditionnaliser » les Whigs, la pensée de Burke n’a essaimé que chez leurs adversaires les Tories, qui les premiers en Europe prirent en 1834 le nom de Conservative party[2].

Un phare contre la Subversion

Le 29 novembre 1790, la traduction des Reflections on the Revolution in France est mise en vente à Paris, où elle connaît un succès foudroyant. Cela s'explique par le fait que le public, confronté à cette vaste synthèse, a le sentiment d'enfin mieux comprendre ce qui lui arrive. En dépit de ses défauts, l'ouvrage de l'Anglo-Irlandais propose une analyse des événements qui les domine de très haut. S'en prenant aux concepts abstraits, donc stériles, mis en œuvre par les nouveaux philosophes de la raison, l'auteur démonte point par point les concepts de droit naturel, de liberté, égalité et fraternité, de souveraineté populaire, de démocratie, du bonheur qui doit devenir le lot de tous.

Il est frappant de constater que la "grande critique" française ou francophone de la révolution se fera, elle, attendre quelques années encore et se manifestera, au fond, alors que tout est joué. Les Considérations sur la nature de la Révolution de France de Mallet-Du-Pan sont publiées en 1793, La défense de l'ordre social contre les principes de la révolution française de l'abbé Duvoisin en 1796 (et dans un tirage confidentiel), comme La Théorie du pouvoir politique et religieux de Louis de Bonald, et il faudra attendre 1797 pour pouvoir lire les Considérations sur la France de Joseph de Maistre, et 1798 l' Essai sur les révolutions de François-René de Chateaubriand. En règle générale, on peut dire que les contre-révolutionnaires fournissaient avant Thermidor une œuvre de pamphlétaires, et que c'est seulement après l'extinction de la terreur que leur critique "métaphysique" voit le jour, qui est précisément celle que la postérité retiendra.

Edmund s'est opposé à la Révolution française dès son début. Il insiste sur les spécificités de la Révolution française, qu'il distingue des Révolutions anglaise et américaine. Selon lui, la nouveauté radicale de la Révolution française introduit dans l'Histoire une rupture qui en perturbe le cours et menace l'ordre du monde.

Au nom d'une philosophie de la nature, Burke rejette le contrat social rousseauiste ; pour lui la légitimité d'une constitution est fondée sur la prescription, non sur la convention. L'état naturel n'est autre que la vie en société, parvenant graduellement à la civilisation. Burke soutient que l’œuvre législative française est fondée sur des idées théoriques, abstraites et intemporelles alors que les réformes doivent toujours être particulières au contexte spatio-temporel. Pris d'un vertige volontariste, les révolutionnaires français ont déchiré le tissu social, substituant à la gestion du progrès la dictature des principes abstraits, coupés de tout concret historique. Au lieu de prendre en compte les droits des gens, notions ancrées dans le réel, les esprits faux qui régissent la France ont proclamé les droits de l'homme, la « fausse théorie des droits supposés de l'homme ».

Pour Burke, il n'y a pas de système universel déduit de la raison philosophique mais des constructions historiques propres à chaque peuple. L'utopie démocratique, fondée sur le dogme absurde de l'égalité, réduit des individus à la simple équivalence arithmétique et à l'interchangeabilité. De ce fait, elle tranche les liens ancestraux et dissout les divers modes d'intégration de l'homme dans la société. Adversaire de l'absolutisme, Burke affirme que les États généraux auraient pu et dû dégager les éléments d'une constitution française faisant de 1789 le 1688 des Français. La dérive de la Révolution française commence selon Burke en septembre 1789 avec le refus du bicamérisme et ce dérapage vers la démagogie est confirmé par les premiers massacres des journées d'octobre 1789.

Burke dénonce aussi la tendance à la transgression de la Révolution française qui se traduit notamment par deux caractéristiques : le bouleversement de la propriété et la diffusion de l'athéisme. Cette transgression généralisée produit alors inéluctablement le chaos : la Révolution ne peut que s'épuiser en une « suite monstrueuse de crimes et d'événements grotesques, saturnales où l'horreur fascinante se dispute à la stupeur incrédule ». Annonçant la terreur dès 1790, il affirme que la Révolution ne peut se perpétuer que dans la tyrannie et prédit son inéluctable dérive terroriste et dictatoriale.

Influences

Edmund Burke a influencé :

Œuvres

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  • A Vindication of Natural Society, 1756
  • A Philosophical Enquiry into the Origin of Our Ideas of the Sublime and Beautiful, 1757 (première traduction française par l'abbé Des François, en 1765, sous le titre Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du beau)
  • Reflections on the Revolution in France, 1790 (première traduction française en 1790, sous le titre Réflexions sur la Révolution de France)
  • On American taxation (Sur la taxation en Amérique), 1774
  • On the Situation in France (Sur la situation actuelle de la France), 1790
  • The Writings and Speeches of Edmund Burke (Œuvres complètes), Londres, 1830 (rééd. 1851, 1981).

Éditions françaises

  • Réflexions sur la Révolution de France, suivi d'un choix de textes de Burke sur la Révolution, Paris, Hachette, 1989, coll. "Pluriels", 834 p., préface Philippe Raynaud; réed., 2004.

Postérité

Suivant Adriano Romualdi, ses Réflexions sur la révolution de France, où il démasque le premier la « tragique farce jacobine » et avertit qu' « aucun pays ne peut survivre longtemps sans un corps aristocratique d'une espèce ou d'une autre », marque le début de la tradition contre-révolutionnaire et antidémocratique qui préparera peu à peu le fascisme[3].

Novalis écrira de lui « Burke a écrit un livre révolutionnaire contre la Révolution ».

Citations

« Dans une nation de galanterie, dans une nation composée d'hommes d'honneur et de chevalerie, je crois que dix mille épées seraient sorties de leurs fourreaux pour la venger (la Reine) même d'un regard qui l'aurait menacée d'une insulte ! Mais le siècle de la chevalerie est passé. Celui des sophistes, des économistes et des calculateurs lui a succédé : et la gloire de l'Europe est à jamais éteinte ».

« Je ne peux concevoir comment aucun homme peut parvenir à un degré si élevé de présomption que son pays ne lui semble plus qu'une carte blanche sur laquelle il peut griffonner à plaisir. (…) Un vrai politique considérera toujours quel est le meilleur parti que l'on puisse tirer des matériaux existants dans sa patrie. Penchant à conserver, talent d'améliorer, voilà les deux qualités qui me feraient juger de la qualité d'un homme d'État ».

« …les chefs des clubs et des cafés législatifs sont enivrés d'admiration pour leur sagesse et leur habileté. Ils parlent avec le plus souverain mépris du reste du monde. Ils disent au peuple, pour lui donner du courage sous les vêtements déguenillés auxquels ils l'ont réduit, qu'il est un peuple philosophe; et de temps en temps, ils emploient les parades du charlatanisme, l'éclat, le bruit et le tumulte, quelquefois l'alarme des complots et des invasions, pour étouffer les cris de l'indigence, et pour écarter les yeux de l'observateur de dessus la ruine et la misère de l'Etat. »

« La population de Paris est tellement diminuée, que M. Necker a exposé sous les yeux de l'Assemblée, qu'il fallait déjà compter sur un cinquième de moins pour son approvisionnement. On dit, et je ne l'ai jamais entendu contredire, que cent mille personnes sont dépouillées de tout emploi dans cette ville, quoiqu'elle soit devenue le séjour d'une cour prisonnière et de l'Assemblée Nationale. Rien ne peut être comparé au spectacle dégoûtant de la mendicité qui y règne, et je puis croire à mes informations. Assurément les décrets de l'Assemblée ne laissent pas de doute sur ce fait. Elle a dernièrement établi un comité de mendicité; elle a établi une police rigoureuse sur cet objet, et elle a imposé pour la première fois une taxe des pauvres, dont les secours actuels fournissent une somme considérable dans les comptes de cette année. »

« C'est une chose étonnante de voir avec quelle promptitude la France, aussitôt qu'elle a eu un moment pour respirer, s'est relevée des guerres civiles les plus cruelles et les plus longues qui aient été jamais connues dans aucune nation. Pourquoi ? Parce que, dans tous leurs massacres, ils n'avaient pas assassiné le caractère (mind) de leur pays. Une dignité, sûre d'elle-même, une noble fierté, un généreux sentiment de gloire et d'émulation, n'étaient point éteints : au contraire, ils furent excités, enflammés. Les organes de l'Etat, quoiqu'endommagés, subsistaient encore : l'on avait conservé toutes les récompenses et toutes les distinctions qui encouragent l'honneur et la vertu. »

« Mais votre confusion actuelle, comme une paralysie, a attaqué la source de la vie elle-même. Tous ceux qui, parmi vous, étaient faits pour n'être guidés que par le principe de l'honneur, sont disgraciés et dégradés, et n'ont d'autres sentiments de la vie que le tourment des mortifications et des humiliations. Mais cette génération sera bientôt éteinte : celle de la noblesse, qui la doit suivre, ressemblera aux artisans, aux paysans, aux agioteurs, aux usuriers et aux brocanteurs, qui seront à jamais leurs égaux, et quelquefois leurs maîtres. Croyez-moi, Monsieur, ceux qui prétendent niveler, n'égalisent jamais. »

« Dans toutes les sociétés qui, nécessairement, sont composées de différentes classes de citoyens, il faut qu'il y en ait une qui domine : c'est pourquoi les niveleurs ne font que changer et intervertir l'ordre naturel des choses; ils surchargent l'édifice de la société, en plaçant en l'air ce que la solidité de la construction demandait de placer à la base. »

  • « Par le préjugé fondé en raison, le devoir entre dans la nature de l’homme. » Réflexions sur la Révolution en France (1790)
  • « [...] la fidélité que nous témoignons à nos aïeux ne s’inspire d’aucune superstition d’antiquaire, mais d’une philosophie de l’analogie. En adoptant ce principe de l’héritage, nous avons donné à notre forme de gouvernement l’image d’une parenté par le sang ; nous avons fait entrer notre constitution et nos lois fondamentales jusque dans nos foyers, et noué avec elles de véritables liens de famille ; et nous avons ainsi uni dans nos cœurs, pour les chérir avec toute l’ardeur de leurs affections réciproques et rassemblées, notre État, nos foyers, nos tombeaux et nos autels. » Réflexions sur la Révolution en France (1790)
  • « [...] cette génération de la noblesse sera bientôt éteinte. Celle qui la doit suivre ne pourra plus être distinguée des charlatans et des bouffons, des agioteurs, des usuriers et des Juifs qui seront toujours ses compagnons et parfois même ses maîtres. » Réflexions sur la Révolution en France (1790)

Notes et références

  1. Philippe Baillet, L'Autre tiers-mondisme : Des origines à l'islamisme radical - Fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre « défense de la race » et « solidarité anti-impérialiste », Saint-Genis-Laval, Akribeia, 2016, 475 p., p. 398.
  2. « La droite entrevoit […] une réappropriation de son essence philosophique » (entretien avec le professeur Jean-Luc Coronel de Boissezon), Europe maxima, 7 février 2021.
  3. Adriano Romualdi, « La culture de droite entre imposture et authenticité », in : Philippe Baillet, De la confrérie des Bons Aryens à la nef des fous : pour dire adieu à la droite radicale française, Saint-Genis-Laval, Éditions Akribeia, 2018 (ISBN 2-913612-69-5 et 978-2-913612-69-3), p. 7-70, p. 13-14