Augustin Barruel

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Augustin de Barruel, dit Augustin Barruel (1741 - 1820) est un prêtre jésuite, essayiste et polémiste catholique français. Il est l'une des premières figures intellectuelles de la Contre-révolution.

Biographie

Formation et prêtrise

Fils d'Antoine de Barruel, seigneur de Chaix, et de Madeleine Meunier de La Coste, il fait ses humanités au collège de Tournon avant de devenir jésuite le 15 octobre 1756. Après les années de formation spirituelle, il enseigne en 5e au collège de Toulouse. C'est là, le 2 mars 1764, que le surprend le décret de Louis XV expulsant les jésuites du royaume de France.

Renvoyé chez ses parents, il apprend que le confesseur de la reine Marie Leszczynska recrute des jésuites français pour la Pologne et s’engage contre les vœux de ses parents. Il se rend d'abord en Pologne, puis en Bohême, où il termine ses études de théologie et est ordonné prêtre à Chomutov en 1768. Il enseigne également en Moravie au collège de Hradiště, et au collège Thérésien de Vienne, puis revient en France comme précepteur privé d'une famille aristocratique slovaque. Il se trouve à Avignon lorsque la Compagnie de Jésus est supprimée par le pape Clément XIV le 21 juillet 1773.

Débuts littéraires et polémistes

Devenu prêtre séculier par la force du décret pontifical, Barruel survit comme précepteur et se met à écrire. Il prend pension aux Missions étrangères, publie des vers en faveur de l'avènement de Louis XVI et collabore à L'Année littéraire de Fréron entre 1774 et 1784.

Précepteur des enfants du comte de Lusace au château de Chaumot puis à celui de Pont-le-Roi de juillet 1774 à mai 1777, il y fit l'inventaire de la collection de milliers de manuscrits du prince de Saxe, aujourd'hui conservés à la Bibliothèque Mazarine.

Adversaire des Lumières et de la Révolution

En 1781, il publie sous le titre des Helviennes des lettres anti-lumières contre les encyclopédistes et la philosophie des Lumières qui lui attirent les éloges de la presse. Il exerce sa verve de polémiste dans le Journal ecclésiastique dont il est presque le seul rédacteur entre 1788 et 1792. D'abord favorable aux idées démocratiques - il renonce prudemment à la particule nobiliaire pour éviter la vindicte —, sa vigoureuse opposition à la constitution civile du clergé le contraint finalement à s'exiler à Londres en 1792. Il est tout d'abord hébergé par le philosophe Edmund Burke qui, bien que franc-maçon, le félicitera pour son Mémoire pour servir… pourtant antimaçonnique.

Il a tout le loisir qu'il lui faut pour écrire son Histoire du clergé pendant la Révolution, parue en 1793, qui dénonce la persécution religieuse. Suivent ses Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme, parus en cinq volumes entre 1797 et 1803, qui connaissent un vif succès et sont traduits en plusieurs langues.

Retour en France

Rentré en France après le 18 brumaire, Barruel ne reste pas inactif. En 1803, il publie une apologie du Concordat, Du Pape et de ses droits religieux, qui lui vaut d'être nommé chanoine de la cathédrale de Paris par Napoléon. Cette lune de miel avec le pouvoir napoléonien ne dure pas. Il est emprisonné, en 1811, pour avoir soutenu Pie VII, qui s'opposait à la nomination de Jean-Sifrein Maury comme archevêque de Paris.

Le 20 aout 1806, il reçoit à Paris une lettre de Florence provenant d'un soldat italien, Giovanni Battista Simonini, dans laquelle ce dernier exprime la satisfaction que lui a procuré la lecture de ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme. Il tient toutefois à évoquer un témoignage personnel qui prend la forme d'une théorie du complot juif évoquant la thèse de la judéo-maçonnerie, la maçonnerie étant sous la direction du judaïsme.

Dès que la Compagnie de Jésus est rétablie par le pape Pie VII, en aout 1814, Barruel demande à Pierre de Clorivière, supérieur religieux en France, d'y être réadmis. Par décision du supérieur général, il doit cependant faire à nouveau une année de noviciat. Il accomplit donc, de 1815 à 1816, à 73 ans et malgré son âge, son noviciat, à Saint-Acheul et prononce sa profession définitive le 15 octobre 1816. Quatre ans plus tard Augustin Barruel meurt, à près de 80 ans.

Thèses

Ses travaux consistent à affirmer que la Révolution française n'a pas été un mouvement de révolte spontanée du peuple, mais un processus organisé pendant plusieurs décennies dans des loges et dans des clubs — en particulier celui des Jacobins — afin de permettre à la bourgeoisie libérale de s'emparer du pouvoir. Barruel explique la Révolution par le développement d'un vaste complot, en opposition avec les tenants d'une révolution spontanée et populaire.


Pour lui, la Révolution française est le fruit d'un complot ourdi par les Philosophes (Voltaire, Diderot) et les francs-maçons, le jacobinisme étant le résultat de leur alliance.

À la même époque, une thèse similaire est proposée par l'Écossais John Robison : Robison accuse les francs-maçons de complot révolutionnaire. Tout comme Barruel, il indique que les Illuminés de Bavière ont influencé les loges françaises, les incitant à comploter contre l'État et leur soufflant l'idée de la Révolution française.

Œuvres

  • Ode sur le glorieux avènement de Louis-Auguste au trône, présenté à la Reine, Paris, Valade, 1774, disponible sur Gallica.

Traduction du latin de M. l'abbé Boscovich, Les Éclipses, poème en six chants, Paris, Valade et Laporte, 1779.

  • Les Helviennes, ou Lettres provinciales philosophiques, Amsterdam et Paris, Laporte, 1781 ; Amsterdam et Paris, Moutard, 2 vol., 1784 et 3e vol., 1784-1785 ; Amsterdam et Paris, Briant, vol. 4-5, 1788 ; 7e éd. Paris, Pailleux, 1830 Vol. 1, Vol. 2, Vol. 3 et Vol. 4, 6e édition de 1833 disponibles sur Internet Archive.

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