Unité radicale

De Metapedia
Aller à : navigation, rechercher

Unité radicale était une organisation politique d'orientation nationaliste révolutionnaire créée en juin 1998 par l’alliance du Groupe union défense (GUD), de Jeune Résistance et de l’Union des cercles résistance. Cette alliance est renforcée par l'arrivée de cadres et dirigeants dissidents de l’Œuvre française comme Thierry Maillard, ou du Parti nationaliste français et européen (PNFE), critiquant l’inaction, le folklorisme et le passéisme de leurs ex-organisations.

L'organisation sera dissoute par décret gouvernemental en juillet 2002.

Histoire

Le regroupement naît en 1998 de l'éclatement de Nouvelle Résistance, dont l'axe stratégique principal était la constitution d'un « front uni antisystème », qui puisse agréger écologistes, régionalistes, « anti-impérialistes de tous bords », certains secteurs de l'extrême gauche, etc. Fondateur de Nouvelle Résistance, Christian Bouchet rendra compte de l'impasse où menait cette stratégie : « Nos thèmes, nos méthodes d'action, nos contacts, étaient mal ressentis dans la mouvance nationale - on nous accusait de "communisme" - et cela a entraîné progressivement un tarissement total de notre recrutement »[1]. Prenant acte de l'échec de l'organisation, les dirigeants de Nouvelle Résistance décident, en juin 1998, d'impulser une structure d'un type beaucoup plus souple. Il s'agit de privilégier une stratégie d'entrisme dans la Droite nationale. À la différence de Nouvelle Résistance, Unité radicale se définit comme un réseau souple d'individus capables d'accroitre leur influence dans tous les secteurs de la société. Le but de l'alliance ayant donné naissance à UR était de structurer la tendance radicale et extraparlementaire du mouvement national en France.

Unité radicale agrège rapidement des militants venus de tous horizons: le Groupe union défense (GUD), plusieurs sections de l'Œuvre française et les restes du Parti nationaliste français et européen. Le groupe crée d'emblée deux organes de presse : Résistance et Jeune résistance, un site internet unite-radicale.com et lance une importante production d'autocollants.

Suivant la nouvelle stratégie, la plupart des membres d'Unité radicale adhère en parallèle au Front national. Lors du conflit de 1998-1999 entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret, la direction d'Unité radicale décide d'apporter un soutien total, bien que critique, à ce dernier. Unité radicale va donc mettre ses cadres au service du nouveau Mouvement national républicain.

Progressivement, deux lignes politiques s'affrontèrent au sein d'Unité radicale : l'une purement nationaliste-révolutionnaire animée par son secrétaire-général Christian Bouchet et son secrétaire-général adjoint Sébastien Legentil ; l'autre, représentée par des cadres du sud-est de la France comme Fabrice Robert, Philippe Vardon et Richard Roudier, se revendiquant des thèses de Guillaume Faye.

Cela entraîna une crise du mouvement qui dura tout le premier semestre 2002. Eddy Marsan, un des conseillers régionaux du mouvement, le quitta en premier pour rejoindre le Front national. Christian Bouchet quitta lui Unité radicale en avril pour contribuer à fonder le Réseau radical et le site Voxnr.com à la fin juin. À la nouvelle direction du mouvement s'affrontèrent alors des partisans de la création d'une nouvelle structure et d'autres voulant intégrer le Front national.

Stratégie

La stratégie de l'organisation était ainsi définie :

« En l’état actuel de notre développement, notre stratégie n’est pas une stratégie de prise de pouvoir (nous laissons cela au Mouvement national républicain ou au Front national) mais une stratégie de développement interne et d’influence externe. En clair, nous voulons créer une structure nationaliste radicale - structurée, conséquente et conquérante - qui par son existence même, et par son poids, influe sur les décisions et les prises de position du mouvement national dans son entier.Par ailleurs, nous voulons diffuser nos idées dans la jeunesse populaire - théoriquement la plus réceptive à nos idéaux - par des campagnes militantes ciblées et par un combat culturel adapté. Ce faisant nous voulons contribuer à une « renationalisation » de la jeunesse, par imprégnation idéologique, de la même manière que la propagande des divers groupes d’extrême-gauche qui n’a pas de débouché politique immédiat, contribue à une imprégnation idéologique favorable au métissage et à la société multiculturelle. »

Equipes de direction

Lors de sa création : Christian Bouchet, secrétaire général, Frédéric Larsen (pseudonyme d'André-Yves Beck), Fabrice Robert, Benoit Fleury (représentant le GUD).

A partir d'avril 2001 : Christian Bouchet, secrétaire général, Frédéric Larsen (pseudonyme d'André-Yves Beck), Fabrice Robert, Guillaume Luyt (Comités Agir pour la France, porte-parole de la CoordiNation, ancien directeur national du Front national de la jeunesse), Bernard Marillier, Eddy Marsan, Jorgi Roumégas (pseudonyme de Richard Roudier), Philippe Vardon.

A partir de février 2002 : Christian Bouchet, secrétaire général, Sébastien Legentil, secrétaire général-adjoint, Fabrice Robert, porte-parole à la jeunesse et à l'action culturelle, Guillaume Luyt, porte-parole à la coordination des forces nationales, Frédéric Larsen (pseudonyme d'André-Yves Beck), Bernard Marillier,Jorgi Roumégas (pseudonyme de Richard Roudier), Philippe Vardon.

D'avril 2002 à la dissolution : Fabrice Robert, Guillaume Luyt, Frédéric Larsen (pseudonyme d'André-Yves Beck), Jorgi Roumégas (pseudonyme de Richard Roudier), Philippe Vardon.

Orientations doctrinales et évolution

Durant toute sa brève existence, Unité radicale a subi une mutation, derrière laquelle se profilait deux lignes divergentes : la première était celle du nationalisme révolutionnaire classique, la seconde celle de ce qui allait devenir la mouvance identitaire. Cette évolution se reflète d'ailleurs dans les changement opérés au sein de l'équipe de directon.

A ses débuts, l'organisation suit une ligne nationaliste-révolutionnaire fortement marquée par l'expérience des mouvements du début des années 1990, comme Nouvelle Résistance. Ses premiers documents en témoignent :

« Même s’il a des racines plus profondes, on peut estimer que notre courant politique apparaît en France lors de la Révolution dans les milieux patriotes radicaux, et qu’il se concrétise dans la seconde moitié du XIXe siècle avec la fusion idéologique des courants nationalistes et socialistes-révolutionnaires. En conséquence, nous sommes les héritiers des bras-nus de 1793, de Blanqui et de Pierre-Joseph Proudhon, de Maurice Barrès, de La Cocarde et du Cercle Proudhon. Mais aussi des « non-conformistes des années 30 » et de Valois, ainsi que d’autres expériences européennes comme l’hédillisme et le ramirisme en Espagne, le futurisme et les manifestes de Vérone et du Saint-Sépulcre en Italie, ainsi que de la Révolution conservatrice allemande dans sa diversité. En France, notre courant s’est incarné - d’une manière plus ou moins parfaite - depuis le début des années 60 dans des organisations comme la Fédération générale des étudiants européens, Jeune Europe, l’Organisation lutte du peuple, les "Partisans européens", le Groupe action jeunesse, le Mouvement nationaliste révolutionnaire, Troisième voie et Nouvelle Résistance. On aura conscience, par ailleurs, que notre courant doctrinal est universel et se retrouve sous des formes diverses, dans quasiment tous les pays étrangers. Les exemples les plus connus étant l’Argentine avec le péronisme et les pays arabes avec le nassérisme et le baassisme. »

Définissant « ses principaux ennemis », Unité radicale écrit alors:

« Notre ennemi, c’est le système occidental. Celui-ci est la résultante d’une homogénéisation idéologique au niveau planétaire. Les valeurs de la société marchande, de la démocratie libérale et de l’esprit bourgeois sont devenus la seule référence à la fois politique, éthique et culturelle mondiale. Il n’y a pas un "chef d’orchestre inconnu" ou "une main cachée qui dirige" mais des castes dirigeantes politiques, économiques, religieuses, médiatiques, qui défendent les mêmes concepts idéologiques, base de leur domination. Ces concepts sont de surcroît acceptés (d’une manière variable suivant le niveau de développement économique des pays) par une très large partie des populations, cela soit d’une manière consciente, soit du fait de l’influence des mass médias. Si les premières manifestations de l’idéologie marchande et bourgeoise remontent au Moyen Âge, et prennent de l’ampleur avec les révolutions bourgeoises anglaise et française, et avec la déclaration d’indépendance américaine, la victoire totale du système est cependant récente. Elle est le fait de la colonisation progressive de l’ensemble de la planète par les intérêts yankees. Une colonisation parfois militaire, mais le plus souvent culturelle qui dans ce cas est multiforme : sectes néo-protestantes, produits culturels véhiculant l’idéologie occidentale (film, BD, dessins animés, fast foods, etc.), élites du Tiers-Monde formées dans les universités de l’Occident et acquises de ce fait à ses valeurs et à son mode de vie, etc. L’effondrement soudain du bloc communiste a notablement renforcé la puissance du système occidental qui est maintenant le seul modèle possible. Doivent être considérées comme des vecteurs du système toutes les structures internationales (ONU, FMI, Interpol, OTAN, par exemple), toutes les entreprises multinationales, tous les gouvernements du Grand Occident et tous leurs laquais (y compris les partis politiques)... De plus, il faut avoir conscience que la grande force de ce système repose sur son infinie capacité à récupérer ses adversaires. L’éventualité de prébendes entraîne le reclassement naturel de certains (les ex-maos du Rotary, par exemple), les autres voient leurs combats canalisés dans des ghettos politiques où ils regroupent les révoltés, jouant ainsi à la fois un rôle de soupape de sécurité et de réserve de provocateurs et d’épouvantails (tel est le triste sort de la quasi-totalité des groupuscules de droite ou de gauche, dont on vise à ce que les forces s’annihilent grâce à l’opposition des extrémistes !...) »

L'organisation définissait ainsi ses « principaux alliés » :

« Nous savons que nous n’avons pas l’exclusivité de l’opposition au système et nous reconnaissons bien volontiers la présence dans des secteurs différents, mais dont les intérêts convergent, d’autres forces radicales ou plus modérées d’opposition : mouvements nationaux à caractère électoralistes, mouvements régionalistes ou autonomistes, environnementalistes et écologistes non-ralliés au système, socialistes patriotes, militants ethnistes, etc. L’objectif des cadres et militants d’Unité radicale doit être dans toutes les circonstances de veiller à la constitution ponctuelle de fronts (circonstanciels) unis anti-système qui incarnent dans la lutte la possibilité d’union des véritables opposants au système. Cette volonté frontiste doit aller de pair avec une dénonciation sans trêve de toutes les formations réformistes qui visent à modérer les luttes ou à les récupérer pour le bien du système. »

Peu à peu, ce discours nationaliste-révolutionnaire marque le pas. Il entre, à l'intérieur de l'organisation comme dans tous les milieux de la Droite radicale, en concurrence avec les thèses que Guillaume Faye développe alors dans ses ouvrages comme L'Archéofuturisme (1998), La Colonisation de l'Europe (2000) et Pourquoi nous combattons. Manifeste de la Résistance européenne (2001). Ces thèses fournissent la base doctrinale de ce qui va devenir la mouvance identitaire. Une grande partie des militants estiment ainsi que, à l'heure du développement d'un déferlement migratoire qui semble ne pas vouloir se tarir, la désignation de l'« impérialisme américano-sioniste » comme l'Ennemi principal est devenue quelque peu obsolète. De même, les positions tiers-mondistes, pendant que l'on assiste à la montée d'un Islam radical toujours plus violent et qui peine à masquer un racisme anti-blanc presque entièrement assumé, paraissent de plus en plus illusoires.

Des dirigeants comme Guillaume Luyt ou Fabrice Robert déclarent qu'il est plus que nécessaire de tourner « la page de l'islamophilie judéophobe pour imposer la ligne "Ni kippa, ni keffieh" : tout en demeurant solidaires des souffrances palestiniennes, nous affirmons que notre combat ne doit être inféodé qu'aux seuls intérêts européens ». Selon eux, le moment est venu d' « accomplir notre propre révolution culturelle », car « comment, en effet, prétendre incarner la troisième voie révolutionnaire, sans être capable, auparavant, de procéder à l'indispensable réforme intellectuelle et morale de notre famille de combat ?»

Cette évolution entraîne le départ d'un certain nombre de nationalistes-révolutionnaires, notamment celui de Christian Bouchet.

Mouvements connexes

Unité radicale organise un certain nombre de mouvements connexes pour démultiplier son audience dont les plus connus ont été le Comité d'entraide aux prisonniers européens, un front élargi: La CoordiNation, à l'origine de L'Appel des 335, et trois structures "jeunes" : Jeune résistance, le Gud et l'Union de défense des étudiants nationalistes.

Relations internationales

Unité radicale était membre du Front européen de libération. Celui-ci, présent dans une dizaine de pays européens, se voulait l’héritier des précédentes expériences transeuropéennes que furent le premier Front européen de libération de Francis Parker Yockey, le Mouvement populaire européen d'Otto Strasser et l'organisation Jeune Europe de Jean Thiriart.

Unité radicale participait aussi à une structure internationale de moindre envergure, la Ligue de coordination des nationalistes-révolutionnaires.

Dissolution du mouvement

Après l'attentat raté de juillet 2002 contre le Président Jacques Chirac par Maxime Brunerie, membre du MNR et adhérent d'Unité radicale où il était particulièrement proche de la nouvelle équipe dirigeante constituée après le départ de Christian Bouchet, , celle-ci commis l'erreur de lui apporter son soutien. Le gouvernement se servit de cela comme prétexte pour prendre la décision de dissoudre l'organisation.

Les cadres et militants d'Unité radicale se dispersèrent, rejoignant le Réseau radical comme Lionel Placet, Hervé Ryssen et Pierre-Marie Le Diberder, le Parti communautaire national-européen comme Alain Avello, ou créant de nouvelles organisations comme le cercle organisé à Toulouse autour du bulletin Rébellion (fondé par Richard Bessière, Olivier Gnutti et Alexandre Faria), le Front des patriotes à Limoges et Bourges (créé par Sébastien Legentil) et le Bloc identitaire (créé par Fabrice Robert, Philippe Vardon, André-Yves Beck, Richard Roudier, Jean-Baptiste Santamaria et Guillaume Luyt).

Liens externes

Notes et références

  1. Christian Bouchet, Les Nouveaux Nationalistes, éditions Déterna, Paris, 2001.