Manuel Hedilla

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Manuel Hedilla Larrey, dit Manuel Hedilla, né en 1902 à Ambrosero, Cantabria, et mort à Madrid le 4 février 1970, est un militant et dirigeant phalangiste espagnol.

Manuel Hedilla avec José Antonio Primo de Rivera

Biographie

Premières années

Né dans une famille pieuse et travailleuse, il est confronté rapidement à la mort prématurée de son père et à celle de son grand-père en 1909, ce qui donne au jeune Manuel Hedilla la charge et la responsabilité d'être l'aîné des hommes de la famille. Très jeune, il devient ouvrier machiniste afin de pourvoir aux frais de scolarité de ses deux jeunes frères.

Après avoir fait la connaissance d'un jeune jonsiste, Manuel Menezo Portilla, lui aussi ouvrier métallurgiste, il rejoint la Phalange espagnole en 1934.

Il est nommé responsable local de Renedo de Piélagos. En mars 1935, suite à une entrevue avec José Antonio Primo de Rivera à Santander, il est nommé responsable provincial de la Phalange. En novembre 1935, il est nommé conseiller national de la FE.

La guerre

En mai 1936, il rencontre le général Mola et participe ensuite à la préparation du soulèvement du 18 juillet 1936 en Galice. En août 1936, déjà à Burgos et compte tenu de l'emprisonnement de José Antonio dans la zone républicaine, il devient le leader national de facto de la Phalange. Lors de la réunion de Valladolid du 2 septembre 1936, il est nommé secrétaire général provisoire de la Phalange.

Il s'attèle alors à préparer les cadres phalangistes pour le soulèvement militaire. Il emploie à l'époque le pseudonyme de Pasaban.

Le successeur de José Antonio

Le 21 novembre 1936, le IIIe Congrès national de la Phalange se réunit à Salamanque. Informé de la mort récente de José Antonio Primo de Rivera, il n’en décide pas moins de confirmer les pouvoirs d’un Comité exécutif provisoire de cinq membres, présidé par Manuel Hedilla. La difficulté essentielle à laquelle ne tarde pas à se heurter le Comité naît de sa volonté naturelle de s’affirmer en tant que direction indépendante des forces militaires. Les militaires veulent que les volontaires des milices nationales soient de simples soldats disciplinés, état excluant toute expression politique. De graves frictions ne manquent pas de se produire. D’autant plus que certains s’emploient à envenimer ces relations, développant une campagne de discrédit contre l’action de la Phalange. On reproche notamment à la Phalange de nourrir ses effectifs de tous les gens de gauche, anarchistes, socialo-communistes désireux d’échapper aux poursuites. Les journaux phalangistes ne proclament-ils pas inlassablement : « Notre parti est ouvert à tous les camarades désireux de sauver la Patrie » ? Toutes ces accusations ne manquent pas d’alarmer les autorités militaires qui ne veulent voir dans la Phalange qu’une force auxiliaire…

Au printemps, le Conseil national, soucieux de bien marquer son indépendance, décide d’élire un second Chef national. Le 18 avril 1937, dès le début de la session, Manuel Hedilla informe les conseillers qu’il a de bonnes raisons de croire que le général Franco s’apprête à assumer la direction de la Phalange. Après délibération et mûre réflexion, la majorité des conseillers élit Manuel Hedilla second Chef national de la Phalange.

Hedilla conservera sa charge fort peu de temps. Le lendemain, 19 avril, un courrier du Quartier général lui remet une volumineuse enveloppe contenant le texte du discours que prononcera le chef de l’État à Radio nationale. Il s’agit du décret d’« Unification » déclarant la fusion de la Phalange espagnole des JONS et de la Communion traditionaliste. Moins d’un mois plus tard, les monarchistes d’Action espagnole et de Rénovation espagnole sont inclus dans l’Unification par disposition spéciale. Enfin, en avril, Gil Robles remet l’organisation et les milices des JAP et de la CEDA (démocratie chrétienne) dans les mains du Caudillo.

Les milieux phalangistes n’estiment pas suffisantes les garanties accordées par l’Unification ; ils ne peuvent pour autant réagir avec profit. Seul Franco inspire confiance à ceux qui soutiennent économiquement les armées nationales. Aux yeux des conservateurs, Hedilla et ses « vieilles chemises » ne sont que de « dangereux démagogues » tolérés dans la mesure où leur action reste limitée.

Deux voies s’ouvrent alors aux phalangistes : refuser tout compromis par fidélité à l’idéal – ce qui ne gênerait en rien l’entreprise de captation de la Phalange, l’immense majorité des néo-phalangistes étant plus franquiste que nationale-syndicaliste – ou accepter le fait accompli comme irréversible et choisir la voie de la participation afin de sauver du programme ce qui peut l’être.

Hedilla adoptera la première solution. À trois reprises, tentant de le séduire, des représentants de l’état-major lui proposent le Secrétariat général de la « Phalange traditionaliste ». Devant son refus, ils finissent par le placer devant l’alternative : le Secrétariat ou la prison. Le 25 avril 1937, la menace est mise à exécution. Accusé de rébellion, Manuel Hedilla comparaît, les 5 et 7 juin, devant deux conseils de guerre, en même temps qu’une vingtaine de phalangistes. Cinq accusés – dont Hedilla – seront condamnés à mort, les autres à des peines allant de deux ans de prison correctionnelle jusqu’à la réclusion à perpétuité

Gracié 40 jours plus tard, Hedilla est emprisonné jusqu’en juillet 1941. Il sera ensuite confiné à Palma de Majorque. Libéré en avril 1946, ses antécédents pénaux seront radiés le 14 mai 1953.[1].

Notes et références

  1. Jean de Calatrava, « Mythe et réalités de la Phalange », in : Totalité, no 13, 1982.