National-syndicalisme
Le national-syndicalisme est un courant idéologique qui s'est développé à la fin des années 1920 en Espagne.
Il naît de la volonté de répondre à la crise politique et sociale que traverse alors l'Espagne. Il prend sa source à la jonction des mouvement nationaux et patriotiques et de l'anarcho-syndicalisme. Ses partisans s'inspirent de Georges Sorel, de l'exemple du squadrisme et de la révolution fasciste en Italie, et des courants révolutionnaires anarchistes qui rejettent le parlementarisme, le marxisme, l'inféodation aux partis politiques.
Ce courant s'exprime d'abord dans un hebdomadaire, La Conquista del Estado (La Conquête de l'Etat), fondé par Ramiro Ledesma Ramos le 14 mars 1931. Des cercles de lecteurs se forment autour de la publication.
Le 10 octobre 1931, les cercles de lecteurs de La Conquista del Estado se réunissent avec un mouvement fondé par Onésimo Redondo Ortega, les Juntes Castillanes d'Activisme Hispanique. La réunion donne lieu à une fusion et à une nouvelle organisation : les Juntes offensives national-syndicalistes (JONS).
Les JONS vont s'intégrer ensuite à la Phalange de José Antonio, pour donner naissance à la Phalange espagnole des JONS, au sein de laquelle l'influence anarcho-syndicaliste s'atténue.
Les débuts de la Guerre d'Espagne voient disparaitre les dirigeants historiques du courant national-syndicaliste. Le terme est pourtant intégré à la rhétorique de tout le front des forces nationales. C'est ainsi que le Décret d'Unification du 19 avril 1937 baptise la nouvelle organisation unitaire Phalange Espagnole Traditionaliste et des Juntes d’Offensive Nationales-Syndicalistes. La devise choisie fait explicitement référence au national-syndicalisme (« pour Dieu, l'Espagne et sa Révolution Nationale-Syndicaliste »).
La plupart des nationaux-syndicalistes de la première heure qui survivent à la guerre rejettent le Décret d'Unification, qu'ils considèrent comme une falsification des idéaux nationaux-syndicalistes. Certains d'entre eux sont emprisonnés, parfois condamnés à la réclusion à perpétuité comme Félix Gomez et Angel Alcazar de Velasco. D'autres comme Manuel Hedilla, Ruiz Castillejos, de los Santos, Chamarro, sont même condamnés à mort.
Durant tout le régime franquiste existera une opposition nationale-syndicaliste, qui s'affirmera en défense d'un national-syndicalisme authentique, que le movimiento aurait trahi.