Parti communautaire national-européen

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Le Parti communautaire national-européen était une organisation politique dirigée par Luc Michel, Fabrice Béaur et Stéphane Parédé.

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Histoire

La création du Parti communautaire national-européen est le résultat de la rencontre entre d'anciens membres du Parti des forces nouvelles (Belgique) et du Mouvement socialiste populaire, qui fondent en 1981, sous la direction de Luc Michel, un Front nationaliste. Celui-ci fusionne, en 1982, avec l'équipe de la revue Conscience européenne. On assiste alors à un rapprochement entre le Front nationaliste, des militants maoïstes et des activistes écologistes, réunis sur la base d'une opposition commune aux fusées Pershings. En 1984, le Front nationaliste se dissout et donne naissance au PCN-NCP.

Dans les années 1980, le PCN et son fondateur sont soupçonnés d’être liés aux Cellules communistes combattantes.

Dans les années 1990, le PCN refuse d'adhérer au Front européen de libération, animé entre autres par Nouvelle Résistance, pour prôner à sa place la fondation d'un Front Noir-Rouge-Vert.

Le PCN va donner un soin particulier non seulement à se démarquer de l'« extrême droite », mais aussi à combattre ouvertement les partis et mouvements considérés comme étant « d'extrême droite ». Il va par exemple appeler à manifester contre Bruno Mégret et présenter aux élections des candidats dans des circonscriptions convoitées par le Front National, réclamant même, en 1998, la dissolution du FN. Le PCN poussera son orientation à gauche encore plus loin, en 1997, en revendiquant le droit de vote et le droit d'éligibilité des immigrés en Europe! À la même période, le PCN prend contact avec des associations issues de l'immigration. Le PCN présentera sur ses listes électorales plusieurs candidats d'origine immigrée, dont une jeune femme d'origine algérienne. Il diffuse même, dans certains quartiers, des tracts en arabe.

Le PCN soutient les gouvernements nationalistes du tiers-monde, ce qui est courant dans la mouvance nationaliste-révolutionnaire, mais aussi les Etats communistes, comme Cuba et la Corée du Nord.

Le parti est dirigé par un bureau politique de 8 membres. Les plus connus d'entre eux sont Luc Michel et Fabrice Béaur, ancien responsable de Nouvelle Résistance pour l’Île-de-France.

Il participe à la défense de Slobodan Milošević avec la création du « Comité francophone pour la défense de Slobodan Milošević ». Son président est d'ailleurs, avec Jacques Vergès, le seul défenseur confronté au porte-parole du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie lors d'un débat télévisé sur la chaîne française Public Sénat.

Il anime le mouvement pro-Kadhafi et diffuse le Livre vert en Europe. Ses principaux dirigeants sont également ceux du Mouvement européen pour la démocratie directe (MEDD) qui est la structure européenne officielle des « Comités révolutionnaires » libyens pour toute l'Europe.

Il participe également au soutien à la « résistance irakienne » avec la création des « Comités Irak de base » qui soutiennent le parti Baas entré dans la clandestinité.

Le PCN présente des candidats à diverses élections en Belgique et en France avec des résultats habituellement très faibles. Un candidat du PCN, Yann Wannepain, qui par ailleurs adhérera par la suite au Mouvement des Citoyens, obtient 1,50 % des voix en 1998 lors d'une élection cantonale partielle à Valenciennes sud, ce qui constitue son meilleur score jamais obtenu en France.

Aujourd'hui, l'action du PCN semble se concentrer sur l'Est européen, comme le démontrent les récents et nombreux voyages de ses dirigeants en Transnistrie (république sécessionniste de Moldavie), en Abkhazie (république scissionniste de Géorgie), en Moldavie sans oublier Moscou (Russie).

Le PCN a eu des sections en France et en Suisse à la fin des années 1990. La plupart de leurs membres provenaient du mouvement Nouvelle Résistance. La section suisse aurait compté une vingtaine de membres[1].

En 2016, Philippe Baillet décrit le PCN comme un groupe fantomatique, qui n'aurait jamais eu qu'une existence sur le papier[2]. .

Orientations

Une de La Cause des peuples (no 6, 1999).

Le PCN se considère comme un parti transnational « nationale-bolchevique ». Il se réclame de l'héritage du mouvement Jeune Europe (1961-1969) et de son fondateur Jean Thiriart. Sa doctrine est le « communautarisme européen » qu'il définit comme le « socialisme du xxie siècle ».

Le PCN se déclare en faveur de la création d'une République européenne fédérale rassemblant tous les pays d'Europe et de l'ex-URSS (y compris donc les pays du Caucase et d'Asie centrale ex-soviétiques), ainsi que la Turquie et les pays du Maghreb.

Le PCN apporte son soutien à la quasi totalité des mouvements révolutionnaires du Tiers-monde, y compris des organisations communistes comme le MRTA péruvien. Il affirme travailler à l'élaboration d'une « Quadricontinentale des peuples en lutte contre l'impérialisme ». Dans ce sens, il a fait paraître, à partir de 1998 et jusqu'au début des années 2010, une revue spécifique, La Cause des peuples. La publication est sous-titrée : « Pour un Front unitaire quadricontinental contre l'impérialisme et l'exploitation ». Le titre est orné d'un portrait stylisé, rappelant à la fois Che Guevara, dont le PCN se veut le continuateur, sa « Quadricontinentale » faisant écho à la Tricontinentale des années 1960, mais aussi Mouammar Khadafi.

Héritage

Le dernier secrétaire général du PCN, Frédéric Kister, a fini par le quitter. Il est devenu depuis secrétaire général du Mouvement Nation, un parti nationaliste-révolutionnaire belge.

L'un de ses anciens responsables, Nicolas Pomies, l'a quitté et est devenu plus tard l'un des dirigeants de l'Union des familles laïques (UFAL) et de la Coordination nationale de la gauche républicaine. Un autre, Alain Avello, a rejoint le Front national et y est devenu le secrétaire-général puis président du Collectif Racine et conseiller régional des Pays de la Loire.

Notes et références

  1. Sophie Malka, « Un parti au discours "brun-rouge" s'installe en Suisse romande - Le PCN ou comment ratisser large », Le Courrier,‎ 23 novembre 1998, p. 3.
  2. Philippe Baillet, L'Autre Tiers-mondisme: des origines à l’islamisme radical - Fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre « défense de la race » et « solidarité anti-impérialiste », Saint-Genis-Laval, Akribeia, 2016, 475 p., p. 184-185