Conservatisme
Le terme de Conservatisme est un ensemble de courants politiques qui se sont développés en Occident à l'époque contemporaine. La science politique moderne le considère, aux côtés du libéralisme et du socialisme, comme l'un des trois grands courants politiques qui se sont développés en Europe entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle.
Sommaire
Tentative de définition
- « Le conservatisme c’est la négation de l’idéologie. »
- John Stuart Hughes (1916-1999), souvent cité par Russell Kirk
On donne souvent au conservatisme le sens d'attachement au statu quo ou de peur du changement. Il s'agit là d'une conception triviale, peu sérieuse et surtout fausse des courants politiques que l'on peut qualifier de conservateurs à l'époque contemporaine.
Une véritable définition du conservatisme le définit comme un mouvement intellectuel (et politique) de l'ère moderne qui naît avec elle puisque contre elle ; la doctrine conservatrice s'est constituée pour la défense de l'ordre politique et social traditionnel des nations européennes, elle est fondamentalement antimoderne. Le conservatisme pur est donc un traditionalisme. La pensée conservatrice est profondément enracinée dans l'histoire[1].
Principaux auteurs
Edmund Burke est le plus souvent considéré comme le « Père fondateur » du conservatisme mais certains le classent parmi les libéraux. A l'inverse, Tocqueville, généralement qualifie de libéral, est rangé parmi les conservateurs par Russell Kirk[2]. Friedrich Hayek, considéré par les universitaires européens comme un libéral, est très souvent rattaché au camp conservateur aux États-Unis, bien que lui-même ait pris la plume pour expliquer à ses collègues d'outre-Atlantique pourquoi il n'est pas un conservateur[3].
Toutefois, on peut considérer les penseurs suivants comme appartenant à des courants du conservatisme.
Conservatisme anglo-saxon
- James Burnham (1905-1987)
- Edmund Burke
- Russell Kirk (1918-1994)
- Samuel T. Francis
- Mel Bradford
- Paul Gottfried
- Joseph Sobran
- William F. Buckley Jr. (1925-2008)
- Murray Rothbard (1926-1995)
- Charles Lindbergh
- Thomas Fleming
- Thomas Molnar
- Roger Scruton
- Samuel Huntington
Conservatisme français
- Joseph de Maistre
- Louis de Bonald
- François-René de Chateaubriand
- Alexis de Tocqueville
- Claude Polin
- Claude Rousseau
Conservatisme allemand[4]
- Oswald Spengler
- Arthur Moeller van den Bruck
- Karl Anton Rohan
- Stefan George
- Edgar Julius Jung
- Othmar Spann
- Max Hildebert Boehm
- Carl Schmitt
- Arnold Gehlen
- Armin Mohler
- Voir aussi : Révolution conservatrice
Conservatisme ibérique
Conservatisme russe
Courants
Le conservatisme chrétien
Le conservatisme libéral
Le conservatisme révolutionnaire
Bibliographie
- Philippe Baillet, Le Conservatisme contre l’idéologie - suivi de - Dérives inactuelles avec des espions, des esthètes, un médecin et un sage au pouvoir, Éditions Aidôs, Saint-Genis-Laval, 2025, 240 p.
- Philippe Bénéton, Le Conservatisme, coll. Que sais-je?, PUF, 1988, 128 p.
- Luc Gaffié, Les Idées du conservatisme américain, New Forums Press, Stillwater (Oklahoma), 1990.
- Paul Gottfried, Le Conservatisme en Amérique : Comprendre la droite américaine [« Conservatism in America : Making Sense of the American Right »], Éditions de l'Œuvre, 2012, 304 p.
- Nicolas Kessler, Le Conservatisme américain, Presses universitaires de France, coll. Que sais-je ?, Paris, 1998.
en anglais
- Russel Kirk, The Conservative Mind, sous-titré From Burke to Santayana, Henry Regnery, Chicago, 1953; avec sous-titre From Burke to Eliot dans les éditions postérieures.
- George H. Nash, The Conservative Intellectual Movement in America since 1945, Basic Books, New York, 1976.