Résistance helvétique

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Résistance helvétique est un mouvement associatif suisse. Ses objectifs premiers sont d'« assurer la survie de la Suisse et de préserver les valeurs ancestrales helvétiques et son peuple originel ».

Résistance Helvétique

Le mouvement se définit comme métapolitique, helvétiste et de Droite radicale.

Développement

Le mouvement est fondé en mai 2014 par de jeunes militants, déçus de la passivité du Parti nationaliste suisse. Ils baptisent leur nouveau groupe du nom de Renaissance Helvétique. En 2015, le groupe change son nom en Résistance Helvétique. Il se constitue en association en 2016. Présente essentiellement dans le canton du Valais lors de sa création, l'association constitue par la suite des sections dans les cantons du Valais, de Vaud et de Genève, et affirme avoir des militants dans toute la Suisse romande.

Actions symboliques et conférences

Le mouvement adopte une stratégie sur deux plans. D'un côté il organise des actions symboliques, de l'autre des cycles de formation et des conférences. Ainsi, il se fait notamment connaître du grand public en août 2016 par une manifestation de protestation contre l'ouverture d'un Musée des Civilisations de l'Islam à La Chaux-de-Fonds (NE).

Il organise aussi de nombreuses actions de tractages, de récoltes de signatures, de soutien à des pétitions, initiatives populaires ou référendums. Il apporte ainsi régulièrement un soutien actif aux votations contre l'ouverture de centres de requérants d'asile. Il apporte aussi son appui à l'initiative « Monnaie pleine  ».

Le mouvement recourt encore aux actions de type symbolique, comme le déploiement de banderoles contre l'invasion migratoire, ou en organisation des manifestations publiques, dont l'une en soutien aux agriculteurs, devant le siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le mouvement organise parfois des actions de type parodique, par exemple en manifestant poings levés en tenue soviétique devant le siège de la Radio Télévision Suisse, pour soutenir l'initiative populaire lancée contre la redevance obligatoire (Billag).

Action parodique en faveur de No-Billag

Le mouvement participe enfin par deux fois aux manifestations organisées par les mouvements écologistes contre Monsanto à Morges. Des groupes d'extrême gauche protesteront après coup auprès du comité d'organisation contre la présence de RH, mais le comité ne désavouera pas la participation du mouvement helvétiste, estimant que « tout le monde doit être concerné » .

Le mouvement ne prend lui-même pas part aux joutes électorales. Toutefois, certains de ses membres se sont parfois portés candidats à des élections communales sous d'autres étiquettes. Mais en principe, le mouvement appelle à voter pour les candidats les plus proches de ses positions, ou à barrer la route à ceux considérés comme les plus nuisibles, quels que soient les partis auxquels ils appartiennent.

Les « rondes citoyennes »

Le mouvement défraye la chronique en février 2018 en organisant des « rondes citoyennes de sécurité » à Genève. Suivant le mouvement, il s'agit de « désamorcer les conflits par le dialogue ou avertir les forces de l’ordre en cas de situation critique» et d'« encourager la police à être plus présente » dans la rue pour protéger les citoyens. Résistance helvétique annonce ensuite par voie de presse qu'elle prévoit d'organiser des rondes du même type au centre de la ville de Lausanne, reconnu pour être devenu un fief des dealers de rue.

Le communiqué déclenche une réaction d'hystérie dans les partis de gauche, qui hurlent au « retour des milices fascistes » et déposent une interpellation urgente au Conseil communal de Lausanne. À l'exception notable d'un petit parti de centre-droit, le Parti libéral-conservateur, qui tente de rappeler que la population souffre bien plus des « incivilités » et du comportement des dealers de drogues que de Résistance helvétique, tous les partis soutiennent l'interpellation de la gauche. Le chef du groupe de l'Union démocratique du centre ne sera pas en reste, qualifiant les militants de Résistance helvétique de « nazillons » et même de « djihadistes ». À l'issue du débat, la Municipalité prend la décision d'interdire ces rondes.

Dans son rapport annuel de 2018, le Service de Renseignements de la Confédération déclare que: « le mouvement Résistance Helvétique continue à se faire remarquer régulièrement et constitue une exception à la retenue globalement observée ».

Conférences

RH organise de nombreuses conférences dans les villes de Genève, Lausanne et Sion, en invitant notamment Hervé Ryssen, Alain Escada, Daniel Conversano, Johann Livernette ou Piero San Giorgio. Le 19 novembre 2016, le mouvement organise une conférence à Lausanne, intitulée « Stratégies de lutte pour un siècle de fer », avec la participation de l’écrivain français Jean-Yves Dufour et d'Arnaud de Robert (ancien dirigeant du Mouvement d'action sociale). La Radio Télévision Suisse couvre l'événement. Des partis et organisations de gauche avaient lancé un appel à interdire et empêcher par tous les moyens la conférence, qui aura pourtant lieu sans incident.

Ouverture d'un local

S'inspirant de Casapound et du Bastion Social, le mouvement décide, en 2018, d'ouvrir un local afin d'avoir pignon sur rue. En mai 2018, Résistance Helvétique ouvre un local associatif dans la ville d'Aigle, sous le nom de « L'Aquila », où sont régulièrement organisées des activités culturelles, des soirées et des conférences. Parmi les conférenciers ayant participé à ces événements, on peut citer l’économiste François de Siebenthal, Pascal Lassalle, Alexandre Gabriac, Henry de Lesquen, ainsi que des représentants de Casapound et du Bastion Social.

Relations avec d'autres organisations suisses

Depuis la création de RH, le Parti nationaliste suisse abreuve d'injures le nouveau mouvement, au point que certains observateurs ont déclaré que le PNS semblait n'avoir comme ennemis prioritaires que l'UDC et RH. Pourtant, depuis février 2020, leurs relations semblent s'être améliorées. Une soirée commune a été organisée au local d'Aigle.

En revanche, RH a depuis ses débuts de bons rapports avec le PNOS alémanique (Parti des Suisses d'orientation nationale, autonome par rapport au PNS), le groupe genevois Kalvingrad Patriotes, le Cercle Proudhon[1], ou l'Alliance populaire suisse[2].

Résistance Helvétique est d'ailleurs le seul mouvement romand à avoir participé à la manifestation organisée par le PNOS contre le « Pacte des migrations », en plein centre de Bâle [3]. Lors de ce rassemblement, prennent la parole, outre Dominic Lüthard, Tobias Steiger, Éric Weber et Karl Richter, représentant de la Bürgerinitiative Ausländerstopp (« Initiative citoyenne Stop aux étrangers ») de Munich et membre du NPD. La manifestation réunit une centaine de personnes, malgré les heurts provoqués par l'extrême gauche. En effet, une contre-manifestation non autorisée, organisée par des groupes d'extrême-gauche, rassemble près de 400 personnes. Des affrontements opposeront les contre-manifestants et la police, et feront deux blessés.

Ligne politique

L'helvétisme

La base doctrinale de Résistance Helvétique est l’Helvétisme, conception politique développée par Gonzague de Reynold (1880-1970). Suivant cette conception, l'existence de la Suisse est à placer dans la continuité pluriséculaire de l'alliance jurée entre des communautés d'hommes libres. Reynold rejette l'idée d'un peuple suisse unique, pour revendiquer la fidélité entre des peuples différents, mais unis. La Suisse, point de rencontre entre le christianisme, les peuples latins et les peuples germaniques, incarnerait ainsi une survivance du Saint-Empire romain germanique. L'helvétisme se place ainsi en opposition totale face aux deux visions dominantes de l'histoire suisse. Il refuse d'une part la vision bourgeoise libérale-radicale, suivant laquelle la Suisse serait née en fait de la Constitution de 1848, imposée par les Radicaux, suite à la guerre du Sonderbund[4]. D'autre part, l'helvétisme rejette aussi fondamentalement l'historiographie marxiste, pour qui la Suisse serait un produit artificiel des « élites économiques » qui auraient uniquement voulu élargir leur marché au XIXème siècle.

Conception du monde

D'une manière plus large, sur le plan de sa conception-du-monde, Résistance helvétique s'inspire aussi d'autres théoriciens de la Droite radicale européenne, comme Julius Evola, Maurice Bardèche, José Antonio Primo de Rivera et Dominique Venner.

Orientations

De manière générale, le mouvement dénonce la décadence de la société, la gauche multiculturaliste, l'ethnomasochisme occidental, l'ultralibéralisme et l'oligarchie financière. « Stopper toute immigration extra-européenne » est un thème central de RH.

Sa ligne politique a toutefois évolué. Dans un premier temps, RH présente un programme en 33 points, prônant une restructuration générale de l'Etat. Parmi les points abordés, on dénombre un pouvoir décentralisé mais fort, le corporatisme comme modèle socio-économique, une politique sociale efficace, le rejet de l'immigration massive ainsi que du mondialisme, le remplacement des partis par des candidats aux élections libres et indépendants, une souveraineté nationale non négociable, le rejet des revendications LGBT etc.

Evolution

L'Europe nationaliste 2018

A partir de la fin de l'été 2018, le mouvement opère une sensible mutation. Le site arbore désormais en en-tête le slogan « Nous devons préserver l'existence de notre peuple et un avenir pour nos enfants ». Le programme en 33 points disparaît. Il est remplacé par un manifeste qui rejette l'éventualité d'un engagement sur le terrain des élections, pour préférer « travailler à la reconquête des esprits et des cœurs, c’est-à-dire agir en profondeur sur les mentalités ». Le manifeste prône la priorité du combat culturel contre l’hégémonie idéologique de la gauche. Les revendications corporatistes sont remplacées par une conception de l'Etat fédéral compris comme l’ « union de communautés d’hommes libres, qui se sont juré fidélité ». La Suisse est décrite comme une communauté et une unité de destin. Le manifeste affirme le primat du Politique. Dans le texte du manifeste, on ne retrouve plus les incantations socio-économiques du précédent programme. En revanche, le nouveau document déclare que RH ne croit pas « aux formules magiques, qu’elles soient libérales ou collectivistes », mais à une « société équilibrée [qui] doit concilier le sens des responsabilités individuelles et les besoins de justice sociale ».

Si le manifeste défend « avant tout la souveraineté de la Suisse », les perspectives européennes sont clairement affirmées: « nous sommes convaincus que la Suisse peut et doit contribuer à une véritable Europe des Peuples et des Nations. Seule une telle Europe pourra sauver notre civilisation et rallumer la flamme de sa puissance ».

Congrès Europe, le réveil ou la mort

Perspectives européennes

Tout en défendant la souveraineté de la Suisse, le mouvement se place d'emblée dans une perspective européenne. Dès ses débuts, plusieurs de ses membres se rendent régulièrement à Rome, au siège de Casa Pound. En Pologne, des militants de RH participent chaque année à la Marche de l'Indépendance. En février 2017, une délégation participe au congrès Etnofutur, organisé à Tallinn en Estonie par le Parti populaire conservateur d'Estonie (EKRE).

Résistance Helvétique apporte son soutien au Bastion Social, dès sa création en juin 2017, notamment en organisant des collectes et en participants aux activités et manifestations du Bastion Social à Lyon.

RH continue à développer ses relations avec d'autres organisations et mouvements européens, comme Casapound, Civitas, le Bastion Social, le Mouvement Nation belge, ou encore plusieurs mouvements en Europe centrale et orientale notamment en Pologne et en Estonie.

L'Europe nationaliste

En mars 2018, Résistance Helvétique organise une conférence d'envergure européenne à Genève, sur le thème de L'Europe nationaliste. Participent notamment le Bastion Social, Casapound et le Mouvement Nation belge.

Europe : le réveil ou la mort

Congrès Europe, le réveil ou la mort

Le 9 mars 2019, le mouvement organise à Genève un congrès européen, intitulé «  Europe : le réveil ou la mort », invitant de grandes figures intellectuelles de la Nouvelle droite, d'envergure internationale, ainsi que d'autres personnalités, comme l'ancien général croate Željko Glasnović, qui prononce une allocution en première partie. En seconde partie, le franco-allemand Pierre Krebs prononce son discours « Les Blancs ont-ils un avenir ? ». Il est suivi par l'ancien diplomate et professeur de science politique Tomislav Sunic avec « À quand la décadence finale ? De Salluste et Juvénal à nos jours », puis par Robert Steuckers, avec « L'Europe, une multitude de défis ».

Crise

En mars et avril 2019, Résistance helvétique est traversée par une crise interne, qui voit le départ de plusieurs de ses dirigeants. Le mouvement connaît depuis une phase de reflux. Il parvient toutefois à maintenir l'existence de son local dans la ville d'Aigle.

Le 19 octobre 2020, le mouvement annonce la fermeture du local à Aigle, suite à des pressions exercées par les autorités municipales, elles-mêmes pressées par des ligues de vertu. Suivant le communiqué, la crise du Covid et les restrictions sanitaires ont elles aussi entraîné des difficultés financières qui ont contribué à prendre cette décision.

Liens externes

sources vidéos

Références

  1. Une association d'étudiants, reprenant le nom du Cercle Proudhon a été fondée à l'Université de Genève en 1984, par le jeune juriste Pascal Junod. Il n'a pas de filiation directe avec le Cercle Proudhon de Georges Valois. Ce Cercle va jouer un rôle central dans la diffusion des idées du GRECE en Suisse romande. En 1985, le Cercle Proudhon organise à Genève un meeting sur Le Droit à l’identité: les orateurs sont Jean-Gilles Malliarakis, Guillaume Faye, Alain de Benoist, Pierre Vial, Robert Steuckers, Marco Tarchi, l’Anglais Michael Walcker, Pierre Krebs. En novembre 1985, il organise une conférence-débat opposant Alain de Benoist et Jean Ziegler. Le Cercle Proudhon restera actif : il invitera notamment Pierre Vial et Roger Garaudy en 1999, Dominique Venner en 2001, Gabriele Adinolfi en 2014 et Georges Feltin-Tracol (Réfléchir et agir) en 2019.
  2. Petit parti d'orientation nationale, né en 2016 d'une scission des Démocrates suisses. Il n'est présent que dans le canton de Vaud. Ses résultats électoraux sont restés insignifiants
  3. La manifestation est autorisée, malgré l'opposition de tous les partis représentés au Conseil communal de la ville de Bâle, à l'exception de l'Union démocratique du Centre
  4. Le Sonderbund est une alliance conclue en 1845 entre une partie des cantons conservateurs, pour défendre leurs intérêts face à la montée en puissance des Radicaux, arrivés au pouvoir dans la majorité des cantons. Les tensions aboutissent à un conflit armé, en novembre 1847, qui voit la victoire de l'armée confédérale sur les troupes du Sonderbund. L'année suivante est proclamée la première Constitution fédérale, qui met un terme au système confédéral et donne à la Suisse moderne la structure étatique qui perdure jusqu'à aujourd'hui