Parti des Suisses d'orientation nationale

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Le Parti des Suisses d'orientation nationale, traduit parfois Parti des Suisses nationalistes (en allemand : Partei National Orientierter Schweizer, abrégé en PNOS) est un parti politique fondé en 2000, implanté exclusivement en Suisse allemande.

Il se considère comme nationaliste, fédéraliste, social et völkisch.

Il se dissout en février 2022.

Histoire

Création

L'origine du parti se trouve dans une réunion tenue début 2000 à Egerkingen (canton de Soleure), organisée par Bernard Schaub et Philippe Brennenstuhl. Les travaux portent sur l'avenir de la Suisse et les défis posés aux patriotes. A l'issue de la réunion, les participants décident de fédérer les différents petits groupes en vue de fonder un parti. Dans un premier temps, il est question d'un parti structuré à l'échelle fédérale. Mais Philippe Brennenstuhl revendique d'emblée la présidence du futur parti, ce qui mécontente les Suisses alémaniques, largement majoritaires lors de la réunion. La fondation est alors reportée à une date ultérieure.

Le 10 septembre 2000, des participants à la réunion d'Egerkingen, menés par Jonas Gysin et Sacha Kunz, décident de passer outre l'entêtement de Brennenstuhl et prennent l'initiative de fonder un parti, mais cantonné à la Suisse alémanique. Le nouveau parti aurait dû prendre le nom de Parti nationaliste suisse, mais cette désignation avait auparavant été déposée légalement par un Suisse d'origine espagnole, mentalement déséquilibré et auteur de différents délits. Les militants décident donc d'adopter le nom de Partei National Orientierter Schweizer (Parti des Suisses d'orientation nationale).

Sascha Kunz est président du parti jusqu'à la fin de l'été 2003. La direction a été reprise pendant deux ans par Jonas Gysin, qui quitte le parti en 2005.

Un lent développement

Affiche électorale pour les élections cantonales dans le canton de Berne de mars 2018

Le PNOS va adopter une stratégie sur plusieurs axes. D'une part il participe aux élections, d'autre part, il réalise des actions symboliques, des campagnes de propagande ou de soutien aux initiatives populaires, des manifestations publiques, des commémorations, comme celles du Grütli (fondation de la Suisse) ou le Premier mai. Il effectue notamment régulièrement des journées de nettoyage de l'environnement. Enfin, il tente de souder sa communauté en organisant des activités destinées aux familles.

En 2017, le PNOS absorbe, à la suite de l'adhésion de son président, le DPS (Parti pour la Démocratie Directe).

Le 20 octobre 2019, lors du 9e Congrès du PNOS, Dominic Lüthard, annonce que, après avoir assumé pendant sept ans la fonction de président du parti, il se retire. Florian Gerber, jusque-là vice-président, lui succède en tant que président. Yannic Nuoffer devient vice-président et porte-parole, et Tamara Klingler prend la fonction de secrétaire.

Le PNOS et les élections

En octobre 2004, un représentant du parti est élu au conseil municipal de Langenthal et en avril 2005 au conseil municipal de Günsberg. Depuis lors, le parti a participé à diverses élections, dont la dernière en octobre 2019 aux élections nationales et au Conseil des États, mais sans succès.

Le PNOS n'aura jamais de sièges dans les parlements cantonaux, ni aux Chambres fédérales.

À l'heure actuelle, le PNOS ne détient aucun mandat électif (exécutif ou législatif), que ce soit aux niveaux communal, cantonal ou fédéral.

Actions symboliques

Lors des élections fédérales de 2003, le PNOS entend frapper l'opinion en menant une campagne particulièrement explicite. Ses affiches dénoncent, sur une grande illustration centrée autour d'une croix suisse, des symboles du Nouvel ordre mondial, de la franc-maçonnerie, du communisme et du capitalisme financier. Les personnages allégoriques sont balayés par un grand balai marqué du sigle du PNOS, surnommé du slogan : « Nous faisons le ménage ». Le Parti est attaqué en justice par les ligues de vertu, qui accusent le PNOS de reprendre le style de propagande des Fronts des années 1930. Selon les plaignants, les personnages représentant les capitalistes seraient des caricatures de Juifs, reconnaissables à leur nez. L'affiche serait donc antisémite. Le PNOS est condamné par le tribunal de district du canton d'Argovie.

En 2009, le PNOS organise une campagne de soutien à l'initiative populaire pour l'interdiction de la construction de nouveaux minarets, lancée entre autres par Oskar Freysinger[1]. Lors d'une action publique, Dominic Lüthard, président du Parti, se met en scène. Un grand balai à la main, il expulse des minarets en papier disposés sur un grand drapeau suisse. Lüthard sera poursuivi en justice et, en 2012, condamné pour « discrimination raciale ».

Le 24 novembre 2018, le PNOS organise une manifestation autorisée (malgré l'opposition de tous les partis politiques à l'exception de l'Union démocratique du centre), contre le « Pacte des migrations », en plein centre de Bâle. Prennent la parole, outre Dominic Lüthard, Tobias Steiger, Éric Weber et Karl Richter, représentant de la Bürgerinitiative Ausländerstopp (« Initiative citoyenne Stop aux étrangers ») de Munich et membre du NPD allemand. La manifestation réunit une centaine de personnes, dont des membres de la Kameradschaft Heimattreu et du mouvement identitaire de Suisse romande Résistance helvétique. Une contre-manifestation, organisée par des groupes d'extrême-gauche, rassemble près de 400 personnes. Des affrontements opposeront les contre-manifestants et la police, et donneront lieu à deux blessés.

Manifestation du PNOS à Bâle en novembre 2018

Les célébrations du Grütli

En 2004, le parti organise une célébration de la Fête nationale suisse sur la plaine du Grütli, indépendamment de la fête officielle. Plus de 600 personnes participent à cette célébration non officielle. Les comptes rendus dans la presse, ainsi que les critiques faites à la police locale, à qui il est reproché de n'être pas intervenue en conséquence, font connaître le PNOS dans tout le pays.

Le 1er août 2005, le PNOS appelle cette fois à participer à la Fête nationale officielle. 700 sympathisants se joindront donc à une foule de 2 000 personnes. Le discours du président de la Confédération Samuel Schmid (UDC), faisant l'éloge de la politique suisse d'intégration des immigrés, est copieusement hué. Le Conseiller fédéral sera contraint de quitter les lieux à peine son discours terminé. Après avoir quitté à leur tour la plaine du Grütli, les 700 sympathisants du PNOS défileront dans la petite ville de Brunnen.

Par crainte que des incidents tels que ceux de 2005 ne se renouvellent, d'importantes mesures policières sont prises à l'occasion du 1er août 2006. Un système de cartes d'accès au site est mis en place[14]. La petite ville de Brunnen sera maintenue toute la journée en état de siège. La police interdira l'accès du secteur à toute personne suspectée d'« extrémisme de droite ». 147 personnes seront expulsées manu militari du canton et 40 personnes, dont Philippe Brennenstuhl, seront arrêtées.

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En 2007, le PNOS organise une nouvelle célébration de la Fête nationale sur le Grütli le 5 août, rassemblant 300 personnes. En 2008, 300 personnes répondront à son appel. Le 2 août 2009, une nouvelle célébration sur le Grütli rassemble cette fois 180 personnes. Les discours seront prononcés par Dani Herger, Philippe Brennenstuhl et Philippe Eglin. Par la suite, le PNOS tente de réitérer ses exploits de 2004 et de 2005, sans y parvenir, rassemblant encore 200 personnes en 2012, puis seulement une cinquantaine de participants en 2014 et en 2016.

Dissolution

Le 9 février 2022, le PNOS annonce mettre un terme à ses activités et dissoudre ses structures.

Dans son communiqué, il déclare que ses modes d'action sont devenus désuets et qu'il est nécessaire de se tourner vers des voies alternatives. Il annonce que de nouveaux projets sont en cours.

Liens européens et internationaux

En novembre 2017, le PNOS invite à son Parteitag (Congrès annuel) à Bellach (SO) l'ancien diplomate et professeur de science politique Tomislav Sunic. Il s'y exprime au sujet du développement de la Droite alternative américaine, de l'élection de Donald Trump et de la notion d'identité. En outre, participeront aussi à ce congrès William Daniel Johnson, de l'American Freedom Party, Tobias Steiger, responsable de la section suisse de Pegida, ainsi que Lutz Urbanczyk, de l'AfD. Des membres du mouvement suisse romand Résistance helvétique y participent également. Dans la soirée, le Congrès sera attaqué par des extrémistes de gauche, qui dégraderont plusieurs véhicules, ainsi que la façade du restaurant hébergeant le congrès.

Les liens avec l'Alt-Right américaine semblent se développer par la suite. En juin 2018, plusieurs membres de la direction du PNOS seront invités à Dickson (États-Unis/Tennessee) à un congrès international de la « Droite dissidente », organisé par l'American Freedom Party.

Dominic Lüthard, alors président du PNOS, à la conférence internationale « Nationalist Solutions Conference » en juin 2018 au Tennessee

En 2018, le Parteitag annuel, organisé sous le nom de « Europa Nostra II », aura lieu cette fois à Melchnau (BE), après avoir été annoncé à Oensingen (SO). Parmi ses orateurs, le PNOS accueille l'Américain Richard Spencer, l'Autrichien Markus Ripfl, un dissident du FPÖ autrichien et le Hongrois Pàl Peter Walter, représentant du parti nationaliste hongrois Mi Hazank, issu d'une scission du Jobbik. Richard Spencer, sous le coup d'une interdiction d'entrée sur le territoire, participera en réalité au congrès par vidéo interposée.

Structures et implantation

Organisation et sections

Le parti est dirigé par une Landesleitung (Direction nationale du parti), composée du président (Dominic Lüthard), du vice-président (Flo Gerber) et de trois autres membres. En octobre 2019, Florian Gerber succède à Dominic Lüthard en tant que président. Yannic Nuoffer devient le nouveau vice-président et porte-parole, et Tamara Klingler prend la fonction de secrétaire.

Le PNOS organise une fois par année une Generalversammlung (Assemblée générale) et une ou deux fois par an un Parteitag (Congrès).

En 2015, le PNOS annonce la constitution d'un service d'ordre, le Ahnensturm.

Le membres du PNOS sont organisés en sections cantonales. Selon le site web du parti, il existerait des sections dans les cantons d'Argovie, d'Appenzell, Bâle, Berne, Glaris, des Grisons, Schaffhouse, Soleure, Saint-Gall, Thurgovie, Zurich. Il existe en outre une section « Suisse centrale ».

La Police fédérale estime le nombre d'adhérents du parti à environ 300.

Publications

Le PNOS publie d'abord une revue, Zeitgeist.

Elle est remplacée en 2011 par la publication Harus, qui paraît environ 4 fois par an. La première livraison de 2017 est marquée par l'adoption d'une nouvelle formule graphique.

Structure féminine : le KNA

En 2007, une structure féminine avait été créée au sein du PNOS, le Kampfbund Nationaler Aktivistinnen (Front de lutte des militantes nationales). Sa responsable était Denise Friederich (qui semble avoir quitté le parti depuis). Le KNA se donnait pour mission de défendre la vision de la femme en tant que mère de famille, et s'opposait radicalement aux conceptions féministes, associées au capitalisme libéral. Le KNA réclamait l'instauration d'un salaire versé à la femme au foyer qui élève ses enfants. Cette structure ne semble plus être en activité.

Suisse romande

Le PNOS en tant que tel n'existe qu'en Suisse alémanique. Il est lié au Parti nationaliste suisse, qui n'a été fondé qu'en 2011. Celui-ci est dirigé par Philippe Brennenstuhl. Il est actif en Suisse romande, mais les deux structures sont indépendantes l'une de l'autre. Depuis 2016, le PNOS semble par ailleurs avoir des contacts bien plus réguliers avec le mouvement romand Résistance helvétique qu'avec le PNS.

De plus, le PNS annonce en août 2020 cesser ses activités.

Liens externes

  • Site officiel du PNOS : [1]

Notes et références

  1. L'initiative populaire « Contre la construction de minarets » est lancée par un « Comité d'Egerkingen » composé essentiellement de personnalités membres de l'Union démocratique du centre.L'initiative est acceptée en votation le 29 novembre 2009 à 57,5 %