François Duprat

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François Duprat
François Duprat à la tête d'une manifestation d'Occident
François Duprat et le SO d'Ordre nouveau
François Duprat à la tribune d'un meeting d'Ordre nouveau
La voiture de François Duprat après l'attentat
François Duprat (1940-1978), cadre et théoricien nationaliste révolutionnaire assassiné le 18 mars 1978. Selon les termes de l’historien Nicolas Lebourg, il est au moment de sa disparition le « numéro deux du Front national, ou peut-être plutôt son numéro un-bis ».


Du trotskisme au nationalisme



Issu d’une famille communiste, et ayant lui-même fréquenté le trotskisme lambertiste durant son adolescence (de 1954 à 1957), François Duprat s’était tourné rapidement vers le nationalisme français le plus ultra pour ne plus le quitter jusqu’à sa mort tragique.

Dès 1958, il adhère à Jeune nation, puis au Parti nationaliste, dont il devient le responsable pour Bayonne, puis pour tout le sud-ouest, avant d’entrer en khâgne à Paris où il est un des membres fondateurs de la Fédération des étudiants nationalistes. Son activité, et les liens qu’on lui prête avec l’OAS, lui valent alors d’être jugé et emprisonné pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

En 1964, François Duprat participe à la création d’Occident avant d’être engagé par le gouvernement congolais de Moïse Tschombé et de diriger ses services de propagande jusqu’à sa chute en octobre 1965. De retour en France, notre homme collabore à Rivarol et devient membre du Bureau politique d’Occident; il coordonne sa propagande et est rédacteur en chef de son organe Occident-Université. Cependant, en mars 1967, en désaccord avec la direction du mouvement, il en démissionne. Il travaille alors étroitement avec Maurice Bardèche qui le considère comme son fils spirituel et en fait le rédacteur en chef officieux de Défense de l’Occident.

À une époque où les nationaux et nationalistes français (de Dominique Venner à Xavier Vallat, en passant par François Brigneau et Lucien Rebatet), sont quasi unanimement en faveur de l’entité sioniste, François Duprat (appuyé par Maurice Bardèche) insiste sur l’importance de se positionner contre Israël et pour le monde arabe. En juillet 1967, il rédige seul un numéro spécial de Défense de l’Occident qui est titré « L’Agression israélienne » et dont l’éditorial se termine ainsi : « À bas les agresseurs impérialistes d’Israël ! La liberté pour la Palestine arabe ! ». Parallèlement, il crée un Rassemblement pour la libération de la Palestine qui entretient des liens avec le Front populaire pour la libération de la Palestine et le Parti social nationaliste syrien.

François Duprat est aussi, en novembre 1968, dans l’équipe qui fonde L’Élite européenne et dans celle qui, en 1970, porte sur les fonts baptismaux le mouvement Ordre nouveau. Il est naturellement membre du BP de celui-ci et tout aussi naturellement, il s’occupe de sa propagande, étant, selon Joseph Algazy, celui qui crée le « style Ordre nouveau : provocateur, belliqueux, violent » et celui qui impose la création du Front national en juin 1972, conçu comme un rassemblement électoral devant démultiplier l’influence d’ON.

L’opération Front national ne se déroule cependant pas comme la direction d’Ordre nouveau l’avait souhaité. Une partie de ses activistes la refuse et scissionne pour créer les Groupes action jeunesse; François Duprat pense, lui, qu’il faut dissoudre ON dans le FN tandis qu’une troisième faction menée par Alain Robert rêve de reprendre son indépendance et de travailler avec la droite parlementaire.

Tout se précipite alors : François Duprat est exclu d’Ordre nouveau au printemps 1973; quelques semaines plus tard le mouvement est dissous à la suite d’une réunion publique sur le thème « Halte à l'immigration sauvage » ayant entraîné des heurts extrêmement violents; durant l’été ses dirigeants rompent avec le Front national et créent Faire front à l’automne, puis le Parti des forces nouvelles en 1974.


Duprat, l’éminence grise de Le Pen



De son côté, François Duprat réfléchit et structure ses partisans. Pour lui, il faut créer un organe de presse régulier et sérieux, et autour de celui-ci structurer une tendance. Il met les choses en pratique en décembre 1973 en publiant le n° 1 de l’hebdomadaire Les Cahiers européens et en créant les Comités d’union des nationaux qui, en 1974, apportent un soutien important à la première campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen. En juin, le leader du FN leur adresse un message clair; il y affirme : « La place des nationalistes révolutionnaires est au sein du FN, qui autorise la double appartenance et respecte les choix idéologiques de ses adhérents. » En conséquence, en septembre 1974, Duprat et ses partisans entrent au FN; dès novembre ce sont eux qui créent Le National, l’organe du parti.

Au sein du FN, Duprat est chargé de la Commission électorale, c’est-à-dire qu’il est responsable des questions stratégiques et propagandistes: en somme, c’est lui qui fait tourner la machine. Pour Alain Rollat (in Les Hommes de l’extrême droite, Calmann-Lévy, 1985.) « François Duprat apparaît comme le véritable numéro deux du parti. Il est un remarquable organisateur en même temps que l’éminence grise de Jean-Marie Le Pen. Le FN lui doit sa discipline interne. »

En parallèle, François Duprat développe sa tendance. Pour ce faire, en 1976, il crée les Groupes nationalistes révolutionnaires dont l’influence au sein du FN est bientôt importante : Alain Renault – qui est le bras droit de Duprat – devient secrétaire général adjoint du Front et aux législatives de 1978 un tiers des candidats sont issus des GNR.

Mai tout ne se passe pas sans heurt et, dès le quatrième congrès du FN (Bagnolet, 1976), certains éléments nationaux ne cachent pas leur hostilité aux NR. Cependant, l’importance politique de François Duprat fait qu’ils sont intouchables. Dès qu’il est assassiné, tout change et c’est la purge! Elle est menée par Michel Collinot et Jean-Pierre Stirbois. Au congrès du FN de novembre 1978, Alain Renault tente de convaincre qu’« aucune épuration n’est dirigée contre les véritables nationalistes révolutionnaires, et qu’ils continuent d’avoir toute leur place au sein du Front », mais personne ne le croit. Les militants NR soit sont exclus, soit démissionnent; ils participent alors à la création du Mouvement nationaliste révolutionnaire et entament une existence groupusculaire qui durera près de vingt ans…


Qui a tué François Duprat ?



Le 18 mars 1978, au lieudit du Hameau-de-Caudevillé, la voiture de François Duprat est désintégrée sous l’effet d’un puissant engin explosif. L’attentat dont on ne retrouvera jamais les auteurs est bientôt revendiqué par un groupuscule sioniste.

Cependant personne ne sait qui a tué François Duprat. Diverses hypothèses ont été avancées. Trois sont vraisemblables sans que l’on puisse savoir laquelle est la vraie : sionistes voulant éliminer un soutien de la cause palestinienne, militants anti-fascistes voulant liquider le plus efficace de leurs adversaires ou mercenaires de l’extrême-droite régimiste souhaitant faire taire un homme qui en savait trop et qui gênait leur ralliement au système.

En septembre 2015, Jean-Marie Le Pen demande que l'enquête sur le décès de François Duprat soit rouverte [1]


Hommage



« Tu avais parfaitement compris que derrière l’ennemi apparent se trouvait tapi l’ennemi réel, et tu avais osé mettre en pleine lumière son mufle hideux. Nous connaissons tous le plan qu’il avait ourdi contre notre peuple : l’ouverture toute grande des vannes de l’immigration n’était que le corollaire obligé de la campagne antinataliste et de la propagande avorteuse. Contrairement à ce qu’écrivaient d’aucuns, nous osions soutenir qu’il ne s’agissait nullement d’un «suicide collectif» de la France, mais bel et bien d’un assassinat mûrement prémédité. Étudiant les noms de ses promoteurs, nous retrouvions les mêmes, incrustés dans les médias, dans les groupes gauchistes, et à la tête de certains lobby bien précis. »

André Delaporte, Le National, avril 1978.

Chaque année, le Président du Front National dépose une gerbe sur sa tombe, située au cimetière Montmartre près de la sépulture de Jules Guérin.


Texte à l'appui



Les amis de François Duprat par Jean Castrillo (Intervention au cimetière Montmartre le 21 mars 2004)

Voilà vingt-six ans, disparaissait notre camarade François Duprat, lâchement assassiné alors qu’il commençait à donner au Front national une impulsion militante dynamique et révolutionnaire qui faisait de l’ombre aux conservateurs droitiers de l’entourage de Jean-Marie Le Pen.

Je faisais partie, à cette époque, du Comité central du FN, en compagnie de mes camarades Pierre Bousquet et Pierre Pauty et, tout particulièrement en 1978, j’assurais la permanence régulière de la rue de Surène, dans l’immeuble du FN avec Alain Renaud, ami personnel du couple Duprat et, à l’époque, secrétaire-général du mouvement.

C’est dire que je me suis trouvé mêlé aux circonstances de cette tragédie puisque quelques temps après l’attentat survenu sur une route de Normandie, j’allais à Rouen avec mon épouse apporter un peu de réconfort à la compagne de François qui lui avait, certes, survécu mais sortait de cet horrible drame profondément mutilée. Je me souviens d’autant plus de toutes les péripéties qui précédèrent le drame que, pour la première fois, je représentais le Front national, en mars 1978, à une élection législative, avec mes camarades de l’équipe nationaliste de Militant.

Notre revue avait, depuis plusieurs mois, sa liberté d’action en dehors du Front national dont elle avait été l’organe officiel et les camarades qui, comme moi, se présentaient sous l’étiquette lepéniste avaient néanmoins payé leur campagne de leurs propres deniers. Nous étions encore au Front national mais mentalement nous étions déjà ailleurs.

Je vais donc, aujourd’hui, vous exprimer mon sentiment personnel devant cette tombe, sentiment qui m’étreignait à l’époque au moment des funérailles.

Jean-Marie Le Pen avait été profondément affecté par ce drame, d’autant plus que, quelques années auparavant, il avait failli sauter dans l’appartement qu’il habitait avec sa famille, villa Poirier à Paris.

Il s’était bien conduit dès l’annonce de l’assassinat et ce fut lui-même qui prit soin des obsèques puis de l’inhumation. Mais il régnait alors une atmosphère trouble dans l’entourage du président du Front national, une sorte de gêne qui m’apparut dans le comportement de certains, comme la manifestation d’un lâche soulagement. La disparition de François Duprat n’était pas un deuil pour tous car il faisait de l’ombre, une ombre encombrante.

Il faut ajouter à cela qu’au dernier congrès du Front national tenu à Bagnolet, Duprat avait tenu la vedette et il s’était établi, ce jour là, une contestation évidente entre les nationalistes plutôt révolutionnaires et les nationaux droitiers plutôt conservateurs.

Je ne dis pas que l’assassinat de François fut l’œuvre du FN, et encore moins celle de son chef, les auteurs de l’attentat, il ne fallait pas les chercher bien loin dans les officines du pouvoir en place, policières et maffieuses à la fois, autant qu’auxiliaires des cellules apatrides.

De toutes manières, François faisait de l’ombre à beaucoup de gens, y compris à certains conseillers de Jean-Marie Le Pen qui ne pouvaient pas « encadrer Duprat » et tenaient les nationalistes pour des gens encombrants.

Pierre Bousquet et moi-même, avions appartenu aux troupes combattantes sur le front de l’Est face au bolchevisme ; c’était évidemment intolérable, bien que la Serp, maison d’édition de disques appartenant à Le Pen, gagna parfaitement sa vie en éditant main disques « subversifs ».

A cela, j’ajouterai qu’en juin 1978, j’échappais de justesse à l’explosion d’une bombe incendiaire sur le palier de l’immeuble de la permanence FN, rue de Surène. Elle ne m’était pas particulièrement adressée, mais l’on savait néanmoins que j’étais souvent seul le matin sur les lieux.

Tout cela pour vous dire qu’aujourd’hui, vingt-six ans après les faits, je constate tout simplement que le Front national n’a plus connu de drame semblable dans l’entourage de son président.

Le Front national, quoiqu’on en dise ou quoiqu’on en pense, est resté depuis 1978, un mouvement protestataire et non contestataire. Le régime prétend que le FN est « fasciste » parce que cela l’arrange mais il n’en croit rien. Il le tolère car il lui sert de repoussoir. Duprat savait cela. Duprat en a subi les conséquences.

Pour le régime ? Le Pen : oui, Duprat : non !

Voilà pourquoi nous avons perdu notre camarade et depuis lors, tout comme sœur Anne dans sa tour, nous attendons le « grand jour » nationaliste.

C’est l’espoir qui nous fait toujours vivre.

Voilà pourquoi nous sommes une poignée à témoigner encore aujourd’hui sur cette tombe « parce que tout se paye et que cet assassinat se paiera un jour ».

C’est une certitude, ne soyons donc pas lâches et n’oublions jamais quel est notre devoir.

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