Marco Tarchi

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Marco Tarchi

Marco Tarchi (né le 11 octobre 1952 à Rome) est un politologue italien, professeur à l'université de Florence, considéré comme un des principaux représentants de la « Nouvelle Droite » italienne.

Biographie

A l'avant-garde de la jeunesse

A l'âge de seize ans, Marco Tarchi commence à militer dans les organisations de jeunesse du Mouvement social italien.

C'est l'époque où le mouvement de la jeunesse de Droite, et tout particulièrement le Fronte della Gioventù (FdG) (fondé en 1971), deviennent le terreau d'un bouillonnement culturel intense. Les jeunes de Droite ne veulent plus se contenter de revendiquer l'héritage du Ventennio ou de se cantonner à être le fer de lance de l'anticommunisme. Ils veulent être les porteurs d'une véritable alternative au système, audacieuse et novatrice. Sous la bénédiction de Pino Rauti, les initiatives se développent, donnant lieu à une véritable « révolution culturelle » au sein du parti[1].

Rapidement, Marco Tarchi devient l'une des figures de cette nouvelle vague de la jeunesse du MSI, aux côté d'Umberto Croppi, Giampiero Rubei et Generoso Simeone.

La Voce della Fogna : « la revue qui apprit à la droite à rire d'elle-même »

En 1974, Marco Tarchi lance la revue satirique La Voce della Fogna, sous-titrée « journal différent », qui va marquer toute une génération comme « la revue qui apprit à la droite à rire d'elle-même ». Le nom de la revue reprend lui-même un slogan d'extrême gauche « Fascisti, carogne, tornate nelle fogne! » (Fascistes, charognes, retournez dans les égouts !).

La revue offre un large espace à la bande dessinée, à l'humour, aux musiques folk et rock, au cinéma. Parmi les dessinateurs, on comptera le Français Jack Marchal, le créateur du personnage du Rat noir. La rencontre entre les Italiens et le dessinateur français va rendre le petit rongeur populaire dans toute l'Europe occidentale[2].

La revue paraîtra jusqu'en 1983.

Le Diorama letterario

En 1975, Tarchi fonde le Diorama letterario, une revue culturelle et philosophique qui paraîtra jusqu'à nos jours.

Leader de la jeunesse

Marco Tarchi est de tous les combats culturels. Il est l'un des organisateurs, à partir de 1977, des Campi Hobbit, des camps de jeunesse d'un genre totalement nouveau, qui n'ont plus rien à voir avec ceux que le MSI organisait autrefois. Leur nom est inspiré par l'univers littéraire de J. R. R. Tolkien, très lu par la jeunesse de droite en Italie. Le premier camp comprend deux jours de musique alternative, de débats et de tables rondes auxquels participent plus de 2 000 jeunes venus de toute l'Italie. On y présente des thématiques nouvelles, des méthodes et des styles inhabituels pour le MSI. L'événement trouve, de manière inhabituelle, un large écho dans la presse. Trois autres Campi Hobbit auront lieu: en 1978, 1980 et 1981.

C'est au cours de ces camps qu'éclot la Musica alternativa di Destra, dont les pionniers les plus célèbres sont Massimo Morsello, Amici del Vento, La Compania del Annello et Janus. Une vague musicale va se répandre à travers toute l'Italie, voyant naître d'innombrables groupes folk ou rock, et s'organiser un pléthore de concerts, comme si les jeunes de Droite avaient attendu un signe.

Le 5 juin 1977, lors d'une assemblée nationale du MSI, il obtient la majorité des voix pour l'élection au poste de Secrétaire général. Mais, sur ordre d'Almirante, la charge échoit à Gianfranco Fini, situé pourtant en cinquième place parmi les sept candidats. Tarchi est alors désigné comme vice-secrétaire du MSI, et exerce cette charge jusqu'en 1979.

La Nuova Destra

C'est aussi de ce bouillonnement culturel au sein de la jeunesse du MSI que naît, en 1977, la Nuova Destra, emmenée elle aussi par Marco Tarchi, avec pour objectif une patiente reconquête du terrain culturel. Pour Tarchi, il s'agissait de rompre avec un certain « passéisme » du MSI, qui ne s'était pas montré capable d'élaborer un projet global et cohérent de « vision du monde ». La Nuova Destra devait mener un combat métapolitique, qui ne devait pas signifier négation de la politique, mais son dépassement et son complément dans le cadre d'une vision du monde organique et globale qui permettrait d'intervenir activement dans le monde contemporain.

Le nouveau courant va s'exprimer à travers Elementi (revue de culture générale), Diorama Letterario (mensuel bibliographique), Eowyn (spécialisée sur la condition féminine), Dimensione Ambiente (revue écologique), Dimensione Cosmica (littérature fantastique) et Trasgressioni (revue théorique).

La Nuova Destra se développera donc à l’extérieur du MSI. En janvier 1980, elle se constituera officiellement en un courant structuré. En effet, en 1979, Marco Tarchi est exclu du MSI, suite à la parution d'un article satirique de La voce della Fogna, jugé trop incisif envers la direction du parti[3].

Au-delà du militantisme

Après son exclusion, Marco Tarchi s'éloigne définitivement du combat politique au sens strict, pour se consacrer à ses études et à l'enseignement, mais aussi pour se concentrer sur le combat métapolitique.

Il continue à animer la Nuova Destra et ses revues Diorama letterario et Trasgressioni. Il parvient même à développer, comme d'ailleurs une autre grande figure de la Droite intellectuelle italienne, Giano Accame, des échanges et des débats avec des intellectuels de la gauche non-conformiste, comme le philosophe Massimo Cacciari ou le journaliste Giampiero Mughini.

Parcours académique

Marco Tarchi a obtenu un doctorat en sciences politiques à l'université de Florence en 1987. Il obtient une charge officielle de chercheur dans la même université en 1993. Il y devient professeur associé en 1998 et professeur ordinaire en 2001.

Il a été professeur invité à l'université de Turku (Finlande).

Il a collaboré à l'European Consortium for Political Research, en participant au projet de recherche Crisis, Compromise, Collapse: Conditions for Democracy in Inter-War Europe.

Il est professeur associé du programme d'enseignement supérieur inter-universitaire européen Eurolarg.

Publications

Italia populista de Marco Tarchi

En italien

  • Doriot e il Partito popolare francese, Volpe, Roma, 1974.
  • Degrelle e il rexismo, Volpe, Roma, 1978.
  • Partito unico e dinamica autoritaria, Akropolis, Naples, 1981.
  • La "rivoluzione legale", Il Mulino, Bologne, 1993.
  • « Destra e sinistra: due essenze introvabili » in Democrazia e diritto, n°1, 1994, p. 381-396.
  • Cinquant'anni di nostalgia. La destra italiana dopo il fascismo, Rizzoli, Milan, 1995.
  • Esuli in patria. I fascisti nell'Italia repubblicana, Guanda, Parme, 1995.
  • Dal MSI ad AN: organizzazione e strategie, Il Mulino, Bologne, 1997.
  • « Italy: the Northern League », in L. de Winter e H. Türsan (a cura di), Regional Parties in Western Europe, Routledge, Londres, 1998.
  • « Estrema destra e neopopulismo in Europa », in Rivista Italiana di Scienza Politica, 2, 1998.
  • Italia populista. Dal qualunquismo a Beppe Grillo, iL Mulino, 2003.
  • Il fascismo. Teorie, interpretazioni, Laterza, Bari, 2003.
  • Contro l'americanismo, Laterza, Bari, 2004.
  • La rivoluzione impossibile. Dai Campi Hobbit alla nuova Destra, Vallecchi, Firenze, 2010.
  • Italia populista. Dal qualunquismo a Beppe Grillo, Il Mulino, Bologna, 2014.

En anglais

  • « The Dissatisfied Society. The Roots of Political Change in Italy », in European Journal of Political Research, 1, 1996, p. 41-63.
  • « Italy: Early Crisis and Collapse », in D. Berg-Schlosser e J. Mitchell (a cura di), Conditions of Democracy in Europe, 1918-1938, Londres, Macmillan, 2000.

Liens externes

Entretiens

  • Interview de Marco Tarchi par Il Giornale du 16 janvier 2021, traduite par l'Observatoire du journalisme : [3]

Notes et références

  1. Voir à ce sujet: Adriano Romualdi, La Droite et la crise du nationalisme, trad. Philippe Baillet, prés. par David Rouiller, Fribourg, éd. Sentiers perdus, octobre 2022, 94 p., pp. 16-19.
  2. On doit ici souligner la parenté évidente entre La Voce della Fogna et les revues française Alternative, journal différent (1972-1975) et franco-suisse Le Rat noir (1979-1984).
  3. Massimo Magliaro, « Le MSI. Le Mouvement Social Italien », Cahiers d'Histoire du Nationalisme, Paris, Synthèse nationale, n° 11,‎ 2017, p. 168.