Giorgio Almirante

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Giorgio Almirante

Giorgio Almirante (1914-1988) est un militant et un homme politique italien.

Il a été la figure la plus centrale du Mouvement social italien . Il a compté parmi ses fondateurs, puis a dirigé pendant longtemps l'opposition interne, incarnant la tendance de « gauche révolutionnaire », avant d'accéder au poste de Secrétaire général en 1969.

Formation

Fils de Rita Armaroli et de Mario Almirante, un acteur appartenant à la compagnie d'Eleonora Duse, par la suite metteur en scène de films du cinéma muet, Giorgio Almirante naît d'une famille d'acteurs et de réalisateurs (Nunzio, Pasquale, Mario, Giacomo, Ernesto, Luigi, Italia), originaire de la noblesse napolitaine (les Almirante avaient été autour de 1691 ducs de Cerza Piccola).

Le travail de son père l'oblige à passer les dix premières années de sa vie à travers toute l'Italie, avant de s'établir à Turin, puis à Rome. Almirante travaillera aussi dans l'industrie du cinéma en tant que directeur de doublage, comme notamment pour Dumbo (1941) de Disney ou Les Feux de la rampe (1952) de Chaplin, ainsi qu'en tant que critique cinématographique pour le journal de Telesio Interlandi.

Il passe sa maîtrise de lettres à Rome en 1937, avec un mémoire sur la lecture de Dante Alighieri au xviie siècle, sous la direction du philologue italianiste Vittorio Rossi.

Le Ventennio

En parallèle avec ses études, il commence une carrière de journaliste, collaborant au quotidien fasciste Il Tevere (Le Tibre). Il y travaille jusqu'en 1943, date à laquelle il en devient le rédacteur en chef.

En 1932, il inaugure la Mostra della Rivoluzione Fascista (Exposition de la Révolution fasciste) qui célèbre le dixième anniversaire de l'arrivée au pouvoir de Benito Mussolini, et en témoignera avec éloquence dans les pages du Tevere. Il entre dans le GUF, les groupes universitaires fascistes.

Il est en 1938 l'un des signataires du Manifesto della razza. Il devient ensuite secrétaire de rédaction, jusqu'en 1942, de la revue La Difesa della razza.

La Seconde guerre mondiale

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Giorgio Almirante est envoyé en Sardaigne comme officier. Il devient ensuite correspondant de guerre. Il part pour la Libye, accompagnant une division de Chemises noires, et participe à la Campagne d'Afrique du Nord. Il signe de nombreux articles parus dans le Tevere, abandonnant le style rhétorique pour une prose plus concise. Il est décoré de la croix de guerre pour avoir été l'un des premiers combattants à pénétrer dans Sollum et Sidi Barrani.

La République sociale (RSI)

Après la campagne d'Afrique du Nord, Almirante adhère à la République sociale italienne, fondée après le 8 septembre 1943. Il s'engage dans la Garde nationale républicaine avec le grade de capomanipolo. Il devient ensuite chef de cabinet du ministre de la Culture populaire, tout en obtenant le grade de lieutenant dans la Brigade noire commandée par le même ministre. C'est dans les rangs de cette unité qu'il va combattre les partisans communistes, notamment en Val d'Ossola et dans la région de Grosseto.

Le Mouvement social italien

Almirante reste dans la clandestinité jusqu'en septembre 1946.

Le 26 décembre 1946, il participe à Rome à la création du MSI (Movimento sociale italiano). Il prend également la direction de l'hebdomadaire Rivolta ideale.

En 1947, le MSI prend part aux élections municipales à Rome. Lors de la campagne, Almirante organise un rassemblement public, qui est attaqué par des militants communistes, et une violente rixe s'ensuit. En novembre 1947, Almirante est accusé et jugé pour apologie du fascisme et collaboration avec l'Allemagne. Il est condamné à une peine de douze mois d'emprisonnement, mais qui sera commuée en peine pécuniaire. À la même époque, il enseigne la littérature dans un lycée à Rome.

Le 18 juillet 1948, il est élu à la Direction nationale du MSI. Il est élu député et entre à la Chambre des députés dès la première législature de 1948. Il est sera d'ailleurs systématiquement réélu jusqu'à sa mort.

Le meneur de la « gauche révolutionnaire » du MSI

Pendant toute la période de présidence du parti par Arturo Michelini (1954-1969), Giorgio Almirante sera la figure de proue de l'opposition interne. Il a pris part aux instances dirigeantes du parti de 1946 à 1950, mais en sera écarté jusqu'à son arrivée au poste de secrétaire général en 1969. Une autre célèbre figure de la tendance de gauche du MSI est un temps Ernesto Massi, pour lequel le fascisme se résume à la notion de socialisme national.

L'aile des révolutionnaires se caractérise par une volonté d'opposition claire, à la fois aux partis bourgeois et au communisme. Elle est hostile à la participation de l'Italie aux institutions de l'OTAN, et favorable à une politique « méditerranéenne » de collaboration avec les États nationalistes arabes. Cette tendance a souvent été surnommée la « gauche révolutionnaire » du parti, notamment à cause de son antiaméricanisme, de son tiers-mondisme et de ses positions sociales.

Giorgio Almirante s'engage aussi pour la défense de l'intégrité du territoire national (question de Trieste, question du Trentin-Haut-Adige), contre la loi Scelba (« reconstitution de Parti Fasciste »), contre la nationalisation de l'énergie électrique, contre la loi sur le divorce (sa position personnelle était différente mais par discipline du parti, il défend la position majoritaire au sein du MSI), contre la libéralisation de l'avortement, contre le communisme, le terrorisme et l'agitation gauchiste en général, pour le rétablissement de la peine de mort pour les terroristes reconnus coupables d'assassinat .

Almirante était profondément convaincu du rôle central de la jeunesse dans le développement d'une véritable alternative révolutionnaire, populaire et novatrice.

A la tête du parti: souffle nouveau et retour des « frères séparés »

Le retour de Giorgio Almirante à la tête du MSI en juin 1969 et sa longue présidence (1969-1987) assurent l’hégémonie de la tendance révolutionnaire sur le parti.

Dès son arrivée au poste de secrétaire général, il donne un nouveau souffle au MSI. Il organise en décembre 1969, une grande manifestation unitaire à Rome, le « Rendez-vous avec la nation » et qui est suivie par le Parti et par toutes les organisations sympathisantes. Lors de ce meeting, il lance un vibrant appel à tous les « frères séparés », leur demandant de rentrer dans le parti. Il interpelle surtout les jeunes à fortifier et à renouveler le MSI. Pino Rauti et la plupart des membres du Centro Studi Ordine Nuovo se laissent convaincre. Rauti dissout le Centro Studi et la plupart des adhérents réintègrent le parti. Trois membres du CSON entrent à la direction nationale du MSI, et onze autres membres sont nommés au comité central. Le retour en force des Ordinovisti au sein du parti marque le renforcement d'une tendance profondément radicale et d'orientation nationale-révolutionnaire (mais résolument légaliste) du MSI, représentée notamment par Pino Rauti et par Adriano Romualdi.

Le MSI-Destra Nazionale

En février 1972, Almirante réussit ce que les « modérés », pourtant partisans de la Grande Droite, n'étaient jamais parvenus à faire: il obtient une alliance officielle avec le plus important des partis monarchistes, le Partito Democratico Italiano di Unità Monarchica. C'est ainsi que le Mouvement Social Italien devient le Movimento Sociale Italiano - Destra Nazionale.

Grâce à cette alliance, le MSI-DN obtient le meilleur score de son histoire en envoyant aux Chambres 56 députés et 26 sénateurs.

En janvier 1974, au cours d'un débat télévisé, il déclare : « Le MSI-DN n'est pas la descendance directe du mouvement fasciste, mais une révision critique du fascisme : nous ne sommes ni fascistes ni antifascistes, mais nous sommes postfascistes ».

Au cours du même débat, il ajoute que « les terroristes de droite sont mes pires ennemis. Ils permettent à la gauche de conduire des campagnes de lynchage moral et politique contre nous ».

Et la cible favorite de la gauche du système

Devenu la figure symbolique de la droite italienne, il est constamment attaqué par les forces de gauche, notamment celles d'extrême-gauche, qui l'accusent continuellement d'avoir été un « fusilleur » sous la RSI. Almirante répond à ces accusations par des procès et par la publication d'un livre, Autobiographie d'un fusilleur : « Un titre doublement menteur puisque ce n'est pas une autobiographie et que je ne suis pas un fusilleur ».

Le Procureur général de Milan de l'époque décide de demander à la Chambre l'autorisation d'engager une procédure contre Almirante pour tentative de reconstitution du Parti fasciste. Celle-ci est accordée le 24 mai 1973 mais l'enquête ne débouche sur rien et l'affaire est classée. Une pétition organisée par des groupes extrémistes de gauche en faveur de la dissolution du MSI n'obtient pas plus de succès.

Almirante et l'Europe

Quasiment depuis ses débuts, le MSI s'inscrit dans une perspective européenne. La première revue du MSI, mensuel traitant de politique étrangère, créée le 10 janvier 1951, porte déjà le nom d' Europa Nazione.

En novembre 1969, les jeunes du MSI, accompagné du mouvement portugais Movimento Vanguardista, organisent à Rome le premier Congrès de la Jeunesse nationale européenne. De jeunes Français, Espagnols, Grecs, Suédois, ainsi que de nombreux exilés Hongrois, Bulgares, Tchécoslovaques, Polonais et Roumains, y participent. Le National Front britannique, le Nouvel ordre européen et le Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) envoient des délégations officielles.

L'Eurodroite

C'est à l'initiative d'Almirante que, les 19-21 avril 1978, naît à Rome l'Eurodroite, dans la perspective des premières élections européennes. L'alliance réunit, outre le MSI, le Parti des forces nouvelles (France) et le mouvement espagnol Fuerza Nueva. L'alliance entend être une réponse à l'Eurocommunisme constitué par les partis communistes des mêmes pays, à l'initiative d'Enrico Berlinguer. Le 21 avril, l'Eurodroite manifeste en masse à Naples. Devant la foule, prennent la parole Giorgio Almirante, Blas Piñar (Fuerza Nueva) et Jean-Louis Tixier-Vignancour (PFN).

Aux élections de juin 1979, la liste française n'obtient que 1,33 % des voix. En revanche, le MSI obtient quatre sièges au Parlement européen (Almirante, Pino Romualdi, Petronio et Buttafuoco).

Les Droites Européennes

Aux élections européennes de 1984, le MSI obtient 6,5 % des voix et cinq sièges (Almirante, Pino Romualdi, Francesco Petronio, Antonio Tripodi et Antonino Buttafuoco). Le Front national français obtient 11 % des voix et 10 élus. L'Union Politique Nationale grecque (EPEN) obtient 1 élu (Khrissanthos Dimitriadis). Le 24 juillet, ils constituent ensemble le Groupe des Droites européennes. Giorgio Almirante en est élu président, mais il est remplacé rapidement par Jean-Marie Le Pen. En 1985, le GDE est rejoint par John Taylor, un parlementaire du Parti unioniste d'Ulster. Le groupe compte donc 17 parlementaires.

Le 11 avril 1985, 16 membres du Groupe des droites européennes sont reçus officiellement en audience par le pape Jean-Paul II. Parmi eux, on peut nommer les Italiens Pino Romualdi, Giorgio Almirante, le Grec Khrissanthos Dimitriadis et le Français Jean-Marie Le Pen. Le pape les encourage à continuer leur combat contre l'avortement, en conformité avec la doctrine sociale de l'Église et contre la décadence des valeurs morales en Europe.

Retrait et décès

Son état de santé le contraint en 1987 à abandonner la direction du parti à son dauphin Gianfranco Fini, alors secrétaire du Front de la Jeunesse du Mouvement social italien (MSI).

Il meurt à Rome, le 22 mai 1988 à 10h10 après une opération subie à Paris, qui ne fit qu'aggraver son état, lui provoquant une hémorragie cérébrale.

Le premier a lui rendre hommage, quelques minutes après sa mort, est le président de la République Francesco Cossiga. La cérémonie de ses obsèques a lieu à Rome, dans l'église Sainte-Agnès en Agone de la piazza Navona et ses funérailles sont suivies par des milliers de personnes. La présidente de la Chambre des députés, Nilde Iotti, et le dirigeant historique du PCI et chef de la Résistance Giancarlo Pajetta rendent hommage à sa dépouille, signe qu'il avait su gagner le respect personnel de certains de ses adversaires politiques. Almirante avait fait de même en 1984 lors de la mort d'Enrico Berlinguer, en se rendant au siège romain du PC italien. Il est inhumé au cimetière communal monumental de Campo Verano de Rome où repose sa tante, l'actrice du cinéma muet Italia Almirante Manzini.

Postérité

Dans 200 villes d'Italie, des rues, places, boulevards, parcs publics, jardins, ronds-points et constructions urbaines, jusqu'à un pont, portent le nom de Giorgio Almirante.

Famille

Sa veuve, Assunta Almirante, décède, en avril 2022, à l'âge de 100 ans. [1] [2]

Giorgio Almirante a eu deux enfants avec deux femmes différentes : Rita Almirante, avec Gabriella Magnatti, et Giuliana de Medici, avec Assunta Almirante.

Bibliographie