Musica alternativa di Destra

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Le terme de Musica alternativa di Destra (Musique alternative de Droite) désigne un large courant musical italien, né à la fin des années 1960.

Affiche pour un concert en mai 1979 à Rome, organisé par le MSI, en présence de Pino Rauti, alors adulé par la jeunesse, et de Pino Romualdi. Les artistes présents sont « Massimino » (surnom de Massimo Morsello), La Compagnia del Anello et le groupe de rock psychédélique Janus.

L'émergence de ce courant va rapidement constituer une véritable « contre-culture de Droite » dans la jeunesse italienne, originale, non conformiste et innovatrice, propre à s'opposer au conformisme des artistes engagés à gauche.

Histoire

Les origines

Leo Valeriano, chanteur, compositeur, acteur, humoriste et précurseur de la Musica alternativa.

On considère le chanteur romain Leo Valeriano comme le précurseur d'un courant de musique populaire, tourné vers la jeunesse, mais radicalement opposé aux modes et au moralisme de la soi-disant protest song des chanteurs de gauche. Dès le milieu des années 1960, Valeriano chante librement ses textes, refusant de sacrifier sur l'autel de la bien-pensance.

Pour s'exprimer librement, les milieux artistiques non-conformistes cherchent à ouvrir leurs propres lieux. Le 23 novembre 1965, on inaugure à Rome le Bagaglino, le premier cabaret de Droite en Italie. Il rencontre immédiatement un franc succès. Le 20 février 1968, Rome voit l'ouverture d'un deuxième cabaret de Droite, L'Oratorio.

Les débuts

C'est au milieu des années 1970, lors de ce que l'on a appelé la « révolution culturelle du MSI » qu'une pépinière de groupes va éclore : les Véronais de ZPM, les Milanais des Amici del Vento, les Padouans de La Compagnia dell'Annelo, les Romains de Janus et Massimo Morsello.

Les premiers grands concerts de cette nouvelle musique alternative ont lieu dans des locaux de la jeunesse du MSI ou dans des cinémas, comme à Torre San Patrizio (Marches) en 1972.

En 1976, un groupe de militants du Fronte della Gioventù, sur l'idée de Teodoro Buontempo, installe, dans leur local de Rome, l'une des premières radios libres d'Italie : Radio Alternativa. Malgré des moyens de fortune, la radio artisanale conquiert d'emblée son public[1]. Surtout, elle permet de faire connaître dans toute la péninsule les petits groupes dont l'audience se limitait jusqu'alors aux sections locales du MSI. Le phénomène suscite par conséquent la création de nombre de nouveaux groupes.

L'un des premiers grands concerts alternatifs italiens, en septembre 1975 à Dolo (Vénétie), où l'on voit jouer le Gruppo Padovano di Protesta Nazionale[2].

Les Campi Hobbit, ou l'apogée de la « contre-culture » alternative en Italie

L'année suivante commencent les fameux Campi Hobbit, dont trois éditions ont lieu en 1977, 1978 et 1980. Ces rassemblements estivaux de milliers de jeunes vont courroner l'avènement de la culture alternative de Droite : bandes dessinées, graphismes, nouvelle symbologie (croix celtique, Rat noir, etc), théâtre, débats sur l'écologie et la question féminine, et, bien sûr, la musique alternative sont sur le devant de la scène.

Le groupe Amici del Vento en concert lors du 2ème Campo Hobbit, qui se tient du 23 au 25 juin 1978 à Fonte Romana (prov. de L'Aquila).

En 1979, les jeunes militants du Fronte della Gioventù de Milan lancent leur propre radio libre, Radio University. La métropole industrielle, considérée comme le plus gros bastion de la gauche, va vibrer près d'une année au son des chansons de La Compagnia del Anello et des Janus.

Les phares de la Musica alternativa : La Compagnia dell’Anello et Amici del Vento

Le groupe le plus célèbre de l’époque était sans aucun doute la Compagnia dell’Anello (la Communauté de l’Anneau). Comme son nom l’indique, le groupe s’inspirait des livres de Tolkien. Leurs premiers concerts étaient organisés par les membres chez eux. Le groupe lui-même se composait de deux guitaristes qui chantaient également. Ceux-ci ont réussi à recruter d’autres musiciens et ont ensuite formé un groupe à succès avec des musiciens professionnels.

La Compagnia dell’Anello fut invitée à se produire dans toute l’Italie lors d’événements du MSI. Certains musiciens quittèrent par la suite le groupe et furent remplacés par d’autres. Ils se produisaient souvent lors de diverses réunions nationalistes et jouaient une musique bien plus complexe que celle avec laquelle ils avaient fait leurs débuts. Leurs deux albums, Terra di Thule et Rotta per Bisanzio, furent réédités en CD en 2004, et tous deux sont encore aujourd’hui très appréciés dans les cercles nationalistes italiens.

La Compagnia dell’Anello est restée fidèle à jamais à son expression musicale, que le groupe a trouvée dans le style des anciennes ballades médiévales, comme on peut l’entendre dans « Costume del Cervo Bianco ». La chanson traite de la représentation symbolique de la relation sacrée entre l’homme et la nature, illustrée par une chasse au cerf. Elle s’inspire d’une ancienne ballade écossaise. La Compagnia dell’Anello a également su créer une atmosphère magique dans la chanson « Terra di Thule », qui traite du cycle de la vie d’un homme, de sa naissance à son enfance, en passant par son enrôlement en tant que guerrier et sa mort au Groenland.

À l’instar de La Compagnia dell’Anello, un autre groupe important de l’époque, Amici del Vento (Les Amis du Vent), a vu le jour. Leurs origines remontent à 1975. Le groupe s’est officiellement formé à Milan, et en 2003, il a refait surface sur la scène musicale avec une série de nouveaux concerts et un nouvel album.

Amici del Vento aborde également des thèmes épiques dans ses chansons, en mettant l’accent sur la dure réalité de la militance dans la ville de Milan à la fin des années 1970. La ville était alors sous la coupe de groupes communistes et gauchistes, recourrant à une violence sans scrupules. Dans une chanson solo bien connue dédiée à Sergio Ramelli, un militant du Fronte della Gioventù, ils évoquent sa mort aux mains des assassins rouges qui l’ont frappé à coups de barre de fer alors qu’il rentrait chez lui en avril 1975. Entre autres choses, le morceau exprime l’amertume envers l’establishment étatique, car celui-ci garantissait l’impunité aux voyous communistes.

La scène musicale comptait également divers auteurs-compositeurs indépendants, notamment Massimo Morsello. Ce compositeur a écrit la chanson « Nostri Canti Assassini », qui est devenue le véritable hymne de tous les jeunes révolutionnaires nationaux. Il a déclaré à propos de ses débuts :

« J’écris et joue des chansons depuis l’âge de 18 ans, il y a 20 ans. À l’époque, il y avait des concerts auxquels assistaient quelques milliers de camarades. Néanmoins, les enregistrements étaient très rudimentaires et non professionnels. Je dois admettre que « Punto di non Ritorno » est le seul enregistrement professionnel que j’aie jamais réalisé, et le fait qu’il se soit vendu à 7 000 exemplaires confirme l’importance de se concentrer également sur la qualité technique ».

Le phénomène Janus

Le style des groupes est jusque-là très simple : presque exclusivement des guitares acoustiques et du chant.

Le groupe romain Janus, fondé à Rome en 1976, est le premier à faire du rock, un rock qui s'inspire même de ce que l'on appelle alors le rock psychédélique. C'est une impulsion qui influence rapidement de nombreux groupes émergents dans toute la péninsule. On peut dire que Janus a réussi à créer une scène musicale moderne dans un environnement connu pour son attitude très négative envers la musique moderne. Mais grâce à ses qualités musicales indéniables, Janus a su s’imposer dans ses projets et offrir au grand public une palette de styles caractérisés par un son unique : hard rock des années 1970, ballades mélodiques, rock classique et musique celtique. Le groupe a enregistré plusieurs singles au cours de sa carrière, mais son chef-d’œuvre est considéré comme étant l’album Al Maestrale.

L'histoire du groupe sera marquée profondément par la violence politique: le premier guitariste du groupe, Stefano Recchioni, par ailleurs militant du Fronte della Gioventù, est délibérément abattu par un officier des carabiniers quelques heures après le Massacre de la via Acca Larentia, où trois jeunes militants du MSI avaient été assassinés par un commando d'extrême gauche.

D'autres difficultés conduiront à la dissolution du groupe. Leur chanson « Viva l’Europe delle Aquile » est apparue quelques années plus tard sur une compilation publiée par Rupe Tarpea[3].

Les années 1980 : reflux de l'Alternativa et émergence du RAC

Le début des années 1980 est caractérisé par un certain reflux, dû à la répression, qui entraîne l'emprisonnement de beaucoup de jeunes militants, et au déchaînement de la violence de l'extrême gauche. Ainsi, en septembre 1980, un attentat à la bombe commis contre la librairie Europa de Rome détruit tous les exemplaires du 45 tours Pescatore di Sogni que le groupe Janus vient d'enregistrer.

A partir du milieu des années 1980, un nouveau style musical commence à s'implanter dans la jeunesse nationaliste italienne : le Rock anticommuniste, qui accompagne le développement de la contre-culture skinhead. Les premiers groupes sont Plastic Surgery, Peggior Amico, Intolleranza, Verde bianco rosso et Klasse Kriminale. Si les textes sont parfois moins élaborés que ceux de la Musica alternativa, le style inspiré des groupes anglais comme Skrewdriver propulse le RAC au-devant de la scène.

Le mouvement skinhead s’est organisé en 1986 sous la bannière du Veneto Fronte Skinheads (VFS), une organisation qui se concentrait principalement sur la musique et qui a su inspirer un nombre important de jeunes militants. Le VFS représentait une rupture radicale avec la scène musicale underground italienne de l’époque, qui avait jusqu’alors été le domaine de la gauche. Dès lors, la scène musicale militante italienne s’articulait autour de trois piliers principaux : les fanzines, les studios d’enregistrement et les concerts.

Le VFS menait de nombreuses activités. Il publiait des fanzines tels que All Out Attack, ainsi que le plus récent Groaaar, et organisait des concerts Rock Against Communism (RAC) ainsi que des rassemblements de masse comme Ritorno A Camelot (Retour à Camelot) en 1991. Ritorno A Camelot est entré dans l’histoire de la droite radicale italienne, alors que des centaines de militants européens assistaient à des débats politiques, des ateliers pratiques, des discours et, pour finir, à un concert du groupe italien Peggior Amico et du groupe anglais Skrewdriver. Ian Stuart a même dédié une chanson à cet événement : « Return to Camelot ».

Alors que Peggior Amico donnait une impulsion à la création de nouveaux groupes, plusieurs militants du Fronte della Gioventù fondèrent un nouveau projet métapolitique appelé Dart (Divisione artistica) à Rome en 1987. Dart quitta rapidement l’organisation de jeunesse du MSI et décida de travailler de manière indépendante, puis établit des collaborations avec plusieurs autres organisations. L’une des activités les plus importantes de Dart fut la publication du magazine Opera al Nero, qui acquit une grande popularité principalement grâce à son aspect original, ses bandes dessinées et la diversité de ses sujets. Les membres de Dart fondèrent également le groupe Intolleranza et, grâce à lui, insufflèrent un nouveau souffle à la scène musicale romaine. Les années 1987 à 1989 furent très riches en événements pour le projet Dart, avec notamment des concerts, de nouveaux contacts, des voyages et des manifestations.

Intolleranza était très actif en tournée, mais moins en matière d’enregistrement d’albums. Seuls deux albums complets, deux albums partagés et un EP ont été produits. En septembre 1987, Dart a participé au Raduno della Contea (L’Assemblée de La Comté), un événement musical organisé chaque année en plein air par le Fronte della Gioventù à Rome. Le groupe Verde Bianco Rosso s’est également produit devant des centaines de personnes.

En janvier 1989, l’organisation Dart a organisé un concert intitulé Pensando ad un amico (Penser à un ami), dédié au meurtre du militant Alberto Giaquinto par un policier. Le concert de janvier a remporté un immense succès : Intolleranza a joué un set spécial avec deux chanteurs pour l’occasion, entremêlant des chansons rock et des ballades mélodiques, et a également projeté des images thématiques pour chaque chanson. Environ 300 militants ont assisté au concert.

En mai 1989, Dart a coorganisé une nouvelle initiative de grande envergure, le concert Rock Against Drugs. L’organisateur l’avait présenté comme un concert apolitique destiné à sensibiliser les jeunes à la question de la drogue. La célèbre Radio Rock de Rome a également participé à la promotion de l’événement. Le concert visait à toucher non seulement les militants et les skinheads, mais aussi d’autres personnes non politisées. Après une semaine de menaces de la gauche à l’encontre de Radio Rock, la station de radio décida de poursuivre la promotion de l’événement. Le concert fut un succès : plusieurs centaines de personnes s’y rendirent, dont la moitié étaient des punks, des gens ordinaires, des fans de hardcore et de thrash metal ; l’autre moitié était composée de skinheads et de nationalistes. Deux groupes de heavy metal se firent une très mauvaise réputation auprès de la gauche ce soir-là en raison de leur participation, et l’un d’eux fut même interdit de se produire à Rome. Finalement, l’un d’entre eux a dû se reformer sous un autre nom[4].

La renaissance de la musique alternative

En raison de problèmes croissants, Dart et Intolleranza ont tous deux mis fin à leurs activités à l’été 1989. Mais au cours des années suivantes, la scène italienne a continué à suivre l’héritage de Dart, et grâce à l’activité constante de VFS, la scène musicale italienne a trouvé un nouvel élan. Au début des années 1990, le contexte était plutôt propice à l’émergence de groupes skinheads : Gesta Bellica s’est formé à Vérone en 1992, Peggior Amico s’est fait connaître à l’échelle internationale, et des groupes comme ADL 122, Corona Ferrea et bien d’autres ont vu le jour à Milan. En 1992, un grand concert a eu lieu près de Rome, mettant en vedette Skullhead, Peggior Amico et d’autres.

Entre-temps, une nouvelle génération de groupes de rock qui n’avaient pas commencé en tant que skinheads a émergé à Rome, comme Sopra Le Rovine, Frammeto 56 et surtout Hyperborea, qui a enregistré une célèbre cassette de reprises de chansons classiques de plusieurs groupes dans le style « alternativa di destra ». La cassette a été publiée par Rupe Tarpea Produzioni en 1993 et a connu un tel succès qu’Hyperborea a pu se produire dans toute l’Italie et s’est également rendu deux fois en Espagne.

L’ensemble de la scène romaine est immortalisé sur une cassette de Radio Pirata de 1993 dédiée à Ian Stuart. On y retrouve des groupes tels que Nuova Alba, dont est issu Londinium SPQR, et Scogliere Di Marmo, dont sont issus les avant-gardistes de Sotto Fascia Semplice. À cette époque, un autre groupe romain, 270 Bis, a également commencé à se produire, se distinguant par son style assez atypique qui alternait entre rock, pop et ska.

L’année 1993 peut également être considérée comme le moment où le style de rock identitaire que nous connaissons aujourd’hui a vu le jour. Ce style est né sur le label Rupe Tarpea et de sa vague de groupes romains. Le parcours qui avait commencé avec Janus à la fin des années 70 et s’était poursuivi avec Intolleranza a trouvé son aboutissement dans des groupes tels que Hyperborea, 270 Bis et Londinium SPQR. La particularité du rock « identitaire » ou de la « musique identitaire » ne réside pas exclusivement dans le style musical, mais plutôt dans le fait que ce type de musique s’adresse au public à travers les idées du mouvement. Ces idées sont généralement positives et accessibles aux personnes extérieures au mouvement nationaliste.

En 1994, Rupe Tarpea a sorti un EP vinyle intitulé Incise nella Pietra, qui comprenait quatre titres mettant en vedette les principaux groupes de l’alternativa di destra : Janus, Hyperborea (avec une reprise de Massimo Morsello), Intolleranza et Sopra le Rovine. Sa pochette a été conçue à partir d’un collage de tracts et d’affiches du mouvement nationaliste. L’album se voulait un témoignage de l’époque. Sa pochette offrait une présentation graphique de ce que le mouvement avait déjà accompli et esquissait ses objectifs futurs.

Pendant ce temps, à Milan, un groupe important appelé ADL 122 (Anti Decreto Legge 122) a vu le jour. Son nom provenait d’une loi inique, adoptée en avril 1993, qui ordonnait à des dizaines de skinheads milanais de rester chez eux de 21 h à 8 h — tout comme les chefs mafieux. Les groupes milanais ont déployé des efforts surhumains pour maintenir la scène locale en vie en donnant des concerts l’après-midi.

En 1993, Peggior Amico (Le pire ami), le groupe phare parmi les skinheads italiens, a sorti son deuxième album — et son premier CD nationaliste — sous son propre label, Tuono Records. En 1994, ADL 122 sort son premier album chez Tuono Records : Fuorilegge (Hors-la-loi). Il est suivi d’un deuxième album en 1996 : Angelo della Morte (Ange de la mort).

En 1995, RTP sort un CD du groupe aujourd’hui disparu Intoleranza, composé de 54 minutes de rock militant. Il est devenu l’un des CD les plus réussis, suivi la même année par la compilation Fuori dal ghetto, publiée par Tuono Records, qui réunissait les meilleurs groupes skinheads italiens. De nouveaux groupes surgissaient alors comme des champignons après la pluie. Il convient également de mentionner Terre di Mezzo, avec son rock d’influence celtique ; le célèbre Antica Tradizione ; Londinium SPQR ; Sopra le Rovine ; Malabestia (issu de l’ancien Framento 56) ; et bien d’autres.

En 1996, un CD du chanteur indépendant Massimo Morsello est sorti : Punto di non Ritorno (Point of No Return). Une excellente production et une bonne campagne publicitaire ont permis d’en vendre rapidement de nombreux exemplaires. Le fait que le CD ait été enregistré par un militant en exil a contribué à ce qu’il passe totalement inaperçu dans les médias grand public. Néanmoins, ses chansons telles que « Leon Degrelle », « Abortion » et « Nostri Canti Assassini » parlaient d’elles-mêmes. Plus important encore, le CD a touché un large public en dehors de cette sous-culture très ciblée. De Massimo Morsello, le public a également pu profiter du CD La Direzione del Vento, sorti en 1998.

Une anecdote amusante est liée à ce CD. Massimo Morsello a profité du fait qu’il n’était pas connu à gauche pour publier un article d’une demi-page sur son album dans le journal communiste Il Manifesto, déclarant que l’album était révolutionnaire et soulignant son soutien à la cause palestinienne. Quelques jours plus tard, le journal a découvert, grâce à des lettres de ses lecteurs, qui était Morsello et qu’il s’était moqué d’eux uniquement pour faire de la publicité pour son CD. Le journal a présenté des excuses publiques à ses lecteurs et a tenté de convaincre Morsello de restituer l’argent qu’il avait reçu pour son article – mais celui-ci s’est contenté de se moquer d’eux.

Dans une nouvelle formation, La Compagnia Dell’Anello et Amici Del Vento ont donné un concert spectaculaire à Monza, en Lombardie, le 8 décembre 1997. Ce concert résumait vingt ans de leur activité et a été largement documenté sur un double CD ainsi que par un enregistrement vidéo.

Au tournant des années 1996-1997, la scène musicale nationaliste italienne était à son apogée. On pouvait y trouver un mouvement skinhead très fort au sein de groupes tels que Peggior Amico, Gesta Bellica, ADL 122 et Corona Ferrea ; la scène alternativa di destra renaissante, avec des auteurs-compositeurs plus anciens et des groupes tels que Massimo Morsello, Compagnia dell’Anello, Amici del Vento et Leo Valeriano ; et une scène tout à fait nouvelle de rock identitaire voyait le jour avec des groupes comme Hobbit de Pérouse, Attacco Frontale de Florence, Malabestia, Hyperborea, le groupe expérimental Sotto Fascia Semplice, Tempo Scaduto et Londinum SPQR. Londinum SPQR a réussi à attirer des publics très variés à ses concerts, il est donc difficile de le classer dans une seule scène. Terrre di Mezzo, quant à lui, a réussi à combiner le rock classique avec des éléments de musique folk.

En 1997, l’association et le label Lorien ont été fondés et ont fonctionné comme une archive très complète de musique nationaliste ancienne, déjà très difficile à trouver, parvenant à publier certaines raretés que l’on croyait perdues depuis 20 ans. En 1999, l’album fondateur Viaggio al Termine della Notte du groupe Hobbit est sorti, et dès 2000, une trilogie majeure a été enregistrée par SFS (Sotto Fascia Semplice), Gambadilegno, Perseo et Crociato. Leur musique a ouvert de nouvelles voies dans la musique nationaliste, tant sur le plan des techniques musicales que des paroles. C’est ainsi que SFS a inspiré les paroles et la musique d’Incantesimi d’Amore du groupe 270 Bis, légèrement plus célèbre.

À partir de 1997, de nouvelles tendances musicales vont concurrencer le RAC italien sur son terrain de prédilection. La naissance du mouvement Casapound en 2003 va d'emblée propulser les groupes qui lui sont proches en avant. La dynamique du jeune mouvement va attirer une nouvelle génération de jeunes de droite. Les groupes Skinheads vont alors peu à peu passer au deuxième plan, devant les groupes de rock identitaire, comme Zetazeroalfa, Bronson ou Skoll. Parallèlement au rock identitario, d'anciens groupes de Musica Alternativa se reforment et recommencent à se produire, comme notamment Amici del Vento et La Compagnia del Annelo. On voit aussi éclore de nouvelles formations qui s'inspirent directement des anciens groupes et font revivre leur esprit, comme La Vecchia Sezione.

Le phénomène Zetazeroalfa naît ainsi en 1997. Son fondateur, Gianluca Iannone, a déclaré à propos des débuts du groupe que Zetazeroalfa a été créé à l’origine pour plaisanter. Au cours d’une chaude nuit d’été dans notre ville de Rome… entre bières et rires, nous avons imaginé ce qui se passerait si nous imprimions notre vision de la vie dans la musique… puis nous avons commencé à jouer.

Le groupe a fait preuve d’un charisme extraordinaire et d’une forte volonté de « faire les choses différemment ». Il est désormais le groupe officiel de l’initiative CasaPound Italia, et toute une série d’activités gravitent autour de lui — pour résumer, le mouvement étudiant Blocco Studentesco, le groupe sportif La Muvra, le groupe de gestion des catastrophes La Salamandra, etc.

Mais quelque chose a mal tourné à la fin des années 1990, et de nombreux groupes milanais comme ADL 122, Corona Ferrea et Peggior Amico se sont séparés. Cela a également eu un impact sur le mouvement skinhead milanais. En Italie dans son ensemble, le mouvement skinhead fonctionnait encore en 2000, principalement grâce à des groupes plus anciens et tenaces tels que Gesta Bellica, mais aussi grâce à des nouveaux venus comme Armco, originaire de Vicence à l’époque, qui comptait parmi ses membres d’anciens membres de Peggior Amico.

Le mouvement nationaliste s’est ensuite développé rapidement en Vénétie et en Lombardie, mais seulement dans une mesure limitée en Italie centrale et méridionale, à l’exception de Dente Di Lupo à Rome et de Block 11 à Catane. Alors que Londinium SPQR et Hyperborea semblaient s’être épuisés musicalement et ne donnaient pratiquement plus de concerts en 2000, une nouvelle vague de groupes tels qu’Imperium, Aurora et Zetazeroalfa de Rome, Delenda Carthago de Pérouse, DDT de Milan et 270 BIS a connu un essor considérable.

Pendant une longue période après 2000, de nombreux nouveaux groupes ont vu le jour : Innato Senso Di Allergia (InSeDiA) à Rome, jouant du ska punk et, à ses débuts, du street punk, et Armorea de Rovigo, mais aussi de nombreux groupes skinheads comme Mannaz de Padoue, Ultima Frontiera de Pordenone, Injustice Side, Malnatt, Porco 69 de Lombardie, et Sumbu Brothers de Vérone, qui étaient célèbres pour leur look inhabituel. Plus tard, il y a également eu Bronson, le groupe italien de hardcore tiger punk originaire de Rome, qui se produit depuis 2012.

Caractéristiques

Pendant longtemps, la « politique culturelle » interne du MSI s'est cantonnée à un certain nostalgisme. Le patriotisme restait tourné vers la célébration des expériences des deux Guerres mondiales, de Fiume, du Ventennio, de la République sociale. La musique, écoutée ou jouée par les sympathisants et les militants, ne pouvait donc que refléter cette attitude tournée vers le passé.

À partir de la deuxième moitié des années 1960, la créativité des jeunes militants se libère. Les jeunes musiciens vont délaisser les hymnes et les marches pour se tourner vers les ballades, les chansons satiriques, la poésie. Certains groupes, comme Janus, se lancent même dans le rock psychédélique, sans avoir besoin, contrairement aux musiciens gauchistes, de recourir aux stupéfiants.

On aurait tort de qualifier ces chansons de « légères ». Si elles tournent le dos à un certain virilisme de façade, elles traitent des questions existentielles et des réalités de la vie et de la lutte, mais vécues intérieurement, dans une période où la gauche et l'extrême gauche sont toute-puissantes et s'efforcent de s'imposer sans partage sur la jeunesse.

La Musica Alternativa et le MSI

Le MSI s’estmalheureusemnt toujours montré sceptique à l’égard de la musique moderne de ses jeunes militants et n’a donc pas soutenu les efforts dans ce sens. Les annonces de concerts, les critiques et les interviews de groupes ne paraissaient pas dans sa presse dans les années 1970 et n’apparaissaient que dans des journaux tels que La Voce della Fogna, le journal de Marco Tarchi, ou Linea de Pino Rauti.

Principaux groupes et solistes

  • Leo Valeriano (1965-1997)
  • Gruppo Padovano di Protesta Nazionale (1974-1976)
  • Acroama (1974-1981)
  • Nuovo Canto Popolare (1976-1978)
  • ZPM (1977-1995)
  • Amici del Vento (1976-1998)
  • Janus (1976-1981)
  • Michele di Fio' (1975-1982)
  • Vento del Sud (1977-1978)
  • Massimo Morsello (1978-2001[5])
  • La Compagnia del Anello (1977-actif)
  • Marcello De Angelis / 270bis (1978-2008)[6]
  • Messageri del Sole (1980-1982)
  • Nereo Zeper (1980-1982)
  • Scogliere di Marmo (1987)
  • Intolleranza (1987-1995)
  • Hyperborea (1993-2000)
  • Topi Neri (1993-1995, 2017-actif)
  • Antica Tradizione (1993-actif)
  • Imperium (1998-?)
  • Agartha (1998-1999)
  • Non Nobis Domine (1998-2005)
  • La Vecchia Sezione (2009-actif)
  • Arcadia (2018-actif)

Liens externes

  • Site de l'Associazione Culturale Lorien, qui compile de nombreuses archives de la musique alternative italienne : [1].

Notes et références

  1. Gloria Sabatini, « L'epopea di Radio Alternativa: la creatura di Teo per bucare il ghetto », Il Secolo d'Italia, 24 avril 2013; lire en ligne : [2]
  2. Fondé en 1974 par de jeunes militants du Fronte della Gioventù et du FUAN (Fronte universitario d'Azione nazionale), le GPPN sera à la base de ce qui va devenir l'un des plus célèbres groupes alternatifs, La Compagnia del Anello, créé en 1977.
  3. Ondrej Mann, « Alternativa di Destra: The Story of the Italian Right’s Music », Counter-Currents, 6.7.2022.
  4. Ibidem
  5. Massimo Morsello décède d'un cancer en exil à Londres le 10 mars 2001.
  6. Marcello De Angelis est le frère de Nanni, militant de Terza Posizione décédé en 1978 à l'âge de 16 ans dans une cellule d'un commissariat dans des conditions mystérieuses. Marcello commence à cette époque à jouer de la guitare et à composer des chansons militantes. Il ne peut alors se produire qu'à un seul concert, en 1979. En effet, l'année suivante, suite à la vague de répression à l'encontre de toute la jeunesse de Droite au lendemain du massacre de Bologne (Terza Posizione est étrangement accusée d'être à l'origine de l'attentat), il doit quitter l'Italie et s'exile pour Londres. Il enregistre plusieurs chansons, avec des moyens de fortune, qu'il envoie à ses camarades en prison. En 1989, il prend la décision de rentrer en Italie pour se confronter à son procès. En 1993,il fonde le groupe 270bis, avec Claudio Scotti detto Giannetto, Antonello Patrizi et Gianluca Rizzante. Le nom est choisi en référence à l'article de loi 270bis, qui punit « les associations subversives visant au renversement violent des institutions ».