Musica alternativa di Destra

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Le terme de Musica alternativa di Destra (Musique alternative de Droite) désigne un lagne courant musical italien, né à la fin des années 1960.

Affiche pour un concert en mai 1979 à Rome, organisé par le MSI, en présence de Pino Rauti, alors adulé par la jeunesse, et de Pino Romualdi. Les artistes présents sont « Massimino » (surnom de Massimo Morsello), La Compagnia del Anello et le groupe de rock psychédélique Janus[1].

L'émergence de ce courant va rapidement constituer une véritable « contre-culture de Droite » dans la jeunesse italienne, originale, non conformiste et innovatrice, propre à s'opposer au conformisme des artistes engagés à gauche.

Histoire

Les origines

Leo Valeriano, chanteur, compositeur, acteur, humoriste et précurseur de la Musica alternativa.

On considère le chanteur romain Leo Valeriano comme le précurseur d'un courant de musique populaire, tourné vers la jeunesse, mais radicalement opposé aux modes et au moralisme de la soi-disant protest song des chanteurs de gauche. Dès le milieu des années 1960, Valeriano chante librement ses textes, refusant de sacrifier sur l'autel de la bien-pensance.

Les débuts

C'est au milieu des années 1970, lors de ce que l'on a appelé la « révolution culturelle du MSI » qu'une pépinière de groupes va éclore : les Véronais de ZPM, les Milanais des Amici del Vento, les Padouans de La Compagnia dell'Annelo, les Romains de Janus et Massimo Morsello, militant de Terza Posizione.

Les premiers grands concerts de cette nouvelle musique alternative ont lieu dans des locaux de la jeunesse du MSI ou dans des cinémas, comme à Torre San Patrizio (Marches) en 1972.

En 1976, un groupe de militants du Fronte della Gioventù, sur l'idée de Teodoro Buontempo, installe, dans leur local de Rome, l'une des premières radios libres d'Italie : Radio Alternativa. Malgré des moyens de fortune, la radio artisanale conquiert d'emblée son public[2]. Surtout, elle permet de faire connaître dans toute la péninsule les petits groupes dont l'audience se limitait jusqu'alors aux sections locales du MSI. Le phénomène suscite par conséquent la création de nombre de nouveaux groupes.

L'un des premiers grands concerts alternatifs italiens, en septembre 1975 à Dolo (Vénétie), où l'on voit jouer le Gruppo Padovano di Protesta Nazionale[3].

Les Campi Hobbit, ou l'apogée de la « contre-culture » alternative en Italie

L'année suivante commencent les fameux camps Hobbit, dont trois éditions ont lieu en 1977, 1978 et 1980. Ces rassemblements estivaux de milliers de jeunes vont courroner l'avènement de la culture alternative de Droite : bandes dessinées, graphismes, nouvelle symbologie (croix celtique, Rat noir, etc), théâtre, débats sur l'écologie et la question féminine, et, bien sûr, la musique alternative sont sur le devant de la scène.

Le groupe Amici del Vento en concert lors du 2ème Campo Hobbit, qui se tient du 23 au 25 juin 1978 à Fonte Romana (prov. de L'Aquila).

En 1979, les jeunes militants du Fronte della Gioventù de Milan lancent leur propre radio libre, Radio University. La métropole industrielle, considérée comme le plus gros bastion de la gauche, va vibrer près d'une année au son des chansons de La Compagnia del Anello et des Janus.

Les années 1980

Le début des années 1980 est caractérisé par un certain reflux, dû à la répression, qui entraîne l'emprisonnement de beaucoup de jeunes militants, et au déchaînement de la violence de l'extrême gauche. Ainsi, en septembre 1980, un attentat à la bombe commis contre la librairie Europa de Rome détruit tous les exemplaires du 45 tours Pescatore di Sogni que le groupe Janus vient d'enregistrer.

A partir du milieu des années 1980, un nouveau style musical commence à s'implanter dans la jeunesse nationaliste italienne : le Rock anticommuniste, qui accompagne le développement de la contre-culture skinhead. Les premiers groupes sont Plastic Surgery, Peggior Amico, Intolleranza, Verde bianco rosso et Klasse Kriminale. Si les textes sont parfois moins élaborés que ceux de la Musica alternativa, le style inspiré des groupes anglais comme Skrewdriver propulse le RAC au-devant de la scène.

La renaissance de la musique alternative

À partir de 1997, de nouvelles tendances musicales vont concurrencer le RAC italien sur son terrain de prédilection. La naissance du mouvement Casapound en 2003 va d'emblée propulser les groupes qui lui sont proches en avant. La dynamique du jeune mouvement va attirer une nouvelle génération de jeunes de droite. Les groupes Skinheads vont alors peu à peu passer au deuxième plan, devant les groupes de rock identitaire, comme Zetazeroalfa, Bronson ou Skoll. Parallèlement au rock identitario, d'anciens groupes de Musica Alternativa se reforment et recommencent à se produire, comme notamment Amici del Vento et La Compagnia del Annelo. On voit aussi éclore de nouvelles formations qui s'inspirent directement des anciens groupes et font revivre leur esprit, comme La Vecchia Sezione.

Caractéristiques

Pendant longtemps, la « politique culturelle » interne du MSI s'est cantonnée à un certain nostalgisme. Le patriotisme restait tourné vers la célébration des expériences des deux Guerres mondiales, de Fiume, du Ventennio, de la République sociale. La musique, écoutée ou jouée par les sympathisants et les militants, ne pouvait donc que refléter cette attitude tournée vers le passé.

À partir de la deuxième moitié des années 1960, la créativité des jeunes militants se libère. Les jeunes musiciens vont délaisser les hymnes et les marches pour se tourner vers les ballades, les chansons satiriques, la poésie. Certains groupes, comme Janus, se lancent même dans le rock psychédélique, sans avoir besoin, contrairement aux musiciens gauchistes, de recourir aux stupéfiants.

On aurait tort de qualifier ces chansons de « légères ». Si elles tournent le dos à un certain virilisme de façade, elles traitent des questions existentielles et des réalités de la vie et de la lutte, mais vécues intérieurement, dans une période où la gauche et l'extrême gauche sont toute-puissantes et s'efforcent de s'imposer sans partage sur la jeunesse.

Principaux groupes et solistes

  • Leo Valeriano (1965-1997)
  • Gruppo Padovano di Protesta Nazionale (1974-1976)
  • Acroama (1974-1981)
  • Nuovo Canto Popolare (1976-1978)
  • ZPM (1977-1995)
  • Amici del Vento (1976-1998)
  • Janus (1976-1981)
  • Michele di Fio' (1975-1982)
  • Vento del Sud (1977-1978)
  • Massimo Morsello (1978-2001[4])
  • La Compagnia del Anello (1977-actif)
  • Marcello de Angelis / 270bis (1978-2008)[5]
  • Messageri del Sole (1980-1982)
  • Nereo Zeper (1980-1982)
  • Scogliere di Marmo (1987)
  • Intolleranza (1987-1995)
  • Hyperborea (1993-2000)
  • Topi Neri (1993-1995, 2017-actif)
  • Antica Tradizione (1993-actif)
  • Imperium (1998-?)
  • Agartha (1998-1999)
  • Non Nobis Domine (1998-2005)
  • La Vecchia Sezione (2009-actif)
  • Arcadia (2018-actif)

Notes et références

  1. Le premier guitariste du groupe Janus, Stefano Recchioni, militant du Fronte della Gioventù, a été délibérément abattu par un officier des carabiniers quelques heures après le Massacre de la via Acca Larentia, où trois jeunes militants du MSI avaient été assassinés par un commando d'extrême gauche.
  2. [1]
  3. Fondé en 1974 par de jeunes militants du Fronte della Gioventù et du FUAN (Fronte universitario d'Azione nazionale, le GPPN sera à la base de ce qui va devenir l'un des plus célèbres groupes alternatifs, La Compagnia del Anello, créé en 1977.
  4. Massimo Morsello décède d'un cancer en exil à Londres le 10 mars 2001.
  5. Marcello de Angelis est le frère de Nanni, militant de Terza Posizione décédé en 1978 à l'âge de 16 ans dans une cellule d'un commissariat dans des conditions mystérieuses. Marcello commence à cette époque à jouer de la guitare et à composer des chansons militantes. Il ne peut alors se produire qu'à un seul concert, en 1979. En effet, l'année suivante, suite à la vague de répression à l'encontre de toute la jeunesse de Droite au lendemain du massacre de Bologne (Terza Posizione est étrangement accusée d'être à l'origine de l'attentat), il doit quitter l'Italie et s'exile pour Londres. Il enregistre plusieurs chansons, avec des moyens de fortune, qu'il envoie à ses camarades en prison. En 1989, il prend la décision de rentrer en Italie pour se confronter à son procès. En 1993,il fonde le groupe 270bis, avec Claudio Scotti detto Giannetto, Antonello Patrizi et Gianluca Rizzante. Le nom est choisi en référence à l'article de loi 270bis, qui punit « les associations subversives visant au renversement violent des institutions ».