Stefano Delle Chiaie

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Stefano Delle Chiaie

Stefano Delle Chiaie, né le 13 septembre 1936 à Caserte en Campanie et mort le 10 septembre 2019 à Rome est un militant national-révolutionnaire italien.

Il a commencé à militer au Mouvement social italien (MSI) puis au Centro Studi Ordine Nuovo, avant de fonder sa propre organisation, Avanguardia Nazionale.


Biographie

Débuts au MSI et au Centro Studi Ordine Nuovo

Stefano Delle Chiaie prend sa carte au Mouvement social italien (MSI) à l'âge de 14 ans. Après avoir participé à la fondation du Centro Studi Ordine Nuovo avec Pino Rauti, il crée, à la fin des années 1950, le petit Gruppi di Azione Rivoluzionari (GAR). C'est avec le GAR qu'il organise de nombreuses actions militantes, comme, par exemple, en protestation contre la visite d'Eisenhower en Italie, ou contre le Parti communiste italien. Partisan d'un nationalisme européen, il entretient alors des liens avec l'Autrichien Konrad Windisch, créateur du cercle de jeunesse Kameradschaftsring Nationaler Jugendverbände (KNJ).

Avanguardia Nazionale Giovanile

En 1959, alors qu'il est encore membre du Centro Studi Ordine Nuovo, Stefano Delle Chiaie, partisan d'une ligne activiste, entre en conflit avec Pino Rauti, qui privilégie la formation et le travail culturel. Il quitte alors le Centro Studi Ordine Nuovo pour fonder en 1960 son propre mouvement, Avanguardia Nazionale Giovanile (qui deviendra plus tard Avanguardia Nazionale).

Malgré l'anti-parlementarisme radical de Delle Chiaie et d'Avanguardia Nazionale, il décide de prendre part aux élections législatives de 1963, voulant bénéficier de la campagne électorale pour faire connaître l'organisation. Mais après avoir pensé présenter sa propre liste, il finit par se rallier à la liste du MSI, son groupe se chargeant de la communication du candidat Paolo Signorelli. Au Congrès du MSI de Pescara, en 1965, il soutient la tendance « révolutionnaire », menée par Giorgio Almirante, contre le secrétaire général sortant, Arturo Michelini, figure de proue de la tendance bourgeoise du parti. Pourtant, les deux leaders arriveront à un compromis, ce qui provoquera la déception de Delle Chiaie.

En 1965, Avanguardia Nazionale Giovanile s'autodissout. Les militants continuent leurs activités en soutenant d'autres groupes, tout en maintenant leurs contacts.

Militants d'AN à l'université de Rome

La bataille de Valle Giulia

Il participe activement aux événements de 1967-1968. Le premier mars 1968, alors que commencent les manifestations étudiantes à Rome, Delle Chiaie participe avec son groupe au cortège des contestataires, auquel se joignent aussi le FUAN-Caravella (Front universitaire d'action nationale) et Primula Goliardica. Quand la route du cortège est coupée par un cordon de la police à la hauteur de Valle Giulia, la situation dégénère. Delle Chiaie mène l'assaut des étudiants contre la police. Ces événements resteront connus comme la bataille de Valle Giulia. La suite des événements voit l'occupation conjointe de la Faculté de droit par le groupe de Stefano Delle Chiaie et le FUAN, et celle de la Faculté des Lettres par les étudiants de gauche. Delle Chiaie écrira qu'il s'est agi d'une des rares occasions où une convergence anti-système a pu unir les radicaux de droite et les radicaux de gauche contre le capitalisme et l'État.

Le 17 mars, les Volontaires nationaux du MSI, guidés par Giorgio Almirante, se rassemblent près de l'université pour mettre un terme à l'occupation par la force. Les militants du FUAN, de Primula goliardica et le groupe de Delle Chiaie vont alors porter secours aux étudiants de gauche barricadés dans la Faculté des Lettres. Les incidents se terminent par l'intervention massive de la police. Delle Chiaie est arrêté, comme de nombreux étudiants.

Avanguardia Nazionale

L'organisation se reconstitue en 1970, mais cette fois sous le nom d'Avanguardia Nazionale. Les responsables sont Sandro Pisano et Adriano Tilgher.

Militants d'Avanguardia nazionale à Rome

Le mouvement sera dissous le 5 juin 1976 par un tribunal de Rome pour « reconstitution de parti fasciste » (loi Scelba).

Exil en Espagne

Il participe à la tentative de coup d'État à Rome du 8 décembre 1970, menée par Junio Valerio Borghese, ancien commandant de la Decima MAS, un corps d'élite de la République sociale italienne. Il part ensuite pour l'Espagne. Il y rencontre Léon Degrelle et José López Rega, un proche d'Isabel Peron.

A la même période, il fait aussi la connaissance d'Yves Guérin Sérac, le fondateur et animateur de l'Aginter Press, une agence de presse établie au Portugal, qui a été accusée par la presse de gauche de nombreuses autres activités, et qui cesse son activité après la « révolution des œillets » d'avril 1974.

En Angola

En 1976, il se rend en Angola pour soutenir la guérilla menée par l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola) de Jonas Sawimbi contre le gouvernement du MPLA (Mouvement populaire de libération de l'Angola) d'Agostinho Neto. En effet, le pays, qui est devenu indépendant le 11 novembre 1975, a vu le pouvoir confisqué par le MPLA qui instaure un régime à parti unique, la République populaire d'Angola, soutenu militairement par l'Union soviétique et Cuba.

En Amérique latine : opération Condor

En Amérique latine, il participe à l'opération Condor, un ensemble d'opérations visant à contrer les menées communistes dans la région.

Delle Chiaie part ensuite pour le Chili, où, avec d'autres Italiens, y compris Vinciguerra, ils sont hébergés par Michael Townley dans une résidence de Lo Curro que leur a accordée la DINA. La résidence de Lo Curro héberge aussi les militants anticommunistes cubains Orlando Bosch et Virgilio Paz, membres du Mouvement nationaliste cubain de Miami, ainsi que le français Albert Spaggiari, alias Daniel.

En 1976, Stefano Delle Chiaie aurait été présent lors de la fusillade de Montejurra contre des Carlistes auto-gestionnaires. Après la mise à l'écart du général Manuel Contreras à la suite des pressions exercées par les États-Unis sur le Chili, en raison de l'assassinat d'Orlando Letelier, Stefano Delle Chiaie s'installe en Argentine, alors dirigée par la junte militaire.

Selon le journaliste argentin Martín Sivak, la piste des assassins du général Joaquín Zenteno Anaya, ancien chef des forces armées boliviennes, tué à Paris le 11 mai 1976, remonterait à une agence de mercenaires installée à Valladolid et liée à Delle Chiaie et à des anciens de l'OAS.

Il participe, à Buenos Aires, en septembre 1980, au 4e congrès de la Confédération anticommuniste latino-américaine (CAL), affiliée à la Ligue anti-communiste mondiale (WACL). Le congrès de Buenos Aires est alors présidé par le général Guillermo Suárez Mason, et réunit, outre Woo Jae-Sung et Delle Chiaie, les Salvadoriens Roberto d'Aubuisson et Luis Ángel Lagos.

Accusations

Au cours de son existence, Stefano Delle Chiaie a été accusé de nombreux délits. Ces accusations ont été essentiellement propagées par la presse de gauche au cours des années 1970 et 1980, et par le livre du journaliste communiste français Frédéric Laurent, L'orchestre noir[1]. A son retour en Italie en 1989, Delle Chiaie sera blanchi de tous les crimes et délits dont il était accusé.

Au cours de ses procès, il démontre que son organisation, Avanguardia nazionale, était étrangère au terrorisme, et que qu'elle n'était coupable, selon lui, que d'avoir « mené une opposition révolutionnaire cohérente ».

La « stratégie de la tension »

Stefano Delle Chiaie a été présenté comme l'inventeur de la stratégie dite de la tension, qui aurait consisté à manipuler des militants anarchistes ou d'extrême gauche dans le cadre d'attentas, destinée à provoquer une réaction ou un sursaut en Italie.

Selon Delle Chiaie, la dite stratégie de la tension a été en réalité le produit de l’affrontement entre différentes fractions du système, chacune d'entre elles étant à la recherche de la plus grande part de pouvoir Les nationaux.-révolutionnaires auraient été les victimes, et non les instigateurs de cette stratégie. Selon Delle Chiaie, les vagues d'attentats ont été l'oeuvre de centres de pouvoir occulte qui ont fait du terrorisme une stratégie visant non à déstabiliser le pouvoir mais à le stabiliser, tout en éliminant les oppositions.

En outre, en ce qui concerne son implication dans les attentats, comme ceux de la Banque de l'Agriculture à Milan en 1969 ou de la gare de Bologne en 1980, Delle Chiaie a en été innocenté lors de ses procès.

Le voyage en « Grèce des colonels »

Le livre de Frédéric Laurent, ainsi que d'autres écrits venus de la presse de gauche, font état du voyage d'un groupe de militants italiens, organisé par une association d'étudiants grecs. Ce voyage a déchaîné l'imagination et les fantasmes de la presse de gauche, prétendant notamment que les militaires grecs auraient donné des « instructions » aux militants italiens. Quoi qu'il en soit, si ce voyage a bien eu lieu, Delle Chiaie affirme n'y avoir pas participé, aussi bien devant la justice que dans son autobiographie publiée en 2012. En outre, la liste des voyageurs présentée par la magistrature au cours des procès ne mentionne pas son nom[2].

L'« internationale noire »

La presse de gauche a régulièrement présenté Stefano Delle Chiaie comme le « chef » d'une fantomatique « Internationale noire », qu'il aurait « animée » avec Yves Guérin-Serac. Une grande partie des allégations à l'encontre de Delle Chiaie repose sur les dires de Vincenzo Vinciguerra, un « repenti » d'Avanguardia Nazionale devenu communiste en prison. C'est lui qui a affirmé que les contacts entre Avanguardia nazionale et Pinochet auraient été établis par le prince Borghese, et que l'organisation aurait ensuite servi à appuyer la police politique chilienne à l'étranger et notamment en Europe, et qu'elle aurait planifié une tentative d'assassinat de Bernardo Leighton.

Stefano Delle Chiaie a toujours rejeté toutes ces accusations, affirmant que cette « internationale noire » a été inventée de toutes pièces par les médias. Il précise aussi que, s'il a bien rencontré Guérin-Sérac, celui-ci est un catholique traditionaliste, et non un national-révolutionnaire comme il se définit lui-même.

En revanche, il affirme avoir voulu constituer un « mouvement révolutionnaire mondial », réunissant les « groupes provenant de différents milieux culturels et qui cherchent à dépasser les deux dogmes de l'époque moderne : le marxisme et le capitalisme libéral ».

De même, il affirme que s'il a été un temps en contact avec la Ligue anticommuniste mondiale (WACL), il dit l'avoir quittée, refusant d'être utilisé par la CIA.

Trafic de cocaïne

Il a été accusé par certains journalistes, sans aucune preuve, de s'être livré au trafic de cocaïne. A son retour en Italie, il les poursuit tous en diffamation et les fait condamner.

Loges maçonniques

Il rejette aussi les allégations suivant lesquelles il aurait été membre de loges maçonniques, en particulier de la loge maçonnique Propaganda Due (P2), dirigée par Licio Gelli.

Stefano Delle Chiaie, un an avant son décès

Après le procès

Le 20 février 1989, il sort de la prison de Catanzaro. Il est acceuilli à sa sortie par une foule d'anciens et de nouveaux militants.

Entre 1990 et 1992, il écrit aux représentants des différents groupes de la mouvance nationale, dont Pino Rauti et Gianfranco Fini, ses réflexions sur les conditions politiques que vivent l'Italie et l'Europe. Il propose une plate-forme commune.

En 1992, il est l'un des fondateurs de la Lega Nazional Popolare. Elle participe aux élections du 5 avril 1992. Mais la Ligue est totalement ignorée par les médias. Delle Chiaie tente alors de créer des liens envers tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le bloc libéralo-capitaliste. Il va rencontrer Yasser Arafat, il effectue des voyages en Russie, en Albanie, à Cuba et en Algérie.

En 2000-2001, il essaie encore de créer une plate-forme unitaire entre le Movimento Sociale-Fiamma Tricolore, le Fronte Nazionale et d'autres mouvements, mais sans succès, malgré l'appui de grandes figures de la mouvance comme Enzo Erra, Adriano Tilgher et Paolo Signorelli .

Il part ensuite en Calabre, où il s'occupe de la mise en place d'une chaîne de télévision locale.

En 2012, il publie une autobiographie, L'Aquila e il Condor.

Il décède à Rome le 9 septembre 2019 à l’hôpital Vannini à Rome.

Les funérailles de Stefano Delle Chiaie à Rome

Œuvres

  • Un meccanismo diabolico. Stragi, servizi segreti, magistrati, (avec Adriano Tilgher), Roma, Publicondor, 1994
  • L'aquila e il condor. Memorie di un militante politico, Sperling & Kupfer, 2012, 341 p.

Bibliographie

  • Bruno Larebière et Pierre Villedary, « Entretien avec Stefano Delle Chiaie, "chef de l'Internationale noire" », Le Choc du mois,‎ juillet-août 1989, p. 34-36.

Notes et références

  1. Frédéric Laurent, L'orchestre noir , Éditions Stock 1978
  2. Liste des militants italiens ayant participé au voyage en Grèce en avril 1968 : [1]