Nation

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Une nation est une communauté populaire et politique rassemblant un groupe humain, qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun.

Étymologiquement, le terme originel latin natio renvoie à un groupe de même origine ethnique, de même « naissance ».

Nation, Etat-Nation, Empire

Il ne faut pas confondre la Nation et l'Etat-Nation. « Nation » et « ethnie » sont le même mot. Cela désigne une communauté de même origine. Opposer la nation à l'Empire est un quiproquo sémantique. Un Empire, selon son acception positive, est une fédération, une entente de nations proches et apparentées, plus exactement une « nation fédérale ».

Nationalisme et nouveau nationalisme

Il faut cesser de lier le nationalisme à la défense de l'Etat-nation jacobin et cosmopolite. Le nationalisme, comme concept, doit changer de sens:

1) Il doit acquérir une dimension ethnique et non plus strictement politique et désincarnée. Il doit donc revenir à ses sources étymologiques premières.

2) Le nationalisme pourrait désormais s'entendre au sens européen élargi, étendu , de manière visionnaire et pour le futur, à tous les peuples d'origine indo-européenne du Continent. Dans cette acception, des patriotismes régionaux s'imbriqueraient comme des composantes organiques au sein d'un nationalisme impérial grand-européen. C'est ce qu'il convient de nommer le Nouveau nationalisme.

Les paradoxes du nationalisme

En ce qui concerne maintenant le cas français, le sujet est délicat et complexe. Un nationalisme français ne peut en aucun cas s'inscrire dans la tradition du nationalisme jacobin, puisqu'il est cosmopolite, anti-ethnique et que, paradoxalement, il détruit cette « France » que l'on prétend aimer par ailleurs (c'est le « paradoxe français »). La même remarque vaut pour les institutions actuelles de l'Union européenne dont la destruction des nations et des peuples d'Europe semble être le principal souci.

Trois niveau pour la grande Nation européenne

Une piste est possible, une piste impériale à trois étages :

1) une patrie régionale charnelle

2) une citoyenneté d'un pays historique

3) la nationalité globale, ethnique et historique, qui couvrira l'ensemble de notre continent.

L'imbrication de ces trois niveaux est trop complexe pour qu'elle puisse être rationnellement résolue du premier coup. Seule l'histoire tranchera. Les problèmes de l'Europe relèvent d'une solution par le haut, qui dépasse tous les clivages, une solution qui ne détruise ni les attachements aux patries charnelles régionales, ni la fidélité aux concepts historiques d'Espagne, de France, d'Allemagne, etc. (à leurs langues, leurs cultures), ni la construction futuriste de la grande Nation européenne. Il faut faire prévaloir l'idée d'inclusion et non d'exclusion[1].

Qui appartient à la nation ?

Selon les époques et les théoriciens, les personnes qui appartiennent à la nation ne sont pas les mêmes.

Déjà en 451-450 avant J.C., Périclès édite une norme juridique qui prévoit que seuls sont Athéniens ceux qui ont un père et une mère athéniens.

Nationalismes européens et nationalisme européen

« Les idéologies nationalistes-xénophobes, apparues au XIXe siècle, portent une responsabilité écrasante dans les deux guerres mondiales et l'abaissement historique de l'Europe. Partout, de la France à la Pologne, de l'Allemagne à la Grande-Bretagne, de la Russie aux Balkans, elles ont été et sont toujours le moteur de l'affrontement des Européens entre eux, et donc de leur affaiblissement global face au reste du monde. Un des premiers à avoir distillé ce funeste nationalisme intra-européen fut le linguiste prussien Johann Gottfried Herder, à la fin du XVIIIe siècle, qui s'insurgeait contre le français pratiqué par les élites européennes et qui inventa le concept douteux du Sprache und Boden (“langue et sol”), selon lequel chaque peuple ne devait parler que “sa” langue. Ce nationalisme linguistique allemand fut le virus qui empoisonna toute l'Europe, associé bien entendu au cosmopolitisme jacobin français et à l'impérialisme ultramarin britannique.

Au XIXe siècle, où les États-Nations européens se formèrent sur le modèle de la France révolutionnaire, l'idée s'installa que chaque État-Nation devait avoir sa langue exclusive. Ce qui incita la République française à interdire, dans ses colonies comme dans ses provinces intérieures, l'usage des langues populaires au profit du seul français. A l'inverse même de l'idée d'Empire, dans laquelle les identités s'imbriquent de manière inégale, on se mit à envisager l'Europe comme une juxtaposition de nations mécaniquement cloisonnées ou la langue et à la culture d'un peuple, homogènes, s'arrêtaient net à la frontière douanière. Chaque État-Nation se mit à reconstruire son passé et son histoire de manière mythologique. [...] La France, pourtant universaliste et cosmopolite, s'inventa un passé celtique, gaulois, anti-germanique, en opposant ses Lumières et sa finesse d'esprit à la prétendu barbarie tribale des peuples d'outre-Rhin. L'État allemand, sous ses régimes successifs, entendit se “déromaniser” et construisit de toutes pièces une mythologie allemande faite d'un invraisemblable bric-à-brac de Saint-Empire germanique médiéval et de légendes nordiques. L'État italien se découvrit d'un coup l'héritier des Césars. L'État belge s'inventa toutes sortes de légitimités ridicules, etc.

Ce qui est frappant, c'est que tous ces micro-nationalismes sont tous anti-européens. Ils sont dirigés contre les peuples-frères voisins. Les pires ennemis des nationalistes flamands, ce sont les Wallons, qui, d'un point de vue biologique et culturel, sont extrêmement proches d'eux. L'idéologie qui anime le mouvement de la Padanie, en Italie du Nord, est essentiellement dirigée contre les Romains et les Italiens du sud. En Irlande du Nord, en Catalogne, au Pays basque, en Europe centrale et dans les Balkans, ce sont les mêmes animosités qui opposent des Européens entre eux.

L'enracinement dans une identité régionale doit être un renforcement du sentiment d'appartenance européenne et non pas le recouvrement d'un micro-nationalisme. Il est encourageant que plusieurs indépendantistes corses, bretons, lombards et flamands l'aient compris, en concevant leur future indépendance, leur future liberté dans le cadre fédéral et impérial. C'est le nationalisme français qui, de 1914 à 1918, a provoqué l'ultime désastre : des troupes coloniales, venues d'Afrique et d'Asie - bientôt appuyée par l'armée américaine - sont venues combattre d'autres Européens, contre lesquels la France était engagée. Au yeux du monde, la solidarité ethnique de l'Europe n'existait plus. François Ier avait déjà commis la même bévue, en s'alliant avec les Ottomans contre l'Autriche. Le rêve colonial français formulé dans les années trente, d'une France de 100 millions d'habitants - et abandonnant nécessairement sa composition anthropologique européenne -, afin de faire pièce à l'Allemagne, constitue une autre cause de fragilisation de l'identité européenne face au reste du monde.

La colonisation actuelle de l'Europe par le Tiers monde n'est que la conséquence, historiquement logique, du colonialisme européen du siècle dernier. La doctrine colonialiste et “civilisatrice” française du XIXe siècle, qui visait stupidement à renforcer le nationalisme français face à ses voisins européens, en leur préférant des peuples d'outre-mer, nous en payons aujourd'hui les conséquences »[2].

Articles connexes

Sources

  • Thierry Baudet, Indispensables frontières. Pourquoi le supranationalisme et le multiculturalisme détruisent la démocratie, préface de Pascal Bruckner, Éditions du Toucan, Paris, 2015. (Traduction de : De Aanval op de Natiestaat). [1] [2] [3] [4]
  • Maurice Bernard, « Éric Zemmour. Le sens d’une candidature » in : Synthèse nationale n° 59, Paris, hiver 2021-2022, p. 9 à 13.
  • Robert Steuckers, « Pour une nouvelle définition du nationalisme », conférence donnée le 16 avril 1997 à Bruxelles : [5]

Notes et références

  1. Guillaume Faye, Pourquoi nous combattons : Manifeste de la Résistance européenne, Paris, L'AEncre, 2002, 292 p., p. 142-143.
  2. Guillaume Faye, La Colonisation de l'Europe - Discours vrai sur l’immigration et l’Islam, Paris, L'AEncre, 2000, 240 p., p. 44-45.