Mouvement social européen

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Le Mouvement social européen, dit parfois « Internationale de Malmö », désigne une tentative, lancée en 1951, de créer une organisation fédératrice des partis et organisations de droite radicale à l'échelle européenne.

Fondation

En mars 1950, une conférence préparatoire, sous le nom de congrès des jeunesses nationales européennes, est organisée à Rome par Maurice Bardèche, Oswald Mosley, Per Engdahl (du Svenska rörelsen, mouvement néo-suédois), Karl-Heinz Priester (du Deutsche soziale Bewegung) et par les Italiens du Mouvement social italien. En effet, quasiment depuis ses débuts, le MSI s'inscrit dans une perspective européenne. Le 10 janvier 1951, un comité du MSI lance Europa Nazione, une revue mensuelle traitant de politique étrangère sur la base de l'idée d'une Europe unie et indépendante des blocs.

En mai 1951, le premier congrès se réunit à Malmö. L'objectif affiché est de réunir les droites radicales européennes sur un programme commun, en vue des prochaines élections européennes. Le congrès réunit une centaine de délégués et obtient un certain succès médiatique, car il s'agit de la première conférence publique de ce genre depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.

Les travaux positionnent le MSE sur trois principes de base:

  • indépendance et unité de l'Europe
  • constitution d'une armée européenne sous commandement européen
  • opposition radicale aux États-Unis et au bloc communiste.

Bardèche lance en mai 1952 la revue mensuelle Défense de l’Occident, destinée à être l'organe théorique officiel du MSE. Mais la parution de la revue se prolongera bien au-delà de l'existence du MSE, puisqu'elle sera publiée jusqu'en 1982.

« Internationale noire » contre « Internationale blanche »

Le programme, préparé par Bardèche, se veut fédérateur. Mais le nouveau mouvement est rapidement traversé par des dissenssions, que certains appelleront conflit entre partisans de l'« Internationale noire » et partisans de l' « Internationale blanche » : René Binet et Gaston-Armand Amaudruz, qui tiennent à mettre l'accent sur la nécessité de défense de la race européenne. La tendance emmenée par Bardèche, majoritaire, l'emporte.

Les partisans de Binet et Amaudruz font alors sécession. Ils convoquent un nouveau congrès en septembre 1951, à Zurich. Ils donnent naissance à un autre mouvement : le Nouvel ordre européen, qui sera lui ouvertement racialiste et antisémite.

Evolution, stagnation, dissensions et fin

En 1953, un congrès a lieu au Luxembourg, mais le MSE va peu à peu s'enliser dans les dissensions et son rythme de travail va s'en ressentir profondément.

La fracture tiers-mondiste

L'une des lignes de fractures principales est représentées par une opposition grandissante entre les organisations françaises, belges anglaises, qui s’impliquent alors dans les guerres de défense coloniales au côté de leur gouvernement, et les organisations italiennes, allemandes et autrichiennes, qui penchent de plus en plus vers des positions tiers-mondistes. Ainsi, lors du dernier congrès tenu à Malmö en 1958, l'Autrichien Wilhelm Landig appelle à la « liquidation immédiate du système colonial ». Pour les militants français, qui sont alors engagés corps et âmes dans le combat pour l'Algérie française, cette position est inacceptable, d'autant plus qu'en métropole ils font face quotidiennement aux pacifistes et communistes qui prêchent le défaitisme actif et le soutien aux insurgés algériens.

Suite à ces dissensions, le MSE se disperse. Mais il restera l'une des premières tentatives de fédérer les nationalistes au niveau européen sur la base d'un programme unitaire d'indépendance des blocs.

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