René Binet

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René, Valentin Binet (né le 16 octobre 1913 à Darnetal, Seine-Maritime, mort accidentellement le 16 octobre 1957 à Pontoise, Seine-et-Oise), militant communiste puis trotskyste du Havre, devenu nationaliste et racialiste.

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L'activiste marxiste

Militant de la Jeunesse communiste du Havre, René Binet fut exclu de cette organisation pour le soutien qu’il apporta aux thèses développées par Jacques Doriot sur le front unique en 1934. Ce fut sans doute à cette époque que la propagande trotskyste, qui poussait à l’union ouvrière contre le fascisme, le toucha alors que Jacques Doriot évoluait vers l’extrême droite.

Dans une note non signée du 24 novembre 1934, un responsable communiste du Havre répondait à une demande de renseignements sur René Binet, alors au régiment. Ce dernier était présenté comme venant des Jeunes étudiants socialistes, ayant adhéré aux Jeunesses communistes et étant devenu secrétaire de cette organisation au Havre. Il avait fait un séjour en URSS, ce qui l’avait fait renvoyer à son retour du lycée du Havre. Dès son entrée à la JC, disait la note, « Il commença à intriguer et organiser un travail systématique fractionnel [...] depuis longtemps, il était en liaison avec des étudiants trotskystes et diffusait La Vérité [...] il a été au Havre le premier doriotiste et a poursuivi son travail au Comité de lutte contre la guerre et le fascisme, chez les socialistes et auprès des sympathisants. » L’auteur de la note concluait en relevant « les conséquences désastreuses » de cette activité.

En janvier 1936, il écrivit dans La Commune, fondée par Pierre Frank et Raymond Molinier, qu’il souhaitait la constitution d’une organisation large et très unitaire. Dès la fondation du Parti communiste internationaliste, en mars, il en fut un membre responsable élu au comité central. Trotskyste orthodoxe dans ses positions sur l’URSS, il considérait que la nature prolétarienne de l’État soviétique ne pouvait être mise en doute. Il faut relever, toutefois, le qualificatif de « stal-fasciste » qu’il utilisa dans un article de La Commune.

Le petit groupe de militants qu’il réussit à former autour de lui et qui comptait une quinzaine de personnes représentait par rapport au reste de l’implantation provinciale du PCI une réussite remarquable. Le groupe parvint d’ailleurs à faire paraître un organe local, Le Prolétaire du Havre, à partir de 1938.

René Binet était également un militant syndicaliste et il défendait à la CGT les mots d’ordre de son organisation. Ainsi, alors qu’il était membre du conseil du syndicat des employés du Havre, il fut exclu en février 1937 pour son refus obstiné de la procédure de l’arbitrage obligatoire. Le « cas » Binet fut d’ailleurs évoqué par le Cercle syndicaliste « Lutte de classes » auquel René Binet adhéra.

Ses relations avec le mouvement trotskyste devaient se tendre à l’occasion de la décision de son parti d’adhérer en décembre 1938, au Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert. Dans un texte intérieur, René Binet développait l’analyse que la guerre était proche, les accords de Munich ne réglant rien, et que l’entrée au PSOP face à cette formidable échéance n’avait rien à voir avec les nécessités politiques de l’heure. Dans ce texte, il prônait la préparation à la clandestinité. Alors que l’organe du PCI, La Commune, cessait de paraître, il maintint son journal et refusa d’adhérer au PSOP. Ses fonctions de gérant du Prolétaire lui valurent d’ailleurs d’être poursuivi le 9 janvier 1939 par la justice.

René Binet continua d’entretenir certaines relations avec les trotskystes. Son groupe délégua un observateur au IIIe congrès du Parti ouvrier internationaliste, en janvier 1939, organisation rivale du PCI et dirigée par Pierre Naville et Jean Rous. En mars 1939, d’autre part, parut sous sa signature et celle de sa femme dans La Vérité éditée par les militants de l’ex-PCI un article bien documenté sur l’industrie pétrolière de la Basse-Seine.

Un activiste nationaliste

Avec la guerre, René Binet, prisonnier en Allemagne, entama une évolution politique qui l’amena à exprimer de plus en plus nettement sa sympathie vis-à-vis du national-socialisme allemand jusqu’à envisager de s’enrôler dans les Waffen-SS combattant sur le front soviétique (selon Coston, op. cit., cet engagement fut effectif en 1944). Ayant pris connaissance de sa correspondance avec sa femme et des amis personnels qui s’efforcèrent de combattre ses arguments, le Comité communiste internationaliste (courant Frank-Molinier) publia en avril 1943 une « Mise en garde » visant la trahison de R. Binet qui avait affirmé sa volonté de mettre hors d’état de nuire les militants trotskystes : « si je puis avant mon retour ». Il se déclara, à ce moment, en accord avec Jacques Doriot « que, peut-être à tort, j’ai quitté en 1936 » et ajouta : « J’approuve Marc Augier (La Gerbe, mars). Nos évolutions sont identiques. Les chiens sanglants de l’impérialisme, stalinistes ou trotskystes, peuvent me maintenir sur leurs listes noires, eux restent sur les miennes. »

Devenu « théoricien » du racisme, grand adepte du national-socialisme, étroitement lié aux milieux internationaux fascistes, il publia en 1946 une feuille, Le Combattant européen, où étaient associés d’anciens Waffen-SS, qui lui valut d’être arrêté en octobre 1946 en compagnie de seize autres personnes et de purger plusieurs mois de prison. L’Humanité, qui avait trouvé un authentique hitléro-trotskyste, donna une certaine importance à cet événement. A la fin des années 1940, Binet participa à la direction du Parti républicain d’unité populaire animé par Maurice Plais, ancien conseiller municipal communiste de Clamart. Il créa ensuite un journal à faible diffusion, La Sentinelle, et, en juillet 1950, une feuille mensuelle, Le Nouveau Prométhée. On retrouva son nom au Mouvement réformiste européen ainsi que parmi les créateurs, en 1949, aux côtés des frères Sidos, du mouvement Jeune nation.

Cofondateur du Nouvel ordre européen (NOE)

En mai 1951, René Binet participe, notamment avec Maurice Bardèche, à Malmö à la création du Mouvement social européen (MSE). En septembre de la même année, il crée à Zurich avec Gaston-Armand Amaudruz le Nouvel ordre européen (NOE), sur une ligne racialiste raciste, pan-européenne, et favorable à la décolonisation.

Il dirige avec sa femme une petite maison d'édition parisienne, le Comptoir national du Livre, et une entreprise immobilière, Baticoop. Il meurt d'un accident de voiture en 1957.

Publications

  • Théorie du racisme, Paris, 1950
  • L'Évolution, l'homme, la race, Paris, Comptoir national du livre, 1952
  • Socialisme national contre marxisme, Paris, Comptoir national du livre, 1953 ; rééd. Montréal-Lausanne, Éditions Celtiques, 1978 (préface de Gaston-Armand Amaudruz)
  • Contribution à une éthique raciste, Montréal-Lausanne, Éditions Celtiques, 1975 (préface de Gaston-Armand Amaudruz)