Oswald Mosley

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Oswald Mosley (coll. John Millican)
Oswald Mosley, né le 16 novembre 1896 et décédé le 3 décembre 1980, fut un homme politique britannique.

Jeunesse et Première Guerre mondiale

Oswald Mosley est né le 16 novembre 1896, dans une famille de la gentry britannique du Staffordshire. Il est cadet à l’école militaire de Sandhurst lorsqu’en 1914 la Première Guerre mondiale débute. Il est alors envoyé en Irlande avec son régiment, le 16th Lancers. A la faveur d’une permission il rejoint les forces aériennes (Royal Flying Corps). Il est alors envoyé en France où il participe à plusieurs missions d’observation au-dessus des lignes allemandes. Il est ensuite envoyé à Shoreham pour s’entraîner au pilotage. Malheureusement pour lui, en mai 1915, juste après avoir obtenu son brevet de pilote, un accident lors d’un atterrissage lui brise une jambe et lui interdit de voler de nouveau. Alors que sa jambe n’est pas encore tout à fait remise, et pour pallier la pénurie d’officiers à la suite des lourdes pertes des premiers mois de guerre, Oswald Mosley est rappelé dans le 16th Lancers qui se battait alors dans les tranchées françaises. Mais, au bout de quelques mois, il fut renvoyé au Royaume-Uni pour y être opéré de sa jambe blessée qui ne s'était jamais remise. Elle fut sauvée mais resta plus courte que l’autre de deux « pouces » et Mosley dut porter toute sa vie une chaussure orthopédique pour limiter sa claudication. D’octobre 1916 jusqu’à la fin de la guerre il travailla dans un bureau au Ministère des Affaires étrangères.

Ses débuts en politique

En 1918, il se présenta aux élections législatives et fut élu député sous l'étiquette conservateur. Agé de seulement 22 ans il était le plus jeune membre de la Chambre des communes. En 1920, il épousa Cynthia Curzon dont le père avait été Vice-roi des Indes et ministre des Affaires étrangères d'un gouvernement conservateur. Défendant la cause des anciens combattants et des ouvriers d'usine, Mosley fut rapidement déçu par les conservateurs. Il les quitta pour rejoindre le Parti travailliste qu'il représenta alors au parlement. Il fut aussi fait chancelier du duché de Lancaster par le premier ministre travailliste Ramsay MacDonald et entra dans le cabinet ministériel de celui-ci.

Le 23 janvier 1930, alors que le Royaume-Uni comptait 2,5 millions de chômeurs subsistant dans des conditions difficiles, Oswald Mosley présenta à MacDonald le "Mosley memorandum". Celui-ci réclamait un programme de cinq ans pour protéger l'industrie nationale de la concurrence des pays à bas salaires, la modernisation de l'industrie textile britannique (celle-ci avait été quasiment abandonnée et "délocalisée" en Inde), le contrôle des banques afin qu'elles soient obligées de financer les entreprises britanniques, d'importants travaux publics, l'arrêt des investissements britanniques à l'étranger et, enfin, une augmentation des indemnités de chômage et un abaissement de l'âge de la retraite. Ce programme fut présenté au congrès du Parti travailliste de 1930 qui le rejeta de quelques voix (1046 voix pour, 1251 contre), tout en donnant à son auteur une "standing ovation" et en le réélisant au Comité exécutif national du parti. En réaction à cela, Mosley démissionna du gouvernement et porta l'affaire devant le peuple. Il quitta également le Parti Travailliste et fonda, avec d'anciens membres du Parti souvent issus de son aile gauche, le Parti Nouveau le 28 février 1931, appelant à un nouveau gouvernement "capable d'agir". Lors de la première participation à une élection, l'élection partielle d'Ashton-under-Lyne, et malgré une organisation encore faible, le candidat du Parti Nouveau recueillit 16% des voix. Mais en divisant ainsi l'électorat travailliste il permit l'élection d'un député Conservateur à la Chambre des Communes.

Le Parti Nouveau se dota le 16 juin du journal Action (premier tirage : 160.000 exemplaires) et présenta 24 candidats aux élections générales du 21 octobre 1931. A l'exception de deux députés, dont Oswald lui-même, ils furent tous battus malgré des scores honorables.

Le virage fasciste

Oswald Mosley inspectant les Blackshirts
Cet échec marqua fortement Mosley et ses partisans. Tandis que les politiciens traditionnels quittaient le Parti Nouveau, le laissant aux mains de jeunes et d'idéalistes, Mosley s'envolait le 18 janvier 1932 pour Rome, où il fut reçu par Benito Mussolini. Entrevue importante, puisque le 1er octobre 1932, Mosley fonda l'Union des fascistes britanniques (British union of fascists/BUF) qui se dota rapidement de tout le décorum de l'époque : un siège (La maison noire), un hebdomadaire (La semaine fasciste puis La chemise noire, puis de nouveau Action), un service d'ordre militarisé (Les chemises noires), etc.

La BUF se lança en même temps, malgré les violences des commandos du Parti communiste de Grande-Bretagne, dans une campagne de grands meetings à travers le Royaume-Uni (Mosley prenait en moyenne la parole dans 200 réunions par an). On estime que son meeting d'Earl's Court en 1939 fut le plus grand meeting en salle jamais organisé au Royaume-Uni. Les résultats ne furent pas négligeables et aux élections municipales de l'agglomération de Londres, le 6 mars 1937, les listes de la BUF obtinrent 23% pour les meilleures et 14% pour les moins bonnes.

La Seconde Guerre mondiale

L'approche de la guerre vit Mosley et ses partisans devenir de farouches pacifistes et se lancer avec toute leur force dans une campagne pour la paix. Cela, même après la déclaration de guerre. En janvier 1940, une brochure pacifiste de la BUF The British peace: how to get it fut diffusée à 100.000 exemplaires, et le 27 du même mois Winston Churchill fut chahuté par la foule à Manchester aux cris de "Vive Mosley ! Vive la paix !". En février 40, la BUF tient 41 meetings pour la paix; elle en tient encore 100 en avril, et le 5 mai pas moins de 22 meetings ont lieu le même jour. Mais presque aussitôt Mosley et 80 cadres de la BUF sont emprisonnés - ils ne seront jamais jugés et resteront détenus pendant 4 ans sans qu'aucune inculpation leur soit formulée -; en juin la BUF tient encore 5 meetings pour la paix, ce qui entraîne une nouvelle vague d'arrestations (au total 1300 pacifistes seront emprisonnés dont 735 membres de la BUF).

Son combat pour la Grande Europe

Après la Seconde Guerre mondiale, Oswald Mosley fit sa réapparition avec la publication du livre The alternative qui jeta les bases du Mouvement de l'union fondé le 8 février 1948. Le journal Action reparut et le nouveau mouvement participa aux élections avec des résultats jamais inférieurs à 6%, mais aussi avec des pointes à 33% en 1953 à Moorfields et à 20% en 1968 à Bethnal Green. Idéologiquement, Mosley se fit alors l'apôtre de la Grande Europe (il publia les journaux The national european et The european, et son seul livre publié en français porte comme titre La nation Europe), ce qui l'amena à travailler d'abord avec Francis Parker Yockey (le fondateur du premier Front européen de libération), puis avec Jean Thiriart avec lequel il fonda en mars 1962 le Parti national européen.

Mosley mourut près de Paris le 3 décembre 1980, à l'âge de 84 ans. Il est enterré à Orsay (Essonne).

Les héritiers

L'Union movement et le journal Action lui survécurent quelque temps sous la direction de Jeffrey Hamm. Actuellement les partisans de Mosley sont regroupés dans les Friends of Oswald Mosley (101 Orwell Court, Pownall Road, Londres E8 4PP) qui publient Comrade. Curieusement aucun des groupes nationalistes actuellement actifs au Royaume-Uni, sauf deux petits groupuscules l'European action et la New Bristish Union, n'a de filiation directe avec Mosley, tous sont en effet issus - à travers scissions et regroupements - de la Ligue des loyalistes de l'Empire, elle-même fondée par des scissionnistes de la BUF en 1939; scissionnistes dirigés par Arthur K. Chesterton qui avaient refusé de suivre la ligne pacifiste du parti et s'étaient déclarés en faveur de l'entrée en guerre du Royaume-Uni.

Quelques citations

Sur l'Europe

  • « L'idée d'une Europe unie n'est pas neuve ; l'unification de l'Europe a toujours été ardemment désirée par les hommes de pensée et d'action de toutes les nations européennes depuis Charlemagne. Les plus grands esprits et particulièrement ceux qui ont le sens prophétique, l'ont impatiemment souhaitée. Dans ce problème capital, le seul facteur actuel qui soit neuf c'est la nécessité, surgie du présent état de choses. La science moderne, la technique, les armes nouvelles aussi nous font vivre dans un monde rétréci. Les meilleurs et les plus brillants projets pour donner aux hommes un art de vivre plus haut postulent tous l'unité de l'Europe comme une condition indispensable de leur réalisation. En revanche, les ténèbres descendront sur nous pour peu que l'Europe, centre naturel et mesure du monde, reste encore brisée, morcelée, délaissée. »
  • « C'est le plus étrange évènement de l'histoire qu'une terre peuplée de 300 millions d'êtres comblés des plus beaux dons et favorisés des plus beaux succès soit aujourd'hui réduite à cette extrémité. L'Europe en est venue à se mettre sous la tutelle de l'Amérique pour échapper à la tyrannie de la Russie. Cet asservissement volontaire, imposé par la nécessité, est aujourd'hui chose familière. Nous y sommes accoutumés. Mais cette situation, aux yeux de quelqu'un qui la découvrirait tout à coup avec des yeux neufs, paraîtrait aussi ridicule que tragique. Toutes les grandes figures du passé la jugeraient scandaleuse. Et si, délivrés des idées reçues et des modes de sentir acceptés par notre paresse d'esprit, nous regardions nous-mêmes les choses dans leur vérité objective, nous ne pourrions manquer de crier à l'incroyable. »
  • « La population de l'Europe est plus nombreuse que celle de la Russie ou celle de l'Amérique. Les connaissances et l'habileté technique de nos peuples ne sont inférieures en rien à celles des Américains. Nos sources d'énergie sont au moins aussi grandes que celles de l'Amérique ou de la Russie. Si seulement nous avions employé la moindre part de nos forces à instaurer un ordre européen nouveau, au lieu de nous combattre les uns les autres, il y a longtemps que nous aurions surclassés Américains et Russes. Car nos racines dans l'être sont plus profondes, notre culture plus ancienne, nos traditions et notre mode de vie sont établis depuis plus longtemps. Nous sommes plus fermement et plus durablement installés dans l'existence. »
  • « Qui oserait le nier ? Nous sommes supérieurs en nombre aux Américains comme aux Russes. Nous leur sommes au moins égaux en énergie. Peut-être même notre caractère est-il plus ferme parce que nous avons plus vécu et davantage accompli. Cela étant, qui jamais pourra clairement expliquer pourquoi nous nous cramponnons à l'Amérique et pourquoi nous tremblons de peur devant la Russie sans seulement faire un effort pour déployer partiellement la force gigantesque de l'Europe? Seule cette force cependant pourrait restaurer l'équilibre du monde et le hausser à un niveau supérieur de bonheur et de sécurité. En vérité, il n'est aucune bonne raison pour justifier ce paradoxe. L'Europe est seulement victime d'un complexe d'amertume, qui n'est pas sans motifs plausibles, mais dont la principale raison d'être est qu'il sert les intérêts de ceux qui trouvent profit à nous maintenir divisés. »
  • « La défaillance de l'Europe est tout simplement une défaillance de la conscience. Il n'y a aucun obstacle physique, aucune frontière naturelle ou abstraite qui puisse empêcher de faire l'union des patries européennes ou retarder un nouvel épanouissement de la civilisation que ce monde a déjà connu. Les nations d'Europe sont établies sur des territoires qui forment une unité géographique capable, sous l'action des moyens modernes de communication, de se transformer en une unité économique bien plus complète et homogène que n'importe quelle économie nationale d'il y a cent ans. Ces nations disposent, tantôt à l'intérieur de leurs frontières propres, tantôt dans leur territoires d'outre-mer, des ressources alimentaires et des matières premières réclamées par leurs populations et leurs industries. Il est universellement admis que les nouvelles méthodes de production en masse devraient, dans ces conditions et par voie de conséquence naturelle, développer le marché. La surproduction de richesse qui en découlerait hausserait considérablement le "standard de vie" universel. De plus, cette surabondance pourvoirait à une partie notoire des exigences de la recherche scientifique. Ainsi l'avenir serait assuré et il y aurait une accélération considérable de l'évolution humaine. »
  • « On ne peut sérieusement douter de ces avantages. Ils sont l'évidence même. Il n'y a aucune raison d'ordre physique ou ressortissant à quelque autre science, que l'on puisse invoquer pour refuser de mettre en œuvre, sans plus tarder, ces forces de salut. Leur action serait rapide et sûre. Les dangers qui nous menacent s'éloigneraient tout de suite, en attendant d'être définitivement écartés. Et les difficultés qui sont actuellement nôtres seraient singulièrement réduites, avant d'être définitivement vaincues. Les motifs qui empêchent l'Europe de s'unir sont d'ordre psychologique. Ce sont des phénomènes d'inhibition. Il ne s'agit que de les vaincre. Je ne crois pas que ce soit une tâche impossible. Les inhibitions de cette sorte se guérissent par le moyen d'un raisonnement calme, sérieux, objectif. Je le répète, aucune objection de caractère matériel n'est assez forte pour s'opposer victorieusement à la réalisation de l'unité européenne. Le seul obstacle qui l'empêche est une défaillance de la volonté, une faiblesse de l'esprit. »
  • « Les phénomènes d'ordre passionnel qui paralysent la volonté en ce domaine et la frappent d'inhibition ne sont pas toujours méprisables. Un patriotisme mal entendu en est partiellement responsable. Je dis patriotisme mal compris, parce que le vrai patriotisme est vivant, actif, et non point figé dans la contemplation d'un passé qui ne peut revenir. Une autre part de la responsabilité revient à un certain type de conservatisme. En lui-même, le conservatisme est une manifestation de santé. Mais il ne faut pas qu'il s'entête jusqu'à refuser toute métamorphose. Car rien ne se conserve qui ne se transforme. Qu'on m'entende bien. L'esprit de conservation est une bonne chose, qui répond à un instinct plus qu'honorable. Conserver les traditions, les institutions, la manière de vivre d'un peuple, c'est vouloir maintenir à la fois sa vigilance et son enracinement, c'est lui assurer le bénéfice suprême de la stabilité. Mais dans une époque de mutations rapides, il faut que les traditions, les institutions, la manière de vivre, sachent s'adapter aux faits nouveaux et se montrent capables d'accorder leur développement aux situations nouvelles. Faute de quoi, il y a opposition mortelle entre ces facteurs de durée et les sociétés qu'ils devraient maintenir. »
  • « Le patriotisme, qui est un sentiment, et le nationalisme, qui en est la justification méthodique et doctrinale, sont en eux-mêmes d'excellentes choses. Pour garder leur excellence, il faut toutefois qu'ils se transforment et s'étendent. Aujourd'hui, les patries doivent cesser de s'opposer, si elles veulent survivre. Le salut de tous et le salut de chacune se confondent. Il faut faire l'unité de l'Europe par l'union des patries. »

La Nation Europe, Nouvelles éditions latines, Paris, 1962.

Sur le fascisme

  • « Je n'ai pas changé un iota à mes positions d'avant-guerre. Je veux seulement les adapter aux conditions d'aujourd'hui. Il n'y a plus de raisons de nous appeler encore fascistes. Il n'y en a pas plus que d'appeler chartistes les membres actuels du Labour Party. On n'appelle plus "Whig" le Parti libéral et plus personne n'associe celui-ci à la Révolution française, qui fut l'inspiratrice du libéralisme. L'idée de l'Europe, la science actuelle, l'effort continuel pour inventer, et le constant développement de notre pensée nous ont portés bien au-delà de la situation d'avant-guerre. Notre pensée actuelle dépasse notre pensée d'avant-guerre autant qu'un "Jet" dépasse la première locomotive. »
  • « Nous avons accompli la synthèse de l'action et de la liberté, du dynamisme et du libre arbitre. Notre mouvement, dans son essence et dans son caractère, n'est pas statique, mais dynamique. C'est un organisme qui croit et se développe sans cesse surmontant le passé, et transcendant même ses propres précisions. Car il tend vers des formules toujours plus hautes. Notre idée ne se pétrifiera jamais. Car elle ne dépend pas d'une génération déterminée, pas plus que du passé récent, avec ses échecs et ses accomplissements. Mais elle est liée à l'histoire tout entière de l'Europe, à son avenir, à l'élan vital des Européens. »

Déclaration de Venise, 1962.

Lien externe

Références bibliographiques

  • Fascism in Britain. From Oswald Mosley’s Blackshirts to the National Front, Richard Thurlow, I.B. Tauris, London, 1998.
  • Un fascisme anglais, 1932-1940, l’aventure politique de Diana et O. Mosley, Jan Dalley, Autrement, 2001.
  • Les Parias, fascistes, pseudo-fascistes et mal pensants..., Christophe Dolbeau, Irminsul, 2001.
  • The Rebell who lost his cause, Francis Beckett, London House, 1999.
  • Hurrah for the Blackshirts !, Martin Pugh, Johnatan Cape, 2005.
  • Mosley’s Men in Black, John Millican, Brockingday, 2005.
  • Becoming Blackshirts, Michael Adrian Spurr, PhD, sd.
  • Blackshirts on-sea, JA Booker, Brockingday, 1999.
  • Diana Mosley, née Mitford, Anne de Courcy, Rocher, 2006.
  • MABIRE Jean, L’Internationale fasciste 1934-1939, Dualpha, Paris, s.d. (2014).