Jeunes-Conservateurs

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Le terme de « Jeunes-Conservateurs » (Jungkonservative) désigne un courant intellectuel de la Révolution conservatrice allemande de l'Entre-deux-guerres. On a souvent écrit qu'il était aussi éloigné du courant des Völkischen que de celui des Nationaux-révolutionnaires.

Définitions

Selon des auteurs comme Sebastian Maass, les Jeunes-Conservateurs constituent un courant pouvant être qualifié de modéré, occupant une position intermédiaire entre les mouvements völkisch (nationalistes ethniques) et les nationaux-révolutionnaires. Il a été ainsi en mesure d’intervenir dans les affrontements politiques concrets de son époque, tant sous la République de Weimar (gouvernement de von Papen) que dans la Première République autrichienne (mouvement de la Heimwehr).

Les positions spécifiques des Jeunes-Conservateurs, qui les distinguent des autres groupes de la Révolution conservatrice, sont:

  • une conception corporative de l’État (Ständestaat)
  • l'idéal impérial médiéval
  • des références chrétiennes
  • une approche « holistique » des sciences sociales (particulièrement développée dans les premiers écrits de Spann).

Ce qui les réunit aux autres courants conservateurs-révolutionnaires sont naturellement le mythe de « l’éternel retour », l'antilibéralisme et l'antimarxisme[1].

Principaux représentants

Selon Armin Mohler, les courants s'est exprimé principalement par la plume et par la personnalité de:

Cercles de réflexions

Armin Mohler distingue plusieurs Cercles jungkonservativen : Cercles de Berlin (Moeller van den Bruck, von Gleichen), de Hambourg (Wilhelm Stapel), de Munich (Edgar Julius Jung), de Vienne (Othmar Spann), auxquels s'ajoutent un certain nombre d'isolés. Le point de départ du « néo-conservatisme » est la révolte contre la signature du Traité de Versailles, en juin 1919 : c'est à cette date que le « Club de Juin » (Juni-Klub) est fondé, à Berlin, par Moeller van den Bruck et von Gleichen. L'organe du Club est l'hebdomadaire Gewissen (Conscience), auquel succèderont Der Ring et la Konservative Wochenschrift. Les éditions Ring-Verlag, situées dans un immeuble de la Motzstrasse, à Berlin, serviront de local au Juni-Klub, puis au Jungkonservative Klub, en sorte que le Ring-Bewegung (Mouvement de l'Anneau) deviendra très vite un synonyme de Mouvement néo-conservateur. En décembre 1924, Heinrich von Gleichen fondera le Herren-Klub (Club des Messieurs).

On peut y ajouter des groupes de réflexion comme le Kameradschaftsbund für volks- und sozialpolitische Bildung dans les Sudètes, ainsi que l’Institut pour l’organisation corporative à Düsseldorf.

Influence politique

De par leur position intermédiaire entre les mouvements völkisch et les nationaux-révolutionnaires, les Jeunes-Conservateurs ont été en mesure d’intervenir dans les affrontements politiques concrets de son époque.

Pour certains, le gouvernement de Franz von Papen (Chancelier du Reich du 1er juin au 3 décembre 1932) a été une tentative d'incarnation des idées jeunes-conservatrices.

De même, le mouvement autrichien de la Heimwehr, malgré ses divisions, a été vu comme une organisation jungkonservativ. La constitution du Front patriotique autrichien en 1933 par le chancelier Engelbert Dollfuss puis la création de l'État corporatif en 1934 ont également pu être considérés comme les manifestations d'une concrétisation politique jungkonservativ, proposant une alternative historique aux autres « troisièmes voies » que représentaient le national-socialisme et le fascisme italien[2].

Notes et références

  1. Sebastian Maaß, Dritter Weg und wahrer Staat. Othmar Spann – Ideengeber der Konservativen Revolution, Kiel, Regin-Verlag, 2010, 174 p.
  2. Ibidem.