Savitri Devi Mukherji

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Savitri Devi en 1935
Savitri Devi (« déesse de l'énergie solaire » en hindou) est le nom de plume adopté par la Française Maximine Portas (1905-1982). Mukherji étant le nom de son époux. Fervente partisane du nationalisme indien (Hindutva) auquel elle livre un apport critique (exemple des pays se modernisant pour contrer le colonialisme et rôle supra-religieux des institutions), et admiratrice d'un pays traditionnellement polythéiste, dernier bastion selon elle du « paganisme aryen » (celui-là même supplanté en Europe par le christianisme levantin), elle entendait par son exemple défendre la possibilité d'une reconquête de l'Europe par le paganisme, dont elle estimait le national-socialisme porteur.


Biographie

Maximine Julia Portas[1] est née le 30 septembre 1905 à Lyon (France), d'un père grec et d'une mère anglaise. Elle grandit entre les amis anglais anglicans de sa mère et la communauté grecque de Lyon de plus en plus nombreuse, pour la plupart des Grecs d’Asie Mineure.

La passion iconoclaste qui fut la marque de toute sa vie commence très tôt : à l'âge de onze ans, pendant la première guerre mondiale, elle traça à la craie des slogans hostiles aux Alliés sur un mur d'une gare de Lyon (« À bas les Alliés, vive l'Allemagne ! ») pour protester contre l'invasion illégale de la Grèce par les troupes Alliées (cf. And time rolls on).

Rencontre avec la Grèce éternelle



Une fois son bac obtenu en 1922, elle part en Grèce découvrir le pays qui a toujours nourri son admiration. Elle y reste plus d'un an, résidant principalement à la Résidence internationale des étudiants à Athènes. En décembre 1923, elle poursuit son cursus à Lyon. Douée d'un vrai talent pluridisciplinaire, elle obtint des diplômes en philosophie, psychologie, logique (février 1925), sociologie, lettres (licence en 1926).

En février 1928, elle renonce à sa nationalité française et devient citoyenne grecque au nom de ses convictions politiques pan-helléniques. C'est pour elle un acte capital qui matérialise sa rupture avec tout ce qui caractérise la civilisation occidentale, et particulièrement son hypocrisie.

Pour continuer ses investigations pour sa thèse de lettres sous la direction du professeur Edmond Goblot : Essai critique sur la pensée de Théophile Kaïris (1784-1853), éducateur, réformateur, philosophe, elle entame un deuxième voyage en Grèce qui durera presque deux ans, du mars 1928 à novembre 1929, parcourant le Péloponnèse à pied et à cheval. Au cours de ce séjour d'études, hébergée par son amie Marika Kaloyérikou, elle participe à un pèlerinage orthodoxe en Palestine durant le carême. Ce qu'elle voit et comprend développe en elle une vraie hostilité (toujours contenue) tant pour le christianisme que pour le judaïsme, et son retour à Athènes, après la Pâque, est propice à son orientation spirituelle vers un paganisme célébrant la lumière et la santé, un panthéisme biocentrique et racialiste. Le judéo-christianisme, dont les manifestations visibles en Terre Sainte lui répugnent, est à ses yeux une infiltration étrangère en Europe, qui a interrompu l'évolution spirituelle naturelle de l'Europe et lui a imposé un monothéisme stérile et un philosémitisme servile.

De retour à Lyon, sa thèse terminée, elle s'inscrit à la faculté de Sciences pour préparer une thèse en chimie. Bien que dominant déjà la langue allemande, elle considère, à l'instar de la presse de l'époque, Hitler comme un simple nationaliste en lutte pour réviser le Traité de Versailles. Mais en lisant une édition allemande de Mein Kampf, elle décide parallèlement à ses études universitaires d'approfondir le thème des Aryens et du polythéisme dont la religion civique grecque est un aspect. C'est cette curiosité (elle maîtrise alors au moins huit langues : anglais, français, grec moderne, italien, allemand, islandais, hindi et bengali) qui déterminera finalement son orientation majeure (point d'orgue : en 1930 [Alfred Rosenberg] publie Le Mythe du XXe siècle). Un auteur la marque profondément, (Lokamanya) Bâl Gangâdhar Tilak, qui avait publié en 1903 son œuvre principale écrite en prison : The Arctic Home in the Vedas, New Key to the interpretation of early Vedic Texts and legends (Le Foyer arctique dans les Vedas, Nouvelle clé pour l'interprétation des premiers textes et légendes védiques) qui visait à montrer l'origine polaire de ce qui se nommera plus tard la civilisation indo-européenne. Cependant ce précurseur de Gandhi restera mis à l'index par les bien-pensants d'alors pour avoir transgressé le dogme Ex Oriente lux.

En janvier 1930, conseillée par le professeur Étienne Souriau, Maximine Portas choisit l'objet de sa thèse de doctorat en Sciences : La simplicité mathématique. Pour la mener à bien, elle passe en juillet ses examens de chimie, de physique et de minéralogie, en novembre, de chimie générale. En juillet 1931, l'examen de chimie biologique. En septembre, elle effectue un bref séjour à Athènes pour réviser sa thèse en lettres sur Kaïris. En décembre, elle rédige la conclusion de sa thèse doctorale en Sciences.

Rencontre avec l'Inde polythéiste



Savitri Devi en 1940
En 1932 elle part pour l'Inde, à la recherche du paganisme aryen que le judéo-christianisme avait supplanté. Dans le sous-continent indien, elle découvrit « des dieux et des rites apparentés à ceux de la Grèce antique, de la Rome antique, et de la Germanie antique, que les gens de notre race ont possédés, avec le culte du soleil, il y a 6.000 ans ». Son modèle était Julien l'Apostat, l'empereur romain du IVe siècle qui rétablit brièvement le paganisme et le culte du soleil dans l'Empire.

Elle s'établit à Calcutta et s'implique rapidement dans les mouvements hindous nationalistes qui mènent alors une campagne politique sur deux fronts contre le puritanisme musulman et contre le colonialisme britannique. Elle travaille comme conférencière itinérante pour la Mission Hindoue, une organisation communaliste hindoue, et elle adopte le nom de Savitri Devi, d'après la déesse solaire indo-aryenne (cf. Rig-Veda, 3-62-10). Son nouvel hindouisme racialiste est un reflet de ses convictions nationales-socialistes : dans le svastika, la roue aryenne du soleil, elle voyait « le lien visible entre Hitler et l'hindouisme orthodoxe ».

En septembre 1939, en grande partie pour éviter une incarcération pour ses activités en faveur de l'Axe, Savitri Devi épouse le brahmane Asit Krishna Mukherji, éditeur du journal ouvertement national-socialiste New Mercury. Pendant la guerre, le couple aurait, selon ses dires, fait de l'espionnage au profit de l'Axe, et Mukherji aurait soutenu l'action du militant nationaliste hindou Subhas Chandra Bose et de son Armée nationale indienne dans sa campagne militaire contre les Britanniques[2].

Défense de "l'aryanité"



Savitri Devi avec Hans Ulrich Rudel et John Tyndall
Savitri Devi en 1961, en Grande Bretagne
Savitri Devi en "nazie hindoue"
En 1945, Savitri Devi est accablée par la défaite de l'Allemagne et par son démembrement après la guerre. Elle retourne alors en Europe, sous couvert d'un passeport britannique obtenu grâce à son mari, déterminée à faire de la propagande pour ses idéaux nationaux-socialistes, à présent injuriés, et elle réside brièvement à Londres (où elle publie A Son of God [tr. fr. Akhenaton, fils du soleil : la vie et la philosophie d'Akhenaton, roi d'Égypte, éd. Rosicrucienne, 1991] qui décrit le potentiel de l'atonisme à réunir l'Asie et l'Occident), en France, en Islande, en Écosse (où elle commence à écrire son livre le plus connu : The Lightning and the Sun [La Foudre et le soleil]) et en Suède (où elle rencontre Sven Hedin, le célèbre explorateur et sympathisant national-socialiste).

En 1948 et en 1949, à l'apogée de la dénazification, elle mène une série de missions de propagande clandestine dans une Allemagne prostrée et encore dévastée par les bombardements de terreur anglo-saxons, et par une famine massive, distribuant des tracts et apposant des affiches manuscrites appelant à la résistance contre l'occupation étrangère, souvent brutale :

« Hommes et femmes d'Allemagne ! Au milieu de rigueurs et de souffrances inexprimables, restez fidèles à notre glorieux idéal national-socialiste et résistez ! Défiez vos persécuteurs ... Rien ne peut détruire ce qui est construit sur la vérité. Nous sommes l'or pur que l'on peut mettre dans le feu. La fournaise peut rougeoyer et gronder. Rien ne peut nous détruire. Un jour, nous nous révolterons et triompherons à nouveau. Espérez et attendez. Heil Hitler ! »

Savitri Devi est finalement arrêtée en même temps qu'un de ses camarades de combat le 20 février 1949, à Cologne, pour distribution de propagande nationale-socialiste. Condamnée à six ans de prison, elle ne purge cependant que sept mois, retournant ensuite à Lyon pendant l'été de 1949. C'est là qu'elle écrit Defiance et termine Gold in the Furnace, tous deux basés sur ses expériences en Allemagne occupée. De son emprisonnement date de nombreuses amitiés qui lui permettront d'entrer dans la mouvance du national-socialisme d'après-guerre, en plus de ses connaissances de personnalités comme Hans Ulrich Rudel (l'ancien as de la Luftwaffe, également ami de l'aviateur de la France Libre Pierre Clostermann), Otto Skorzeny, Léon Degrelle, Saint Loup.

En 1953, Savitri Devi retourne illégalement en Allemagne pour ce qu'elle nomme elle-même un pèlerinage, qui dure quatre ans, sur les sites "sacrés" du national-socialisme et du paganisme germanique, visitant Braunau-sur-Inn, Linz (où elle rencontre le précepteur d'Hitler), Berchtesgaden, le Berghof, la Feldherrnhalle, et Nuremberg. Elle vit deux ans à Emsdetten en Westphalie dans la maison d'un sympathisant national-socialiste, où elle écrit Pilgrimage (Pèlerinage), publié en 1958, termine The Lightning and the Sun, et ajoute aux stations de son pèlerinage le Mémorial d'Arminius et les Externsteine, le premier étant un monument honorant la victoire d'Arminius (Hermann) sur les légions romaines en l'an 9 après J.-C., le second passant pour un temple solaire païen, où elle dit avoir eu une expérience mystique de la victoire finale aryenne.

Savitri Devi retourne en Inde en 1957 avant de revenir en Europe trois années plus tard. De 1960 à 1962, elle est professeur auxiliaire à Lyon sous le nom de "Madame Portas". Vivant ensuite à Londres elle s'implique dans des cercles nationaux-socialistes anglais, assistant en compagnie de l'Américain George Lincoln Rockwell et de l'Anglais Colin Jordan à la réunion internationale de la WUNS (World Union of National Socialists [Union mondiale des national-socialistes]) dans les Cotswold Hills en 1962, le site de la fameuse Déclaration de Cotswold.

En 1971, Savitri Devi repart à nouveau en Inde, où elle passe la plus grande partie des années 70, correspondant avec ses camarades à l'étranger, et influençant nombre de jeunes « racialistes » qui lui rendirent visite à New Delhi. Elle meurt au Royaume-Uni le 22 octobre 1982, alors qu'elle se préparait pour une tournée de meetings aux États-Unis. Ses cendres ont été déposées à Arlington, Virginie, aux côtés de celles de Rockwell.

Citations



« La Grèce, l'Inde, l'Allemagne : ce sont les trois repères visibles dans l'histoire de ma vie. De même que d'autres femmes aiment plusieurs hommes en même temps, j'ai aimé l'essence de plusieurs cultures, l'âme d'au moins trois nations. Mais dans toutes les trois et au-dessus d'elles, c'est la perfection essentielle de l'Aryanité que j'ai trouvée et adorée pendant toute ma vie. J'ai trouvé Dieu -- l'Absolu -- dans la beauté vivante et les vertus viriles de ma propre divinité de la Race, comme d'autres femmes le cherchent dans les yeux de leurs amants, et donnent tout pour la joie de l'adorer en eux, non pas dans les cieux, mais ici sur la Terre. »

(Pilgrimage)

« J’ai embrassé l’hindouisme parce que c’est la seule religion dans le monde qui est compatible avec le national-socialisme. Et le rêve de ma vie est d’intégrer l’hitlérisme dans la vieille tradition aryenne, pour montrer qu’il est réellement une résurgence de la tradition originelle. Il n’est pas indien, ni européen, mais indo-européen. Il remonte à ces jours où les Aryens étaient un peuple habitant près du Pôle Nord.

En fait, je ne suis pas une vraie hindoue. Je suis une nationale-socialiste. Pour moi c’est largement suffisant. Je suis une païenne européenne. Je suis l’un de ceux qui auraient combattu le christianisme aux IVème et Vème siècles.

Le grand homme que j’admirais le plus dans ma jeunesse était Alexandre le Grand, mon premier amour. Mon second amour est l’Empereur Julien. Adolf Hitler est le troisième. Je le place au-dessus des autres, mais chronologiquement il est le troisième. »

(And Time Roll On)

Thèses philosophiques

Dans La Foudre et le soleil (1956), Savitri Devi élabore une "philosophie de l'histoire" où elle décrit trois types d'homme :

  • L'homme intra-temporel : il utilise les mœurs de son époque par profit personnel, comme Genghis Khan ou Staline.
  • L'homme supra-temporel : il vit sa vie en accord avec les mœurs d'un âge passé, en général un âge considéré comme étant un âge d'or, mais il n'a pas beaucoup d'influence envers son entourage contemporain. L'auteur prend pour exemple Akhenaton.
  • L'homme contre son temps : il utilise la violence afin de provoquer un changement dans la société, pour retourner à une société aux mœurs et valeurs anciennes. Adolf Hitler pour elle est de ces types d'homme.

Un autre de ses nombreux ouvrages peut être perçu comme représentatif du courant hindouiste de la doctrine qu'elle professe : c'est Impeachment of Man (La Mise en accusation de l'Homme), édité en 1959, dédié à la cause animale, dans la droite ligne de la philosophie hindoue.

Notes

  1. On lit sur son passeport britannique Maximiani Portaz. Portaz/Portas est le diminutif de Portassi. Son père portait le nom de Maxim Portassi/Portas/Portaz selon les différentes retranscriptions administratives de son patronyme grec.
  2. Dans la postface de Le National-socialisme et la Tradition indienne, Christian Bouchet démontre comment ces affirmations sont peu vraisemblables et en contradiction les unes avec les autres.

Bibliographie

Couverture de Gold in the Furnace

Textes de Savitri Devi

Études critiques

  • Franck Buleux, Savitri Devi, coll. Qui suis-je ?, Pardès, Grez-sur-Loing, 2017,123 p.

Liens externes