Marcel Déat

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Marcel Déat, né à Guérigny (Nièvre) le 7 mars 1894 et mort à Turin (Italie) le 5 janvier 1955, est un militant et un homme politique français.

Journaliste, il milite d'abord dans la SFIO[1], puis au Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès et à l'Union socialiste républicaine.

Il abandonne ensuite le marxisme, pour s'intéresser aux courants du planisme (Henri De Man) et du néo-socialisme. Il se rapproche alors du Parti populaire français de Jacques Doriot, avant de fonder le Rassemblement national populaire.

Biographie

D'origine modeste, Déat fait des études brillantes : en juillet 1914, il est reçu à l'École normale. La même année, il adhère à la S.F.I.O.

Après la guerre, qu'il termine avec le grade de capitaine, il passe l'agrégation de philosophie et est nommé professeur à Reims.

Sa carrière politique débute en 1925 par un mandat de conseiller municipal. L'année suivante, il entre à la Chambre des députés à la faveur d'une élection partielle. Battu en 1928, il est réélu en 1932 dans le quartier de Charonne après une très vive campagne contre Jacques Duclos. Dans Perspectives socialistes (1931), il développe une réflexion théorique qui l'éloigne du marxisme et, au congrès de 1933, il est, avec Marquet et Renaudel, à l'origine de la scission des néo-socialistes : il devient secrétaire général du Parti socialiste de France fondé par Renaudel, puis, en 1936, de l'Union socialiste et républicaine (U.S.R.), groupe qui, par anticommunisme, refuse son adhésion au Front populaire. Aux élections de 1936, Déat, ministre de l'Air depuis janvier dans le gouvernement Sarraut, est battu par le candidat communiste. À la faveur d'une élection partielle, il sera réélu en avril 1939, à Angoulême cette fois, comme candidat du Rassemblement anticommuniste : entre-temps, il a pris des positions très hostiles au P.C.F. Le 4 mai 1939, il publie dans L'Œuvre son célèbre article « Mourir pour Dantzig ? ». En octobre 1939, lorsque la guerre a éclaté, il est d'ailleurs compromis dans l'affaire du tract « Paix immédiate », diffusé par le pacifiste Lecoin, auquel il niera cependant avoir donné sa signature.

Après l'armistice, ayant vainement tenté de faire adopter son projet de parti unique, il s'éloigne de Vichy, reprend sa collaboration très assidue à L'Œuvre et fonde, en janvier 1941, le Rassemblement national populaire (R.N.P.) qui se veut à la fois socialiste et européen.

« L’expérience a prouvé qu’une bigarrure de nations théoriquement assemblées à Genève ne faisait pas une Europe. Il n’y a d’unité que dans une solidarité totale de la vie matérielle, et dans la similitude essentielle des institutions. La guerre, la révolution, sont en train de brasser les peuples et d’unifier les tendances, de rendre convergentes les aspirations politiques et sociales. Et c’est une triste chimère que d’espérer une unité française en dehors de ce passage au creuset de la révolution.

Qu’on nous laisse tranquille avec les propos abstraits et les poncifs officiels sur l’unité française : il y a une réalité française que rien n’entamera. (…) Il y a un trésor français que l’histoire nous lègue et qui jamais ne sera perdu. Mais la France dont l’Europe à besoin, la France sans laquelle il n’y aura plus vraiment de nation française, doit avoir une autre température, elle doit brûler d’une autre flamme. Un certain patriotisme d’image d’Epinal ne la gardera pas des effritements et des affaissements internes. Et si une grande passion ne la saisit pas, si une ardente mystique collective ne s’empare pas d’elle, ne la porte pas vers son vrai destin, il ne lui restera que la force misérable et désordonnée qui se disperse et s’épuise en déchirements.

Je prie pour que nos politique y songent : l’élan vers l’Europe sauvera la France de plus d’une manière, même en l’arrachant à ce qu’elle prend orgueilleusement pour une solitude, à un narcissisme ridicule et désespéré, à un radotage de vieillards au coin du feu. La révolution fait l’Europe, la révolution refait la France, la révolution concilie l’Europe et la France. » in : La jeune Europe, 1942

Déat prône de plus en plus résolument une alliance totale avec l'Allemagne nationale-socialiste, en laquelle il voit le modèle à suivre. À ce titre, il devient le 17 mars 1944 ministre du Travail et de la Solidarité nationale de Laval, dont il condamne pourtant la modération. Il est amené à appuyer les revendications allemandes en matière de main-d'œuvre. Il fait partie de ceux qui, en août 1944, s'enfuient volontairement en Allemagne et il conserve ses fonctions de ministre du Travail dans la « commission gouvernementale » formée à Sigmaringen par Fernand de Brinon. Vers le 15 avril 1945, il réussit à quitter l'Allemagne pour l'Italie et se réfugie dans un couvent près de Turin où il terminera sa vie.

Publications

  • avec Max Bonnafous, Adrien Marquet et Barthélemy Montagnon, Néo-socialisme ? Ordre, autorité, nation, Paris, Grasset, 1933, 140 p. Discours prononcés au Congrès socialiste de juillet 1933.
  • Le Plan français : doctrine et plan d'action (préface), Comité du Plan, Paris, Fasquelle, 1936, 199 p.
  • De la fausse collaboration à la vraie révolution, décembre 1941-janvier 1942, Paris, Rassemblement national populaire, 1942, 47 p. Recueil d'articles extraits de L'Œuvre (30 décembre 1941 - 13 janvier 1942) et d'un exposé prononcé à Radio-Paris (5 janvier 1942).
  • Le Parti unique, Paris, Aux Armes de France, 183 pages, 1943. Articles parus dans L'Œuvre (18 juillet-4 septembre 1942).
  • « Il faut les chasser », article dans : Dominique Sordet (éd.), Le Coup du 13 décembre, Paris, impr. de Guillemot et de Lamothe, 1943, 47 p.
  • Mémoires politiques, Paris, Denoël, 990 pages, 1989. Introduction et notes de Laurent Theis, épilogue par Hélène Déat.
  • Discours, articles et témoignages, Coulommiers, Éd. Déterna, « Documents pour l'histoire », 1999, 149 p.

Bibliographie

  • Philippe Burrin, La Dérive fasciste. Doriot, Déat, Bergery, Paris, Le Seuil, 1986
  • Roland Gaucher et Philippe Randa, Le journal de guerre de Marcel Déat, Editions Dualpha, 2002.
  • Roland Gaucher et Philippe Randa, Des Rescapés de l'Épuration : Marcel Déat et Georges Albertini, Editions Dualpha, 2007.

Notes et références

  1. Section française de l'Internationale ouvrière, nom officiel du Parti socialiste français de 1905 à 1969.