René de La Tour du Pin

De Metapedia
Aller à : navigation, rechercher
29408481 p.jpg

René de La Tour du Pin, marquis de La Charce (1er avril 1834 à Arrancy - 4 décembre 1924 à Lausanne)

Biographie

René de La Tour du Pin est issu d’une vieille famille dauphinoise, catholique et royaliste; il entre à Saint-Cyr en 1852. Jeune officier, il sert sous le Second Empire en Crimée, en Italie et en Algérie avant de participer à la guerre contre la Prusse en 1870. Fait prisonnier cette même année, lors de la chute de Metz, il sympathise en captivité avec Albert de Mun. En septembre 1871, lors de la Commune, alors qu’il est encore capitaine aide de camp du gouverneur militaire de Paris, il s’engage, à la demande de Maurice Maignen (des Frères de Saint Vincent de Paul), dans l’Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers avec son ami de Mun. Son action est alors inspirée des travaux de Frédéric Le Play. En 1877 il est nommé attaché militaire en Autriche Hongrie et rencontre le comte de Chambord, prétendant légitimiste au trône de France, dans son exil de Frohsdorf. À Vienne il est également marqué par l’influence des catholiques sociaux autrichiens, le plus représentatif d’entre eux étant le baron Karl von Vogelsang (1818-1890) qui anime la revue Vaterland.

En 1881, il démissionne de l’Armée et se retire sur ses terres d’Arrancy, dont il sera maire. À la mort du comte de Chambord, en 1883, La Tour du Pin reporte logiquement sa fidélité royaliste sur l'aîné des Orléans, Philippe d’Orléans, comte de Paris, qu’il rencontre à Eu. Au début de 1885, de passage à Rome, il est reçu par le Pape Léon XIII. En 1891, contrairement à Albert de Mun, il refuse le Ralliement des catholiques français à la République.

En 1892 le marquis épouse sa cousine, Marie de La Tour du Pin Montauban, dont il n'aura pas de descendance. La même année, il rencontre pour la première fois Charles Maurras et commence avec lui une correspondance qui devait se poursuivre jusqu’à la mort du colonel. Une fois l’Action française fondée en 1899, La Tour du Pin apporte son concours. Il livrera ainsi trois études à la Revue grise d’AF entre 1904 et 1906, sur la noblesse, la représentation professionnelle et l’organisation territoriale de la France. En 1907 il publie son maître livre, recueil d’articles écrits à partir de 1882 : Vers un ordre social chrétien.

Thèses

La contribution de marquis de La Tour du Pin à la Contre-Révolution réside essentiellement dans sa doctrine économique et sociale.

Le fil conducteur de cette doctrine est à chercher, comme il en fait la remarque, dans la lutte acharnée qu'il a menée contre le libéralisme sous toutes ses formes et principalement contre sa forme économique. Il a condensé l'essentiel de sa pensée dans un ouvrage intitulé : Jalon de route vers un ordre social chrétien.

Partageant avec son maître Le Play la conviction que "la vie sociale de l'homme se meut autour d'un axe dont les deux pôles sont le foyer et le métier", le marquis de La Tour du Pin en a justement déduit que le régime d'économie libérale, qui se fonde sur la loi de l'offre et de la demande, aussi bien en matière d'emploi qu'en matière de ventes et d'achats, "fonctionne à l'inverse de la loi naturelle et divine" .

Comme tous les grands contre-révolutionnaires, La Tour du Pin voit dans l'individualisme la racine du libéralisme. Son originalité consiste à mettre en relation l'individualisme libéral avec une certaine conception matérialiste de la propriété. Il en résulte que la lutte contre le libéralisme doit passer par le rejet des "erreurs philosophiques, politiques et économiques dont le capitalisme nous a empoisonnés".

A la conception bourgeoise de la propriété, il est indispensable pour La Tour du Pin d'opposer la conception traditionnelle et chrétienne qu'il avait reçue de son père et fidèlement gardée : "Rappelle-toi toujours que tu ne seras que l'administrateur de cette terre pour ses habitants".

La solution que La Tour du Pin préconise pour mettre un terme à la question sociale ne consiste évidemment pas à remplacer le libéralisme par le socialisme qui n'en est, à ses yeux, que le "contre-coup" et l'insupportable aggravation. Elle ne consiste pas davantage dans une attitude exclusivement morale, comme l'était encore le patronage de son maître Le Play, mais dans l'instauration d'un régime corporatiste moderne.

Héritage

L’Action française constituera la principale postérité de la pensée de La Tour du Pin. Comme dira Charles Maurras : "Ce n’est pas La Tour du Pin qui est à l’Action française, c’est l’Action française qui est de La Tour du Pin." La pensée de La Tour du Pin marquera également le général de Gaulle. En 1970, Edmond Michelet, ministre du général, faisait remarquer à ce sujet: "s’il est un personnage que le général de Gaulle connaît mieux que Marx, c’est peut-être le très ignoré aujourd’hui La Tour du Pin".

Opinions

"René de La Tour du Pin est le plus fin et le plus complet des théoriciens sociaux de son époque, le plus réaliste et le plus fécond, celui qui n'est pas homme à laisser contester la primauté essentielle de l'ordre social et de la réforme sociale au point de vue du degré de leur importance. Il ne craint pas d'admettre que, dans l'ordre du temps, dans la série des actes à réaliser, la réforme politique passe la première."

Charles Maurras.

Bibliographie

  • René de La Tour du Pin, Vers un ordre social chrétien, Éditions du Trident, 1987
  • René de La Tour du Pin, Aphorismes de Politique Sociale, Beauchesne, 1930 (3° édition)
  • Roger Sémichon, Les Idées sociales et politiques de La-Tour-du-Pin exposées d'après son livre "Jalons de route", Beauchesne, 1936.
  • Antoine Murat, La Tour du Pin en son temps, Via Romana, 2009.