Yvan Benedetti
Yvan Benedetti, né le 16 septembre 1965, est un militant nationaliste français, président de l'Œuvre française (jusqu'à sa dissolution le 25 juillet 2013 par décret) et ancien membre du Front national.
Sommaire
Biographie
Né le 16 septembre 1965 dans l’île de la Réunion, Yvan Benedetti est d’ascendance paternelle corse.
Dès l’adolescence, il embrasse la cause nationaliste. Il s’engage au sein d’Europe-Jeunesse. Il se sent un temps assez proche de Dominique Venner, et du Groupement de Recherches et d’Études pour la Civilisation européenne (GRECE), animé par Alain de Benoist et Guillaume Faye. Mais finalement il se montre sensible au nationalisme plus traditionnel et catholique de Pierre Sidos. Il connaît aussi le nationalisme révolutionnaire de François Duprat, de Pierre Pauty et du groupe Militant. Et le solidarisme de Jean-Gilles Malliarakis. Ses références sont donc multiples, parfois quelque peu contradictoires dans leur variété même, mais il n’en éprouve pas d’embarras, n’étant pas d’abord un doctrinaire, et se montrant sensible avant tout à la commune inspiration nationaliste et anti-démocratique de ces différentes mouvances. Yvan Benedetti est et restera avant tout un homme d’action plus que de réflexion, et un chef plus qu’un maître à penser. Il ne se sent pas attiré par le Front national de Jean-Marie Le Pen, alors en plein développement. Il adhère assez vite à L’Œuvre française de Pierre Sidos, où il s’impose rapidement comme un militant d’élite[1].
Cadre de l’Œuvre française
Son activité militante devient l’objet d’une passion exclusive qui se révèle incompatible avec la somme de travail nécessaire aux études. Il intègre une classe préparatoire pour suivre une formation propre à lui permettre d’affronter victorieusement les épreuves des concours d’entrée de plusieurs écoles d’ingénieurs, le métier qu’il ambitionnait d’exercer. Mais, plus accaparé par l’action politique que par l’enseignement qui lui est dispensé, il est recalé aux divers concours. Il opte alors en faveur d’une reconversion, et suit une formation d’opticien. Il finira par devenir chef d’entreprise, mais son activité professionnelle ne sera que le support matériel de son activité militante.
Il est doué d’une autorité naturelle, d’un charisme certain, de talents d’organisateur et de dons oratoires qui impressionnent ses camarades, à la tête desquels il mène des opérations de commando contre ses adversaires de gauche. Cela ne va pas sans risques ni horions. Le 1er mai 1988, à l’occasion de la traditionnelle commémoration de Jeanne d’Arc, il est grièvement blessé par un commando du Betar.
Benedetti est remarqué par Pierre Sidos, le “présideur” (suivant le titre qu’il s’est choisi lui-même) de l’Œuvre française, qui voit en lui, à terme, un possible successeur. Séparés par une différence d’âge de 38 ans, les deux hommes sont liés par une admiration réciproque. Yvan Benedetti se sent proche du nationalisme à la fois classique, vichyste et fasciste, de Pierre Sidos et de l’Œuvre française. Venner et les intellectuels du GRECE sont trop européistes et païens à son goût, et prennent beaucoup trop de distance vis-à-vis du nationalisme classique, allant parfois jusqu’à renvoyer dos à dos la gauche et la droite. Il ne se sent aucune affinité avec les hauts fonctionnaires très bourgeois du Club de l’Horloge, trop conservateurs et trop libéraux en économie selon lui. Les successeurs de Duprat lui paraissent trop révolutionnaires et tiers-mondistes. Comme Sidos, il revendique un nationalisme de tradition catholique, pétainiste, corporatiste et fasciste. Ce ne sont pas seulement les idées et le programme de Sidos qui séduisent Benedetti. Ce dernier admire en lui le militant courageux qui, le 4 avril 1954, avec d’autres, osa molester Joseph Laniel, président du Conseil, et gifler René Pleven, ministre de la Défense, en raison de la mollesse de leur politique en Indochine, qui, en novembre 1956, manifesta devant l’ambassade soviétique pour soutenir les Hongrois insurgés, qui, en mars 1957, rendit publiquement hommage au capitaine Mourreau, héros et martyr de la guerre d’Algérie, qui, en novembre 1957, protesta contre la vente d’armes américaines à la Tunisie, laquelle soutenait le FLN, qui, en 1962, fut arrêté et écopa d’une peine de prison ferme pour son soutien à l’OAS. Benedetti trouve en lui un modèle. De son côté, le chef de l’Œuvre française reconnaît en Yvan Benedetti le fougueux meneur qu’il était naguère. Une amitié solide lie bientôt le vieux chef et son jeune disciple. Aux yeux de Benedetti, Sidos cristallise toutes les facettes du nationalisme français : catholique, anti-républicaine, sinon monarchiste, anti-démocratique, quoique de tendance plébiscitaire et de fond plutôt plébéien, politiquement et économiquement anti-libérale, dirigiste, anti-communiste mais corporatiste, fasciste, antisémite, attachée à la défense de la civilisation occidentale. Il n’apprécie ni les dérives intellectuelles et universalistes d’un Alain de Benoist, ni l’orientation révolutionnaire de Nouvelle Résistance et d’Unité radicale, ni l’aspiration à l’union de toutes les droites du Club de l’Horloge et de la tendance mégrétiste du Front national. L’Œuvre française lui semble être la seule manifestation pure du nationalisme français[2].
Au FN par raison
Mais il voit bien qu’en dépit de son poids au sein de la mouvance nationaliste, l’Œuvre française ne joue aucun rôle sur la scène politique. En revanche, la formation rivale, le Front national, a réussi son décollage (après une longue période de stagnation, toutefois) depuis le succès télévisuel de Jean-Marie Le Pen, le 13 février 1984, à L’Heure de Vérité, émission politique de grande écoute. Depuis ce jour, le Front national (FN) est sorti du ghetto étroit et marginal de la Droite radicale et n’a pas cessé d’engranger les succès de tous ordres : médiatiques, électoraux, militants (le nombre de ses adhérents a cru exponentiellement, au point de devenir peu à peu, un grand parti, et non plus un groupe confidentiel sans influence) et un acteur majeur de la vie politique française. Benedetti est parfaitement conscient de ce phénomène, de ce succès refusé à L’Œuvre française.
Il décide alors d’adhérer au FN en 2005. Au contraire de l’admiration qu’il éprouve pour Sidos, Le Pen ne le séduit pas. En dépit de ses dons oratoires, de son charisme évident, de ses qualités d’organisateur et de stratège et de ses résultats qui plaident en sa faveur (le FN est devenu un grand parti faisant jeu égal avec les partis de gouvernement), Le Pen le rebute par son absence d’idées précises, de convictions fermes, de principes forts, par le flou et les changements fréquents de son programme en matière économique et sociale (il se montre tantôt populiste et défenseur des droits sociaux et de la justice sociale, tantôt libéral et conservateur, défenseur de l’ouvrier en même temps que du patron) et de politique étrangère (il est alternativement pro-américain, reaganien et pro-israélien, puis pro-arabe), par son comportement de vieux routier de la droite radicale étudiante du Paris des années 1950, avec ses beuveries, et de vétéran des guerres coloniales. Pour Benedetti, Le Pen représente une droite caricaturale et révolue, sans idées fortes. Mais les faits sont têtus : c’est Le Pen et non Sidos que des millions de Français plébiscitent, et c’est le Front national et non l’Œuvre française qui parvient à s’inviter dans le cercle des partis qui comptent. Lorsqu’il adhère au FN en 2005, Benedetti reste membre de cœur, sinon de droit, de l’Œuvre française qu’il espère voir devenir le cheval de Troie dans le parti lepéniste. Imitant en cela une vieille tactique de la gauche radicale, il pratique l’entrisme au sein du FN.
Son but consiste à utiliser ce dernier comme un moyen de locomotion, voire un multiplicateur de puissance, pour l’Œuvre française… qui en a bien besoin. En vérité, il reste lié à l’Œuvre française et considère le FN comme une simple rampe de lancement pour elle. Il ne cesse, en effet, de participer très activement, aux rencontres de militants de l’Œuvre française. Intervenant à Lyon, Paris, Toulon, Toulouse, Nancy, Dijon, Lille, il fait des discours de la meilleure veine nationaliste-révolutionnaire, affirmant croire à l’imminence d’une grande révolution nationale provoquée par la crise financière que connaît alors le pays et la dégradation de la situation économique et sociale. Et, conséquemment, il déclare aux militants : « Nous devons rester sur le champ de bataille, nous devons y dormir pour qu’à l’aube, au bruit des premiers coups de fusil ou aux premières odeurs de poudre, nous soyons prêts, les armes à la main ». Cela dit, il se lance dans la compétition électorale, sous les couleurs du FN, la locomotive de l’Œuvre française à ses yeux, ce qu’il n’avait jamais fait auparavant, non plus que Sidos ou aucun membre de premier plan de l’Œuvre française[3].
En soutien à Bruno Gollnisch
C’est dans la région lyonnaise, où il dirige une modeste entreprise[4], qu’il entre dans l’arène politique.
Candidat dans le canton de Thizy (Rhône), lors des départementales de mars 2007, il obtient 17,88 % des suffrages exprimés, ce qui le place juste derrière le candidat UMP. Aux législatives de juin 2007, il est candidat dans la 14e circonscription du Rhône, mais il est éliminé à l’issue du premier tour, avec seulement 6,48 % des suffrages exprimés (1645 voix). Candidat aux municipales de mars 2008, il est élu conseiller municipal FN de Vénissieux, ayant obtenu 16,7 % des suffrages exprimés, ce qui le place derrière l’UMP et devant le MODEM. Au sein du FN, il s’emploie à soutenir Bruno Gollnisch qui s’oppose à l’entreprise de “dédiabolisation” que, déjà, préconise et essaie de faire prévaloir Marine Le Pen. Bruno Gollnisch représente la fidélité au nationalisme pur du Front national contre le révisionnisme mariniste, perçu par nombre de militants comme une trahison des valeurs et principes de ce dernier, une soumission au credo idéologique et au conformisme moral qui régissent toute la classe politique, l'institution scolaire, l'intelligentsia, les médias, et qui gouvernent la société, suivant les pratiques d’un totalitarisme soft prompt à marginaliser, persécuter ou, au moins, réduire à l’impuissance tous ceux qui les remettent tant soit peu en cause. C’est pour le soutenir, et aussi pour faire connaître ses idées, que Benedetti lance, en mars 2010, son journal Droite ligne, à l’existence éphémère.
Elu membre du Comité Central du FN en janvier 2011, Benedetti coordonne la campagne que Gollnisch mène au sein de ce parti pour en devenir le président, Jean-Marie Le Pen souhaitant se retirer.
En désaccord total avec Marine Le Pen
Ses efforts seront vains : le 16 janvier 2011, Marine Le Pen est élue présidente du FN, en remplacement de son père, par 67,65 % des congressistes, contre 32,33 % à Gollnisch. Pour Benedetti, c’est une terrible déception : le FN, désormais soucieux de s’aligner sur le « politiquement correct » ambiant, ne sera pas la locomotive de l’Œuvre française. A-t-il des raisons d’en rester membre ? Marine Le Pen ne lui laisse pas le temps de s’interroger longtemps à ce sujet. Devenue présidente du FN, elle s’applique à expurger son parti des éléments qui lui sont hostiles et ont tenté de lui barrer la route.
Yvan Benedetti lui donne un prétexte en or pour se débarrasser de lui. Ne déclare-t-il pas à une journaliste : « Je suis antisioniste, antisémite et antijuif » ?, propos contrariant, de manière volontairement provocante, l’entreprise de dé-diabolisation du FN. Traduit devant une commission disciplinaire du parti, Benedetti se voit exclu du FN le 11 juillet 2011. Il ne sera pas le seul, loin de là, à être exclu du parti ou à y être démis de toute responsabilité. En continuant à militer activement en faveur de l’Œuvre française, Benedetti, pour sa part, ne pouvait être étonné de son éviction du FN. Marine Le Pen, toute à sa stratégie de normalisation, ne pouvait se permettre de conserver au sein de son parti, un « sous-marin » d’une autre formation, de surcroît totalement opposée à sa stratégie d’alignement du FN sur le politiquement correct. Le 10 septembre de la même année, Benedetti annonce publiquement son retour à l’Œuvre française.
Le successeur de Pierre Sidos
Yvan Benedetti est depuis longtemps le principal adjoint de Pierre Sidos. Ce dernier, désormais octogénaire, âgé et malade, décide de lui laisser la direction de son parti. Ce sera chose faite lors du huitième congrès de l’Œuvre française, tenu dans l’agglomération lyonnaise les 4 et 5 février 2012, à l’issue duquel Yvan Benedetti sera élu président de ce parti. En juillet de la même année, il lance un appel à l’union de tous les nationalistes. Cet appel est surtout entendu par Alexandre Gabriac, un militant très actif qui a créé, le 15 octobre 2011, une formation, les Jeunesses nationalistes, et qui s’est signalé par ses manifestations bruyantes contre le “mariage” homosexuel et en faveur de la préservation de l’identité française et de la civilisation européenne. L’Œuvre française et les Jeunesses nationalistes œuvreront conjointement.
Pendant environ un an, on croira assister à une véritable renaissance de la droite nationaliste-révolutionnaire des années 1960, 1970 et 1980.
La dissolution de l'Œuvre
Mais un incident va briser net cet élan de réactivation. Le 5 juin 2013, un jeune militant gauchiste et “antifa”, Clément Méric, trouve la mort en recevant, au cours d’une bagarre, un coup porté contre lui par Esteban Morillo, adhérent des Jeunesses nationalistes révolutionnaires qu’il s’apprêtait à frapper courageusement dans le dos[5]. Un énorme scandale médiatique s’ensuit.
Le 13 juillet suivant, à l’initiative de Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, le gouvernement Ayrault (à direction socialiste), dissout par décret les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, et le 23 juillet les Jeunesses nationalistes d’Alexandre Gabriac et l’Œuvre française d’Yvan Benedetti, bien qu’aucun lien en cette affaire, n’ait pu être établi entre ces deux dernières formations et la première.
Les Nationalistes
Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac ne cèdent pas au découragement. Ils décident de ressusciter Jeune Nation, la formation politique fondée en 1949 par Pierre Sidos, ses frères et leurs camarades de lutte, et dissoute en 1958.
Ils entendent, par ailleurs, être présents sur la scène politique. Lors des municipales de mars 2014, ils profitent de l’absence de candidature RN pour présenter une liste nationaliste, « Vénissieux fait front », qui obtient 10,7 % des suffrages exprimés et des sièges de conseillers municipaux. En 2015, ils décident de ranimer le Parti nationaliste français (PNF), d’orientation nationaliste-révolutionnaire, fondé en 1983 par Pierre Bousquet, Jean Castrillo, Pierre Pauty et Henri Simon, qui avait souffert de scissions[6], et était inactif depuis 1991.
À l’instigation d’Yvan Benedetti, un congrès est tenu les 31 octobre et 1er novembre 2015, encouragé par une lettre de soutien de Jean-Marie Le Pen, ancien président du Front national, que ses organisateurs lisent publiquement à leur auditoire, composé d’un peu plus de cent participants. Le but de ce congrès est la fusion en une seule formation politique des groupes nationalistes situés en dehors du Rassemblement national[7], à savoir les Jeunesses nationalistes d’Alexandre Gabriac, l’Œuvre française d’Yvan Benedetti, tous dissous par décret le 23 juillet 2013, le Parti nationaliste français (PNF), dirigé par André Gandillon (également directeur du mensuel Militant), et aussi les débris de la mouvance solidariste, en particulier de Troisième Voie, le mouvement fondé naguère par Jean-Gilles Malliarakis. Le but est clairement de reconstituer une force nationaliste radicale qui ne se reconnaît pas dans le RN en voie de dédiabolisation de Marine Le Pen, ni dans le projet d’union des droites du Club de l’Horloge (lequel deviendra le Carrefour de l’Horloge, le 30 septembre 2015).
Au terme de ce congrès, ces diverses organisations se fondent en une formation unique et nouvelle qui n’est initialement autre que le Parti nationaliste français, mais prendra le nom de Les Nationalistes en 2019, ses animateurs ayant été condamnés pour reconstitution de ligue dissoute, la justice arguant du fait que ce parti ressuscitait l’Œuvre française. Jean-François Simon en devient le président, mais le principal animateur en est Yvan Benedetti qui y exerce la fonction de porte-parole. Le logo de la nouvelle formation consiste en deux épis recourbés entre lesquels se trouve une fleur de lys et une épée superposées, le tout dans un cercle comportant en sa partie inférieure l’inscription « Les Nationalistes ».
Elle se signale par son opposition au marxisme, à la social-démocratie, au libéralisme économique sans frein, et se prononce en faveur d’un système d’économie, certes fondé sur la libre entreprise, mais dirigé, sinon rigoureusement planifié, et comportant un volet social de protection et de reconnaissance des droits des salariés, dans le cadre de l’instauration d’une institution corporative faisant coopérer organisation d’employeurs et syndicats. Par ailleurs, elle condamne la démocratie libérale, qu’elle soit parlementaire ou présidentielle, et prône un régime autoritaire dirigé par un chef doté de tous pouvoirs, quoique assisté de ses ministres et de conseils de spécialistes. Le nouveau parti entend entreprendre le redressement du pays, restaurer sa prospérité, assurer son indépendance et lui redonner la capacité d’exercer une influence sur la marche du monde. Il se présente comme hostile à l’Union européenne. Défenseur intransigeant de l’identité française, il combat l’immigration et se veut antisémite et antisioniste. Son attachement à la civilisation occidentale l’incline au suprémacisme blanc, ce qui lui vaut d’être taxé de néo-nazisme par ses ennemis, et accusé de nostalgie à l’égard des Waffen SS de la Seconde Guerre mondiale combattant en Russie. Cependant, si les Nationalistes redoutent la montée en puissance des pays extra-européens et l’immigration galopante, ils montrent, par ailleurs, des inclinations tiers-mondistes dans la mesure où il existe dans le tiers monde des gouvernements et des mouvements révolutionnaires ennemis de l’impérialisme matérialiste et mercantile américain, destructeur, à leurs yeux, de la civilisation européenne, de ses valeurs spirituelles et morales, de sa culture même, de ses traditions. En cela, Les Nationalistes seraient assez proches du GRECE. Leur orientation suprémaciste blanche, leur défiance à l’égard des puissances montantes extra-européennes, leur hostilité à l’égard de l’immigration et du métissage ethnique et culturel, leur affinité avec des mouvements racialistes blancs, coexistent avec une certaine sympathie pour les luttes révolutionnaires et antiaméricaines présentes en certains pays d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine.
Concernant le Proche-Orient, ils adoptent une position nettement pro-palestinienne et anti-israélienne en même temps qu’anti-américaine. Les gouvernements de Donald Trump, aux Etats-Unis, de Jaír Bolsonaro au Brésil ou de Javier Milei, les rebutent, malgré leur nationalisme affiché et leur opposition au wokisme et à la décadence morale et politique. Ils leur préfèrent les pouvoirs, aujourd’hui déchus, de ces nationalistes révolutionnaires socialistes que furent Evo Morales en Bolivie, Hugo Chavez au Venezuela ou les Castro à Cuba. Ils voient dans les défunts pouvoirs Baas de Saddam Hussein en Irak ou des El-Assad en Syrie, des manifestations d’un nationalisme arabe voisin du leur. Pareillement, ils se sentent des affinités avec le pouvoir politique de Xi Yinping, maître d’une Chine pourtant toujours officiellement communiste et aspirant à la conquête du monde, au détriment de l’Europe en particulier. Ils trouvent une manière de modèle, ou, à tout le moins, une source d’inspiration dans le régime de Vladimir Poutine.
Les références nationalistes-révolutionnaires dominent l’idéologie des Nationalistes de Benedetti. Les Nationalistes se reconnaissent pour origine le nationalisme révolutionnaire de Marcel Déat sous l’Occupation, prolongé par des hommes tels que Roland Gaucher, François Brigneau, André Gandillon, Jean Castrillo, Pierre Bousquet, Pierre Pauty. L’inspiration solidariste ne se retrouve guère que dans leur défense de la civilisation européenne, aux racines et aux valeurs chrétiennes. Ils entretiennent une certaine nostalgie du régime de Vichy, ignorant délibérément les conflits ayant opposé, sous l’Occupation, ce dernier et les collaborationnistes parisiens.
Yvan Benedetti se montre plutôt optimiste. Ainsi, il voit dans les élections présidentielle puis législatives de 2017, qui se traduisent par l’éviction de l’Élysée et du Palais-Bourbon des grands partis de gouvernement alternant traditionnellement au pouvoir (PS, UMP) un rejet qu’il considère comme l’amorce d’une grande révolution nationale et sociale. L’avènement de celle-ci lui semble confirmée par le mouvement de révolte populaire des « Gilets jaunes » de novembre 2018, auquel il apporte son soutien actif.
Benedetti est également présent à l’étranger, où il jouit, au sein de certains groupes nationalistes d’une aura certaine. En décembre 2023, il est porté à la tête du parti belge Nation.
Aussi, ses ennemis s’activent-ils contre lui. En avril 2019, il est assigné en justice par deux députés, Muriel Ressiguier (LFI) et Adrien Morenas (macroniste) pour avoir tenu des propos contestant la réalité de l’entreprise nationale-socialiste d’extermination des Juifs, ce qui contrevient à la loi Gayssot interdisant la contestation des crimes contre l’humanité.
Benedetti a tenu à assurer la présence des nationalistes aux élections de 2024. Menée par l’avocat Pierre-Marie Bonneau, la liste de candidats du parti a obtenu 5172 voix[8].
Il a également été le créateur, en 1996, du Forum de la nation, une rencontre annuelle qui se poursuit.
Il a été le premier Français à être poursuivi pour "homophobie" suite à une campagne contre la "Gay Pride" de Lyon.
Publications
- J'ai juré de dire la vérité ! , Éditions du Faisceau, 2019, 120 p.
Textes à l'appui
Où en sommes-nous aujourd'hui ?
Face à une situation qui semble catastrophique, à une époque où les esprits sont tourmentés, où les hommes d'action et de bonne volonté se demandent que faire, nous avons voulu consacrer cette Journée à une question qui s'impose d'elle-même comme une évidence : Et maintenant? C'est avec la méthode et la doctrine nationalistes que nous avons débuté la réflexion. Il convient donc de désigner le véritable ennemi à combattre dans le jeu politicien d'ombres et de lumières. Il est aussi utile de fixer les forces en présence et de faire un état des lieux. Où en sommes-nous aujourd'hui ?
Nous avons été chassés de presque toutes les sphères de la société officielle. Le parti de l'Étranger a tout envahi, tout conquis, de l'administration aux partis politiques, en passant par la finance, les Églises, le patronat, les syndicats, la jeunesse, les arts, le sport. La religion de l'anti-racisme a été imposée comme un dogme intangible encourageant et imposant le métissage. Une véritable épuration ethnique a été programmée, avec l'anéantissement du monde blanc sous les coups d'une immigration de peuplement et la pratique d'un avortement de masse. L'Histoire a été verrouillée par un ensemble de lois liberticides qui forment un rempart indestructible par-delà lequel le mondialisme travaille à la destruction des nations et de toutes les sociétés traditionnelles. La subversion a substitué aux valeurs nobles d'un ordre naturel, une culture décadente de mensonge et de mort. La situation est grave. Pire, puisque le mouvement national, la famille nationale est divisée, morcelée, comme atomisée. Des haines tenaces se sont enkystées. Et pourtant !
Pourtant subsistent des îlots de résistance: des associations, des journaux, des mouvements refusent l'anéantissement et le chaos. Il n'existe plus d'Armée mais il reste des militaires. Il n'y a plus d'Église mais il reste des catholiques. Dans tous les domaines, de nombreuses individualités refusent la fatalité et agissent dans leur petit cercle professionnel, culturel, personnel et familial, comme autant de confettis d'une certaine tradition. A l'étranger une ligne de front se dessine qui regroupe tous ceux qui s'opposent au nouvel ordre mondial américano-sioniste, que ce soit sur le continent américain à la suite de Chavez, dans tout le monde musulman autour de la Syrie et de l'Iran sourcilleux en matière de souveraineté et avec le retour de la Russie éternelle dont la puissance s'appuie sur la politique énergétique de Poutine. Dans toute l'Europe de nombreux mouvements nationalistes émergent et se développent. L'aspect le plus visible de cette effervescence est le groupe « Identité, Tradition et Souveraineté » que Bruno Gollnisch a réussi à composer au parlement européen.(*)
Chez nous le revers du Front national lors des dernières élections a engendré une désillusion d'autant plus forte que la victoire du « non » lors du référendum sur le traité de constitution européenne et la situation générale avaient fait naître un immense espoir électoral. Pourtant, depuis toujours, le mouvement national ne connaît que des échecs dans ce domaine, que ce soit avec le général Boulanger, les Ligues ou le Six-février 1934 ou plus récemment, pendant l'affaire algérienne avec Mai 58, les Barricades, le soulèvement militaire et la lutte clandestine autour de l'O.A.S. Or nous sommes à un tournant et l'échec nous est formellement interdit sous peine de voir disparaître ce qui a été le moteur de toute civilisation, c'est-à-dire les nations en général et pour nous la France en particulier. Analysant précisément l'échec du boulangisme, Maurice Barrès concluait qu' « on ne soulève pas les masses pour une action durable sans principes ». Ce que Barrès constatait hier pour l'action du général Boulanger, nous pouvons le transposer aujourd'hui à l'action du Front national. Depuis plus de vingt ans et l'émergence du parti de Jean-Marie Le Pen, que voyons-nous? En sortant du combat quotidien que nous menons tous et en adoptant une analyse historique du phénomène, il faut se rendre à l'évidence que nous avons reculé dans de nombreux domaines fondamentaux : nous avons été dépossédés de notre monnaie, de nos frontières et l'immigration s'est accélérée. Jamais nous n'avons été en position de faire reculer le système mondialiste. Tout juste avons-nous réussi à le freiner sur certains points. C'est à cette règle de bon sens qu'il faut se tenir : s'interroger sur la nature exacte de ces principes forts qui permettent, selon Barrès, de mener cette action durable qui nous assurera la victoire, et y soumettre notre action.
La première des évidences est que le système ne peut être réformé. Il n'est pas amendable. Aussi est-ce une véritable révolution qu'il convient d'accomplir afin de l'abattre définitivement pour le remplacer par un ordre nouveau basé sur une politique naturelle. Et, en l'occurrence, la forme de gouvernement importe moins ici que la doctrine qui l'anime. La Nation est au-dessus des institutions et le principe de souveraineté nationale est une loi sacrée. La France est irrévocable car elle s'enracine dans une histoire pluri-millénaire et seul un État restauré permettra l'accomplissement de sa destinée.
Le deuxième principe fondamental est le suivant : toute action collective implique que le bien commun doive prévaloir sur les intérêts particuliers. Il faut mettre un terme aux querelles stériles qui ne sont pas à la hauteur des enjeux d'aujourd'hui, à l'heure où notre civilisation, riche d'innombrables siècles de travail, de réflexion, de création, de découvertes et de sacrifices, est menacée, purement et simplement, de disparition. Ce qui nous unit est - ô combien ! – plus puissant que ce qui nous divise! Alors, bien sûr, réaffirmons-le : oui au rassemblement des bonnes volontés mais dans une discipline d'action bien acceptée.
La troisième idée-force s'illustre par une vision héroïque de l'existence. En effet, rien n'est inéluctable. C'est toujours la volonté agissante et inébranlable d'une infime minorité qui écrit l'Histoire. Ce sont les petites victoires quotidiennes contre la fatalité, le renoncement, le mensonge, la paresse, l'inaction qui mènent à la grande victoire triomphale. C'est ce que Napoléon appelait le courage du quotidien, le véritable courage qui permet de surmonter les nombreux maux de la vie. Il ne faut pas se reposer sur une hypothétique réaction spontanée d'un électorat qui ne pourrait plus supporter la situation générale. S'il existait encore dans le peuple assez de vigueur et d'énergie pour faire face, il n'aurait jamais laissé se détériorer les choses et il aurait déjà réagi. Ce n'est donc pas de l'élection que procède le succès mais c'est en imposant nos idées, nos références, nos symboles, notre vocabulaire, notre volonté et nos hommes, envers et contre tout, avec foi, constance et fermeté, que nous pourrons vaincre. L'élection ne doit jamais être un point de départ, elle ne peut être au mieux que le moment où l'on récolte de manière effective et visible le fruit d'un travail militant quotidien. Victoire électorale ou autre voie, c'est alors une affaire de circonstances, de hasard, osons même parler de Providence !
Enfin, il faut chasser les démons de la résignation et du défaitisme. La France est un miracle que la raison seule ne peut expliquer. Elle ne peut pas mourir. A l'échelle humaine, le combat peut paraître aujourd'hui démesuré. Mais l'Histoire nous enseigne que c'est au moment où tout semble perdu que s'offrent alors des chances inespérées de redressement et de profonde mutation. C'est le mythe éternel du Phœnix qui renaît de ses cendres. Mais encore faut-il, pour cela, être animé par l'Espérance. L'espérance de ceux qui bâtissent, de ceux qui toujours combattent, l'espérance de ceux qui croient. A la question qui nous obsède tous: « Et maintenant ? » , nous répondons, sereins et déterminés: la nation continue, le combat continue !
(*) Le 14 novembre 2007, après dix mois d'existence, le groupe ITS a provisoirement cessé de fonctionner suite au retrait des représentants roumains, pour des motifs fallacieux d'opportunité politique électorale intérieure.
Texte de l'allocution d'Yvan Benedetti, clôturant le XIe Forum de la Nation qui, sur le thème d'actualité : « Et maintenant ? », s'est tenu le 6 octobre 2007, à Lyon.
Appel à l'Union des nationalistes !
Françaises, Français, chers amis,
Les dernières élections ont permis d’accentuer la bipolarisation de la vie politique française et de vérifier à quel point le système, dans notre pays, était bien verrouillé. La mainmise du PS sur les institutions est désormais absolue, la droite courbe ayant été supplantée et le centre littéralement siphonné par le parti de l’anti-France, allié à des écologistes plus pastèques que jamais !
Le nouveau président de la République s’est empressé de faire allégeance, tant sur le plan financier que militaire, aux forces malfaisantes qui, en coulisses, travaillent à la mort des nations et à l’avènement du nouvel ordre mondial, de la pieuvre américano-sioniste !
Face à l’écueil du scrutin majoritaire, l’illusion mariniste s’est évanouie. Seuls, l’avocat Gilbert Collard, girouette politique ouvertement anti-frontiste et maçon notoire, et la toute jeune et jolie Marion Maréchal Le Pen ont pu surfer sur la vaguelette bleu marine, à la faveur de triangulaires idéales.
La politique mariniste de prétendue dédiabolisation, qui s’est exprimée constamment par des concessions idéologiques majeures que tout nationaliste français digne de ce nom ne peut décemment cautionner, débouche donc sur un échec cuisant accentué par le revers personnel de Mme Le Pen et sur une impasse politique. Cette déconfiture sonne aussi le glas des espérances électoralistes que d’aucuns nourrissaient encore dans notre famille politique.
Il faut que les patriotes de France encore dupes du jeu pseudo-démocratique comprennent enfin que par les urnes, il n’est point de salut pour la France ! Et que le salut se trouve encore moins dans le reniement de nos idéaux !
C’est en dehors du système et non à sa périphérie, en rupture totale avec tous ses vices, toute la pourriture qui l’articule, qu’une force patriotique doit se dresser au plus tôt.
Oui, il est grand temps qu’un front vraiment nationaliste s’oppose à l’oligarchie composée des mercantis les plus vils. Il en va de la pérennité de notre nation et de notre civilisation.
Je vous exhorte, de toutes mes forces, à vous rassembler dès aujourd’hui, vous, autochtones de France traités en “sous-chiens” sur votre sol, vous tous, patriotes des mouvements d’Extrême France qui ne transigez ni sur la nation, ni sur la défense de la famille et de la vie, qui voulez renverser le Veau d’Or et anéantir la religion du mensonge, encore renforcée après l’intervention servile et repentante du chef de l’Etat.
Je mets à votre disposition ma personne et toutes les structures du mouvement que j’ai l’honneur de conduire pour permettre cette unité derrière laquelle nous œuvrons depuis si longtemps.
Il faut cesser de se complaire dans la contemplation morbide de la décomposition de notre pays. Place à l’action !
Il faut donner des coups de boutoir à ce système de plus en plus vermoulu. L’Etat prétendument socialiste entend réprimer toute action politique des nôtres avec une extrême brutalité. Il ne faut pas avoir peur ! La rafle, le 23 juin dernier, des “souchiens”, venus dénoncer « la préférence antinationale et le racisme anti-blanc » à la gare Part-Dieu de Lyon, après l’interdiction de leur manifestation, et l’intervention du GIPN, toujours à la Part-Dieu, quelques jours plus tard, pour déloger et interpeller Alexandre Gabriac entouré de trois jeunes nationalistes, démontrent l’intransigeance des autorités à l’égard des vrais patriotes. Mais cette intransigeance trahit justement la crainte du système de ne pouvoir endiguer longtemps l’adhésion que nos idées rencontrent chez les Français non reniés, notamment auprès des jeunes. Les jeunes Français veulent ressembler à Alexandre Gabriac et ils ont raison ! Ils n’ont pas une vocation d’esclaves. C’est précisément cela la révolte des “souchiens” !
C’est en continuant à puiser dans les vertus ancestrales de notre peuple, de notre race, que nous répondrons tous présent à ce grand rendez-vous de l’Histoire, que nous restituerons la France aux Français avant de pouvoir restaurer en profondeur notre patrie charnelle. Alors debout, les Français ! Haut les cœurs, en avant la victoire ! Maîtres chez nous !
Cet appel d'Yvan Benedetti, président de l'Œuvre française, à l'union des nationalistes, a été relayé et publié par l'hebdomadaire Rivarol dans son n° 3057 du 27 juillet 2012.
Notes et références
- ↑ Paul-André Delorme, « Yvan Benedetti : un nationaliste qui ne désespère pas », Rivarol, no 3672, 30.7.2025.
- ↑ Ibidem.
- ↑ Ibidem.
- ↑ Il est également père de trois enfants, deux filles et un garçon.
- ↑ Les vidéos de l’événement montrent de façon indubitable Clément Méric de Bellefond s’avancer vers Esteban Morillo et s’apprêter à le frapper dans le dos. Elles montrent également que ce dernier, se retournant inopinément, assène un coup à son agresseur, dans un réflexe de défense, sans pouvoir réaliser, tant l’action a été rapide, que son geste allait provoquer la mort du militant “antifa”.
- ↑ La plus grave étant celle de Claude Cornilleau, qui, en 1985, quitta le PNF pour fonder le Parti nationaliste français et européen (PNFE), d’obédience nationale-socialiste. Pierre Pauty, lui, abandonna le PNF en 1992 pour rejoindre le Front national, dont il fut élu membre du Comité Central.
- ↑ Nom adopté par le Front national le 1er juin 2018, présidé depuis le 16 janvier 2011 (et jusqu’en 2021) par Marine Le Pen, laquelle l’a engagé sur la voie de la dédiabolisation.
- ↑ Ibidem.
