Jean-Gilles Malliarakis

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Jean-Gilles Malliarakis, né le 22 juin 1944 et décédé le 7 décembre 2025, est un éditeur français, écrivain, journaliste, et économiste.

Jean-Gilles Malliarakis en 2007

Il est durant les années 1970 et 1980 l'un des pricnipaux dirigeants et théoriciens de la mouvance solidariste et nationaliste-révolutionnaire française, d'abord à la tête du Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR), puis à celle du mouvement Troisième voie. Il évolue ensuite vers une défense du libéralisme économique. Il publie des chroniques régulières sur son site Europe Libre. Notamment La lettre de l'Insolent, distribuée gracieusement par courriel.

Biographie

Né le 22 juin 1944, Malliarakis est le fils du peintre grec Mayo (pseudonyme d'Antoine Malliarakis – 1905-1990).

Une figure de l'activisme nationaliste

Jean-Gilles Malliarakis dans sa période militante

Jean-Gilles Malliarakis a commencé à militer dans la mouvance nationale dès le début des années 1960. Il adhère d'abord à Jeune Nation, puis passe à la Restauration nationale, avant de rejoindre la Fédération des Étudiants Nationalistes (FEN)[1].

Adhérent du Mouvement Occident dès 1965, il s'en éloigné par fidélité aux options idéologiques de Pierre Sidos, avec qui il va collaborer par intermittences pendant plusieurs années (il aurait joué un rôle majeur dans la collecte des parrainages à la candidature de Sidos à l'élection présidentielle de 1969)[2].

Il est alors étudiant à Sciences Po, après avoir effectué un bref cursus en mathématiques. Il crée en 1967 le Cercle du capitaine Moureau, qui ne recueille qu'une audience limitée. Ses incessantes pérégrinations politiques l'amènent aussi à fréquenter un moment le Mouvement jeune révolution (MJR), durant l'été 1968.

L'Action nationaliste

À l'automne 1968, il créé à Sciences Po Paris son propre groupement, l'Action Nationaliste. Le groupe défend alors une forme de maurrassisme non royaliste, assez proche de la ligne de Pierre Sidos. Il ne parvient pourtant pas à réunir plus que quelques dizaines de militants[3].

Le groupe coopère avec le GUD, alors cantonné à la faculté de droit d'Assas, pour tenter de proposer une alternative aux mouvements gauchistes omniprésents dans les établissements d'enseignement. C'est dans ce contexte que lors d'une distribution de tracts devant le lycée Louis-le-Grand, le 2 mai 1969, Malliarakis est arrêté, un militant gauchiste s'étant fait sauter plusieurs doigts de la main avec la charge explosive qu'il s'apprêtait à lancer contre les nationalistes. Le 27 mai, Malliarakis est enfin libéré. L'enquête mettra en lumière les responsabilités des artificiers gauchistes de Louis-le-Grand dans l'affaire, classée sans suite[4].

L'Action Nationaliste participe aux élections universitaires de début 1969 à Sciences Po mais ne recueille que 6% des votes. Elle se fond dans Ordre nouveau en mai 1970, mais Malliarakis se retire progressivement du mouvement, étant très sceptique sur la politique de Front national que programme Ordre Nouveau.

Du solidarisme au nationalisme révolutionnaire : du GAJ au MNR, du MNR à Troisième Voie

Il refait surface en 1975 pour prendre le contrôle du GAJ, issu d'une scission anti-FN du GUD. Il lui apporte son charisme, son don d'orateur et son talent de théoricien, le fait évoluer pour en faire le Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR) créé en 1979, lequel débouchera en novembre 1985 sur la naissance du mouvement Troisième voie, dont il définit la doctrine « tercériste ».

Prônant entre autre « l’entreprise communautaire » et « la Propriété comme fonction sociale », Malliarakis affirme que « le Solidarisme n’est pas autre chose que cette Troisième Voie, cette affirmation du Nationalisme en tant que Doctrine sociale. Le Solidarisme constate que les solidarités communautaires enracinées dans la Région, dans la Nation et aujourd’hui, plus largement, dans l’Europe, pensent et doivent s’organiser dans le métier, dans la profession, dans la corporation, dans l’entreprise par delà les antagonismes de classe ».

Malliarakis rappelle qu’« il existe un lien évident entre le social, le politique et l’économique. Le Nationalisme comme doctrine sociale professe avant tout que l’économique reflète le politique, que la production doit être ordonnée à des fins qui ne sont pas techniques et matérielles, mais humaines et spirituelles. Augmenter sans cesse la consommation de richesses, la circulation de monnaie, l’accumulation des profits, ne saurait être le but de l’activité humaine ». Cela ne l’empêche pas de critiquer très sévèrement l’emprise économique sur la vie quotidienne[5].

Cette critique radicale s’inscrit nettement dans son Yalta et la naissance des blocs (Albatros, 1982). Il étudie dans cet essai « l’histoire de Yalta, c’est-à-dire l’histoire des connivences anglo-soviétiques et américano-soviétiques de la Seconde Guerre mondiale ». Il soutient que « l’Occident […] s’identifie plus profondément au projet de Bretton Woods et au FMI qu’à l’héritage de Godefroy de Bouillon ». Il souligne par ailleurs que « les blocs sont solidaires, de par leur nature, de par les dangers des forces centrifuges qu’ils affrontent chacun, de par leurs origines historiques ».

Jean-Gilles Malliarakis au milieu des années 1980.

Les organes de presse du mouvement sont d'abord Jeune Garde Solidariste (avril 1975) puis Jeune Nation Solidariste (juin 1977), puis Révolution Européenne (dès mai 1987). L'emblème du mouvement est le trident, hérité du mouvement solidariste, que Malliarakis a repris comme logo pour sa maison d’édition.

L'échec de Troisième Voie

Les causes de la disparition de TV en 1991 : Il s’est rapidement posé à la direction de TV le problème de l’avenir politique que pouvait avoir un mouvement activiste dans le contexte français des années 1980-1990. Les meilleurs cadres du groupe, qui ne se satisfaisaient pas d’une action de témoignage et de dénonciation, étaient aspirés par le FN, alors en pleine ascension, où ils avaient l’espoir de mettre en pratique ce que Troisième Voie énonçait en théorie, et où ils pensaient pouvoir faire de la politique au sens plein du terme. « Troisième Voie était une association purement idéaliste », confie lui-même Malliarakis, quelques années après la dispersion du mouvement.

Après Troisième Voie

Activités syndicales

Malliarakis a également fait partie de la direction et du Bureau national (vice-président national, délégué régional d'Ile-de-France) du CDCA (Confédération de Défense des Commerçants et Artisans, Agriculteurs et Professions Libérales), où il a œuvré aux côtés de Christian Poucet et de l’ancien député Pierre Poujade. Le CDCA, association issue d’une scission du CID-UNATI (le grand syndicat poujadiste des années 70), réclame la baisse de la fiscalité sur les entreprises et compte environ 50 000 adhérents.

Au sein du CDCA, Malliarakis monte sa propre mouvance, le CDCA-E, dont le programme est adopté par le congrès du 24 février 1991. En 1991 également, la tendance de Malliarakis au CDCA se rapproche du Front national. Lors du congrès du FN à Strasbourg (1997), Jean-Gilles Malliarakis faisait partie des invités personnels de Jean-Marie Le Pen.

Il abandonne finalement son poste de responsable francilien de la CDCA.

Un tournant libéral?

A partir de 1993, Jean-Gilles Malliarakis abandonne définitivement la politique nationale-révolutionnaire et se convertit au libéralisme économique (« ultra-libéralisme » diront les mauvaises langues) dont il développe longuement les thèses dans son Libre-journal.

Il adhère en 1995 au cercle Idées-Actions, un cercle de tendance de droite libérale. Fondé en octobre 1994, Idées-Action permet à Alain Madelin (ancien d'Occident) de piocher dans toutes les familles de la droite, exception faite des démocrates-chrétiens de type François Bayrou. Malliarakis y côtoie Alain Juppé, Thierry Jean-Pierre (décédé en août 2005), Henry de Lesquen, Jean-Marc Varaut (décédé en 2005), Thierry Mariani, Renaud Muselier, etc.

Libre journal

Il est un chroniqueur régulier de Radio Courtoisie de 1995 environ à 2007. Il dirige d'abord un Libre-journal conjointement avec Serge de Beketch, avant d'obtenir la direction d'un Libre journal autonome (une semaine sur deux).

Il abordait volontiers les thèmes suivants dans ses émissions : libéralisme économique, franc-maçonnerie, religion, histoire, philosophie politique et générale. Ses convictions chrétiennes ne l’empêchèrent pas de faire preuve d’un certain éclectisme, lorsqu’il invita par exemple à son émission son ami de longue date Pierre Vial, païen convaincu et président de l’association Terre et Peuple.

Libraire et éditeur

Jean-Gilles Malliarakis rachète en 1976 à Gilberte Coston, l'épouse d'Henry Coston, la Librairie française. Elle devient l'une des librairies les plus importantes de la mouvance nationale. Elle fonctionne aussi en tant que maison d'édition.

En 1985, Malliarakis fonde les Éditions du Trident, qui assurent la publication et la diffusion des documents du mouvement Troisième Voie, comme la revue théorique Troisième Voie, mais réédite aussi beaucoup de « grands textes retrouvés », sans rapport direct avec le nationalisme révolutionnaire : Nietzsche, René de La Tour du Pin, Augustin Barruel, Pierre-Joseph Proudhon, Alphonse Toussenel, Auguste Chirac, Jules Monnerot, etc.

Il revend sa librairie en 1993 mais poursuit ses travaux d'édition.

Publications

Brochures

  • L'impérialisme soviétique, Études solidaristes, no 3, avril-mai, 1979, 48 p.

Ouvrages publiés aux éditions du Trident

  • La Droite la plus suicidaire du monde (pamphlet sur le "sectarisme chiraquien").
  • L’Histoire recommence toujours" (reprise d’une conférence donnée au club de l’Horloge en 1998 sur la thèse de Fukuyama sur la fin de l'histoire).
  • Le Livre Noir des retraites.
  • La Gauche caviar patauge dans le yaourt
  • Yalta et la Naissance des blocs
  • Ni trusts ni soviets, La Librairie française-Le Trident, Paris, 1985, 458 p.
  • L'Éditeur emprisonné, (dir.), Paris, La Librairie française, 1985, 173 p.
  • Le Livre noir des retraites, Le Trident, 1997.
  • La Droite la plus suicidaire du monde, Le Trident, 1998.
  • L'histoire recommence toujours, Le Trident, 1998, 128 p.
  • La Question turque et l'Europe, Le Trident, 2009, 180 p.
  • L'Alliance Staline-Hitler, 1939-1941, Le Trident, 2011.
  • Pour une libération fiscale, Le Trident, 2012.
  • La Faucille et le Croissant : islam et bolchevisme au congrès de Bakou, Le Trident, 2015.

Liens externes

  • Site La lettre de l'Insolent : [1]
  • Site des Éditions du Trident : [2]
  • Itinéraire avec Jean-Gilles Malliarakis sur TV Libertés : Du poujadisme au libéralisme (1ère partie) : [3]
  • Itinéraire avec Jean-Gilles Malliarakis sur TV Libertés : Du poujadisme au libéralisme (2ème partie) : [4]

Notes et références

  1. Alain Lefebvre, « Jean-Gilles Malliarakis : insolence et nostalgie », éléments, 11.12.2025.
  2. Suivant certaines sources, il en aurait été exclu en 1967.
  3. Jack Marchal, Thomas Lagane, Frédéric Chatillon, Les Rats maudits — Histoire des étudiants nationalistes, 1965-1995, Ed. des Monts d'Arrée, 1995, p. 31.
  4. Ibidem, p. 38.
  5. Georges Feltin-Tracol, « En mémoire d’un grand contributeur du nationalisme-révolutionnaire, Jean-Gilles Malliarakis », 15.12.2025.