Union des étudiants de droite
L'Union des étudiants de droite est un syndicat étudiant nationaliste, fondé en 1978 et dissous en 1986, qui incarna le combat nationaliste et anticommuniste à l'Institut d'études politiques de Paris.
Créée en 1978, l'UED va incarner le nationalisme à Sciences-Po jusqu'en 1986. Elle est née de la volonté unitaire de nationalistes issus du Groupe union défense (GUD), du Groupe d'action jeunesse, du GRECE et même des deux linguistes d'un Comité France-Allemagne.
L'UED, malgré l'origine radicale de ses fondateurs, joue électoralement la carte droitière et anti-gauche. Elle conquiert une forte assise électorale, qui culminera en 1984 avec 17 % des suffrages.
L' UED cultive un humour et un certain sens de la provocation. Elle lance ainsi quelques composantes parallèles aux noms évocateurs: le Rassemblement Autonome et Total pour l'Ordre Nouveau (RATON), ou la Junte Universitaire d'Intervention Fasciste (JUIF).
L’UED n'hésite pas à diffuser des extraits de L'École des Cadavres de Céline et du Camp des Saints de Jean Raspail, sous forme de tract, ou à clamer « Gloire aux parachutistes français » quand les antimilitaristes se manifestent. Elle publie une revue de qualité, Réplique (une cinquantaine de numéros parus). Parmi ses rédacteurs, on trouve Emmanuel Ratier.
Durant ses années d'activités, l'UED est régulièrement impliquée dans des rixes avec les groupes gauchistes, qui tentent d'empêcher ses réunions et meetings à Sciences-Po. Le 21 mars 1980, l'UED et l'Association Europe-Afrique du Sud tiennent un meeting sur un thème alors d'actualité : « Théorie et application de l'apartheid (ou développement séparé) », en présence d'un représentant de l'ambassade de Pretoria. La réunion fait scandale chez les étudiants de gauche. Le 9 décembre 1980, l'UED organise un meeting unitaire antimarxiste, avec le soutien du GUD et du Front de la jeunesse (FJ). Une contre-manifestation est menée par Louis Mexandeau, député PS et futur ministre socialiste[1].
Le 28 janvier 1982, au soir de l'inauguration du nouveau local du Parti des forces nouvelles (PFN)-Renouveau nationaliste, des dizaines de gauchistes de l'UNEF-ID, épaulés par le service d'ordre de l'Organisation Communiste Internationaliste, bloquent les militants de l'Union des Étudiants des Droites dans les locaux de l'Institut d'Études Politiques. Une violente bagarre s'ensuit. Les gauchistes déplorent plusieurs blessés. L'un des responsables de l'UED, Gauthier Guillet, reçoit un coup de cutter qui lui frôle la carotide[2].
Notes et références
- ↑ Jack Marchal, Frédéric Chatillon et Thomas Lagane, Les Rats maudits. Histoire des étudiants nationalistes 1965-1995, Paris, Les Éditions des Monts d'Arrée, 1995, 147 p., p. 100-101.
- ↑ Ibidem