Solidarisme

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Doctrine politique dont le principal théoricien est le politicien radical français Léon Bourgeois (1851-1925). Bien qu’il ait son origine historique chez le socialiste français Pierre Leroux (1797-1871), le solidarisme se rattache aux courants de pensée du XIXe siècle en marge du socialisme. L’influence de Leroux fut très grande vers 1840, celui-ci voulant “ remplacer la charité du christianisme par la solidarité humaine ”. À la fin du XIXe siècle, le solidarisme rencontre l’adhésion de ceux des radicaux qui jugent néfaste ou dépassé l’individualisme libéral, mais rejettent les socialismes inspirés du marxisme. Les deux courants, le radicalisme solidariste et le radicalisme traditionnel des programmes de Gambetta (Belleville, 1969) et de Clemenceau (Montmartre, 1881) se fondent en 1901, sous la présidence de Bourgeois, en un parti dont la double appellation (Parti républicain-radical et radical-socialiste) s’explique ainsi.

Théoricien du radicalisme, Bourgeois est l’auteur d’un Essai d’une philosophie de la solidarité (1902) ; il expose également ses vues dans L’Idée de solidarité et ses conséquences sociales (1902) et dans La Politique de la prévoyance sociale (1914). Il fonde sa doctrine solidariste sur le “quasi-contrat ”, c’est-à-dire “ le contrat rétroactivement consenti ” par les hommes entre eux “ là où la nécessité des choses [les] met en rapport sans que leur volonté préalable ait pu discuter des conditions de l’arrangement à intervenir ”. La société crédite chaque homme, dès sa naissance, d’un certain nombre d’avantages prélevés sur un patrimoine que chacun se doit d’enrichir tout au long de son existence. Tous les hommes sont donc solidaires ; cette solidarité est fondée sur l’association. Le rôle de l’État est ainsi réduit à une tâche limitée, qui consiste à garantir l’application des contrats passés dans le cadre de l’association : “ L’État est une création des hommes ; il ne doit intervenir que pour rétablir l’égalité entre tous les participants au contrat. ”

Les applications pratiques du solidarisme sont multiples : on peut citer, entre autres, les coopératives de production ou de consommation, ou encore les sociétés mutualistes. On doit y ajouter certaines réalisations des gouvernements radicaux attachés à l’idéal solidariste (Bourgeois a été le premier président du Conseil d’un gouvernement radical homogène) : assistance aux infirmes et aux vieillards, loi sur les accidents du travail, retraites ouvrières. “ La nation ne jouira de la paix que lorsqu’elle aura créé un ensemble complet d’assurances qui garantissent tout individu contre les risques de la maladie, des accidents, du chômage, de l’invalidité, de la vieillesse ”, disait Bourgeois. On doit aussi citer, au titre des réalisations du solidarisme, la Société des Nations, dont Bourgeois a été un des promoteurs ; c’est l’aspect international d’une doctrine dont l’influence est restée pour l’essentiel limitée à la France. Bien que le solidarisme n’ait jamais été explicitement la doctrine officielle du Parti radical, Bourgeois clôturait le congrès de fondation de ce parti en le définissant comme le “ parti de la solidarité républicaine et sociale ”. Notons qu’ultérieurement certains groupements d’extrême droite se réclameront du solidarisme ; ainsi le Mouvement jeune révolution (MJR). Il existe une doctrine rattachée au courant solidariste et distincte de celle de Bourgeois et des radicaux, en ce sens qu’elle est fondée sur la division du travail. Pour son principal théoricien, Émile Durkheim (1858-1917), cette division supprime la rivalité entre individus en les rendant étroitement solidaires les uns des autres et également étroitement solidaires de la société ; l’individu est d’autant plus moral que sa solidarité avec la société est étroite