Mouvement solidariste français
Le Mouvement solidariste français était un mouvement politique français, créé en 1971, en tant qu'évolution du Mouvement jeune révolution.
Son président était le Dr Cassagneau, le secrlatire général Gérard Bouchet. Les autres dirigeants étant Michel Boinet, Philippe Lemoult, François Martin et Jean-Pierre Stirbois[1]. On y voit plus tard Michel Schneider.
Le mouvement se veut anticapitaliste et anticommuniste. Lors des élections de 1973, le MSF appelle à l'abstention.
Théoriquement héritiers en ligne directe de l'OAS, ces solidaristes de la première époque en ont gardé un langage maximaliste au-dessus de leurs moyens et un penchant pour les réseaux discrets, que ce soient ceux de Français exilés au Portugal (Aginter-Presse), de Russes exilés en Allemagne (NTS), ou de la Cité catholique. Mais cet atavisme leur inspire aussi des actions symboliques menées avec panache. Plusieurs membres du MSF sont ainsi allés distribuer des tracts anticommunistes sur le sol même de l'URSS, en se faisant chaque fois vite coffrer et expulser (Jacques Arnoult, Francis Bergeron, Anne-Marie Denis, Olivier Morize). Les autorités soviétiques grognent à la provocation, procurant au MSF une grande publicité[2].
Le MSF trouve un allié inespéré dans le Groupe action jeunesse (GAJ), fondé en février 1973. Ensemble, les deux mouvements solidaristes peuvent mener nombre d'actions sous l'appellation circonstancielle d'Action Populaire. Ainsi, des grenades fumigènes sont lancées sur le ministère de la Justice pour protester contre l'étouffement de scandales financiers.
Mais l'alliance ne dure pas. Les jeunes activistes du GAJ ne veulent pas apparaître comme la « branche jeune » d'une organisation dont ils ne reconnaissent pas les dirigeants. Les solidaristes « historiques » du MSF se rendent compte qu'ils sont marginalisés au sein de leur propre mouvement. Ils ont servi de porte-greffe à quelque chose qui est en train de les vampiriser. Ils n'ont aucune influence idéologique sur les nouveaux-venus du GAJ. Les « gajmen » n'en font qu'à leur tête, boycottent la diffusion d'Impact, qui cesse de paraître au printemps 1974. À Assas, leur Cercle Henry de Montherlant va jusqu'à inviter des conférenciers du GRECE. Du solidarisme, ils n'ont retenu que le trident. Et comme le projet de supplanter le GUD grâce au GAJ a échoué, les « historiques » en viennent à juger que le jeu n'en vaut plus la chandelle. La cassure est consacrée par une circulaire adressée aux vieux routiers du MJR-MSF. Co-signée par plusieurs responsables solidaristes historiques, elle affirme : « Force est de constater l'échec global » , et rappelle : « Le solidarisme s'appuie sur la philosophie intégraliste, et n'a donc rien à voir avec le matérialisme, quels que soient son qualificatif et son élégance. En particulier, le matérialisme dit "biologique", relais du matérialisme dialectique, est opposé totalement au solidarisme. »[3]
Certains solidaristes « historiques » tentent de reconstituer un MSF, d'autres restent avec le GAJ. En 1978, on voit le départ des derniers solidaristes historiques, comme Alain Boinet, qui s'efforcer de perpétuer la tradition du MSF avec le GAS (Groupe Action Solidariste), jusqu'à l'extinction de ce dernier début 1978. D'autres, en totale contradiction avec la raison d'être initiale du GAJ, finiront par passer au Front National (Michel Collinot, Jean Claude Nourry, Jean-Pierre Stirbois)[4].
Presse
Le MSF éditait aune revue, Vecteurs, dotée d'un supplément mensuel créé en 1980 et nommé Bulletin d'information solidariste, sous la direction d'Anne-Marie Denis[5]. En novembre 1972, sous l'égide de l'Action Populaire, le MSF lance le mensuel Impact, animé par Joël Freymond (ancien responsable de L'Élite Européenne)[6].
Dès avril 1975, Impact est remplacé par le journal Jeune Garde Nationaliste, qui deviendra en juin 1977 Jeune Nation Solidariste.
Notes et références
- ↑ Jack Marchal, Frédéric Chatillon et Thomas Lagane, Les Rats maudits. Histoire des étudiants nationalistes 1965-1995, Paris, Les Éditions des Monts d'Arrée, 1995, 147 p., p. 63.
- ↑ ibidem.
- ↑ ibidem, p. 78-79.
- ↑ ibidem.
- ↑ Emmanuel Ratier, Encyclopédie politique française, Faits et documents éd., 1992.
- ↑ Jack Marchal et alii, op. cit., p. 63.