Jean Bassompierre

De Metapedia
Aller à : navigation, rechercher

Jean Bassompierre, né le 23 octobre 1914 à Honfleur et exécuté le 20 avril 1948 au fort de Montrouge, était un militant nationaliste français, membre fondateur du Service d'ordre légionnaire (puis de la Milice française). Volontaire un temps pour la Légion des volontaires français. Il finit la guerre dans les rangs de la Waffen-SS.

Jean Bassompierre

Biographie

Jean Bassompierre-Sewrin est né le 23 octobre 1914 à Honfleur.

Il étudie au lycée Janson de Sailly et reçoit son diplôme de Sciences politiques à l’université de Paris. C’est en fréquentant le Quartier Latin de Paris qu’il devient militant nationaliste. Il milite alors aux Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger. Il participe activement aux manifestations antiparlementaires et antisémites lors de l’affaire Stavisky en 1934. Deux ans après, il est exclu de l’université pour une durée de six mois, pour avoir perturbé un discours du docteur Jèze, ennemi de la mouvance nationale qui condamnait notamment l’agression italienne envers l’Éthiopie. Par la suite, il participe au mouvement nationaliste souterrain du CSAR.

En 1936, il intègre l’École des sous-officiers de réserve, et devient sous-lieutenant. Eugène Deloncle le charge alors de repérer de possibles infiltrations communistes dans son régiment. C’est grâce à Deloncle qu’il rencontre Joseph Darnand, son futur ami et chef, alors emprisonné pour sa participation à la « Cagoule ».

Au cours de la guerre de 1940, il combat les Italiens dans les Alpes (il était lieutenant au 74e bataillon d’alpins de forteresse). C'est à lui que l'on doit la destruction du fort de Conchetas, à 2.000 m d'altitude, au dessus du village de Saint-Martin-Vésubie, qu'il fit exploser avec tous ses obus et les 200.000 cartouches de mitrailleuses qui y étaient entreposés, avant de se replier avec ses hommes sur Digne-les-Bains devant l'avancée des troupes italiennes.

Jean Bassompierre

Membre du Parti populaire français, il devient Secrétaire général de la Légion française des combattants à Nice [1]où il a été démobilisé, puis du SOL de Joseph Darnand qu'il a rencontré en 1938 (alors que ce dernier était emprisonné à la Santé pour son action dans la Cagoule). Avec Noël de Tissot et Jean Durandy, Bassompierre en codifie le programme.

À la dissolution du Service d'ordre légionnaire, Bassompierre rejoint la LVF. Capitaine, il commande une compagnie du 1er bataillon (temporairement tout le 1er bataillon). Décoré de la Croix de Fer de deuxième classe, il est nommé en décembre 1943, chef d'état-major d'Edgar Puaud. Dès février 1944, il est rappelé par Darnand pour réorganiser, en tant qu'inspecteur général, la Milice dans la zone Nord.

Jean Bassompierre

Le 14 juillet 1944, il réduit la mutinerie de la Prison de la Santé. Un mois plus tard, le 16 août, il doit prendre le chemin de l'exil. Le 24 octobre 1944, Bassompierre préside la dernière manifestation officielle de la Milice française en organisant une prise d'armes et un défilé à Ulm en Allemagne. Puis, comme la majorité des franc-gardes (2.000 hommes), il intègre la Division Charlemagne en tant que SS-Hauptsturmführer (équivalent de capitaine).

Au cours de sa retraite poméranienne, le général Gustav Krukenberg réorganise la Charlemagne en un régiment de réserve et deux régiments de marche. Le commandement du second échoit à Jean Bassompierre. Chargée de défendre la ville de Körlin (aujourd'hui Karlino, en Pologne), cette unité (II/RM) tente, le 6 mars 1945, le décrochage dans l'espoir de rejoindre Kolberg. Le bataillon (dont faisait partie Christian de La Mazière) se désintègre progressivement du fait du pilonnage incessant des mortiers soviétiques et du nombre de soldats en face en moyenne dix fois supérieur à ceux de la division Charlemagne, qui oblige Bassompierre à se replier dans la plaine de Belgard. Le 17 mars, Bassompierre, à bout de forces, se rend aux cavaliers polonais (intégrés à l'Armée Rouge) qui encerclent la ferme lui servant de refuge.

Bien traité, Bassompierre est envoyé au camp d’Amswalde (actuellement Choszczno). Il est interné dans divers camps soviétiques à travers l’Europe sous domination soviétique. Lors de son transfert de l’Autriche à destination de la France en mai 1945, il parvient à s’évader et passe les Alpes clandestinement, grâce à l’aide d’une résistante.

À Naples, Bassompierre s’embarque sur un bateau partant pour l’Argentine, sous le faux nom de Joseph Bassemart. Il est arrêté sur le bateau par la police italienne, le 25 octobre 1945, et rapatrié en France.

Incarcéré à la prison de la Santé, Bassompierre est jugé par la cour de justice de la Seine. Son rôle dans la répression de la mutinerie de la prison de la Santé lui vaut une condamnation à mort prononcée le 17 janvier 1948. Il est fusillé le 20 avril 1948 au Fort de Montrouge (Hauts-de-Seine). Il est fusillé le 20 avril 1948 au fort de Montrouge, à l’aube, par des chasseurs alpins, son corps d’origine. De très nombreuses personnalités parmi lesquels des artistes, des écrivains et des hommes politiques non-compromis dans la Collaboration, avaient pourtant demandé sa grâce.

Jean Bassompierre est enterré au cimeterre des condamnés à mort à Thiais, avant que son corps soit transféré quelques années plus tard au tombeau familial du cimetière d’Auteuil.

Postérité

Michel Mohrt, écrivain et ami, a évoqué sa figure en 1988 dans Vers l'Ouest chez Olivier Orban.

Par une terrible ironie de l'histoire, son frère cadet, qui se battait dans les rangs gaullistes, se fit tuer au cours de la libération de l'Alsace.

Publications

  • Frères ennemis, Amiot-Dumont, 1948.
  • Charles Ambroise Colin, Sacrifice de Bassompierre, suivi de Jean Bassompierre, Frères ennemis, Editions de l'Homme libre, Paris, 2006; rééd. 2020, 240 p.[2]

Texte à l'appui

Témoignage de R. L. Bruckberger, religieux engagé dans les rangs de la résistance, et défenseur des miliciens... (extrait de Bruckberger, Nous n'irons plus au bois, Amiot-Dumont, 1958)

J'ai donc vu mourir Darnand. L'exécution capitale est horrible. Mais celle-ci avait une majesté sacrificielle qui la marquait d'une espèce de légitimité. J'ai vu mourir Bassompierre. Cela ressemblait à un mauvais coup. Quand au tout petit jour, nous sommes entrés dans cette cellule, le procureur n'a rien dit. Bassompierre avait compris. Il était debout et habillé. Il attendait. Il eut un rire d'une insolence féroce.

-Vous êtes bien matinaux, messieurs. Vous arrivez comme des voleurs, ah oui, comme des voleurs. Comme des voleurs...

Il fallait faire vite, vite. Comme des voleurs. Pas de messe, vite, vite. Bassompierre va à la fenêtre et d'une voix basse et distincte :

-Pierre, Jean, Marcel, François, ici Bassom ! Au revoir les amis ! Bon courage !

Les policiers se précipitent :

-Chut ! Chut ! Taisez-vous !

-N'ayez pas peur, dit Bassompierre.

Vite, vite ! On s'en va, on entraîne Bassompierre à travers les immenses corridors. Toutes les cellules superposées sont fermées à clefs. Les interminables galeries sont vides. Alors derrière chaque porte de cachot, cinq ou six paires de poings rageusement à cogner. Des centaines de voix crient :

-Assassins !

-Salauds !

-Bassompierre, on te vengera !

Vite, vite ! Tout le monde courbe le dos. La petite troupe s'enfuit, entraînant sa victime enchaînée. Vite, vite ! Le fourgon, le poteau, la salve, le cimetière. Ah, oui ! Comme des voleurs !

C'est ça votre justice ? Elle n'ose même plus regarder ses victimes en face. Quel est celui de ces bons papas républicains qui aura l'estomac de dire et de faire comme Charles IX :

-Tuez-le ! Mais tuez-les tous ! Qu'il n'en reste pas un qui puisse venir me le reprocher.

Notes

  1. En 1941, la fédération des Alpes-Maritimes de la Légion française des combattants est si importante qu'elle est capable de faire défiler à Nice, place Masséna, 50.000 de ses membres.
  2. L'ouvrage constitué de deux parties. La première est l'oeuvre de C.A. Colin, l’avocat de Bassompierre, qui relate l’instruction et le procès. La seconde partie est une réédition du livre de Bassompierre, Frères ennemis, rédigé lors de son internement à Fresnes. Il décrit son engagement à la LVF, puis son passage à la Charlemagne, sa capture le 17 mars 1945 en Pologne par les Russes, sa détention à l’est, son retour en France. L’édition originale date de 1948.

Lien externe