Michel Thooris

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Michel Thooris (1982) est un syndicaliste policier et militant national.

Tout d'abord encarté au Syndicat national des policiers en tenue (SNPT, gauche), Michel Thooris passa ensuite à Action Police CFTC, qu'il a contribué à fonder.

Lors des émeutes de 2005, Action Police CFTC avait appelé à l'intervention de l'armée dans les banlieues.

Comme le notait Christophe Forcari, dans Libération, en février 2007, "Action Police s'est rapproché de plusieurs associations de la communauté juive après les émeutes en banlieue de novembre 2005 et le meurtre d'Ilan Halimi début 2006, considérant que ces associations étaient les seules à pouvoir faire barrage à la menace de 'l'islamisation' de la France dénoncée par Philippe de Villiers." Michel Thooris fut d'ailleurs militant du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, entre 1999 et 2005, et son conseiller sécurité entre 2003 et 2004.

Proche de l'extrême droite israélienne, M. Thooris a pris à plusieurs reprises la défense de la Ligue de défense juive (LDJ)."Pourquoi la communauté juive n'aurait-elle pas le droit de se défendre ? (...) La LDJ et Betar (...) accomplissent une mission de service public en défendant les personnes et les biens", a-t-il notamment avancé à l'époque. Il ajoutait : "Mon organisation syndicale, Action Police CFTC, et moi-même pensons qu’il y a véritablement une guerre qui a été déclenchée par l’islam radical contre l’occident judéo-chrétien, dont les premières victimes sont les Français autochtones et la communauté juive (composée de Français à part entière)."

Action Police, dont l'avocat n'était autre que Gilbert Collard (qui deviendra président du comité de soutien de Marine Le Pen lors des présidentielles de 2012), finira par quitter, en février 2007, la confédération syndicale, en délicatesse avec la direction de cette dernière.

M. Thooris a depuis créé un nouveau syndicat policier, France Police, aux effectifs infragroupusculaires.

En 2007, il s'est présenté aux élections législatives à Paris sous l'étiquette d'un fantomatique Parti anarchiste révolutionnaire.

Michel Thooris a été au centre de la rumeur au mois de mars 2011 concernant un éventuel voyage de Marine Le Pen en Israël. Selon le site Atlantico, Michel Thooris entretiendrait des relations avec le parti d'extrême droite israélien Israel Beitenou et aurait fait jouer ses contacts pour ce déplacement qui n'a finalement jamais eu lieu.

En 2012, Michel Thooris a participé à la campagne de Marine Le Pen comme conseiller à la sécurité et a été candidat à la députation pour les Français de l'étranger dans la huitième circonscription (qui englobe Israël), mais le 10 mai 2012, cette investiture lui a été retirée "compte tenu du fait que les positions qu'il développe sur le plan géopolitique ne sont pas dans la ligne de la vision internationale du Front national", a déclaré Marine Le Pen dans un message à l'AFP. Dans un message envoyé peu de temps auparavant aux électeurs français inscrits sur les listes consulaires en Israël, Michel Thooris affirmait que "la défense des populations des régions juives de Judée et Samarie est au cœur de mon projet politique. (...) J'aurai à cœur de défendre dans l'hémicycle le Grand Israël et sa capitale éternelle, Jérusalem". Il critiquait aussi la condamnation par la France de l'opération israélienne "plomb durci" à Gaza en 2008-2009, opération pourtant condamnée à l'époque par le FN, alors présidé par Jean-Marie Le Pen.

Texte à l'appui

Michel Thooris (Action Police CFTC) : « La Ligue de défense juive n’est pas une milice » (Novopress, 18 août 2006)

Voici deux mois, Michel Thooris, secrétaire général du syndicat Action Police CFTC et proche de Philippe de Villiers, appelait à la dissolution de la Tribu Ka (1) et prenait fait et cause pour la Ligue de défense juive (LDJ) et le Betar, organisations sionistes bien connues pour leur “sens du dialogue”… Une visite sur le site du syndicat(2) confirme cette proximité avec l’Etat d’Israël et ses amis en France. Intriguée, Novopress a voulu en avoir le cœur net et a contacté Michel Thooris.

Novopress : Vous avez déclaré à l’agence de presse israélienne Guysen.Israël.News (3) le 4 juin 2006: « Les très fortes pressions antisémites orchestrées par des groupes salafistes ou des cellules comme la tribu Ka menacent constamment la sécurité de la communauté juive de France.» Pourriez-vous développer vos propos ?

Michel Thooris : Mon organisation syndicale, Action Police CFTC, et moi-même pensons qu’il y a véritablement une guerre qui a été déclenchée par l’Islam radical contre l’Occident judéo-chrétien, dont les premières victimes sont les Français autochtones et la communauté juive (composée de Français à part entière). Nous estimons, en tant que citoyens et que policiers, que nous avons des points communs avec la communauté juive, que nous avons un combat commun à mener quand on voit des choses aussi aberrantes que la Tribu Ka, qui se revendique clairement antisémite et qui appelle à la destruction de la communauté juive en France.

Novopress : Pensez-vous vraiment que la dissolution de la Tribu Ka était justifiée ?

Michel Thooris : Pour nous, elle l’était vu les valeurs clairement antisémites de la Tribu Ka, avec en plus leur côté « kémite », où ils revendiquent une identité noire. Pour nous, c’est une organisation qui est incompatible avec la République. On ne peut pas se permettre de laisser des bandes de personnes débarquer dans un quartier à forte connotation communautaire pour essayer d’aller en découdre avec des membres de la Communauté. C’est vrai pour la Tribu Ka, mais nous n’aurions pas toléré que des Français aillent faire de la provocation dans une cité. La rue des Rosiers, tout le monde le sait, est un quartier à forte tendance juive, et la communauté juive n’a pas envie d’être emmerdée par des provocateurs. Effectivement, il n’y a peut-être pas eu de violence, mais l’objectif numéro un de la Tribu Ka était quand même de venir pour en commettre. Après, ils ne sont pas très malins, ils sont arrivés là-bas un jour de shabbat et ils ont trouvé porte close partout. Mais sur le principe, ce n’est pas tolérable. Nous ne sommes pas opposés à ce que les gens se regroupent en communautés propres pour défendre des intérêts propres, mais à partir du moment où ça se fait dans le cadre de la loi républicaine. En plus, on sait très bien que la Tribu Ka a des accointances avec Dieudonné M'Bala M'Bala, qui n’est pas très éloigné de l’Islam radical, qui tient des propos proches, pour le moins, de ceux d’Ahmadinejad (4), lequel conduit à peu près à une guerre mondiale. Donc nous considérons que ce groupuscule devait être dissous.

Novopress : Vous avez également déclaré : « Nous ne considérons en aucune façon que la Ligue de défense juive (LDJ) ou le Betar créent un trouble à l’ordre public. Au contraire, ces organisations dissuadent de nombreuses personnes ou groupes de personnes hostiles à la communauté juive de passer aux actes », en ajoutant : « A partir du moment où la LDJ et le Betar respectent les lois de la République, et accomplissent une mission de service public en défendant les personnes et les biens, au nom de quoi Dieudonné M’Bala M’Bala se permet-il de demander leur interdiction ? » Pourtant ces organisations sont loin de respecter les lois de la République puisqu’elles se sont fait connaître depuis des décennies par leurs agressions multiples et variées contre des opposants de tous bords, (politiques, écrivains, intellectuels…) (5), notamment la très grave agression au couteau de l’un de vos collègues policiers, par un membre supposé du Betar lors d’une manifestation le 7 avril 2002 à la Bastille. De plus, la LDJ a été classée comme organisation terroriste par le FBI et le parti dont elle est issue a été interdit en Israël. Vous persistez à dire que la LDJ et le Betar remplissent une mission de service public ?

Michel Thooris : Vous avez répondu vous-même à la question : vous avez dit « membre supposé ». Il est très facile d’imputer à telle ou telle organisation des faits à partir du moment où l’on suppose que telle ou telle personne y appartient. Vous parlez d’actions anciennes, mais nous, on ne travaille pas dans le passé, on travaille dans le présent. Donc, à partir du moment où nous estimons qu’aujourd’hui les médias sont très clairement pro-arabes et anti-juifs, qu’ils soient apolitiques ou de gauche, on réagit par rapport à ce fait-là. Il y a une faillite des pouvoirs publics, incapables d’assurer la sécurité de la communauté juive et de nos concitoyens – ce qui est encore plus vrai pour la communauté juive – notamment dans certains quartiers où la police ne rentre plus. Donc moi je comprends qu’elle s’organise et qu’elle fasse ce que font les municipalités qui se dotent de polices municipales ou les supermarchés qui ont des vigiles. Moi, je n’ai aucune opposition à ce niveau-là. Aujourd’hui, on s’en prend facilement aux juifs. Nous autres, nous avons rencontré des membres de la LDJ pour des motifs professionnels. Ce qui ressort de leurs activités, c’est qu’ils ont avant tout un rôle d’encadrement de leur propre jeunesse…

Novopress : Vous avez, en tant que policiers, rencontré des militants de la Ligue de défense juive ?

Michel Thooris : En tant que policiers, on rencontre des gens de toutes tendances, d’extrême gauche, comme d’extrême droite, comme du centre. Ça n’a rien de secret. Pour certains, ça fait toujours plaisir de taper sur la communauté juive en disant: « regardez, ils ont des milices, ils ne sont pas républicains, etc. » Il s’avère que ce n’est pas le cas. La LDJ a un rôle d’encadrement et moi, ça ne me dérange pas, à partir du moment où elle respecte la loi républicaine. Si demain il y a des faits qui sont avérés et que des condamnations tombent, prouvant qu’elle a enfreint la loi républicaine, on ne la soutiendra pas. Mais aujourd’hui, moi je ne suis pas au courant des agressions et des extraditions dont vous parlez et qui se seraient passées il y a quelques années. Aujourd’hui, il y a une situation critique pour la communauté juive en France avec le conflit au Liban. Donc, notre position est de dire qu’à partir du moment où cette organisation respecte la loi républicaine, il n’y a rien à en redire.

Novopress : Donc, vous ne cautionnez pas l’agression de l’écrivain Alain Soral par une trentaine d’individus qui se sont revendiqués sur internet de la LDJ ?

Michel Thooris : Bien évidemment, je ne cautionne aucune agression ni aucun dérapage. La loi est valable pour tout le monde. Mais une fois de plus, ce n’est pas parce qu’une personne ou une minorité de personnes se revendiquant de tel ou tel groupe commet quelque chose hors du cadre républicain, que ça veut forcément dire que l’organisation susvisée est antirépublicaine. Ça me semble assez évident.

Novopress : Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF) et dont vous êtes le conseiller pour les questions de sécurité, partage-t-il vos opinions sur ces organisations ?

Michel Thooris : Je ne suis pas adhérent du MPF. Je connais Philippe de Villiers à titre personnel et j’ai été sollicité comme conseiller technique par lui, mais également par d’autres hommes politiques convaincus du besoin de rénovation de notre système sécuritaire et qui sont intéressés par les propositions novatrices de mon organisation. Mais je ne peux pas me prononcer concernant les prises de positions du MPF sur la LDJ ou sur les rapports avec la communauté juive. Je laisserai le soin de répondre à Philippe de Villiers ou à Guillaume Peltier, d’autant que je crois savoir qu’au sein du mouvement, tout le monde n’est pas d’accord sur cette question. Certains sont plutôt pro-juifs, d’autres plutôt pro-arabes. C’est une question que le MPF doit régler en interne. Moi, en tant que conseiller technique, je donnerais, si on me la demande, ma vision du conflit et de l’état de la sécurité en France. Je donnerai mon opinion sur ce qui se passe dans les quartiers et sur ce que vit la communauté juive. A un moment il faut faire des choix. Je crois que vous êtes un média plutôt de droite nationale, donc vous connaissez le conflit interne qui divise aujourd’hui celle-ci pour savoir si elle doit être pro-arabe ou pro-juive.

Novopress : On peut aussi n’être ni pro-arabe ni pro-juif…

Michel Thooris : Mais malheureusement, j’ai l’impression qu’il faut toujours être pro-quelque chose. A un moment donné, les gens qui ne veulent pas se positionner ne sont pas forcément bien vus. En tout état de cause, mes positions n’impliquent pas le MPF. Elles sont les positions du syndicat Action-Police. Nous n’avons jamais rencontré de betarim, mais nous avons rencontré des membres de la LDJ et pour nous il n’y a pas de soucis particuliers. Aujourd’hui, personne ne peut nier qu’il y a une défaillance des pouvoirs publics pour assurer la sécurité. Quand vous voyez comment sont devenues certaines cités où il n’y a plus aucune sécurité ni aucune loi, que la charia a été imposée dans pas mal de quartiers, je crois qu’il y a effectivement un combat commun à mener avec la communauté juive, qui aspire à la liberté et à la sécurité. Je comprends très bien qu’une communauté cherche à se structurer autour d’associations, non pas pour créer des milices d’autodéfense mais pour assurer un minimum de sécurité à leurs concitoyens. Maintenant, je ne cautionnerai jamais des dérapages, qu’ils viennent de la LDJ ou d’autres organisations.

Novopress : Vous refusez le qualificatif de « milice » pour la LDJ et le Betar ?

Michel Thooris : Bien évidemment ! Ce n’est pas une milice. Une milice, c’est une structure militaire parallèle pilotée par un Etat ou un lobby ou une puissance financière importante, qui est armée, qui impose ses règles à une partie de la population, qui commet des crimes. Là, on n’est pas du tout en présence de milice. Je pense que les gens sont très mal informés sur ce qu’est la LDJ et sur les gens qui la composent : ses membres ne travaillent pas pour une puissance étrangère ou pour un lobby étranger.

Novopress : Pourtant, le chef du Betar de France est toujours un Israélien envoyé par l’Etat hébreu pour encadrer le mouvement (6). Il y a des entraînements de Krav Maga, beaucoup de membres de la LDJ et du Betar font régulièrement des stages militaires ou paramilitaires en Israël. Pour vous ce ne sont pas des milices ?

Michel Thooris : Comme je vous l’ai dit, les gens du Betar, on ne les connaît pas. Nous avons rencontré des gens de la LDJ. Ce sont de jeunes Français qui aiment la France mais qui sont de confession juive. Moi, je ne sais rien de leurs stages. Ils peuvent très bien aller faire des stages militaires ou paramilitaires en Israël parce qu’avant tout, ils se sentent peut-être juifs et qu’ils sont conscients que tôt ou tard, quand un milliard d’Arabes va attaquer l’Etat d’Israël, ils seront obligés d’aller défendre aussi leur peuple là-bas ! Ils ont peut-être envie d’avoir un minimum de connaissances militaires. Mais le fait qu’ils aillent faire des stages en Israël ne veut pas dire qu’ils vont venir utiliser cette technologie pour commettre des actes délictueux en France. Ou alors, on pourrait très bien en dire autant des militaires français. Ils ne font pas tous une carrière. On pourrait très bien les soupçonner de partir un jour dans un groupement d’extrême droite ou d’extrême gauche et d’utiliser le savoir-faire acquis au sein de l’armée française pour mettre en danger l’Etat français ou défendre les intérêts de tel ou tel lobby. Moi, ça ne me choque pas dans la mesure où ils ont la double nationalité et où, si ça se passe mal là-bas ils devront prendre les armes pour défendre leur pays. Vu qu’il n’y a plus de service militaire ni de culture de défense en France, il n’est pas étonnant qu’ils aillent là-bas apprendre les rudiments pour défendre une nation.

Novopress : Vous reconnaissez donc à la communauté juive le droit d’assurer sa propre sécurité ?

Michel Thooris : Attention, je n’ai pas dit que la communauté juive avait le droit d’assurer sa propre sécurité. Elle a le droit de se doter d’outils supplémentaires aux soutiens institutionnels pour avoir une sécurité plus efficace, comme le font Carrefour, Auchan, la SNCF et plein de communes en France. Aujourd’hui, je ne vois pas pourquoi on s’en prend à la LDJ alors que ses militants ne sont pas armés, qu’ils ne commettent pas, selon les informations que j’ai, d’actions hors-la-loi, qu’ils canalisent leur propre jeunesse pour lui éviter de faire des conneries. S’ils patrouillent et qu’en cas d’infraction constatée, ils appellent la police, ce n’est pas assurer soi-même sa propre sécurité. A aucun moment ils nous ont dit : « nous ne voulons plus que ce soit la police nationale et l’Etat français qui assurent notre propre sécurité ». Ils sont reconnaissants du travail que fait la police, surtout dans les conditions actuelles très défavorables pour faire de la sécurité. Ils apportent simplement un complément à la sécurité étatique en assurant la défense de leur communauté juive. A partir du moment où ils respectent la loi républicaine, je ne vois pas pourquoi ça nous choquerait.

Novopress : Vous reconnaissez logiquement que les autres communautés ont droit elles aussi à ce complément de sécurité qu’amènent, selon vous, la LDJ ou le Betar à la communauté juive. Donc vous leur reconnaissez le droit de faire de même ?

Michel Thooris : Bien sûr, dans le respect de la loi républicaine. Nous n’y sommes absolument pas opposés à partir du moment où les gens le font de façon démocratique. Je sais que dans certaines communes il y a des patrouilles citoyennes qui se mettent en place. Ce que l’on concède à la communauté juive, nous le comprendrions pour les autres. Mais cette forme de défense se fait déjà, notamment dans les nouvelles copropriétés qui se dotent de moyens anti-intrusions et recourent à des sociétés de sécurité privée. Donc, ça existe déjà. Si les citoyens souhaitent apporter quelque chose de plus à ce que nous, policiers, nous pouvons leur apporter et si c’est fait dans un cadre officiel et dans le respect de la loi républicaine, nous n’y voyons pas d’inconvénients. Au contraire. En tant que policiers nous sommes sans cesse en train de demander à la population de nous informer de trafics qu’elle pourrait connaître, mais aujourd’hui les gens nous appellent très peu par peur des représailles. Donc nous ne sommes pas contre le fait que les citoyens se prennent davantage en charge. Aujourd’hui, nous n’estimons pas que la LDJ crée un trouble à l’ordre public et qu’elle soit dangereuse pour la sécurité de la France. Il y a d’autres dangers qui menacent notre sécurité.

Novopress : Pour conclure, si demain la LDJ ou le Betar commettaient des actes illégaux, vous seriez les premiers à demander leur dissolution ?

Michel Thooris : On verra l’opportunité de demander la dissolution de tel ou tel. Mais ils n’en commettront pas de toutes façons au nom de l’organisation puisque ce sont des gens qui sont français et qui respectent la loi. Ce sont des démocrates. Donc je ne vois pas pourquoi demain ils en commettraient. Après, comme vous l’avez dit tout à l’heure, il peut y avoir des éléments qui se revendiquent de la LDJ et qui commettent des choses contraires à la loi républicaine, mais ce ne sont que des éléments perturbateurs qui n’ont pas l’aval ou la caution de l’organisation en tant que telle. Vu que la LDJ n’en a jamais commis, je ne vois pas pourquoi demain ça se produirait. Il faut aussi savoir que la version américaine de la LDJ n’a rien à voir avec la version française. Il peut y avoir un nom ou une provenance similaire, mais ça n’a rien à voir. Entrez en contact avec eux et demandez-leur s’ils sont la même chose que les Américains. Et puis allez dans les quartiers aujourd’hui, vous avez huit jeunes sur dix qui sont antisémites, qui veulent faire la guerre à l’Occident et aux Américains. Il n’y avait pas que la tribu KA, mais c’était un petit groupe qui est sorti sur la scène médiatique et nous avons été favorables à leur dissolution. Maintenant, je ne pense pas que la LDJ commettra des actes contraires à la loi républicaine.

Propos recueillis par Fabrice Bianco pour Novopress France

(1) Entretien exclusif que le chef de la Tribu KA : http://archives-fr.novopress.info/?p=5276 (2) http://www.actionpolice.com (3) http://www.guysen.com (4) Président iranien (5) Voir pour la période 1975-1995 : Les Guerriers d’Israël, présenté par Emmanuel Ratier (http://www.faits-et-documents.com/librairie.htm) (6) Voir à ce sujet l’article de Xavier Ternisien « Les musclés de la ligue de défense juive » (http://www.lemonde.fr/web/article/0,[email protected],[email protected],0.html). David Reinachc, l’un des responsables du Betar y déclare : « Nous sommes dans une période de stand-by très provisoire (…). Nous attendons un nouveau “chaliah”, autrement dit, un responsable israélien envoyé pour encadrer le mouvement. »

Rencontre avec Michel Thooris, candidat du Front National en Israël (JSS News, mardi 14 février 2012)

Le 10 décembre 2011, sur des informations fiables, JSSNews apprenait la venue imminente en Israël de Louis Aliot, numéro 2 du FN et compagnon de Marine Le Pen. Vingt-quatre heures plus tard, le journaliste Rémy Marceau était à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv pour vérifier cette information, qui sera ensuite reprise par toute la presse. Lors de son arrivée dans l’Etat Juif, Aliot était accompagné d’une personne alors inconnue : Michel Thooris. Celui-ci venait en fait en Israël pour déclarer sa candidature au poste de député pour la 8ème circonscription des Français de l’étranger.

Alors qu’en raison de notre article, plusieurs rendez-vous officiels mais officieux ont été annulés, un quiproquo nous avait alors empêché de rencontrer directement les deux hommes. Rendez-vous était alors pris, à Paris, pour faire connaissance avec le candidat frontiste qui espère séduire l’électorat franco-israélien et plus globalement, un électorat très large de Français vivant en Turquie, en Italie ou encore en Grèce (entre autre).

C’est attaché au principe de liberté d’expression et d’égalité devant les électeurs que nous avons voulu rencontrer ce candidat d’un parti que nous considérons comme antinomique avec les notions d’ »Israël » et de « sionisme. »

JSSNews : bonjour Michel Thooris, merci d’avoir accepté cet entretien. Comme vous le savez JSSNews n’est pas, tant soit peu, un grand fan du Front national. Mais nous sommes foncièrement attachés à la liberté d’expression et nous nous devons donc d’ouvrir nos lignes à tous les candidats de la huitième circonscription des Français de l’étranger. Pour entrer directement dans le vif, un juif membre du Front National, candidat pour la circonscription qui comprend Israël, cherchez l´erreur !

Michel Thooris : merci, je tiens tout d’abord à rectifier : je ne suis pas adhérent du Front national mais sympathisant et avant tout soutien de Marine Le Pen. Ensuite, si je suis juif selon la loi juive, ma mère s’est convertie au christianisme. J’ai donc été élevé dans le christianisme.

JSSNews : nous parlerons plus tard de vos liens à Israël. Comment se fait-il que le Front national investisse comme candidat aux législatives quelqu’un qui n’est pas adhérent à ce parti ? Comment pouvez-vous être présenté comme le conseil en sécurité de Marine Le Pen sans être adhérent du Front national ? Et plus spécifiquement, parlez-nous de votre parcours.

Michel Thooris : je suis fonctionnaire de police, militant et responsable syndical depuis de nombreuses années. J’ai été membre du Mouvement pour la France et très proche de Philippe de Villiers. Au même titre que d’autres mouvements politiques le Front national s’ouvre à la société civile, nombreux sont les candidats investis aux législatives ou les conseillers de Marine Le Pen à ne pas être adhérents au Front national.

JSSNews : quelles sont les raisons qui vous ont fait franchir le pas et vous rapprocher du Front national?

Michel Thooris : tout d’abord j’ai été déçu par l’arrivisme et l’opportunisme de Philippe de Villiers, prêt à abandonner ses valeurs pour un accord avec Nicolas Sarkozy. Ensuite je me reconnais dans un certain nombre des valeurs incarnées par Marine Le Pen : le patriotisme, la défense de l’indépendance de la France, le rejet des diktats de l’administration européenne et surtout la réelle prise en compte des inquiétudes des Français concernant la délinquance et le contrôle de l’immigration.

JSSNews : délinquance et immigration c’est une ficelle un peu grosse non ? Vous êtes fonctionnaire de police, vous côtoyez quotidiennement les réalités du terrain, peut-on réellement faire l´équation immigration égal délinquance?

Michel Thooris : En effet je ne fais pas l’équation trop facile, immigration égale délinquance. Je pense que la délinquance a, avant tout, pour origine la pauvreté, le manque de formation, le chômage et le manque d’efforts pour assimiler les étrangers. Néanmoins il est indispensable de mieux contrôler l’immigration et d’appliquer une politique de tolérance zéro à l’égard des délinquants. Je suis favorable au rétablissement de la double peine pour les étrangers.

JSSNews : faites-vous comme de nombreux juifs le raisonnement suivant : les Arabes n’aiment pas les Juifs, Marine Le Pen n’aime pas les Arabes, donc les Juifs doivent aimer Marine Le Pen?

Michel Thooris : comme je vous l’ai expliqué je ne veux pas mener une campagne communautaire. La huitième circonscription des Français de l’étranger comprend bien sûr Israël, mais aussi la Turquie, la Grèce, l’Italie, Malte, Chypre, Saint-Marin et le Vatican. Je vais donc mener une campagne sur les valeurs que défend Marine Le Pen et non pas adapter mon discours en fonction du pays où se trouvent les résidents français. Un Français vivant à l’étranger a en grande partie les mêmes préoccupations que celui qui vit sur le territoire national. Il a souvent la majorité de sa famille en France. Après il y a les spécificités locales dont je discuterai avec les électeurs de ma circonscription lors de mes visites dans chaque pays.

JSSNews : j’ai bien compris que vous ne vous sentez pas juif et que vous ne voulez pas mener une campagne communautaire, mais vos origines n’ont-elles pas influencé le Front national lors de sa décision de vous investir dans la huitième circonscription?

Michel Thooris : pas le moins du monde. On m’a tout d’abord proposé une investiture dans ma région; c’est moi qui ai demandé à être investi dans la huitième circonscription. Par ailleurs, je n’ai jamais dit que je ne me sentais pas juif, c’est votre opinion.

JSSNews : vous servez tout de même un peu d’alibi au Front national. Marine Le Pen aura beau jeu de dire : « non le Front national n’est pas antisémite; d’ailleurs nous avons investi un candidat juif ». D’ailleurs comment vivez-vous ce fond d’antisémitisme inhérent au Front national, la présence de ces conseillers de Marine Le Pen qui se disent antisionistes, félicitent la dictature iranienne et soutiennent ouvertement l’autorité palestinienne?

Michel Thooris : Marine Le Pen n’est pas antisémite, elle n’a d’ailleurs jamais eu de discours raciste ou antisémite. Le Front national est un mouvement composé de Françaises et de Français de toutes origines mais comme dans tout parti, il peut y avoir une poignée de militants racistes ou antisémites.

JSSNews : Pas un peu plus qu’ailleurs ? Cela ne vous gêne-t-il pas de côtoyer au Front national des individus comme Frédéric Chatillon ou Christian Bouchet, ouvertement antisionistes, soutiens inconditionnels de la cause arabe et donc en complète contradiction avec l´attachement que vous affichez pour Israël ?

Michel Thooris : je ne connais pas ces personnes et n´étant pas adhérent du Front national, je sais prendre les distances nécessaires avec ceux dont je ne partage pas les valeurs. Je suis très attaché à Israël où je fais des séjours réguliers. J’admire ce que les Israéliens ont réussi à faire d’un morceau de désert entouré de pays hostiles en 60 ans. Je suis fier de partager les valeurs qui sont les fondements de l’État d’Israël.

JSSNews : pour vous résumer, vous n’êtes pas juif, tout en l´étant selon la loi juive mais vous partagez les valeurs d’Israël. Vous êtes candidat du Front national, tout en n'étant pas adhérent du Front national, mais en partageant la majorité de ses valeurs. Vous soutenez Marine Le Pen, tout en dénonçant certains de ses autres soutiens ou conseillers, tout en partageant ses valeurs. Bref, ne seriez-vous pas le candidat « Canada Dry » : le goût du Front national, la couleur du Front national, mais pas le Front national? Pensez-vous que ce positionnement sera suffisamment clair pour vos futurs électeurs ?

Michel Thooris : je ne suis pas un candidat « Canada Dry ». Je défends des valeurs. Je soutiens fermement Marine Le Pen. Je ne me laisserai jamais instrumentaliser. Durant cette campagne je veux rassembler toutes celles et tous ceux qui aiment la France, qui défendent farouchement son indépendance, qui en ont assez du laxisme vis-à-vis des délinquants, qui ne veulent plus d’une immigration incontrôlée et en ont assez de voir l’UMP et le PS brader les intérêts de la France et des Français au profit de leur petit pouvoir personnel.