Lotta di Popolo

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Lotta di Popolo était une organisation nationale-révolutionnaire italienne, active de 1969 à 1973[1].

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Histoire

Lotta di Popolo maît officiellement le 1er mai 1969 à la Casa dello Studente de Rome. La nouvelle organisation est le fruit de la rencontre entre d'anciens membres de la section italienne de Jeune Europe (qui représentait un tiers des effectifs de toute la structure), du Movimento Studentesco di Giurisprudenza, du mouvement Avanguardia di Popolo, de Primula Goliardica, l'organisation de jeunesse de l'UDNR-Nuova Repubblica du sénateur « gaulliste italien » Pacciardi (qui animait l'hebdomadaire du même nom), du Movimento Studentesco Operaio d'Avanguardia et d'Universita Europea.

Les principaux dirigeants de l'organisation sont Sergio Donaudi, Gianni Marino, Aldo Guarino, Ugo Gaudenzi, Dantini et Franco Stolzo. Parmi ses militants qui deviendront célèbres, on peut aussi nommer Serafino di Luia, venu d'Avanguardia Nazionale, Claudio Mutti et le futur député européen Mario Borghezio, tous deux anciens de Jeune Europe.

Lotta di Popolo a eu vite un noyau dur de 500 militants. Ses principaux « bastions » sont Rome et Naples.

L'organisation publie son propre journal homoyme, Lotta di Popolo. Les thèmes fondamentaux sont la souveraineté nationale, l'Europe des peuples, antisoviétisme (le mouvement évite le terme d'anticommunisme), antiaméricanisme, la lutte contre le « pouvoir économique bourgeois » et l'écologie. Le mouvement réfute les notions de droite et de gauche, et revendique l'alliance de « toutes les forces révolutionnaires » contre le système, ce qui leur vaut le surnom de « nazi-maoïstes ». L'organisation affirme que les affrontements entre « rouges et noirs » constituent un piège tendu par le système et prône donc l'avènement d'un « Front commun » de lutte contre les « ploutocraties dominantes ». Mais l'extrême gauche italienne ne l'entend pas de cette oreille : une telle alliance est pour elle impensable. Pire, une véritable psychose s'empare des gauchistes italiens, qui se mettent à voir partout des « infiltrés » et des « provocateurs masqués ». Les soi-disant « nazi-maoïstes » deviennent une cible prioritaire des groupes de la gauche radicale italienne, qui déclarent alors la « guerre totale aux fascistes ». De nombreux affrontements ont lieu.

Confrontée à la dure vague de répression de 1973, l'organisation décidera de s'autodissoudre.

Orientations

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La principale particularité de Lotta di Popolo est sa volonté d'intégrer à ses références Che Guevara et Mao Tsé Toung. Elle inspire directement les militants français qui fondent l'Organisation lutte du peuple[2].

Pour l'organisation, le peuple est compris comme une réalité en mouvement qui cherche à se donner une unité de destin, de culture et d'action à travers les avant-gardes politiques qui naissent de la lutte,en dehors donc de toute structure représentative. Le mouvement considère que la droite et la gauche sont toutes deux des structures d'appui de l'Etat démocratico-bourgeois. La critique des « cinquièmes colonnes » de la gauche dans le mouvement de contestation globale se développe parallèlement à une critique de l' « extrémisme de droite ». Lotta di Popolo considère que l'opposition fascisme-antifascisme est une manœuvre de la bourgeoisie et refuse donc d'intervenir directement dans l'affrontement entre les « extrêmes opposés », cherchant au contraire à « orienter la lutte contre les instruments du système bourgeois (police, presse, faux révolutionnaires) dans l'intérêt exclusif de la cause révolutionnaire »[3].

L'organisation montre un grand intérêt pour la politique internationale. Elle considère la Chine maoïste comme un modèle. Elle appuie le combat palestinien et soutien la tendance menée par Yasser Arafat au sein de l'Organisation de libération de la Palestine, dont elle a volontairement repris les initiales. Au nom de la lutte contre l' « impérialisme américain », elle soutient aussi la guérilla communiste du Viêt-Cong.

Bibliographie

  • Alfredo Villano, Da Evola a Mao - La destra radicale dal neofascismo ai “nazimaoisti”, Luni editore, Milan, 2021, 384 p.
  • Gabriele Adinolfi, Nos belles années de plomb - La Droite radicale italienne dans l'orage de la lutte armée et de l'exil, L'Æncre, 2004, 200 p.

Notes et références

  1. Le nom choisi par l'organisation est en fait une expression intraduisible en français. En effet, les Italiens parlent de « lutte de peuple » comme on parle de « lutte de classe ». La traduction la plus approchante, mais imparfaite, serait « lutte populaire ». Les militants français qui s'inspireront de l'organisation italienne pour fonder un mouvement analogue en 1973 préféreront toutefois le nom d'Organisation lutte du peuple.
  2. Philippe Baillet, L'Autre Tiers-mondisme : des origines à l’islamisme radical - Fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre « défense de la race » et « solidarité anti-impérialiste », Akribeia, Saint-Genis-Laval, 2016, 475 p., p. 195-196.
  3. Francesco Ingravalle, « Pour une analyse du Mouvement Révolutionnaire en Italie », in : Totalité, 10, 1979, p. 35-58.