Fidus

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Fidus
Invocation à la lumière, 1922. Cette figure est devenu le symbole de la culture du corps. Une image quasi religieuse que l'on retrouvait dans de nombreux lieux qui symbolisait les efforts du mouvement.
Affiche pour un congrès hygiéniste à Hambourg en 1912
Illustration
Fidus, de son vrai nom Hugo Höppener (1868-1948), est un peintre et illustrateur völkisch allemand. Inspiré par l'Art déco, le Jugendstil et les anciennes traditions germaniques, il célèbre le corps et la vie naturelle (Freikörperkultur) et devient une référence iconographique au sein du mouvement Lebensreform (Réforme de la vie) prônant un mode de vie alternatif en réaction à l'industrialisation.



Biographie




Enfant, Fidus est souvent malade et c'est alité qu'il commençe à dessiner. Son talent vite décelé, il passe avec succès en 1887 le concours d'entrée aux Beaux-Arts de Munich.

Mais quelques mois plus tard il fait la connaissance de Karl Wilhelm Diefenbach (1851-1913), peintre qui allait beaucoup l'influencer. Diefenbach, adorateur du soleil, chantre du retour à la nature, vit alors en communauté dans une ancienne carrière désaffectée au Sud de Munich. Il donna pour nom Fidus à son nouveau disciple qui choisit d'abandonner ses études pour suivre l'exemple de son maître spirituel. Il se laisse alors pousser les cheveux, devient végétarien et ne peint plus que nu ou en vêtements de laine. Pour Diefenbach le naturisme est avant tout une expérience religieuse, et s'il est d'accord avec les tendances ouvertement darwiniennes du mouvement, il prêche une philosophie d'auto-réalisation mystique et de respect panthéiste de la nature. Les autorités bavaroises ne voient pas cela du même œil et troublent la communauté. Fidus retourne à l'Académie des Beaux-Arts en 1889 et organise à Munich sa première exposition. Après deux ans passés à acquérir de solides connaissances académiques, il déménage à Berlin en 1892. C'est cette année là qu'il dessine les plans de son premier temple, premier d'une longue série. Il travaille alors comme illustrateur pour la revue ésotérique fortement inspirée par la Société théosophique d'Hélèna Blavatsky Die Sphinx.

Il rencontre en 1893, lors de sa première exposition à Hambourg, Annalie Reich ; le coup de foudre est réciproque. Elle avait longtemps vécu en Suède et aussi conservé un attrait profond pour les paysages nordiques. Les années suivantes, le couple visite alors plusieurs fois la Norvège. Ces journées passées en Nordland influencent considérablement l'art de Fidus. Au symbolisme théosophique déjà présent s'ajoutent runes et mythologie du Nord, la théosophie et l'aryosophie s'unissant dans la roue solaire tournoyante.

La lumière et le soleil prennent ainsi une place prépondérante dans son œuvre, ce qui explique cette série de toiles consacrée à l'ange de lumière : Lucifer, l'archange St Michel et St Georges, qu'ils combattent le dragon ou soient en quête. A travers les figures religieuses et mythologiques que Fidus représente, c'est toujours le même idéal héroïque, solaire, traditionnel et panthéiste qui est symbolisé.

Lors d'une grande rétrospective consacrée à son œuvre en 1898 à Berlin il fait la connaissance d'Elsa Knorr qu'il suit et épouse en Bavière deux ans plus tard. Ils vont ensuite habiter à Friedrichhagen, aux abords de Berlin, bastion de la contre-culture allemande de la fin du XIXe siècle. Dans ce microcosme vivent de nombreux acteurs des mouvements de Réforme de la Vie (mouvements de la jeunesse, mouvements pour la beauté, associations naturistes, groupes de gymnastique rythmique...), ayant laissé loin derrière eux le matérialisme-roi et l'aliénation de la vie urbaine.

Fidus pense un instant pouvoir concrétiser ses nombreux projets de temples grâce à un mécène, Josua Klein. Ayant rejoint ce dernier sur ses terres en Suisse à Amden, village situé à 1.500 m. d'altitude, Fidus doit se rendre à l'évidence : malgré un cadre superbe, ses temples, faute de moyens et de compétences, ne pourront jamais être édifiés. Il retourne en Allemagne en 1906, achète un bout de terrain à Woltersdorf près de Berlin et fait construire la Fidushaus. Cette maison ornée de runes Hagalaz est visitée par beaucoup de curieux et admirateurs des images de lumières de Fidus. C'est aussi pour certains d'entre eux un gîte où venir se ressourcer.

En 1914, au début de la guerre, il écrit un essai Aux Artistes Allemands saluant dans ce conflit un moyen douloureux de parvenir à une nécessaire renaissance. Ses peintures se font plus guerrières, mettant en avant un germanisme dur et âpre, et connaissent un franc succès sous la forme de port-folios et de cartes postales. Pour cette raison, sa carrière connaît un certain flottement dans l'Allemagne d'après-guerre, le nihilisme décadent et cosmopolite de la République de Weimar contrastant pour le moins avec l'idéalisme sans bornes des mouvements de jeunesse. Fidus se lance dans les années 20 dans l'aventure des mouvements völkisch et armanistes, mouvements attachés à la renaissance de l'esprit « aryen » mais qui furent persécutés par les nazis dès 1933 pour franc-maçonnerie. Les œuvres de Fidus sont alors jugées obscènes par la Chancellerie du Reich qui préfère le monumentalisme et l'académisme néo-classique, même si elles sont appréciées par un ministre comme Walter Darré. Loin de faire l'unanimité, Fidus sort de la guerre appauvri.

Sa situation se dégrade après la défaite, à tel point qu'il doit échanger ses peintures contre de la nourriture et peindre de la propagande stalinienne pour pouvoir manger. Il meurt le 23 février 1948 à l'âge de 80 ans. Lors de la cérémonie funèbre, des poèmes sont récités et des chants entonnés au milieu de ses tableaux à la Fidushaus. Il repose aujourd'hui au cimetière de Woltersdorf.

Liens externes