Armanisme

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L'armanisme est une théorie politico-religieuse dont le créateur est Guido von List (1848-1919).

L’idéologie armaniste dérive de trois principes cosmiques. Ces processus cosmiques étaient vus par List comme éternels et indépendants de l’existence de l’humanité. Tous les autres principes, conclusions et interprétations mystiques pouvaient aussi être déduits de ces trois-là :

I. zweieinig-zweispältige Zweiheit (La dyade bifidique-biune) II. dreieinigdreispältige Dreheit (La triade trifidique-triune) III. vieleinig-vielsäpltige Vielheit (La multiplicité multifidique-multiune)

L’armanisme est basé sur des paradoxes, ressemblant à des contradictions, particulièrement dans la formule qui semble être une réminiscence des premières théologies chrétiennes sur la nature de la Trinité. Mais List part dans d’autres directions avec ces paradoxes. Un principe dérivé de la zweieinig-zweispältige Zweiheit est l’idée que la « matière » est en réalité de l’« esprit » condensé. Il s’ensuit donc qu’il n’y a pas de différence essentielle entre « esprit » et « matière » ; la seule différence réside dans les circonstances ou les conditions dans lesquelles se trouve cette essence unique. Cependant, List accepte ce paradoxe en affirmant que cette condition a aussi une réalité et ne peut être ignorée. Ainsi l’armaniste doit être en accord avec les deux extrêmes, et rechercher un équilibre entre eux.

Le paradigme armaniste insiste également sur la nécessité d’ancrages matériels – le corps, la race, la nature, etc. – pour maintenir cette spiritualité dans la réalité. Le facteur équilibrant se trouve aussi dans le processus même de la dreieinigdreispältige Dreheit. Alors que le principe précédent était plutôt statique dans sa structure, le processus ternaire est cyclique et dynamique. Car ainsi le trois équilibre le deux. Le corollaire le plus important de la triade trifidique-triune se trouve dans la formule distinctive de List :

Enstehen-Sein-Vergehen zum neun Entstehen (Naissance-Etre-Passage vers une nouvelle naissance). Elle indique l’éternelle évolution et l’éternel retour dans un cadre cyclique, chaque cycle étant organiquement construit sur le précédent. En d’autres mots, la naissance-vie-mort/renaissance se répète dans un modèle organique du cosmos dans l’éternité.

Vieleinig-vielsäpltige Vielheit est un concept pour synthétiser les aspects virtuels de la manifestation dans le monde naturel/organique dans une totalité cohérente. Comme dans la pensée holistique actuelle, la multiplicité est réconciliée d’une manière similaire, pas avec l’« unité », mais plutôt avec un modèle de « totalité ». Cela permet une multivalence dans la manifestation sans nécessairement avoir à considérer une forme comme supérieure ou antérieure à une autre.

L’armanisme se préoccupe aussi des dénommés « mystères sociologiques » – c’est-à-dire des aspects occultes des origines de l’ordre social et racial – et des moyens magiques requis pour retrouver la « connaissance perdue ». Cela est également vrai pour le renouveau des religions archaïques comme la wicca, le druidisme ou l’odinisme/wotanisme. L’affirmation générale de List était que les pratiques et les croyances des Armanen n’avaient pas été détruites par l’infection chrétienne, mais avaient plutôt été incorporées dans la tradition chrétienne – et avaient donc survécu. Le résultat était un environnement traditionnel dans lequel tous les profonds secrets des anciens Armanen pouvaient être trouvés dans les diverses cérémonies et constructions chrétiennes. Honnêtement, il y a peu de doute que tous ces domaines contiennent une certaine tradition indigène pré-chrétienne. Cependant, nos propres traditions de Noël et de Pâques à la place de la tradition et des coutumes païennes furent des méthodes choisies pour révéler ces faits occultes.

Dans les doctrines des Armanen, la théologie se manifestait aussi sous la forme de diverses triades, comme Wotan-Vili-Vé, Wotan-Donar-Loki ou Freya-Frouwa-Helia, tous étant en fait interprétés comme étant des figures représentant le processus de naissance-vie-mort. Le souhait ultime de Guido était d’établir une société basée sur des principes agraires et gouvernée par un ordre des Armanen, hiérarchisé et éclairé. Son concept de la religion du wotanisme incluait une forte identification avec son peuple et sa race, suite logique de la proximité avec la nature et du fait de tenter de vivre en accord avec elle.

Les runes étaient d’une importance essentielle pour List, qui grâce à sa connaissance runique pouvait lire presque tous les symboles et signes « supprimés » du passé. Son système runique particulier, qu’il semble avoir créé lui-même, au moins partiellement, lui permettait d’interpréter en un sens runique tout glyphe, graphe, nom, symbole, icône ou image se trouvant devant lui. Cela devenait un système mystique dans lequel les symboles soniques étaient corrélés avec les formes géométriques. Au-delà des correspondances basiques entre les sons et les formes runiques, List ajoutait la raffinement d’un système qu’il nommait Kala : une poésie dans laquelle un seul et même texte pouvait receler deux messages complètement différents, où le sens évident (compris par tout le monde) serait en fait secondaire, alors que le sens caché (kala) contiendrait le seul vrai message secret pour les hommes de connaissance, utilisant une méthode de calcul, les seize permutations de la lune, et en déterminant la valeur ésotérique d’unités syllabiques de sons lorsqu’elles passent par des permutation cycliques similaires. Dans ce système, chaque son runique passe par une triple permutation afin de faire apparaître ses significations cachées sur trois niveaux distincts – les niveaux de la naissance, de l’être, et du passage vers un nouveau commencement. Ceux-ci étaient aussi interprétés par List comme étant les niveaux de compréhension exotérique, ésotérique et armanique. L’un des principaux articles du mysticisme listien était que les choses avaient non seulement un « sens caché », mais que cette signification occulte était partout ternaire.

D’après List, l’Ego (le Moi) est un principe cosmique (« l’Ego dans le Tout est le Tout lui-même »). Cet ego a une certaine qualité divine, étant une « partie de Dieu ». Par conséquent, l’ego individuel est immortel. Cependant, comme il est, ainsi que tout le reste, « lié » par les trois grands principes cosmiques, la notion de réincarnation ou renaissance devient une quasi-nécessité. L’ego séparé ou individualité est immortel et ne cherche pas à se fondre dans le « cosmos indifférencié » (puisque ce dernier n’« existe » pas réellement). L’homme est vu comme un être distinct, nécessaire pour achever ou parfaire « l’œuvre de Dieu ».

Un certain paradoxe apparaît dans les idées listiennes. Par exemple, que l’individualité est une entité libre et l’idée simultanément soutenue que la « volonté » de cette individualité ou ego doit être la même volonté que la « volonté de Dieu » – c’est-à-dire que le devoir de l’individu païen est de reconnaître la volonté de Dieu ! Je doute vraiment de cela …

Les travaux de List indiquent qu’il n’était pas aussi impliqué dans l’« aryanisation » du mythe chrétien que Georg Lanz von Liebenfels. Bien qu’il utilisait occasionnellement des citations bibliques pour illustrer un point, il ne fit jamais un grand effort pour prouver une unité originelle de l’armanisme et du dogme du christianisme. Car ce lien aurait remonté aux époques historiques où chacun des deux était engagé dans une épouvantable « corruption » de l’autre.

Dans les doctrines armanistes sont révélés les secrets ésotériques du Walhalla. List affirmait que tous ceux qui étaient tués au combat – ou qui mouraient « pour leurs idéaux » – reviendraient vivre sur terre pour continuer le combat jusqu’à la victoire et la gloire finales. C’est cette nouvelle « élite guerrière » que List recherchait parmi les Aryo-Germains, se basant sur la croyance germanique du hall doré du Walhalla, un paradis héroïque avec une joie éternelle pour ceux qui tombaient au combat. Ils devenaient des Einherjar – ce qui excluait une nouvelle existence en tant qu’êtres humains – et cela était supposé unir en permanence les guerriers avec la divinité (Wotan).