Almerigo Grilz
Almerigo Grilz, né à Trieste le 11 avril 1953 et mort à Caia (Mozambique) le 19 mai 1987, était un militant, journaliste et reporter de guerre italien[1].
Sommaire
Biographie
Un militant
Dans sa jeunesse, il est un cadre dirigeant du Fronte della Gioventù (FdG), du FUAN et du Mouvement social italien (MSI). Il est élu au conseil municipal de Trieste.
En 1976, il est l'objet d'une mesure d'exclusion de l'université de Trieste, suite à des heurts avec des étudiants d'extrême gauche.
En 1977, il est responsable du FdG de Trieste, puis nommé secrétaire national adjoint, à la demande du secrétaire de l'époque, Gianfranco Fini. La même année, il s'inscrit au registre des journalistes et fait ses premières expériences dans le métier au magazine bimensuel du FdG, Dissenso.
En 1978, appelé sous les drapeaux pour la conscription militaire, il est affecté au 59e bataillon mécanisé « Calabria », encadré dans la brigade mécanisée « Isonzo » stationnée à Cividale del Friuli.
À la fin des années 1970, il fonde le « Centro Nazionale Audiovisivi » (Centre national de l'audiovisuel), et fait ainsi connaître les documentaires audiovisuels qu'il a réalisés au Liban durant les premières années du conflit qui s'éternisera.
Le 11 mars 1982, il obtient sa licence en droit avec une thèse consacrée aux questions du terrorisme et de la diffusion de la lutte armée en Italie.
Le reporter de guerre
Il se lance alors totalement dans sa carrière de journaliste. Mais, désirant avant tout lier le courage et l'authenticité du militant à sa vie professionnelle, il devient correspondant de guerre. Il se rendra en Afghanistan, au Liban, en Éthiopie, au Mozambique, au Cambodge.
L'Albatross
Avec Gian Micalessin et Fausto Biloslavo, deux de ses anciens camarades du Fronte della Gioventù, Grilz fonde en 1983 l'agence de presse Albatross, qui réalise des reportages (écrits, photographiés et filmés) dans la plupart des régions du monde touchées par la guerre. L'agence fournira de nombreux reportages à de grandes chaînes de télévision internationales, notamment anglo-saxonnes. En Italie, les reportages d'Albatros sont publiés à la fois dans des revues spécialisées, comme la Rivista italiana difesa et dans des périodiques à grand tirage comme Panorama, et sont diffusés par la TG1.
Sur tous les fronts
Grilz se rend désormais sur tous les fronts des conflits à travers le monde, n'effectuant plus que de brefs séjours dans son pays natal. Il suit sur le terrain l'invasion militaire soviétique en Afghanistan, l'intervention israélienne au Liban et la guerre civile qui s'en suit, la guérilla d'Éthiopie menée contre le président Mengistu, la guerre civile au Mozambique. Il fournit aussi bien des reportages écrits que des photos, puis des vidéos.
En 1984, il documente le conflit au Cambodge entre la guérilla des Khmers rouges de Pol Pot et l'armée provietnamienne.
Il est celui qui fait connaître aux yeux du monde la lutte de la minorité ethnique Karen contre le régime de Rangoon en Birmanie.
Il suit également la guérilla communiste aux Philippines, ainsi que les élections de 1986, qui conduisent à la chute de Ferdinand Marcos et à la victoire de l'opposition, menée par Corazon Aquino.
Mort
En 1987, Grilz se rend au Mozambique pour couvrir la guerre civile entre le FRELIMO[2] et la RENAMO[3].
Le 19 mai 1987, au Mozambique, dans la province de Sofala, alors qu'il filme un affrontement entre les miliciens de la RENAMO et l'armée gouvernementale dams éa région de Caia sur les rives du Zambèze, il est touché par un projectile de guerre.
Il perd ainsi la vie dans le feu de l'action, à l'âge de 34 ans. Sa dépouille est enterrée à proximité du lieu de sa mort.
Bibliographie
Bande dessinée
- Francesco Bisaro (dessins), Almerigo Grilz. Avventure di una vita al fronte, , préf. de Toni Capuozzo et postfaces de Fausto Biloslavo et Gian Micalessin, Ferrogallico (éd.), 2017, 136 p.

