Jordi Magraner

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Jordi Magraner, né le 6 décembre 1958 à Casablanca (Maroc) et mort en juillet 2002 au Pakistan, était un zoologiste et un ethnologue espagnol.

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Spécialisé dans les cultures indo-européennes d'Asie, il a dédié sa vie à la recherche du mystérieux Yéti, ainsi qu'au peuple des Kalash, peuple indo-européen polythéiste en bute aux persécutions du gouvernement islamique pakistanais.

Il est assassiné en août 2002 dans la maison qu'il habitait dans un village kalash, dans l’Hindu Kush.

Biographie

Jorge Frederico Magraner naît le 6 décembre 1958 à Casablanca au Maroc dans une famille espagnole originaire de Catalogne.

Il étudie jusqu'en 1980, obtient un B.T.S. agricole puis poursuit ses études pour finir par un D.E.A. en zoologie.

De 1978 à 1982,il est membre d'un Centre Ornithologique du Rhône-Alpes (Société d'étude et de protection des vertébrés). De 1980 à 1983 il travaille en agriculture et agro-alimentaire : transformation, distribution, contrôle de qualité et commercialisation des produits agricoles, ainsi que les problèmes de sols et dirigé des équipes et la production des autoroutes au CETE, route nationale à Grenoble, inventaire faunistique des zones humides du Vercors au Parc régional du Vercors, protection de l'environnement des zones naturelles d'intérêt écologique, floristique et faunistique en Isère, étude de faisabilité de protection de site au conservatoire Régional du Patrimoine Naturel de Lyon. Il est membre du Club Aquariophile de Valence et membre du Cercle Valentia.

En 1977, Jordi découvre les travaux du Dr. Heuvelmans, notamment son livre L'homme de Néanderthal est toujours vivant. Il s'intéresse aussi alors à un autre auteur, le russe Boris Porchner.

Jusqu'en 1986, Jordi est membre du centre "Les Loups du Dauphiné".

Jordi espérait que le Dr. Heuvelmans allait finir par aboutir dans cette recherche. Ce n'est qu'en 1987 que Jordi a l'opportunité de se lancer dans cette extraordinaire aventure scientifique grâce à de nombreuses personnes comme le dr. Anne Dambricourt Malassé, responsable du Muséum National d'Histoire Naturelle.

Jordi Magraner parmi les Kalashs.

Jusqu'en 1987 puis en 1989, il est chargé d'études en zoologie pour le compte du Ministère des transports (CETE de Lyon),de Parcs naturels et d'associations de protection de la nature; Jordi fait de nombreux voyages naturalistes à travers toute l'Europe jusqu'en 1987.

A la recherche du Yéti et à la rencontre des Kalash

En 1988, il part en compagnie de Yannick L'Homme durant 10 mois, puis 9 mois en 1990 avec Erik L'Homme au nord du Pakistan et au nord-est de l'Afghanistan. Ces voyages sont au départ destinés à la recherche du « barmanou », aussi appelé yéti dans d'autres régions du monde. Jordi Magraner est convaincu que la théorie de l'évolution de Darwin n'explique pas pourquoi l'être humain parle et a une conscience. Il se dit qu'il existe bien un chaînon manquant, qu'il pourrait s'agir du barmanou. Il est un fervent apôtre de la cryptozoologie, ce courant qui étudie les animaux dont l'existence est sujette à caution. Aux confins de l'Hindou Kouch, les voyageurs découvrent une région très semblable au biotope alpin, et surtout un peuple relique, les Kalashs. Subjugués, ils s'installent sur place pour découvrir cette région sauvage et ses habitants, ces derniers ayant réussi à conserver leur paganisme ancestral malgré l'environnement islamique.

A son retour en France, en 1989, Jordi décide de contacter le Dr. Heuvelmans et de lui montrer son travail.

De 1991 à 1993, il travaille au Muséum National d'Histoire Naturelles de Paris comme vacataire en herpétologie.

En 1993, il est chercheur vacataire ( 3° cycle universitaire) en génétique écologique à l' EPHE, au laboratoire des Reptiles et Amphibiens au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, introduit par Anne Dambricourt Malassé, où Jordi est accueilli par le Professeur Alain Dubois.

En 1994 il s'inscrit pour le diplôme de l'école pratique des hautes études au Laboratoire de préhistoire et de paléoécologie (Sorbonne) en évolution des milieux et des organismes.

De décembre 1994 à avril 1995, il est directeur par intérim de l'Alliance Française de Peshawar, au Pakistan (cours de langue et animation culturelle et gestion du centre).

Au Muséum Jordi se trouve auprès de Théodore Monod et de Jean Chaline, grâce auquels il avait pu inscrire sa recherche privée dans le cadre d'un mémoire pour l'EPHE, ce statut lui a permis de l'intégrer dans la mission préhistorique franco-pakistanaise CNRS-Muséum que dirigeait Anne D.M. dans l'Hindou Kouch en 1996 et 1997, s'agissant de préhistoire et non de recueils de témoignages.

De juillet 1996 à juillet 1997, il est responsable de la logistique et chercheur lors de deux missions sur la préhistoire de l'Hindou Kouch, à Chitral (Pakistan), organisées pour le Muséum National d' Histoire Naturelle de Paris, via le ministère des affaires étrangères.

Il présente les résultats de ses recherches à la Langage Origins Society, à Cambridge.

Il devient célèbre grâce à un film tourné par Pascal Sutra-Fourcade, qui représente deux années de travail et de préparation pour la question anthropologique, la plus délicate et la plus spéculative. En 1994, une caméra a suivi Jordi dans la Chaîne de l'Hindou Kouch.

En 1998, il fonde une association du nom de GESCH (Groupe d'Étude et de Sauvegarde des Cultures de l'Hindou kouch), pour venir en aide aux populations mal connues et culturellement en danger de la chaîne montagneuse de l'Hindou Kouch, la vallée des Kalashs.

Pendant plus de 10 ans, Jordi parcourt le Nord du Pakistan et le Nord -Est de l'Afghanistan dans le cadre de ses recherches scientifiques. Il se sensibilise à la situation critique des populations afghanes et s'investit dans l'aide humanitaire bénévole pour ces populations grâce à son expérience dans une ONG d'aide médicale internationale et à sa connaissance de la région et des populations. De mai 1999 à août 2001, il est chef de programme d'une ONG ( Aide Médicale Internationale) dans le Panjsher en Afghanistan.

Assassinat

En avril 2001 Jordi écrit une lettre au Poste de Police de Chitral à propos de menaces, insultes, ennuis et propagande contre lui dans la vallée de Chitral. Il loue alors depuis trois ans une maison Kalash à Bumburet dans le village de Krakal. Il commence alors à être régulièrement l'objet de menaces et de tentatives d'intimidation. Le fait que Magraner se soit bien intégré dans les villages Kalash et qu'il y soit devenu très populaire dérange fortement les autorités musulmanes qui y voient un renforcement de la résistance de ces « païens des montagnes ». Jordi, en défendant la culture kalashe, dérange les milieux musulmans très infiltrés par le wahhabisme. Mais il dérange aussi les services pakistanais de l'ISI, très en cheville à l'époque avec leurs homologues de la CIA.

Le 13 juin 2002, Jordi décide d'interrompre ses travaux suite à une série de menaces à son encontre. Ses détracteurs l'accusent notamment de pédophilie et d'espionnage. La police lui conseille de s'éloigner des vallées quelques temps.

Il est assassiné dans la nuit du 2 au 3 août 2002 en compagnie d'un de ses serviteurs. Le ou les coupables n'ont jamais été retrouvés, mais un autre de ses serviteurs, d'origine afghane, a disparu pendant la nuit. Il est probable que les deux victimes ont été droguées puis égorgées durant leur sommeil.

Jeune fille Kalash

Dans l'impossibilité de rapatrier son corps à sa famille en France, Jordi sera inhumé à Bamburet accompagné des hommes et des femmes des trois vallées Kalash. Son enterrement est célébré suivant les rites Kalash. Il dure plusieurs jours et plus de 20 chèvres y sont sacrifiées.

Publications

  • Les Hominidés reliques d'Asie centrale, Valence, 1992. Version PDF en ligne : [1]
  • Les populations du haut Hindou Kouch. Les Nouristanis et les Kalashs. Pakistan-Afghanistan, in : La GéoGraphie, 2002, Vol 174, Num 1507, pp 32-48, 17 p.

Bibliographie

  • Gabi Martinez, Histoire vraie de l'homme qui cherchait le yéti, Autrement, Paris, 2013, 523 p.
  • Erik L'Homme, Des pas dans la neige - aventures au Pakistan, Gallimard Jeunesse, 2010.

Varia

  • Le groupe de rock nationaliste français Frakass rend hommage à Jordi Magraner, en lui consacrant une chanson de plus de huit minutes, Rêveur d'empire, dans son album Boucliers contre boucliers.
  • Esperance Magraner, la sœur de Jordi Magraner, continue le combat de l'association GESCH (Groupe d'Étude et de Sauvegarde des Cultures de l'Hindou kouch). Son adresse publique est la suivante : GESCH – 69, rue Henri Fouques Duparc – 26000 VALENCE (FRANCE)