Dietrich Eckart

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Dietrich Eckart
Dietrich Eckart (1868 – 1923) est un écrivain et militant politique allemand, adepte de l'occultisme. Il a également été l'un des fondateurs du Parti ouvrier allemand (DAP) et a participé au « Putsch de la brasserie » de 1923.

Biographie

Eckart, né d'une famille bourgeoise dont il se retrouvera vite orphelin, cherche carrière dans les lettres et le journalisme. Ses pièces de théâtre à Berlin où il s'était installé dès 1899 ne rencontrèrent pas le succès escompté.

Il s'intéresse alors aux sciences occultes et aux mythologies, et élabore la théorie d’un homme d’un génie supérieur, basée sur les travaux de Jörg Lanz von Liebenfels.

Entre 1918 et 1920, Eckart contribue avec Alfred Rosenberg et Gottfried Feder au périodique antisémite Auf gut Deutsch. Féroce critique de la République de Weimar, il s’oppose farouchement au traité de Versailles et défend la thèse du Dolchstoß (le « coup de poignard dans le dos »), selon laquelle la défaite militaire de 1918 serait en partie imputable à des facteurs internes à l'Allemagne, c'est-à-dire à l'agitation politique menée par les politiciens et les organisations marxistes, pacifistes ou antimilitaristes allemandes.

En 1919, il participe avec Gottfried Feder et Anton Drexler à la fondation du Deutsche Arbeiterpartei (Parti ouvrier allemand), renommé l'année suivante le Nationalsozialistische deutsche Arbeiterpartei (NSDAP) dont il édite l'organe officiel, le Völkischer Beobachter, et rédige l'hymne, Deutschland erwache. Il a du propre aveu d'Hitler un grand ascendant sur ce dernier, le convainquant de sa mission providentielle pour l'Allemagne. Il le présente également à quelques cercles influents apportant au nouveau parti un soutien financier.

Impliqué dans le Putsch de la brasserie le 9 novembre 1923, il est arrêté et emprisonné à la forteresse de Landsberg avec Hitler et d’autres responsables du parti, mais il est relâché peu après pour raisons de santé. Il décède le 26 décembre 1923, suite à une attaque cardiaque vraisemblablement causée par sa dépendance à la morphine. Il est enterré dans le vieux cimetière de Berchtesgaden, non loin de la sépulture d’un autre membre du NSDAP, Hans Lammers.

Un messianisme rédempteur

Sur son lit de mort, Eckart aurait lancé à ceux le veillant : « ne me regrettez pas, j'aurai influencé l'Histoire plus qu'aucun autre Allemand ». Funeste prédiction quand on sait qu'Eckart se targuait d'avoir formé Adolf Hitler tant à l'art du discours qu'à celui du maniement des idées, au point de l'inspirer pour l'écriture de Mein Kampf.

Ses théories, Eckart les a élaborées au sein d'un groupe bavarois clandestin, la société Thulé, dont il était un membre assidu depuis sa fondation par le baron Rudolf von Sebottendorff en novembre 1918. Officiellement « groupe d'études pour l'Antiquité germanique », elle tire son nom de la Thulé antique qui désignait, pour les géographes grecs et romains, la contrée la plus septentrionale de l'Atlantique. Sorte d'Atlantide nordique, Thulé aurait été un continent de glace abritant une grande et riche civilisation avant de sombrer un jour sous les flots. Ses survivants se seraient réfugiés sur le continent européen, dans l'espace germanique. Ce mythe a alimenté l'imaginaire de certains nationalistes allemand dès le début du XXème siècle.

La société de Thulé se présente initialement comme la branche bavaroise du très nationaliste et xénophobe « Ordre des Germains » ; elle entend fédérer toutes les associations racistes et pangermanistes de la région. Rapidement toutefois, elle forme un véritable réseau au service du parti nazi. Ainsi von Sebottendorff fonde-t-il un journal acquis aux thèses nationalistes et antisémites, le "Völkischer Beobachter ", littéralement, l'Observateur du Peuple. Il promeut à la tête du quotidien deux membres de la société : Dietrich Eckart, qui en est le directeur, et Alfred Rosenberg, le rédacteur en chef. Tous deux popularisent les thèses racistes selon lesquelles les descendants du peuple de Thulé sont les Aryens, reconnaissables physiquement à leurs allures athlétiques, leurs cheveux blonds et leurs yeux bleus. Ceux-ci seraient destinés à conquérir un nécessaire « espace vital » au détriment des populations d'Europe centrale, jugées « inférieures ».

La très raciste société Thulé demande à chacun de ses membres de fournir les preuves de ses « origines aryennes » sur au moins trois générations. Dans les années 1920, la société compte probablement quelques centaines d'adhérents mais on sait peu de choses de leurs réunions qui se tenaient dans le plus grand secret à Munich, dans les salons de l'hôtel Vier Jahreszeiten (Quatre Saisons). Il semble que ses membres pratiquaient un rituel magnifiant les valeurs guerrières et le paganisme des premiers Germains. Derrière le nom mythique et un ésotérisme de pacotille, c'est en réalité un projet politique, teinté de racisme et de fanatisme, qui se dessine.

Les liens entre la société Thulé et le nazisme sont très étroits au tout début. Une bonne partie de l'entourage direct d'Hitler appartient à ce groupement : c'est le cas d'Eckart et de Rosenberg qui participent d'ailleurs en 1920 à la fondation du parti nazi. Hitler rend fréquemment visite à Eckart ; les deux hommes passent des heures à échanger des propos enflammés concernant le destin de l'Allemagne. Quant à Rosenberg, il devient le théoricien officiel du parti quelques années plus tard. Le secrétaire et bras droit d'Hitler, Rudolf Hess, est également membre actif de l'organisation secrète. Après le putsch manqué de Munich en 1923, Hitler et lui sont incarcérés dans la même prison où ils rédigent ensemble « Mein Kampf ». En outre, nombre de représentants de l'influente bourgeoisie bavaroise fréquentent les assemblées de la société dont ils relaient ensuite les idées dans l'opinion publique. Quant à Hitler, s'il a bien été convié à plusieurs réunions, il semble qu'il n'ait pas été membre à part entière du groupe. Toutefois, il lui a emprunté son emblème orientalisant : la croix gammée qui, adoptée par lui en 1920, deviendra, et demeure, le symbole funeste du totalitarisme nazi.

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