Artamanen

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Insigne des Artamanen
Les Artamanen furent en Allemagne, durant la République de Weimar, une ligue (Bund) de jeunes issus du mouvement Wandervogel. Par le biais du travail agricole, ses membres voulaient jeter les bases d'une nouvelle communauté.

Histoire du mouvement

De 1923 à 1925

Groupe d'Artamanen
Artamanen participant à une fête des moissons
L'émergence du mouvement des Artamanen trouve son origine, au début des années 1920, quand, dans les cercles nationalistes allemands, de plus en plus de voix réclament l'introduction d'un service général du travail obligatoire. En même temps, on constatait que dans certains cantons de l'Est de l'Allemagne, une minorité germanique se trouvait en face d'une majorité étrangère, essentiellement polonaise. Ce déséquilibre ethnique était dû principalement au fait que les gros propriétaires terriens allemands faisaient systématiquement appel à des travailleurs agricoles saisonniers d'origine polonaise.

A la fin de l'année 1923, et au début de 1924, des appels furent lancés dans diverses publications. On demanda aux jeunes de fonder des communautés de volontaires du travail pour reprendre les tâches habituellement dévolues aux ouvriers agricoles polonais. La constitution de ces communautés de travail était considérée comme un service volontaire au bénéfice du peuple allemand tout entier, comme un exemple par l'action et comme une possibilité d'échapper à l'urbanisation fatidique et de freiner la colonisation polonaise des terres de l'Est. C'est à la suite de ces appels que le mouvement des Artamanen se constitua. Artam signifie « gardien du pays ». Au début, le mouvement rassemblait des individus issus de diverses ligues (surtout des garçons venus du Wandervogel, mais aussi des catholiques du mouvement Quickborn, ensuite des anciens du Jungdeutscher Orde, des SA et des militants des Wehrverbände, c'est-à-dire des associations de défense des provinces de l'Est). Par la suite, il évolua pour devenir une organisation bien structurée, active dans les provinces de l'Est du Reich (surtout en Prusse orientale et centrale).

En avril 1924, les 80 premiers Artamanen, répartis en 11 groupes différents, commencent à travailler. Au cours de cette première phase, il s'agissait surtout de refouler les travailleurs saisonniers polonais et d'accentuer la densité démographique germanique dans les zones frontalières, mais, finalement, les intentions des Artamanen allaient plus loin. Ils voulaient jeter les bases d'une nouvelle communauté populaire qui devait prendre forme d'abord dans les régions de l'Est. En revalorisant le travail agricole, la jeunesse retrouverait ainsi sa véritable destination et renouerait avec la vraie essence du peuple. En transplantant une partie de la jeunesse citadine dans les campagnes, on voulait créer une nouvelle caste paysanne, soutenue par une organisation populaire bien structurée.

Cette volonté faisait du mouvement des Artamanen une organisation vraiment différente des autres ligues de jeunesse. Contrairement aux premières ligues, qui ne formaient que des communautés temporaires pour les fins de semaine, les Artamanen constituaient une communauté permanente s'étendant à toute l'année. Pendant la période de mars à décembre les Artamanen vivaient en petits groupes de 4 à 20 personnes regroupées sur la même exploitation agricole. Elles travaillaient ensemble et passaient ensemble leur temps libre dans des « troupes de jeu » (Spielscharen), présentes dès le début de l'aventure des Artamanen, afin d'organiser des randonnées pendant les heures chômées ou les mois d'hiver. Souvent, ils organisaient des soirées communautaires ou des discussions pour les jeunes des villages où ils séjournaient. De cette façon, les Artamanen voulaient contribuer à la revitalisation de la culture des campagnes.

De 1926 à 1934

L’Artam-Bund, c'est ainsi que le mouvement s'appellera à partir de 1926, noue les contacts nécessaires avec les propriétaires de grandes entreprises agricoles et avec les autorités. Il veille à ce que les contrats soient respectés et à ce que des logements décents soient disponibles, pour autant que ce n'ait pas été le cas. Dans le courant 1929, 2.300 Artamanen étaient actifs dans 270 grandes fermes. L’Artam-Bund était alors au sommet de son développement. Mais cette année-là plusieurs conflits déchirèrent le mouvement… Depuis deux ans environ, on essayait, au sein du mouvement des Artamanen, de se doter d'une installation permanente dans les régions de l'Est. Pour y parvenir, le mouvement aurait dû acheter plusieurs fermes qui auraient ensuite été exploitées en communauté. Tout le monde n'était pas d'accord au sein du mouvement pour concrétiser ce projet. Un certain nombre de responsables régionaux plaidaient plutôt pour la généralisation d'un service du travail rural. Par ailleurs, des Artamanen devenus nationaux-socialistes tentaient par tous les moyens de dissoudre le mouvement dans la NSDAP. Parmi les principaux partisans de cette absorption, il y avait Heinrich Himmler, qui fut, pendant un bref moment de sa vie, un Artaman. Ces dissensus conduisirent à une rupture. L’Artam-Bund congédia plus de la moitié de ses cadres et se consacra essentiellement au travail agricole. Par ailleurs, une nouvelle ligue vit le jour, l'Artamanen-Bündische Gemeinde für Landarbeit und Siedlung, qui se consacra plus spécialement aux colonisations permanentes. Outre ces deux groupes, citons le Bund der Artamanen/National-sozialistischer Freiwillige Arbeitsdienst auf dem Lande, basé dans le Mecklembourg. Ce groupe, moins nombreux que les deux autres, devait devenir le noyau dur du futur « Service Rural » de la Hitlerjugend.

En 1930, la Bündische Gemeinde acheta sa première propriété en Prusse orientale. Dans la foulée, elle en acheta d'autres. Entre 1930 et 1935, ils reprirent 158 exploitations agricoles. Parmi celles-ci, 46 étaient des installations communautaires. Les autres, après quelques années d'exploitation communautaire, ont été cédées à des Artamanen qui avaient décidé de demeurer sur place et de continuer la ferme par leurs propres moyens. On remarquera surtout que la ligue a toujours refusé de vendre des exploitations. Selon la Bündische Gemeinde, une politique de vente aurait pour conséquence immédiate que les installations iraient toujours aux seuls Artamanen qui pouvaient se le permettre financièrement. Cela aurait été en contradiction totale avec les buts du mouvement. La Bündische Gemeinde voulait donner à chaque Artaman la possibilité de commencer une exploitation agricole ou de prendre en charge la formation des nouveaux venus dans l'un des centres du mouvement. Les plus grandes exploitations communautaires de l'Artamanen-Bündische Gemeinde étaient celle de Koritten (1931) avec 150 ha et celle de Kopellow (1933) avec 582 ha.

Au cours de l'année 1934, l'Artam-Bund dut faire face à des problèmes financiers croissants et finit par devoir se faire absorber par le « Service Rural » de la Hitlerjugend. La Bündische Gemeinde, qui avait su préserver une relative autonomie, dut affronter de plus en plus de difficultés pour obtenir des terres. C'était la conséquence de la méfiance et du scepticisme des autorités nationales-socialistes et des multiples « organisations de colons ». Une année plus tard, le dernier groupe des Artamanen dut s'aligner sur les desiderata du parti. Il comptait encore environ 700 membres.

Source

  • Walter Dietrich: Artam Siedler, Siedlungen, Bauernhöfe. Versuch einer Dokumentation über die Siedlungsgebiete der Artamanen in den Jahren 1926-1945, Selbstverl., Witzenhausen, 1982
  • Michael H. Kater: Die Artamanen - Völkische Jugend in der Weimarer Republik. Historische Zeitschrift 213 (1971) 577-638.
  • Alwiß Rosenberg: Bäuerliche Siedlungsarbeit des Bundes Artam. Ein agrarpolitischer Versuch bündischer Jugend, in: Jahrbuch des Archivs der Deutschen Jugendbewegung, 9 (1977), S. 199-229.
  • Peter Schmitz: Die Artamanen : Landarbeit und Siedlung bündischer Jugend 1920 - 1945. Bad Neustadt an der Saale 1985.
  • Volkmar Weiss: Der Clan aus Geld und Genen: ein erster Bericht aus dem Reich Artam. Norderstedt, BoD, 2003.
  • Volkmar Weiss: Das Reich Artam. Die alternative Geschichte. Leipzig, Engelsdorfer Verlag, 2007.

Liens externes