Wolfgang Willrich

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Wolfgang Willrich
Wolfgang Willrich (31 mars 1897-18 octobre 1948) peintre et dessinateur völkisch. Sa conception classique du Beau comme intemporel s'incarne chez lui avant tout dans les populations paysannes imprégnées de morale familiale, elles sont l'humus du peuple et c'est pour cela qu'elles emblématisent un « art sain ». L'ethnisme relève chez lui d'une conception spirituelle (Volksseele) et non d'une réduction biologisante (même si aujourd'hui en Allemagne certains retiennent essentiellement de lui une illustration de la composante « nordique » du peuple allemand). Willrich s'inscrit plus dans cette tendance au XXe siècle d'un retour au classicisme se démarquant des avant-gardes artistiques tel qu'on peut le constater chez des sculpteurs comme Maillol, Breker, Belmondo ou des peintres comme Derain ou Balthus que dans un « art nazi » au service de la propagande. C'est d'ailleurs pourquoi l'activité de portraitiste de Willrich montre plus le soldat allemand comme relevant des forces vives du peuple que comme « Nouvel Homme » prôné par le régime.

Biographie

Le goût du Beau

Illustration pour une brochure destinée aux soldats allemands



Né à Göttingen, dans une vieille famille originaire de Basse-Saxe et de Poméranie - son père, l'helléniste Hugo Willrich, était professeur de philologie classique à l'Université de Göttingen et il comptait plusieurs pasteurs parmi ses ancêtres - Wolfgang Willrich manifeste très tôt des dons artistiques et se familiarise auprès de son père avec l'art antique, puis entre en 1915 à l'Ecole des Beaux-Arts de Berlin. Il participe par ailleurs aux activités du Mouvement de jeunesse (Jugendbewegung).

Mobilisé en 1916 comme Feldwebel dans le 251ème régiment d'infanterie, il reçoit la Croix de Fer sur le front Ouest. Fait prisonnier fin mars 1918 par les Français, il est interné à Orléans. Pendant sa détention, il fait de nombreuses peintures et esquisses et publie son premier dessin dans un magazine de prisonniers de guerre édité par la Croix-Rouge internationale.

Libéré en 1920, il reprend ses études à l'Académie de Dresde, où il est pendant quatre ans l'élève de Richard Müller et de Georg Lührig. Il étudie également la biologie et l'anthropologie et suit jusqu'en 1927 les cours de l'anatomiste Hermann Dittrich, dont il devient le Meisterschüler (titre délivré par les écoles de hautes études en art aux étudiants particulièrement talentueux sur le plan artistique, qui achèvent avec succès un cours d'études complémentaires se terminant par la présentation de leurs réalisations artistiques). Adhérant pendant quelque temps au Tannenbergbund animé par Erich et Mathilde Ludendorff, il s'en éloigne avant 1928 (il publiera cependant des illustrations dans le Tannenberg-Jahrweiser de 1932 et 1934). Il se fait surtout connaître par ses portraits de Ludendorff (1927) et du général Lettow-Vorbeck (1929). Utilise aussi bien la peinture que le dessin, la sanguine, le pastel et le fusain.


L'art comme témoignage de l'enracinement

Portrait de campagnarde par Wolfgang Willrich
Illustration pour une brochure destinée aux soldats allemands



En 1933-34 : Wolfgang Willrich est employé quelque temps au ministère des Cultes, puis mis à l'écart comme « ludendorffien ». Il s'installe en 1934 à Berlin-Frohnau, où Walther Darré lui offre un poste de collaborateur libre et lui alloue 500 DM par mois pour réaliser des portraits paysans de type nordique dans le Sud et le Nord de l'Allemagne. Il remplit cette tâche avec enthousiasme, mais se heurte à des réticences de la part de certains responsables locaux de la NSDAP, en particulier en Bavière (dans une lettre à Darré datée du 1er novembre 1936, il se plaint notamment de l'opposition à la « pensée nordique » manifestée par l'anthropologue Merkenschlager à Munich). Sous la direction de Walter Gross, en charge du Bureau de politique raciale du NSDAP, il dessine plusieurs portraits idéaltypiques des caractères germains. Publiés originellement sous la forme d'affiches, on les fit reproduire aussi comme cartes postales et ils seront largement diffusées. Pour sauvegarder son indépendance, il refuse d'être nommé par Himmler membre de la SS à titre honorifique et n'adhèrera jamais au NSDAP.

En marge de son activité artistique, Wolfgang Willrich publia une série d'ouvrages d'inspiration völkisch, dans lesquels il dénonçait avec virulence les représentants de l'« art de Weimar ». Collaborant à cet effet avec Walter Hansen, qui lui fournit la plus grande partie des informations contenues dans ses ouvrages (Säuberung des Kunsttempels [Assainissement du temple de l'Art, 1937], Des Edlen ewiges Reich [L'éternel Empire du Noble, 1939]). Il se lia également avec le comte Klaus von Baudissin, conservateur des collections artistiques de Wurtemberg depuis 1925, directeur du Folkwang-museum d'Essen à partir de 1934, SS-Oberführer à partir de septembre 1943. Membre de la Chambre des Beaux-Arts, il est, en 1937, avec Walter Hansen et Baudissin, l'un des organisateurs de l'exposition de Munich sur l'« art dégénéré ». Il dénonce comme trop « modérée » la politique officielle de lutte contre le « bolchevisme culturel » et se heurte dès cette date à de vives inimitiés en raison de ses vues jugées extrémistes, notamment de la part de d'Eberhard Hanfstaengl, directeur des collections des musées de Berlin, d’Adolf Ziegler, président de la Chambre des Beaux-Arts, et du conseil ministériel Wilhelm Laegert, responsable de la propagande (section 2) au ministère de Joseph Goebbels.

Entre 1937 et 1942, il exposera essentiellement des portraits de paysans (« Altbauer aus dem Ries ») et de soldats ou de dirigeants du parti (« Führerin der deutschen Frauen in Rumänien » en 1940, « Oberst Mölders » et « Jagdflieger Heilmeyer » en 1941).

En octobre 1938, il demande à Walther Darré d'être autorisé à dessiner des types nordiques paysans à l'étranger, notamment en Angleterre et en France, afin de contribuer à une meilleure connaissance de l'« aristocratie paysanne européenne ». Dans une lettre à Himmler du 2 novembre 1938, il se plaint aussi de l'hostilité qu'il rencontre auprès de Baldur von Schirach et des responsables de la Reichsjugendführung (la revue Wille und Macht, dit-il, ne cesse d’ironiser sur son compte). Il se lie en revanche avec Paul Minke, responsable de l’école de chefs de la Jeunesse hitlérienne de Postdam, qui le met en contact avec le Volksbund für das Deutschtum im Ausland (VDA), organisme officiel chargé de l’animation des Allemands de l’étranger. Volontaire en 1939, n’est pas mobilisé en raison de son âge. A partir de cette date, travaille principalement en liaison avec le VDA et les éditions Grenze und Ausland de Berlin, qui en dépendent.


Portrait du soldat comme représentant du peuple

Portrait du sous-marinier Fritz Frauenheim



Le 14 septembre 1939, il écrit à Rommel (qu’il a connu en 1938 par l'intermédiaire de Paul Minke et dont il a déjà fait le portrait) pour obtenir d’être envoyé sur le front comme peintre et dessinateur. Sa demande est appuyée par les dirigeants du VDA, qui lui obtiennent l’autorisation de faire des dessins et des portraits auprès de toutes les unités militaires en opération, sans aucune restriction. Est alors chargé de faire le portrait des principaux chefs militaires allemands. Il réalise une première série de sous-mariniers et de chefs de la Kriegsmarine (Karl Dönitz, Günther Prien, Schuhart, Schutze, etc.) qui est présentée à l’exposition « Polenfeldzug und U-Boot-Krieg in Bildern und Bildnissen » à la Künstlerhaus de Berlin. Il remporte un certain succès, qui lui vaut d’être affecté début 1940 avec le grade de Feldwebel à la Staffel der bildenden Künstler. Il participe à la campagne de France avec des unités de la Wehrmacht et de la Luftwaffe, et fait en France des portraits de Rommel et du général Guderian. Il appartient jusqu’en mars 1941 à la section de presse de l'armée dirigée par le colonel Hesse, puis est envoyé successivement en Norvège et en Finlande, où il visite des unités de chasseurs de montagne et de l'organisation Todt (1941-42), avec le général Kesselring en Sicile (1943) et enfin en Russie. Au cours de ces missions, il multiplie les portraits tant de personnalités (Hans-Ulrich Rudel, Hanna Reitsch, Mölders, Galland, Goering, Dietl, Ferdinand Schörner, etc.) que de soldats anonymes. Il est également chargé en 1942 par l'état-major général (OHK) de peindre ou dessiner le portrait des titulaires de la Croix de chevalier de la Croix de Fer. Ses dessins sont ensuite réunis en séries et largement diffusés par le VDA, notamment sous forme de cartes postales (aujourd’hui très recherchée des collectionneurs). En 1941, une exposition de ses œuvres (« Rasse und Nation ») est organisée par la NS-Kulturgemeinde. Hitler achète l’un de ses portraits de Rommel, mais la presse reçoit la consigne de ne pas faire état de cette acquisition.


Disgrâce de l'artiste

Illustration pour une brochure destinée aux soldats allemands



Nommé le 19 juillet 1942 au rang de Sonderführer par la Propaganda-Einsatzbabteilung, il considère que cette promotion équivaut purement et simplement à entraver sa liberté de mouvement, aussi obtient-il son relèvement peu après en décembre. A la fin de l'année 1943, il s'en retourne à Berlin-Frohnau, où il continue son activité artistique. Son dernier livre illustré, Des Reiches Soldaten (Soldats du Reich), paraît à cette période. En 1944, l'OHK lui commande une nouvelle série de dessins sur le thème : « Pourquoi se bat le soldat allemand » (Darum kämpfte der deutsche Soldat). En raison de la défaite allemande, celle-ci ne sera publiée qu’en 1949 à Buenos Aires.

Fait prisonnier par les Américains en 1945, il est interné dans un camp en Normandie où sa santé se dégrade. Sous-alimenté, malade, il est placé fin 1945 dans un hôpital militaire américain, puis relâché en 1946. Pendant sa captivité, de nombreux officiers américains lui demandent de faire leur portrait. Il est rejoint à Göttingen par sa femme et ses trois enfants qui ont été évacués de Berlin en 1945. Sa maison a été pillée et la plus grande partie de ses œuvres a été détruite ou volée.

En 1946-1947, il tente difficilement de gagner à nouveau sa vie comme portraitiste, malgré un état de santé qui continue de se détériorer. Il peint un triptyque contre la guerre pour son ancien lycée de Göttingen et commence en 1947 un livre autobiographique (Aus Freude am Schönen, Source de la joie au Beau), qui sera complétée par sa femme Charlotte en 1987. Après plusieurs mois d’hospitalisation, il meurt d’un cancer à Göttingen le 18 octobre 1948.


Source



Liens externes