Louis Lyautey

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Louis Hubert Gonzalve Lyautey (17 novembre 1854 à Nancy - 27 juillet 1934 à Thorey) est un militaire français, monarchiste légitimiste, officier pendant les guerres coloniales, premier résident général du protectorat français au Maroc en 1912, ministre de la Guerre lors de la Première Guerre mondiale, puis maréchal de France en 1921, académicien et président d'honneur des Scouts de France.

Louis Hubert Lyautey est né à Nancy en 1854 dans une famille aristocratique lorraine. Catholique et royaliste, celle-ci donne par tradition ses hommes à l’institution militaire. Le jeune Lyautey assiste aux avant-postes à la débâcle française de 1870 face à la Prusse. Il hésite alors entre l’habit ecclésial et la tenue d’officier. En 1873 s’impose le choix de Saint-Cyr, pour forcer le destin et défier le triste sort d’une patrie abaissée. Signe avant-coureur, sa première affectation le conduit deux ans en Algérie.

Lyautey a des convictions royalistes affirmées. Il se dit légitimiste par défaut. Féru d’histoire et rêveur de gloire, il vit difficilement l’enracinement de la République. Mais lui, conservateur dans l’âme, est peu enclin à la conspiration.

Lyautey mène alors une brillante carrière d’officier de cavalerie, fréquentant assidûment salons mondains et milieux artistiques parisiens. A Paris, il brille par son esprit, sa plume et son art de la mise en scène à l’aube de sa carrière marocaine.

À 40 ans, il quitte la France pour l’Indochine nouvellement colonisée. Elle sera sa «révélation», lui qui cultive en secret une fougue bismarkienne. Il y seconde le général Gallieni. Cette grande figure de la France des tropiques, de cinq ans son aîné, est un officier non-conformiste. Il invente la «tactique de la tâche d’huile», laquelle consiste à soumettre, sécuriser et séduire les populations indigènes. Au seul rapport de force, il convient de substituer «un ordre juste», respectueux des coutumes et de la hiérarchie traditionnelle.

Lyautey est séduit par cette approche, tout autant que par Gallieni, dont il partage désormais les convictions. À l’orée de ses cinquante ans, déjà doté d’un riche passé colonial, le colonel Lyautey est affecté aux confins algéro-marocains.

Là, il y prépare l’encerclement de l’Empire chérifien. Cette expérience algérienne est déterminante dans la carrière de Lyautey. L’homme y apprend la rudesse du Maghreb, le désert, les tribus, l’Atlas, la noblesse des guerriers berbères, mais aussi les colons, leur morgue et l’esprit d’accaparement qui les anime.

En Algérie, Lyautey acquiert la conviction que la France doit s’affranchir des traités qu’elle a conclus avec le vieil Empire chérifien. De son compagnonnage avec Gallieni, il retient la tactique de l’occupation progressive. La conquête du Maroc, dont il devient l’ardent défenseur à Paris, doit s’opérer grâce à ses forces centrifuges, les tribus «siba» c’est à dire rebelles au sultan, sans tenir compte du pouvoir central — le fameux Makhzen — jugé faible et sans importance.

L’accord franco-allemand de 1911 donne à la France les mains libres au Maroc, hormis les territoires laissés à l’Espagne. Elle se charge d’en assurer le contrôle au moment où l’étranglement financier du sultan et les concessions imposées à Moulay Hafid incitent les tribus et les chefs de guerre à le défier, et prendre la tête du jihad. Pour Lyautey, la France doit rétablir l’ordre en s’entendant avec les tribus récalcitrantes, qu’il estime désireuses de se débarrasser du joug d’un pouvoir tyrannique.

Il incite le gouvernement français à soumettre le Maroc. Le diplomate accrédité, Eugène Regnault, se saisit d’un appel à l’aide suggéré au sultan, et impose, le 30 mars 1912, le Traité de protectorat, dit « de Fès ». Ce diplomate devient le premier résident général. Mais le plan échoue. L’annonce du traité, qui place le pays sous la protection des « chrétiens », provoque une levée en armes. Lyautey est alors nommé Résident général.

Constatant que la France « marche dans le vide » au Maroc, l’officier pragmatique et intelligent abandonne rapidement ses illusions. Il estime que ce n’est pas de l’abaissement du Sultan qui viendra le retour à l’ordre, mais de l’application du traité, qui prévoit le respect de la souveraineté de l’État chérifien et du pouvoir législatif du Sultan, sous la tutelle de la France. La monarchie alaouite recevait ainsi son premier gage de survie.

Lyautey sécurise le Maroc central, transfère la capitale de Fès, alors assiégée par les tribus, à Rabat, et assure l’exil du sultan Moulay Hafid qui abdique. Lyautey fait avaliser par les oulémas — les gardiens de la foi — l’élection de son frère, Moulay Youssef, qu’il choisit pour sa réserve, sa piété et son manque de personnalité.

Pourtant, Lyautey s’attache à restaurer le trône alaouite dans une splendeur rénovée. Fasciné par cette monarchie surgie du fond des âges et épargnée par la modernité, ce conservateur esthète veut rétablir la pompe d’un sultanat décrépi. Il s’emploie alors à lui réinventer un décorum déjà fantasmé par les orientalistes et un faste que poussera bien plus tard à leur paroxysme Hassan II.

Lyautey considère alors par simple tactique ou profonde conviction – les historiens demeurent partagés sur cette question — que, seule, la restauration du pouvoir du Sultan dans son prestige et sa tradition, peut rassurer le peuple et ses notables, et briser le cercle d’une insurrection. Une idée qui deviendra le ciment du trône.

Lyautey est un homme du XIXe siècle séduit par l’indirect rule britannique, qui permet à l’Angleterre victorienne de contrôler l’immense Empire des Indes, et à son alter ego lord Cromer, « simple » consul, de diriger l’Egypte. Au grand dam des coloniaux, il s’honore d’être le « premier serviteur de Sidna » (Notre Seigneur).

En un geste qui frappe les imaginaires, Lyautey n’hésite pas à tenir l’étrier du sultan, lorsque celui-ci descend de cheval dans les grandes occasions.

Mais le Général est vite rattrapé par les nécessités de sa fonction et son caractère autoritaire. Lorsque, le 10 octobre 1912, Lyautey écrit à son amiAlbert de Mun, «Je crois que Moulay Youssef est ma plus belle réussite», il signifie que l’édifice du protectorat est vicié, le contrôle s’exerçant sur une «créature du résident général». De surcroît, le résident s’évertue à maintenir le sultan en vase clos, entouré de «vieux Marocains rituels», sans contact avec les Européens, les automobiles et les dîners au champagne. La conservation confine alors à la momification.

Et que dire de la «politique des grands caïds» ? Lyautey s’illusionne sur les «seigneurs de l’Atlas»,chefs tribaux qu’il assimile aux pairs de France, cette vieille noblesse d’épée issue de la féodalité qui égale en dignité la Famille de France. Son royalisme nourri par Charles Maurras livre des millions de montagnards à la tyrannie du Glaoui, délaissant tout contrôle au profit de l’arbitraire le plus extrême.

Pour porter ces convictions, Lyautey s’entoure d’hommes atypiques qui doivent à la fois porter les projets du chef, faire respecter la France des musulmans, conserver le «Vieux Maroc», et faire surgir cette «Californie française» autour de Casablanca, que Lyautey appelle de ses vœux.

Entre autoritarisme éclairé et pesanteurs coloniales, que reste-t-il du protectorat et de son essence, le «contrôle» ? Dans sa stupéfiante «note du coup de barre» du 18 novembre 1920, Lyautey s’interroge. Et si le Protectorat n’était «qu’une fiction» ? Mais il se lance aussitôt dans «le plus dur constat d’échec qu’un homme d’État ait dressé contre sa propre œuvre» : «Dans la pratique, Moulay Youssef n’a aucun pouvoir réel, il n’a de rapports qu’avec le conseiller chérifien (NDLR: Lyautey) qu’il voit journellement, mais c’est tout». Le Protectorat fait approuver au sultan des textes préparés par les services de la Résidence. Les Français ont l’administration directe «dans la peau», déplore Lyautey, qui constate qu’on «en arrive de plus en plus à l’administration directe». Mais de coup de barre, il n’y eut point, et le constat demeura sans suite.

Impuissant à appliquer le Protectorat, Lyautey en tire les enseignements. Au-delà de ses boutades sur le caractère éphémère de la présence française au Maroc, le Résident manifeste une étonnante et prémonitoire lucidité. Moins de 10 ans après le traité, il écrit : «À défaut des débouchés que notre administration leur donne si maigrement et dans des conditions si subalternes, (la jeunesse marocaine) cherchera sa voie ailleurs», et «le mouvement d’idées qui est en train de naître à côtés de nous, à notre insu», tôt ou tard «prendra corps et éclatera».

En écho à cette prémonition, le vieux Maréchal déclare lors du Conseil de politique indigène à Rabat, le 14 avril 1925 : «Il est à prévoir, et je le crois comme une vérité historique, que, dans un temps plus ou moins lointain, l’Afrique du Nord évoluée, civilisée, vivant de sa vie autonome, se détachera de la métropole. Il faut qu’à ce moment-là – et ce doit être le but suprême de notre politique – cette séparation se fasse sans douleur et que les regards des indigènes continuent à se tourner avec affection vers la France».

L'héritage de Lyautey au Maroc

L’ampleur de l’héritage laissé par Lyautey est considérable. L’empreinte la plus puissante concerne le trône chérifien, qu’il a reconstruit et pérennisé, doté d’un pays soumis et pacifié, et dont il a réinventé le prestige et la puissance. L’absence d’équivalent dans tout le monde musulman est à lui seul la preuve de l’ampleur de ce travail. Après 1912, Lyautey s’est attaché à réaliser la «pacification» du Maroc au nom du sultan.

Mais l’empreinte de Lyautey excède l’héritage étatique marocain. Jusqu’à la fin du Protectorat le 2 mars 1956, les 13 Résidents qui succèdent à Lyautey s’appliquent à «faire du Lyautey». Pourtant, leur conservatisme souvent frileux et parfois borné ne résiste pas à la comparaison. Lui avait anticipé l’indépendance du Maroc à l’aube des années 1920. Mais les convictions de Lyautey, ses goûts et ses représentations, ont aussi durablement conforté un modèle politique et social marocain.

Le premier héritage qui transcende le Protectorat, c’est l’excès d’autorité du pouvoir d’État, et plus encore de son chef. Lyautey «considérait son pouvoir comme régalien, il se voulait entièrement libre», note son biographe Charles-André Julien. Son successeur, le Résident Alphonse Juin, ne s’y trompe pas, qui déclare au Président Vincent Auriol le 5 octobre 1947: «Oui, Lyautey instaura l’administration directe (…). Tous auraient fait comme Lyautey. Il fallait d’abord créer l’État chérifien». Jacques Berque, ancien contrôleur civil, reprend à son compte cette formule en vogue depuis Lyautey : «Le Maroc est un pays où l’autorité est un postulat administratif. On n’y parle jamais de contrôle de l’autorité, mais d’autorité de contrôle».

Le second héritage durable est l’extrême fragilité du sentiment démocratique légué par Lyautey. Ce représentant de la République n’avait que mépris pour elle, lui préférant l’autorité sans contrôle, et le respect des hiérarchies traditionnelles. Lyautey agit toujours en «patron et non en démocrate» et a «dans la peau le dogme des hiérarchies sociales». Lyautey a révoqué certains de ses fonctionnaires, même de qualité, pour républicanisme, mais s’accommode de la corruption de ceux qui le servent, s’ils lui obéissent. Confrontées au spectacle d’une France autoritaire éloignée des principes qu’elle proclame, les élites marocaines restent souvent à l’écart des idées démocratiques, et se demandent légitimement si la République française n’est pas, elle aussi, une fiction. Pour eux, des expériences comme celle des révolutionnaires Mouvement du 20 février sont soit au mieux romantiques soit au pire dangereuses pour «l’ordre établi» si cher à Lyautey.

Le troisième héritage manifeste de Lyautey est la perpétuation au Maroc d’un ordre social particulièrement inégalitaire. Devant les chefs indigènes, Lyautey déclare en octobre 1916 : «Le Makhzen fortuné, les chefs héréditaires et les Pachas forment autour de lui (le sultan) comme une couronne éclatante de joyaux précieux». Dans la directive politique qui découle de cet éloge aux grandes familles, Lyautey exige de ses administrateurs «que les rangs et les hiérarchies soient conservés et respectés, que les gens et les choses restent à leurs places anciennes, que ceux qui sont les chefs naturels commandent et que les autres obéissent». Cette politique s’est matérialisée par les «écoles de fils de notables», les collèges musulmans,l’école des officiers de Dar el Beïda de Meknès, ou encore la politique des Grands Caïds. Plus tard, ce seront les lycées de la Mission française qui assureront cette politique de «coopération» dont l’un des plus imposants, celui de Casablanca, porte le nom du Maréchal Lyautey.

Les idées de Lyautey

Dans Lyautey écrivain (1976), André Le Révérend souligne ses conceptions très peu démocratiques. Lyautey considéra dès sa jeunesse qu’il appartenait à «une caste supérieure», et ne doutait pas d’avoir «le sentiment dans le sang» de faire partie «de la classe sociale la plus élevée». Cette propension à la suffisance sociale lui donnait l’assurance d’être dans son bon droit, d’être le «right man» appelé de ses vœux à la reconstruction de «l’Empire fortuné». Il aurait pu endosser le rôle du «Général revanche» selon l’expression de l’historien Daniel Rivet face à l’Allemagne, ou encore devenir le «Mussolini de la France» des années 30, mais l’histoire lui offrit le Maroc.


Sa devise, empruntée au poète anglais Percy Bysshe Shelley[1], est restée célèbre : « La joie de l'âme est dans l'action ».

Sommaire [masquer] 1 Biographie 1.1 Une éducation militaire 1.2 Carrière 1.3 Maroc 1.4 La fin de sa vie en Lorraine 1.5 Le retour à la foi de l'enfance 1.6 Vie privée 1.6.1 Selon les historiens 1.6.2 En littérature 2 Son idée de la France 3 Distinctions 4 Héritage et hommages 5 Œuvres 6 Armoiries 7 Galerie 8 Bibliographie 9 Notes et références 9.1 Notes 9.2 Références 10 Voir aussi 10.1 Articles connexes 10.2 Liens externes


Biographie[modifier] Une éducation militaire[modifier]Issu par son père[Note 1] d'une famille d'origine franc-comtoise (commune de Vellefaux) installée en Lorraine et qui s'était illustrée lors des campagnes du Premier Empire, descendant d'une famille de la noblesse normande par sa mère[Note 2], Louis Hubert Gonzalve Lyautey, neveu, petit-fils[Note 3] et arrière-petit-fils d'officiers généraux, fait à l'âge de deux ans une chute du balcon du premier étage de l'hôtel de la Reine, place Stanislas à Nancy, où habite alors sa famille. Heureusement soigné par le chirurgien Velpeau[5], il doit cependant porter un corset pendant dix ans, ce qui l'oblige à rester fréquemment alité mais lui donne le goût des livres. Cet accident va avoir des conséquences à la fois sur son tempérament et sur sa psychologie. Immobilisé, il passe son temps à lire des livres d'histoire et est grisé par l'épopée napoléonienne mais aussi par les récits des explorateurs, des voyageurs et des missionnaires. Dans le même temps, le petit Hubert est choyé par sa grand-mère maternelle, sa mère et sa tante Berthe.

Son père l'inscrit au lycée Sainte Geneviève situé alors à Paris dans le 5e arrondissement pour qu'il y prépare le concours d'entrée à l'École polytechnique et qu'il devienne ingénieur. Mais, marqué, comme la plupart des jeunes gens de sa génération, par la défaite française de 1870, et doué d'une volonté tenace, Lyautey réussit en 1873 à entrer à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr près de Versailles. Bien que ses résultats y soient excellents, Lyautey ne s'y plaît pas et nourrit sa réflexion de rêves de grandeur et d'une profonde recherche spirituelle.

C'est l'époque où il rencontre Prosper Keller ou encore Albert de Mun, avec qui il fréquente les cercles catholiques. Sorti de l'école et menant à Paris la vie mondaine d'un jeune officier de son rang, mais en pleine quête spirituelle, Lyautey ne cache pas ses opinions catholiques et légitimistes, alors que la France est devenue républicaine. D'après certains historiens, il se pose également sérieusement la question de la vocation religieuse ; aussi fait-il à deux reprises une retraite en montagne, au monastère de la Grande Chartreuse[6].

Carrière[modifier]En 1875, classé 29e sur 281, il sort de Saint-Cyr et est affecté au 26e Bataillon de Chasseurs à Pied. Deux ans plus tard, il devient lieutenant et, à l'occasion d'un congé, il entreprend de faire un voyage à travers l'Europe, en direction de l'Autriche, dans le but secret de rencontrer le comte de Chambord en exil… Finalement il renonce et part deux mois en Algérie avec son camarade Prosper Keller. Cette première découverte de l'Algérie est un enchantement.

De retour, il ne reste que peu de temps en France puisque le 2e Régiment de Hussards où il est affecté est transféré en Algérie.

Il passe deux années en Algérie d'abord à Orléansville, puis à Alger. Il critique la politique coloniale française et prône un "système plus civilisé et plus humain". Lyautey est conquis par l'orientalisme et transforme ses appartements en palais des mille et une nuits tout en se montrant très respectueux de la civilisation locale et de la religion musulmane.

En 1882, promu capitaine, il est muté au 4 e Régiment de Chasseurs à Cheval à Bruyères, dans les Vosges. Profitant de permissions pour se rendre en Italie, il voyage vers Rome en faisant étape en Autriche à Göritz, lieu de l'exil du comte de Chambord. Celui-ci, averti des rumeurs de prochain Ralliement du pape à la République, charge Lyautey d'une mission auprès de Léon XIII qui le reçoit en audience le 18 mars 1883. Lyautey en sort visiblement déçu, pressentant que l'opinion du pape est déjà faite.

Lyautey rencontre bientôt, à l'occasion d'une revue militaire, le général L'Hotte, inspecteur de la cavalerie, qui, séduit par la personnalité du jeune officier, le choisit comme aide de camp. Pendant les quatre années passées auprès du général L'Hotte, Lyautey va beaucoup voyager à travers la France et ses villes de garnison et s'initier à la tactique militaire, alors en complet renouvellement, au prix d'un travail harassant. Il mène également une vie très mondaine à Paris et en province, fréquentant les salons de la haute société et se liant avec écrivains et artistes.

Si à cette époque Lyautey se laisse gagner peu à peu par le scepticisme religieux, ses années passées en garnison et son retour au contact de la troupe (affectation en 1887 au 4e chasseurs à Cheval) ont suffisamment nourri son esprit qui mûrit des idées novatrices sur la fonction de l'Armée. En 1891, il publie ainsi un long article dans la célèbre Revue des deux Mondes sur le Rôle social de l'officier. Ce texte, non signé (selon les règlements alors en vigueur), mais dont l'auteur est vite connu, crée un important débat, parce qu'il défend l'action éducatrice de l'Armée, au-delà de sa fonction purement militaire. Le battage fait autour de cet article fondateur, la grande visibilité de l’officier ne nuiront pas à sa carrière. Nommé chef d'escadrons au printemps 1893, il est affecté au 12e Hussards, à Gray, en Haute-Saône.

Plus tard, il sert en Indochine de 1894 à 1897 (poste choisi notamment pour éviter la proposition de mariage d'une femme de bonne famille[6]), d'abord à l'état-major du corps d'occupation à Hanoï, au Tonkin, puis en qualité de chef du bureau militaire du gouverneur général Armand Rousseau. C'est au Tonkin qu'il rencontre Gallieni qu'il rejoint ensuite à Madagascar où il est affecté de 1897 à 1902. Cette expérience auprès d'un général qui a bâti sa réputation dans les colonies le marque profondément. Lyautey au Maroc voudra toujours bâtir, au profit du peuple "colonisé".

En 1895, au cœur de l'affaire Dreyfus, Lyautey exprime dans ses lettres ses doutes sur la culpabilité de l'accusé :

« Ce qui ajoute à notre scepticisme, c'est qu'il nous semble discerner là une pression de la soi-disant opinion ou plutôt de la rue, de la tourbe [...] Elle hurle à la mort contre ce Juif, parce qu'il est Juif et qu'aujourd'hui, l'antisémitisme tient la corde[7]. »

Colonel en 1900, général de brigade en 1903, puis général de division en 1907, Lyautey obtient en 1908 le commandement de la division d'Oran, à la frontière du Maroc. Il rencontre à plusieurs reprises Charles de Foucauld[6].

Maroc[modifier]Au Maroc, il fut chargé en mars 1907 d'occuper Oujda, en représailles de l'assassinat à Marrakech du docteur Mauchamp; il réprima ensuite le soulèvement dans la région des Béni-Snassen en novembre 1907, et fut nommé haut-commissaire du gouvernement pour la zone marocaine occupée dans la région d'Oujda.


Le no 5 rue Bonaparte, lieu de résidence parisien de Lyautey entre 1911 et 1934.En mars 1912, la convention de Fès établit le Protectorat français dans l'Empire chérifien, dont Lyautey fut le premier résident général. Il entreprit la « pénétration pacifique » du Maroc, malgré le début de la Première Guerre mondiale.

C'est en tant que résident général qu'il laissera une trace profonde dans la société et l'urbanisme marocains. Il entreprit de nombreux travaux, dans divers domaines, tels que dans l'agriculture, la foresterie (avec Paul Boudy)… Attaché à la culture locale comme l'écrivaine Isabelle Eberhardt dont il fut proche, il édicta plusieurs lois visant notamment à protéger les centres anciens des grandes villes (les villes coloniales seront construites à la périphérie des médinas) ou à établir des règles strictes laissant aux Marocains des espaces de liberté (interdiction pour les non-musulmans de pénétrer dans les mosquées).

Pendant la Première Guerre mondiale, Lyautey fut ministre de la Guerre dans le gouvernement d'Aristide Briand, entre décembre 1916 et mars 1917.

Il retourna ensuite au Maroc, et fut fait maréchal de France en 1921. Mais, sous le gouvernement de Paul Painlevé, il se vit retirer le commandement des troupes engagées contre la rébellion d’Abd-el-Krim qui fut confié à Philippe Pétain. Lyautey démissionna et rentra définitivement en France en 1925. Dans ce contexte [colonialisme, occupation], et lors de son passage au Maroc, il avait affirmé que « la France se doit d'être une grande puissance musulmane ».

Il jugeait ainsi son œuvre au Maroc :

« Au fond, si j'ai réussi au Maroc, dans la tâche que le gouvernement de la République m'avait confiée là-bas, c'est pour les raisons mêmes qui me rendaient inutilisable en France [...] J'ai réussi au Maroc parce que je suis monarchiste et que je m'y suis trouvé en pays monarchique. Il y avait le Sultan, dont je n'ai jamais cessé de respecter et de soutenir l'autorité [...] J'étais religieux, et le Maroc est un pays religieux [...] Je crois qu'il n'y a pas de vie nationale possible et prospère, et naturelle, qui ne fasse sa place au sentiment religieux, aux disciplines religieuses [...] Je crois à la bienfaisance, à la nécessité d'une vie sociale hiérarchisée. Je suis pour l'aristocratie, pour le gouvernement des meilleurs [...] J'ai vu qu'il y avait des écoles où allaient les enfants de telles classes, d'autres écoles où allaient des enfants d'autres milieux et qui ne se mélangeaient pas [...] J'ai respecté tout cela, à la fois parce que cette soumission au fait fortifiait ma propre politique et parce que mes propres convictions m'en montraient la légitimité et la noblesse [...] Mais tout cela m'eût été impossible en France [...] Et c'est pour cela que je n'aurais peut-être pas réussi à Strasbourg[8]. »

La fin de sa vie en Lorraine[modifier]Après l'incendie et le pillage par les troupes allemandes de la propriété familiale à Crévic, effectués en représailles du traité de protectorat du Maroc, le maréchal Lyautey décide de s'installer à Thorey, ville qui adjoindra à son nom celui de son célèbre résident. Il y fait construire un château sur l'édifice d'une gentilhommière héritée de la sœur de sa mère dont il était très proche. Le maréchal s'y installe en 1925, à 71 ans. En 1926, il y reçoit le sultan Moulay Youssef.

En 1931, il organise dans le Bois de Vincennes l'Exposition coloniale internationale dont il est le commissaire général, couronnant ainsi l'entreprise française réalisée dans les colonies (on peut encore voir le salon qui lui servait de lieu de réception à l'époque au Palais de la Porte Dorée).

Il avertit, dans une préface à la traduction française du Mein Kampf de Adolf Hitler : « Tout Français doit lire ce livre. » Il ne s'agit nullement d'une approbation, la traduction étant parue contre la volonté de l'auteur du livre, mais au contraire d'un avertissement sur le danger que représentent pour la France les desseins de Hitler.

Le maréchal demeurera à Thorey jusqu'à sa mort, le 27 juillet 1934, âgé de 79 ans. Après une messe à Thorey, le corps du maréchal est déposé dans le caveau des ducs de Lorraine, à l'Église des Cordeliers de Nancy. Lorsque le décès du Maréchal est annoncé, le sultan du Maroc, qui était à Marseille et allait s'embarquer, va s'incliner devant la dépouille du grand homme : « il pleurait »[3]. Un an après, son corps est inhumé à Rabat. Depuis 1961 à la demande du général De Gaulle qui voulait éviter que son mausolée à Rabat soit profané, le corps du maréchal Lyautey repose dans la chapelle de l'hôtel des Invalides, à Paris[6]. L'inscription suivante est gravée sur son tombeau : « Être de ceux auxquels les hommes croient dans les yeux desquels des milliers d'yeux cherchent l'ordre à la voix desquels des routes s'ouvrent des pays se peuplent des villes surgissent »

Le retour à la foi de l'enfance[modifier]Gagné dans les années 1880 par un scepticisme religieux qui l'angoisse, le capitaine Lyautey entame un long cheminement spirituel. Le questionnement intense auquel il se soumet[9] ne l'éloigne cependant pas définitivement de l'idée de Dieu et de son admiration pour l'Église, dont il reste culturellement proche et dont il partage la plupart des positions morales, sociales et politiques. Il reste particulièrement lié à son condisciple le docteur Paul Michaux, figure emblématique de l'intelligentsia catholique parisienne et fondateur en 1898 de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France.

L'approfondissement se construit pour Lyautey en trois étapes : recherche et questionnement de jeunesse face à son scepticisme naissant (« Je voudrais aimer Dieu, mais je n'arrive pas à le faire par gratitude » - 13 décembre 1875), fascination dans sa vie d'homme pour le Dieu des idées (« Mais l'admiration n'est pas l'amour ») et redécouverte apaisée du Dieu-Amour dans sa vieillesse[10]. Lyautey achève pleinement sa réconciliation avec l'Église le jeudi saint 1930 (17 avril), lorsque, après s'être confessé, il reçoit la communion du curé de Thorey, source d'une immense joie dont il s'ouvre quelques jours plus tard à son ami Wladimir d'Ormesson[11] et qui ne le quittera plus jusqu'à sa mort.

Il redécouvre aussi la foi par le scoutisme et fait la connaissance d'un chef scout en route vers le sacerdoce, le futur père Patrick Heidsieck. Une correspondance nait entre le jeune prêtre qui devait partir pour la Pologne et le vieil officier qui, dès 1930, de par ces échanges, reprend le chemin de l'église, de la confession et de la prière à genoux tous les soirs. Lyautey brisait ainsi une longue période de traversée du désert religieuse et renouait avec une jeunesse où sa foi était ardente.

Vie privée[modifier][modifier] Selon les historiensEn 1907, ayant dépassé la cinquantaine, le général Lyautey fait la connaissance d'Inès de Bourgoing qu'il épousera deux ans plus tard, le 14 octobre 1909, à Paris. Celle qu'on appellera « la maréchale Lyautey », issue d'une vieille famille du Nivernais, avait épousé en premières noces le capitaine d'artillerie Joseph Fortoul, mort subitement. Faisant preuve d'un grand dévouement, elle œuvra de concert avec son mari qui disait d'elle qu'elle était « son meilleur collaborateur ».

Si l'homosexualité de Lyautey semble avérée[12],[13], certains auteurs parlent plutôt d'une « sensualité homophile » et nombre de ses biographes esquivent cet aspect de sa personnalité afin, selon Arnaud Teyssier, de ne pas entacher sa réputation[14]. Ce n'est qu'à partir des années 1970 qu'il sera fait mention d'une inclination, qui se retrouve dans les écrits de l'officier, dans différents ouvrages français sur l'homosexualité[15].

L'historien militaire Douglas Porch relie d'ailleurs l'homosexualité de Lyautey à sa carrière et y voit, avec son monarchisme et ses manières aristocratiques, une des raisons de son « exil » dans les colonies qui se transformera, selon l'historien, en un véritable « Chemin de Damas[16] ». Il souligne d'ailleurs le paradoxe des fréquentations de ce conservateur, proche des cercles artistiques et de politiciens de centre-gauche dont les vues politiques étaient assez éloignées des siennes[17].

[modifier] En littératureGeorges Clemenceau aurait dit de lui : « Voilà un homme admirable, courageux, qui a toujours eu des couilles au cul… même quand ce n'étaient pas les siennes[18]. » Le Tigre, républicain et anticlérical jusqu'au bout était aux antipodes idéologiques du maréchal aristocrate, monarchiste et catholique qu'était Lyautey. Clemenceau, qui pourtant combattit les militaires lors de l'Affaire Dreyfus a pourtant soutenu Lyautey et son œuvre marocaine au cours de sa carrière présidentielle et à la présidence de la Commission des Armées ; selon le général Mordacq, chef de cabinet du Ministère de la Victoire et qui connaissait le Maréchal depuis le Tonkin en 1895, Clemenceau a aussi regretté la mise à l'écart de Lyautey puis son départ du Maroc lors de la guerre du Rif.

L'allusion de Clemenceau à l'orientation sexuelle du maréchal est notamment reproduite par Christian Gury dans son livre Lyautey-Charlus[19], consacré aux rapports de Lyautey et de l'homosexualité. Gury montre notamment de quelle façon Lyautey aurait pu servir de modèle au baron de Charlus, le célèbre personnage d’À la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Guy Dupré évoque également l'homosexualité de Lyautey dans son livre Les Manœuvres d'automne[20] et Angelo Rinaldi en fait état à plusieurs reprises dans Service de presse[21].

Jean Cocteau, qui le connaissait bien, raconte que Lyautey lui avait demandé un exemplaire de son Livre blanc, un livre semi-clandestin paru en 1928, sans nom d'auteur, avec des dessins homoérotiques dans le style aisément reconnaissable de Cocteau. Après l'avoir lu, Lyautey reçoit Cocteau pour le féliciter et lui dit ensuite : « Je vous laisse avec ce jeune lieutenant, vous lui expliquerez tout cela et vous lui direz qu'il ne doit pas se buter »[22].

Son idée de la France[modifier]D'origine aristocratique par sa mère, Lyautey affichait des opinions monarchistes. Défenseur de la cause légitimiste, il était en désaccord avec son père, fervent orléaniste. L'aïeule de Lyautey pour ses 80 ans aurait déclaré devant sa nombreuse descendance rassemblée pour l'occasion : « Vous êtes ici plusieurs centaines, et je bénis le ciel que, s'il y a des légitimistes, des orléanistes, des bonapartistes, il ne se trouve pas un seul républicain[23]. » Même s'il était monarchiste, il avait des préférences, comme souvent parmi les Lorrains, pour les familles outre-Rhin. On le disait plutôt « légitimiste », mais la famille royale française elle-même savait bien qu'il avait des préférences pour les Habsbourg[23].

Il se rallia néanmoins à la République à la fin des années 1890 après un entretien privé avec le pape Léon XIII, acceptant de la servir sans pour autant renier ses convictions.

« Moi, je suis un homme du Nord, un Lorrain, un Normand, un Rhénan ; il y a de tous ces sangs-là dans mon sang ; mais rien qui vienne d'au-dessous de la Loire… Je n'ai jamais pu regarder un Toulousain comme un compatriote. » « […] Dieu sait si j'aime la Lorraine – c'est mon pays… Mais quand je sortais de Lorraine pour aller en Alsace, je trouvais un ordre, une propreté, une discipline qui contrastaient avec le fumier des rues de nos villages, le laisser-aller. L'Alsace m'offrait le spectacle de tout ce que j'aime dans la vieille France et de tout ce que j'admire dans l'Allemagne – ce qu'il y a de meilleur dans l'une et dans l'autre… Je n'aime pas la Prusse. Mais l'Allemagne, c'est un grand peuple et qui a fait de grandes choses. Et j'espérais que tout cela serait maintenu dans l'Alsace, étendu à toute la France pour son profit… » L'Alsace, la Lorraine – les « pays », quoi… c'est du réel, de l'humain… Après la guerre, j'avais cru, j'avais espéré qu'en respectant là-bas ce qu'il fallait respecter, on pourrait faire quelque chose d'intéressant, de neuf, dont le reste du pays aurait pu ensuite s'inspirer et aurait recueilli le bénéfice. Un régionalisme vivant, souple, aéré… Mais non ! Il fallait tout centraliser, tout unifier, tout ramener au gabarit, et cette illusion-là est allée rejoindre les autres illusions de la victoire »[24]. » « Tout Français doit lire ce livre. » dans Mein Kampf en français[25], en référence au funeste sort réservé à la France[réf. nécessaire] dans le livre d'Adolf Hitler que bon nombre de ses habitants semblaient ignorer. Lyautey possédait lui-même un exemplaire spécialement dédicacé par Adolf Hitler[réf. nécessaire].

Distinctions[modifier]Il est brillamment élu (avec 27 voix) à l'Académie française en 1912 au fauteuil 14, accueilli par l'historien moderniste Louis Duchesne qui prononça son discours de réception.

Il est élevé à la dignité de maréchal de France le 19 février 1921. Le même jour, il reçoit du prétendant au trône de France, Philippe d'Orléans, la plaque de l'ordre du Saint-Esprit[26]. Il possédait également la Médaille Militaire du maréchal Canrobert et la Médaille de Sainte-Hélène qu'un vieux paysan lui avait donnée parce que son fils à qui il l'aurait léguée était mort au Champ d'Honneur. Il est aussi élevé à la dignité de Grand-Croix de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (1930).

Membre du comité de patronage des éclaireuses éclaireurs de France aussitôt après leur fondation (1911), ainsi que de celui des Éclaireuses et Éclaireurs unionistes de France, il se voit offrir la présidence d'honneur des Scouts de France en 1929. Ni le général Guyot de Salins, ni le chanoine Cornette n'auraient accepté d'offrir la présidence d'honneur d'un mouvement catholique à un homme qui aurait pu prêter le flanc à une critique même légère vis-à-vis des principes catholiques de l'époque[27]. Le château de Thorey-Lyautey abrite aujourd'hui un musée du scoutisme.

Il est commissaire général de l'Exposition coloniale internationale de 1931 et, à ce titre, fait construire le Palais de la Porte Dorée qui abrite jusqu'à récemment le musée des arts africains et océaniens, et qui est aujourd'hui la Cité nationale de l'histoire de l'immigration. Le portrait de lui par Laszlo était accroché dans ce bâtiment.

Héritage et hommages[modifier] 

Tombeau de Lyautey aux InvalidesAu Maroc, le lycée Lyautey de Casablanca est l'un des plus grands lycées français de l'étranger. Le portrait du maréchal Lyautey qui orne l'établissement a été réalisé dans les années 1990, sur une proposition de la direction, et a soulevé un débat parmi les élèves quant au regard à porter sur l'œuvre et les responsabilités du maréchal Lyautey[réf. nécessaire]. À la même période, un drapeau français, accroché par la direction sans le drapeau marocain, a été retiré par des élèves[réf. nécessaire].

Une ville portuaire du Maroc, a porté le nom de « Port-Lyautey » jusqu'à la fin du protectorat. Elle fut rebaptisée « Kenitra » et est située à 30 km au Nord, environ, de la capitale, Rabat.

La Corniche Lyautey du Lycée militaire d'Aix-en-Provence est également placée sous son patronage depuis 1956.

La 17° promotion du collège interarmées de défense porte son nom[28].

Le 1er escadron du 4e régiment de chasseurs basé à Gap (Hautes-Alpes) a été commandé par le Maréchal Lyautey et porte son nom.

Plusieurs troupes de scouts portent aussi son nom[29].

Œuvres[modifier]Le rôle social de l'officier, 1891

Du rôle colonial de l'armée, 1900 Dans le Sud de Madagascar, pénétration militaire, situation politique et économique, 1903 Lettres du Tonkin et de Madagascar : 1894-1899, 1920 Paroles d'action : 1900-1926, 1927 Lettres du Tonkin , 1928, illustrée par Jean Bouchaud - éditions nationales (Paris) Lettres de jeunesse : 1883-1893, 1931 Vers le Maroc : lettres du Sud-Oranais : 1903-1907, posthume, 1937 Notes de jeunesse : 1875-1877, dans Rayonnement de Lyautey, posthume, 1947 Albert De Mun - Hubert Lyautey : Correspondance (1891-1914), Paris, Société de l'Histoire de France, 2011.