Charles Luca
Charles Gastaut, dit Charles Luca, était un journaliste et un militant politique français.
Biographie
Charles Gastaut avait épousé une nièce de la femme de Marcel Déat.
Comme beaucoup de ses contemporains, après avoir d'abord milité dans les rangs socilaistes, il est séduit par les mouvements fascistes.
En 1947, il crée la Société de préparation militaire Antoine de Saint-Exupéry, en compagnie de Charles Foucher, Victor Lardineaux, Claude Vernoux et Jean Mercier. La plupart d'entre eux avaient milité dans l'organisation de Marcel Bucard. La motivation à créer un tel groupe provenait avant tout de la volonté d'éviter d'être condamné en vertu de la loi de 1936 sur les milices privées. Cela permettait aux adhérents d'effectuer deux ans de préparation physique et technique au service militaire. En 1948, les adhérents de ce qu'on commence à appeler simplement les Commandos de Saint–Ex atteignent un effectif qui se situe entre 800 et 1000. Présents dans une vingtaine de villes françaises, ils secondent les pompiers, ils participent aux travaux de reconstruction des villages détruits et organisent des activités sportives de toutes sortes. Les motivations politiques restent au second plan, ce qui n'empêche pas le ministre Jules Moch de dissoudre l'association par décret en novembre 1949.
Luca ne se décourage pas et fonde avec ses camarades le Mouvement National Citadelle. Les objectifs du nouveau mouvement étaient la fin de l'Épuration menée par les communistes, la constitution d'une fédération impériale européenne libérée de l'OTAN et de l'occupation soviétique, une réforme constitutionnelle pour mettre fin à l'instabilité de la IVe République, la refonte du système éducatif, la défense de la famille. Il affirmait lutter pour un socialisme national, opposé au communisme et au capitalisme international. Son organe de presse était Fidélité.
Le groupe se met en relation avec d'autres mouvements nationalistes européens partageant les mêmes perspectives européennes. Il adhère au Mouvement social européen fondé à Malmö en 1951.
Sous l'influence de Pierre Reboux, dirigeant syndical, ancien communiste et militant particulièrement actif, le groupe, après avoir provisoirement adopté le nom de Parti Socialiste Français, se renomme en 1955 en Phalange Française. Le groupe s'engage dans la défense de l'Algérie française. Il crée une organisation de jeunesse, les Jeunesses Phalangistes, un syndicat ouvrier, le Front Uni du Travail.
La Phalange participe au congrès de fondation de la Deutsche Soziale Union d'Otto Strasser en juin 1956. Dans la délégation, on remarque déjà Henri Roques, secrétaire du mouvement. En 1957, les Jeunesses Phalangistes adhèrent au Kameradschaftsring Nationaler Jugendverbunde (K.N.I.), qui tentait de fédérer tous les mouvements de jeunesse européens.
Le nombre d'adhérents de la Phalange semble avoir stagné autour du millier. Toutefois, le mouvement met l'accent sur la formation des cadres et non l'adhésion de masse. Il a également une présence chez les Français de Tunisie et d'Algérie.
Le 15 mai 1958, dans un contexte de tensions et d'affrontements de rue en lien avec la guerre d'Algérie, le gouvernement Pflimlin décrète la dissolution de la Phalange, de Jeune Nation, du Parti Patriote Révolutionnaire de Jean-Baptiste Biaggi et du Front d’action nationale.
Le groupe se reconstitue peu après sous la dénomination de Mouvement Populaire Français, qui annonce sa fondation le 16 juin 1958.
Le MPF lance de nombreux appels à constituer une internationale antimarxiste et anticapitaliste, en défense de la race blanche. .
En été 1960, le mouvement est dissout par décret ministériel pour atteinte à la sûreté de l'État et reconstitution de ligue dissoute. Luca doit s'exiler en Italie pour échapper aux poursuites. Il rentre ensuite en France mais y vit dans une semi-clandestinité.
En août 1963, Luca rentre sur la scène politique en fondant à Mulhouse avec ses anciens camarades Paul Bocquentin (secrétaire) et Daniel-Louis Burdeyron (trésorier) le Mouvement Peuple Nation (MPN). Le groupe se dote d'un mensuel, Fanal mais périclite très rapidement en raison du départ, en décembre de la même année, de Bocquentin et Burdeyron qui rejoignent le Mouvement national français (MNF), section française de la World Union of National Socialists (WUNS). Suite à cet échec, Charles Luca cesse toute activité politique.