Udo Voigt
Udo Voigt, né le 14 avril 1952 à Viersen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) et décédé 17 juillet 2025, était un politologue et un homme politique allemand.
Il a été président du Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) de 1996 à 2011 et député au Parlement européen de 2014 à 2019.
Sommaire
Biographie
Le père d'Udo Voigt, décédé en 2000, a été membre de la SA, puis a servi dans la Wehrmacht comme caporal-chef. Fait prisonnier par les Soviétiques, il est libéré en 1947 et peut enfin retourner en Allemagne. Il travaille ensuite comme chauffeur.
Formation
Udo Voigt effectue tout d'abord une formation de constructeur d'avion. En 1972, il s'engage dans l'aviation militaire, où il servira durant 12 ans. Il est promu officier, atteint le grade de capitaine. Il exerce des fonctions d'instructeur, aussi bien aux États-Unis qu'en Grèce.
Il quitte l'armée en 1984, car son commandement exige de lui qu'il démissionne du NPD, dont il est membre depuis 1968.
Il commence alors des études en science politique à l'université Ludwigs-Maximilian de Munich. Il est diplômé en 1987.
Carrière politique
Son retour à la vie civile lui permet un engagement politique plus actif au sein du NPD. Membre de la section bavaroise depuis 1982, il entre au comité directeur en 1984. En 1986, il entre au comité central fédéral. En 1992, il est président de la section bavaroise. Sur le plan professionnel, il est alors entrepreneur.
En 1996, il est élu président du parti au niveau fédéral, remplaçant Günter Deckert, emprisonné pour délit d'opinion. Le parti est alors dans une situation critique, aussi bien sur le plan financier que sur celui des adhésions. Udo Voigt parvient à redresser la barre. Le parti passe de 2800 adhérents en 1996 à 6000 adhérents en 2000, puis monte jusqu'à 7000. Il engagé des pourparlers avec la DVU, qui aboutissent à une fusion avec le NPD en 2011.
Il est toutefois remplacé à la tête d'une parti au congrès de 2011 par Holger Apfel.
Il s'occupe ensuite de la section berlinoise, avant d'être élu député européen en 2014. Il est l'un des artisans de la constitution de l'Alliance pour la paix et la liberté.
Persécutions judiciaires
Udo Voigt a été plusieurs fois poursuivi pour incitation à la haine raciale, notamment pour la diffusion de tracts jugés à caractère discriminatoire. En 2009, il est condamné à une peine de prison avec sursis et à une amende, mais conteste la décision, la qualifiant de persécution politique.
En 2015, le Parlement européen vote la levée de son immunité parlementaire dans une affaire liée à des affiches jugées racistes, publiées lors de la Coupe du monde de football de 2006.
Retrait
Non réélu au Parlement européen en 2019, il se retire de la vie politique, tout en contribuant à la presse de son parti.
Il décède de maladie en 2025, à l'âge de 73 ans.
Publications
- Der deutschen Zwietracht mitten ins Herz! Mein Weg mit der NPD, Nordlandverlag, Hanstein, 2013.
- Einer für Deutschland. Als Europaabgeordneter in Straßburg und Brüssel, Europa Terra Nostra, 2018.
Textes à l'appui
Hommage : Il était le meilleur, par Karl Richter
Parfois, lorsqu’un ami s’en va, on a l’impression qu’une époque se termine. Car le défunt était, subjectivement parlant, toujours là. Udo Voigt, le président de longue date de la NPD, en était un exemple. Je ne fais pas partie de ceux qui ont été imprégnés de la NPD dès le berceau, mais je l’ai rejoint seulement en 2004, après l’entrée d'élus du parti au Landtag de Saxe. À cette époque, Udo Voigt dirigeait déjà la formation depuis huit ans. Aujourd’hui, avec le recul, je le sais désormais: il a été le meilleur chef de ce parti. Ses successeurs n’étaient guère plus que des administrateurs de faillite, ce qui, bien sûr, était aussi dû à la montée de l’AfD. On a laissé croire à l’opinion que l’époque de la NPD était révolue. Bien sûr, c’est faux, car un parti d’opposition fondamentalement national serait aujourd’hui plus urgent que jamais. L’AfD est encore loin de jouer ce rôle.
On pouvait dire ce qu’on voulait d’Udo Voigt. Et, bien sûr, beaucoup de choses se disaient au sein du parti. Mais une chose qu’on ne pourra jamais lui retirer, c’est qu’il était un soldat du parti dans le meilleur sens du terme. Pendant de nombreuses années, il a incarné la NPD, en étant son visage, fidèle dans les bons comme dans les mauvais moments. Il était président du parti, mais surtout : il était un excellent camarade. Son passé dans la Bundeswehr, notamment comme capitaine de la Luftwaffe, l’a marqué toute sa vie. On trouvait rapidement un ton commun avec lui, et il appréciait que l’on ait soi-même été au service. Mais, en dehors du militaire, il possédait une humanité que ses successeurs n'ont souvent pas eue.
Et je tiens également Udo Voigt en haute estime comme Jean-Marie Le Pen, l’ancien président du Front National, qui est décédé au début de cette année : il n’a jamais été autre chose qu’un patriote profondément convaincu, ardent. Udo Voigt n’a jamais été de gauche, ni libéral, ni « conservateur ». Son attachement à l’Allemagne et sa lutte pour son redressement l’ont toujours motivé, c’était la dernière force motrice de ses actions. Inoubliable, il y a eu sa protestation en décembre 2018 contre le projet Marrakech, il a été seul contre le Pacte migratoire adopté par l’ONU, ce qui lui a valu une arrestation immédiate.
Il a malheureusement aussi été un combattant solitaire au Parlement européen, dont il a été membre de 2014 à 2019 — là aussi, il a toujours évoqué les problèmes brûlants de l’Allemagne, notamment la question de la souveraineté, encore absente, de la République fédérale, et la rappelait à chaque occasion. Peu de patriotes aussi intransigeants existent aujourd’hui. On dit que ce n’est plus d’actualité ; qu’il faut faire profil bas et se faire ami d’Israël, etc.. Si c’est vrai ou non, le futur le dira, mais j’en doute. Par ailleurs, l’épée de Damoclès du bannissement du parti pèse aujourd’hui tout autant sur l’AfD que, il y a dix ans, sur la NPD.
Udo Voigt ne s’est jamais laissé acheter. Il ne voulait pas suivre la voie de Meloni, Wilders ou Farage. Jusqu’au bout, il a été un combattant pour l’Allemagne, le pays en lequel il croyait. Il est décédé après une courte maladie grave. Je suis fier d’avoir pu partager une partie de son itinéraire politique avec lui.