Mars 3
- 1793 : La ville de Bruges et le Hainaut sont réunis à la République française sous le nom de « département de Jemmapes ».
- 1878 : Le peuple bulgare retrouve son indépendance suite à la victoire Russe sur la Turquie et de la signature du traité de San Stefano, mettant fin à cinq siècles de domination ottomane. Ce jour symbolise la fin de l’oppression turque, mais aussi la libération du joug islamique, ouvrant la voie à la restauration de l’État bulgare médiéval et à l’affirmation d’une identité chrétienne et nationale.
- 1915 : À New York, au « Liberty Theatre », le public peut assister à la première représentation du film de David Wark Griffith (1875-1948), The Birth of a Nation (La naissance d’une nation). Ce long métrage, sorti initialement le 8 février 1915 à Los Angeles sous le titre The Clansman, provoqua des protestations dans le nord des Etats-Unis et le réalisateur Griffith dut supprimer environ un dixième de son film. Ces querelles firent de la publicité, d'où le changement de titre. Pourquoi ce scandale ? Ce film, sorti exactement 50 ans après la fin de la Guerre de Sécession, contredit les vérités officielles énoncées sur cette épisode historique. Le petit paysannat blanc du Sud était honnête et travailleur. La guerre a été fomentée par le Nord yankee. Les Noirs émancipés ne sont pas des saints, mais des individus avides de pouvoir. Doublé d’une romance, le film évoque les amours de la fille d’un sénateur venu du Nord et de Ben Cameron, héros du Ku Klux Klan originel, bras armé des petits blancs spoliés. La fusion d’un Nord revenu de ses illusions et d’un Sud combattant est, pour l’auteur, la nouvelle « naissance de la nation » américaine, après les affres de la guerre civile. Le Président Wilson avait applaudi et trouvé le film très « véridique ». Cette superproduction, tournée du 4 juillet au 24 septembre 1914, marque de plus la naissance d'un langage nouveau. Griffith inventait le montage narratif, l'utilisation de l'échelle des plans, les effets de caméra mobile, le suspense et le cinéma à grand spectacle. Avec ce film qui avait coûté 110.000 dollars et en avait rapporté vingt fois plus dans son pays, le cinéma américain devenait une industrie. Remarquons aussi que c'est après avoir assisté en 1915 à la projection de ce film que William Joseph Simmons décida de recréer le Ku Klux Klan.
- 1918 : Traité de paix de Brest-Litovsk entre l'Allemagne impériale et la Russie communiste.
- 1960 : Début de la « tournée des popotes » du général de Gaulle, en Algérie. Jusqu'au 7 mars, il rencontre ainsi les officiers de l'armée française pour leur exposer ses objectifs politiques. Lors de son discours à Redjas, il déclame : « La France ne doit pas partir, elle a le droit d'être en Algérie. Elle y restera. »
- 1983 : Décès à Bruxelles du dessinateur Hergé (de son vrai nom Georges Rémi), le créateur de Tintin. Vingt-trois albums retracent les aventures du journaliste européen dont le modèle original est partiellement inspiré de Léon Degrelle.
- 1986 : Début de la campagne internationale de haine contre l'homme politique autrichien Kurt Waldheim, alors qu'il est candidat, en tête dans les sondages, à la présidence du pays. Ce jour-là, le journaliste Hubertus Czernin révèle, dans la revue d’information hebdomadaire autrichienne Profil, que l’autobiographie récemment publiée de Kurt Waldheim — Im Glaspalast der Weltpolitik — contenait plusieurs omissions concernant la période entre 1938 et 1945 : son adhésion au NSDAP (notamment dans l'organisation étudiante) et sa présence comme officier de la Wehrmacht à Salonique de 1942 à 1943, sous les ordres du général Löhr, condamné à mort comme criminel de guerre en Yougoslavie en 1947. Le lendemain, le New York Times à son tour publiait un article sur Waldheim, avec comme illustration une photo de ce dernier en uniforme de la Wehrmacht aux côtés du Général de la Waffen-SS Artur Phleps à Podgorica au Monténégro. Le Congrès juif mondial affirme ensuite, qu’il avait trouvé le nom de Waldheim sur une liste de criminels de guerre nazis présumés établie par l’armée américaine. Waldheim qualifia ces accusations « de purs mensonges et d’actes malveillants » : « J’ai fait mon devoir de soldat » et « Vous ne trouverez rien. Nous étions corrects ». Pourtant, Kurt Waldheim est élu le 8 juillet 1986 avec 53,9 % des voix. En 1994, l’ancien officier du Mossad Victor Ostrovsky déclare que cette affaire fut motivée par la critique de Waldheim, alors secrétaire général de l’ONU, concernant l’action israélienne au Liban.