Jan Stachniuk

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Jan Stachniuk
Jan Stachniuk (1903-1963) fut un théoricien néo-païen et nationaliste polonais.

Les années de formation


Jan Stachniuk naquit, en 1903, dans une famille ouvrière de tradition nationaliste. Dès l’école primaire, il montra des signes de révolte anti-catholique et lorsqu’il rejoignit l’Université de Poznan en 1927, il adhéra immédiatement à une organisation étudiante progressiste, l’Union des jeunes polonais démocrates. Brillant diplômé, il fut proposé pour un poste de maître-assistant, mais les autorités universitaires renoncèrent à leur projet, suite à une grève de protestation des étudiants catholiques.

En 1933, Jan Stachniuk publia son premier ouvrage Le Collectivisme et la nation, dans lequel il développait l’idée d’un socialisme appuyé sur l’idée nationale. En 1935, sortit La Communauté nationale héroïque - Le capitalisme à l’âge de l’impérialisme, qui fut préfacé par Fliks Widy un des dirigeants du Parti travailliste. C’est dans ce livre que Stachniuk utilisa pour la première fois le terme Zadruga qu’il avait emprunté au vieux slavon et qui signifiait communauté tribale.

Zadruga


Le 1er novembre 1937, il créa à Varsovie, avec quelques amis, le cercle Zadruga qui édita immédiatement un bulletin éponyme sous-titré « Organe des nationalistes polonais ». L’attention des médias fut éveillée par le paganisme du nouveau mouvement qui mélangeait un anti-catholicisme radical, une vision panthéiste du monde et un souhait de revenir aux vieilles traditions. Des rumeurs circulèrent d’un culte rendu à Svantovit - la divinité principale du panthéon slave - comprenant des orgies avec des serpents sacrés et des boissons à base de miel fermenté. Le nonce pontifical, monseigneur Cortelesi, lança une campagne contre le néo-paganisme de Zadruga et la censure fit saisir une partie de son matériel de propagande accusé d’être blasphématoire et de causer du tort à l’Etat. En définissant le catholicisme comme une forme de judaïsme, le mouvement non seulement se fit des ennemis de l’establishment catholique et juif, mais de surcroît s’isola politiquement. En effet la gauche le dénonçait maintenant comme une structure antisémite et fasciste, tandis que la droite le jugeait païen, socialiste et pro-soviétique du fait de son panslavisme.

Malgré cela l’influence de Zadruga s’accrut parmi les intellectuels. Des cercles furent créés en Silésie et à Lublin, et des « zadruzanie » se révélèrent même dans l’émigration, principalement aux Etats-Unis où le mouvement reçut un soutien de poids avec le ralliement à ses thèses de Stanislaw Opolski, un collaborateur connu du journal américano-polonais Ameryka-Echo.

Le 24 décembre 1938, Zadruga organisa la première fête païenne publique en Pologne depuis le XIe siècle, le Szozobre Gody, version autochtone du solstice d’hiver.

En 1939, Stachniuk publia coup sur coup L’Etat et l’économie : l’origine de l’étatisme en Pologne et L’Histoire sans histoire. Dans ce dernier livre, il tentait de démontrer que le catholicisme était contraire à la psychologie nationale polonaise et qu’il avait entraîné le déclin du pays.

La guerre


La guerre dispersa les zadrugistes. Une partie d’entre eux prirent le nom de Miecz i plug (Epée et charrue) et collaborèrent avec les Allemands. Mais Stachniuk qui continuait d’animer un cercle zadrugiste à Varsovie choisit la résistance et rédigea deux nouveaux livres : Théorie de l’absence d’histoire et Théorie du mythe. En 1942, le Parti travailliste éclata et une aile radicale s’en sépara. Elle était dirigée par des proches de Stachniuk - Zygmunt Felczak et Feliks Widy - qui lui confièrent la rédaction de leur organe de presse Zryw (L’Elan) ainsi que la justification idéologique de leurs actions. Stachniuk put ainsi écrire que « il n’y a pas d’opposition entre la droite et la gauche polonaise, toutes deux sont des forces nationales qui tendent vers le même but, mais de manière différente. Il n’y a pas de contradiction entre les postulats de l’économie socialiste et ceux de l’économie nationale » et proposer une stratégie visant à ne pas tomber sous le joug soviétique sans pour cela être hostile à l’URSS, en tentant de créer au nom de la solidarité panslave un bloc polono-tchéco-yougoslave.

Sous la république populaire


Les membres de Zadruga prirent part au soulèvement de Varsovie d’août 1944. Jan Stachniuk fut arrêté et emprisonné. Libéré en février 1945, il bénéficia alors d’une situation très favorable. En effet, selon les accords de Yalta, les Soviétiques devaient respecter le multipartisme en Pologne et autoriser la création d’un parti modéré. Ils confièrent la direction de celui-ci à l’équipe du Parti travailliste qui avait scissionné en 1942 et fondé Zryw. Jan Stachniuk se retrouva avec des amis dans l’appareil d’Etat et collaborant à l’important quotidien Ilustrowany Kurier Polski (Le Courrier illustré polonais). En 1945 et 1946, il rédigea successivement La Pologne et la révolution et Le Chemin de la grande restauration, livres où il définissait le programme d’action des Polonais non-communistes. Pour lui, il fallait rompre avec le statu quo et créer un Etat de la communauté slave après avoir libéré le peuple polonais du catholicisme et des influences étrangères.

En 1946, fut aussi publiée son œuvre majeure L’Homme et la culture. Dans celle-ci, il définissait son paganisme comme un « panhumanisme » et il affirmait que la culture était l’apanage de peuples enracinés dans un terroir particulier. Les théories, les systèmes, les principes, les idées non liés à une terre particulière constituaient pour lui une « non-culture », n’avaient pas de substance tangible et détruisaient l’esprit particulier des peuples. Il rangeait parmi ces « non-cultures » les religions monothéistes et le bouddhisme.

En août 1949, la publication d’un nouveau livre de Jan Stachniuk, La Tragi-comédie de la Pologne populaire, entraîna son arrestation. Il fut accusé de fascisme et d’anti-soviétisme et condamné - ainsi que divers autres membres de Zadruga - à quinze années de prison. Il fut libéré en 1955, lors de la relative libéralisation qui suivit la mort de Joseph Staline. Il lui fut cependant interdit de publier et il vécut dans une grande pauvreté jusqu'à son décès en 1963.

Les héritiers


L’effondrement du communisme en Pologne vit la résurrection de Zadruga sous la direction d’Antoni Wacyk, un disciple de Stachniuk depuis 1937, et du jeune journaliste - lié à la Nouvelle droite européenne - Jaroslaw Tomasiewicz. Fidèle à ses thèses d’origine, l’actuel Zadruga ne sépare pas son paganisme du nationalisme - affirmant que « le patriotisme est pour nous synonyme de religion et vice versa » -, dénonce la sémitisation spirituelle de la Pologne par le catholicisme et propose de construire une civilisation fondée sur des valeurs indigènes. Proches de Zadruga sont les revues Zywiol (Eléments, le nom est repris de la revue de la Nouvelle droite française) et Tryglaw (nom d’un dieu slave), la maison d’édition Toporzel, les groupes Zrzeszenie Rodzimej Wiary (Société de la foi autochtone) et Stowarzyszenie na rzecz Tradycji i Kultury Niklot (Association pour la tradition et la culture Niklot - Niklot étant le nom d’un héros de la résistance païenne et anti-allemande du XIIe siècle) .

Bibliographie