Sigrid Hunke
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Sigrid Hunke (1913-1999), écrivain, dirigeant des Unitariens allemands.
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[modifier] Formation
Sigrid Hunke est née en 1913 à Kiel, dans une famille d'éditeur. Elle a étudié dans sa ville natale, puis à Fribourg et à Berlin, les religions comparées, la philosophie et la psychologie, la philologie germanique et l’histoire. Ses maîtres furent notamment Hermann Mandel, Martin Heidegger, Ludwig Ferdinand Clauss et Nicolai Hartmann.
Elle appartint à la direction de la Nationalsozialistischen Studentenbunde (NSDStB) et travailla à son service des relations publiques à Berlin. Elle adhéra au NSDAP le 1er mai 1937. Par la suite elle collabora aux recherches menées par l'Ahnenerbe et donna des articles à sa revue Germanien.
En 1940, elle passa sa thèse de philosophie avec Eduard Spranger. Elle épousa ensuite le futur diplomate de la RFA, Peter H. Schulze, à qui elle donnera trois enfants.
[modifier] Œuvre
Après la guerre elle écrivit quelques nouvelles et romans, jusqu’au jour où elle fut prise d’une véritable passion pour l’essai scientifique. Ainsi, en 1955 paraît Am Anfang waren Mann und Frau [= A l’origine, il y avait l’homme et la femme], une psychologie des relations entre les sexes, un livre qui a été lu dans les commissions du Bundestag, quand il s’agissait de codifier les articles assurant l’égalité en droit de l’homme et de la femme. Dans Le Soleil d’Allah brille sur l’Occident, paru en 1960, Sigrid Hunke s’est révélée comme une grande spécialiste de la culture arabe. Le livre a été traduit en sept langues. En 1974, Sigrid Hunke est nommée membre d’honneur du « Conseil Supérieur des Questions Islamiques », en tant que femme, qu’étrangère et que non-musulmane ! Dans l’hommage qu’il lui a rendu à l’occasion de ses 70 ans, Gerd-Klaus Kaltenbrunner l’a appelée « l’ambassadrice non officielle de la culture allemande dans les pays arabes ». Son enracinement religieux dans la vraie religion de l’Europe, l’a conduite à réfléchir sur les origines les plus lointaines des cultures et des peuples de la Terre, à reconnaître leurs spécificités et à les respecter. En 1965 paraîtra Das Reich und das werdende Europa [= Le Reich et l’Europe en devenir].
Les autres livres de Sigrid Hunke ont également été essentiels :
- Europas andere Religion – Die Überwindung der religiösen Krise (= L’autre religion de l’Europe. Le dépassement de la crise religieuse), 1969. Ce livre fondamental a été réédité in extenso en 1997 sous le titre de Europas eigene Religion (= La religion spécifique de l’Europe) chez l’éditeur Grabert. Il a connu aussi une édition de poche en 1981 : Europas eigene Religion – Der Glaube der Ketzer (= La religion spécifique de l’Europe – La foi des hérétiques) chez Bastei-Lübbe.
- En 1971 paraît Das Ende des Zwiespaltes – Zur Diagnose und Therapie einer kranken Gesellschaft (= La fin de la césure dualiste – Diagnostic et thérapie d’une société malade).
- En 1979, parution d’un autre ouvrage fondamental, toujours dans la même trajectoire : Glauben und Wissen. Die Einheit europäischer Religion und Naturwissenschaft (= Foi et savoir. L’unité de la religion européenne et des sciences naturelles).
- Chez Seewald en 1974 paraît un manifeste : Das nachkommunistische Manifest – Der dialektische Unitarismus als Alternative (= Le manifeste post-communiste – L’unitarisme dialectique comme alternative).
- En 1986, Sigrid Hunke publie Tod, was ist dein Sinn ?, ouvrage sur le sens de la mort .
- En 1989, paraît Von Untergang des Abendlandes zum Aufgang Europas – Bewußtseinswandel und Zukunftsperspektiven (= Du déclin de l’Occident à l’avènement de l’Europe – Mutation de conscience et perspectives d’avenir). Sur la jaquette du livre, Sigrid Hunke est décrite comme un « Spengler positif », vu son inébranlable foi en l’avenir.
Sigrid Hunke a reçu plusieurs prix et distinctions honorifiques pour ses travaux, dont la Kant-Plakette en 1981 et le « Prix Schiller du Peuple allemand » en 1985.
[modifier] Engagement religieux
Sigrid Hunke fut pendant douze ans la vice-présidente la Président de la « Communauté religieuse des Unitariens allemands ». En se référant à Wilhelm Hauer et à Friedrich Schöll, elle a transmis ce qui, à ses yeux, était « l’autre religion de l’Europe », la vraie religion de l’Europe, celle qui allait permettre au divin « de revenir dans sa réalité ». Dans de nombreux écrits et discours, elle a explicité cette pensée et cette religiosité unitariennes, elle a montré son enracinement profond dans la philosophie et la théologie de l’antiquité, du moyen âge et de l'époque contemporaine. Elle a expliqué la profondeur et l’ampleur de cette vision unitaire de Dieu et du monde.
