Régiment Azov
Le Régiment Azov, anciennement Bataillon Azov, est une unité militaire ukrainienne, crée en 2014 et formée exclusivement de volontaires.
Historique
A l'origine de ce qui va susciter le Mouvement Azov se trouve un petit groupe d'étudiants de la ville majoritairement russophone de Kharkiv. Dans le contexte de l'irruption d'un progressisme issu d’un mélange détonant entre legs cosmopolite postsoviétique et influences occidentales croissantes, confrontés à des événements comme l’insurrection populaire du Maïdan de 2013-2014 à Kyiv, la fuite en avant autoritaire d’un régime kleptocratique, et à l’intervention « masquée » de l’armée russe, qui aboutit à l’annexion de la péninsule de Crimée et au déclenchement funeste d’une guerre non déclarée de haute intensité dans deux régions du bassin du Donbass, de jeunes nationalistes ukrainiens cherchent des solutions. C'est ainsi qu'émerge une branche particulière du nationalisme radical ukrainien, avec des organisations comme l’Assemblée sociale-nationale (sna) et son aile paramilitaire « Le Patriote d’Ukraine ».
Sur le mode des anciennes confréries cosaques, pour pallier les déficiences d’une armée ukrainienne sinistrée par des décennies de vaches maigres et assurer la défense du sol sacré de la patrie menacée par les agissements des séparatistes et de leurs soutiens russes, ces militants constituent, avec l’apport de quelques volontaires étrangers, une unité de volontaires motivés, le « Corps noir », devenu bataillon Azov en mai 2014, qui nettoie la ville de Kharkiv de ses éléments prorusses avant d’aller libérer le port de Marioupol, au bord de la mer dont il tire son nom, au sud de l’oblast de Donetsk.
A la différence d’autres bataillons de volontaires comme ceux du Praviy Sektor (Secteur droit), Azov est ensuite intégré au sein de la Garde nationale ukrainienne rattachée au ministère de l’Intérieur, dont le titulaire de l’époque, Arsen Avakov, se révèle plutôt bienveillant à l’égard de cette unité et de son noyau fondateur, ce qui lui permet de monter significativement en puissance, tant au niveau des effectifs (devenu « régiment à destination spéciale ») que des armements (une dizaine de tanks T-64B1M notamment). Légitimé par sa participation aux combats sur le front du Donbass et sa réputation d’unité efficace, motivée et disciplinée auprès de larges secteurs de l’opinion publique ukrainienne, dans un pays en guerre où les idées nationales et patriotiques deviennent majoritairement la norme, Azov se lance dans une dynamique de développement tous azimuts visant à investir tous les secteurs du spectre politique et social pour constituer un « État dans l’État » préalable à une prise du pouvoir. À cet effet, de nombreuses initiatives soutenues par le noyau directeur voient le jour entre 2015 et 2019, outre l’école de sous-officiers Evhen Konovalets unique en son genre. On peut signaler l’organisation paramilitaire « Droujina nationale » et ses défilés de rue martiaux, qui a été remplacée aujourd’hui par « Centuria », le mouvement sportif « Nation forte » faisant la promotion d’une vie saine, les camps d’été Azovets pour la formation patriotique et militaire de la jeunesse, de multiples associations de soutien aux familles, aux vétérans ou de tonalité écologique.
Le terrain (méta)politique n’est pas oublié avec la naissance du Corps civil Azov, qui possède sa maison d’édition Orientyr et son école de la natiocratie (concept fondamental emprunté à l’idéologue nationaliste Mykola Stsiborskyi), université d’été tonique et studieuse qui se tient dans les forêts de Transcarpathie, auquel succède le Corps national à l’automne 2016, véritable parti politique avec un noyau constitué de militants, de patriotes et de vétérans du régiment.
Azov, en partie dans la lignée de la mythique Assemblée nationale ukrainienne (una) et sa branche militaire, l’Autodéfense nationale ukrainienne (unso), qui connurent leurs heures de gloire dans les périlleuses années 90, après l’indépendance du pays, se veut avant-gardiste, avec une ouverture aux échelons panslave, continental et planétaire, intégrant un impératif racialiste albo-européen ainsi qu’un grand intérêt pour l’héritage historique, culturel et spirituel plurimillénaire du monde indo-européen. Cela pourra être résumé ultérieurement par le slogan du projet paneuropéen « Reconquista », qui proclamait « Aujourd’hui l’Ukraine, demain la Rous’ kiévienne, puis l’Europe entière » dans les années 2015-2018[1]. En 2016, l'organisation a également lancé le projet Intermarium.
En janvier 2025 est formé un bataillon international, ouvert aux volontaires du monde entier[2].
Liens externes
- « Nous luttons pour l'avènement de la Grande Ukraine et de la Grande Europe », entretien avec Oleh Odnorojenko, animateur intellectuel du régiment Azov, avril 2015 : [1]
- « Ici le régiment Azov », entrevue d'Olena Semenjaka, réalisée par Rémi Tremblay pour Le Harfang, magazine de la Fédération des Québécois de souche, vol 3, NO. 5, juin/juillet 2015 : [2]
- Manifeste du Corps civil du régiment Azov, traduction réalisée par Nataliya Matviytchouk et Pascal Lassalle en juin 2015 pour le Cercle Non Conforme : [3]
Notes et références
- ↑ Pascal Lassalle, « Serhiy Zaïkovskyi (1994-2022) », in: Sparta, vol. 3, novembre 2022, p. 276-285.
- ↑ « The Azov Brigade has begun recruiting foreigners », Odessa Journal, 24.12.2025; lire en ligne : [4].